Chimie métallurgique, dans laquelle on trouvera la théorie et la pratique de cet art. Avec des expériences sur la densité des alliages des métaux, & des demi-métaux, & un abrège de docimastique ...
AR le mot de Procédé l'ondé- figne dans les Ouvrages des Chimilles , tant l'effet qu'on doit pro. dire , que les moyens qu'on emploie.
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Chimie métallurgique, dans laquelle on trouvera la théorie et la pratique de cet art. Avec des expériences sur la densité des alliages des métaux, & des demi-métaux, & un abrège de docimastique ... is a 1758 historical mining reference by Gellert, Christlieb Ehregott, preserved in the Mountain Man Mining research library, focused on determinative mineralogy.
This 1758 document, Chimie métallurgique, dans laquelle on trouvera la théorie et la pratique de cet art. Avec des expériences sur la densité des alliages des métaux, & des demi-métaux, & un abrège de docimastique ..., is preserved in the Mountain Man Mining Library for research and reference. Original source: archive.org.
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Chimie Métallurgique.
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1 la fn = " CHIMIE HUE de LES MÉTALLURGIQUE, Dans laquelle on trouvera la Théorie & la Pratique de cet Art. Avec des Expériences fur la Denfité des Alliages des Métaux &: des demi Métaux, & un Abrègé deDocimaftique, AvecFieurese Par M. C. EE GEeLLzerT, Confeiller des lfes de Saxe , & de l'Académie Imperiale de' Petersbours.
Ouvrages traduits de l'Allemand. TOME SECOND, À PARIS,
Chez BRIASSON, Libraire, rue Saint-Jacques, A e. a la Science.
M. Dcc.Lviit. Avec Approbation Et Privilège,
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Isto!
Avertissement De L'Auteur.
AR le mot de Procédé l'ondé- figne dans les Ouvrages des Chimilles , tant l'effet qu'on doit pro. dire , que les moyens qu'on emploie. pour y parvenir ; cependant Boër-. haave dans fe Chimie, & Cramer: dans [a Docimaftique ,ont donné le nom d'A P PAREIL aux moyens qu'on peut mettre en uJage. Pour plus d'ordre © de carté je ne.me [uis point fervi du mot de Procédé, 7 j ai donné le nom de Problême & l'opération qui doit [e faire, &'celuz de Solution à la maniere dont elle doit êrre faite. Outre cela ÿ ai fait des Obfervitions , tant pour better du jour fur les operations que pour en montrer l'utilityé. Quant à l'ordre que at fuivi dans cette quite de Problémes , j'ai cru qu'il étoit nécef[aire | & 3
x AVERT. DE L'AUTEUR.
de commence par donner la mamere de préparer quelques Diffolvans ; 'après quoi j'at examiné les Diffolvans fuivant l'ordre où ils font ran- gés dans la partie théorique ; & J'ai fait voir fuels font les corps fur lefquels ils agiffent , © de quelle maniere ils Je diffolvent les uns les: auires, |
RS je BU Lot ce F7 vs fa F FY SEA a RRQ RE
Able Des Problemes
contenus dans le second Volume.
Prog. I, Aniere de tired du Sel alcali fixe des Vege-taux. age I
ProO8L. IT. Obtenir PAlcali fixe du Tar-tre du Nître , 6 PrOBL. ÎLE Obtenir PAlcali fixe du Nüre, 8 ProBL. IV. Obtenir le Sel alcali volatile du Sel ammoniac, 9 Prog. V. Obtenir du Vitriol, 11 ProgL. VI. Obtenir de l'Alun, 17 PRogBL. VIE. Obtenir du Nitre, 21 ProBL. VIIL. Obtenir du Sel marin, 24 Prog. IX.Obrenir L Acide yitriolique, Pro8L. X. Obtenir l' Acide Nitreux, 33 Pro, XI, Obtenir V Acide du Sel marin , 27 a$
vi. THB PRrogr.. XIT. Faire de l'Eau régale, p. 40° PROBL. XIII. Diffoudre des Pierres cal-cares
par le moyen d'un Sel alcali fixe ,
41 ProeL. XIV. D'ifoudre les' Pierres argilleufes par le moyen du Sel'alcali 1e
ProBL. XV. Diffoudre les Pierres ue Jes par le moyen d'un Sel alcalifixe, 44 Prog. XVI. Diffoudre les Pierres vüuri-fiäbles par le moyen d'un Sel alcali fixe, Ibid. ÆProsr. XVII Diffoudre les unes par les autres € fans addition les Pierres dont on a donné l'énumération au. 246; 47 ProzL. XVIIL. Mettre en difolution deux Pierres qui ne fe diffolvent point. ) voyez le $. 246. au moyen dune troifié- me efpèce de Pierre, S0 ProgL. XIX. Diffoudre ioutes les Pèr. res par le Borax, # Pros. XX. Mertre en diffolution toutes Les efpèces de Pierres par la Chaux de
Plomb, : 56 Pro8z. XXI. Difloudre les Pierres . la Chaux d'Antimoine , $9
Proc. XXII. Diffoudre une Huile par unSel alcali fixe, pour 'faire du Savon ,
| éi Prog. XXIIL.Difoudre du Vinaigre
par.
DES PROBLÉMES. ïx par un Sel alcali fixe, & faire par ce moyen le Tartre regenéré, ag. 63
Pros. XXIV. Difoudre PEfprit - de- Sel marin par le moyen d'un Sd alcali Jixe, & faire par-là le Sel marin rege- néré , 66
Prost. XXV. Diffoudre l'Efprit - de. Nitre par un Sel alcali fixe, & faire par ce moyen le Nire regénéré, " 6 T
ProsL. XX VI Difoudre P'Acide Vitrio= lique par un Sel alcali fixe afin de faire
du Tartre vitriole , 63
ProëL. XXVIL Difoudre un Sel alcali Juve qui eff uni avec un Acide foible par le moyen d'un Acide plus violent, 70
Pros. XXVIII Diffoudre les Metaux parfaits * imparfaits par un Sel alcalz fixe, 72
PRo5L. XXIX. Diffoudre le Cuivre par un Sel alcali fixe par la voie humide, > ProBz. XXX. Préparer le Sel alcali fixe
… néceffaire pour faire le Bleu de Pruffe par le moyen du fang de bœuf, : 73
Pros. XXXI. Difoudrel Or. l'Argent,
le Mercure , le Zinc &'le Bifmuth par l'Alcali fixe préparé de la Jason qui pré. céde , 76
Proc. XXXII, Diffoudre VEfprit. de.
Sel par un Sel alcali volatile, & faire
/
par Li un Sel ammoniac regénéré, 77 b " J
Tom, II, r
< TABLE CA Proc. XXXIIT. Diffoudre l'Efprit-de- Nitre par un Sel alcali volatile, € faire par ce moyen un Nire demi-v0-latile , 3 pag. 79 Pros. XXXIV. Diffoudre l'Acide Vin tri lque par un Sel alcali volatile, & faire par ce moyen un Tartre yitriolé demi volatile, 80 ProgL.XXXV. Diffoudre le Cuivre par un Sel alcali volatile, 82 ProëL. XXXVL. Diffoudre l'Or , l'Argent, le Mercure , PEtain & le Bif- : muth par L'Alcali volatile , 84 Prog. XXXVIL Concentrer L Acide du V'inaigrepar lui même, 86 Proë. XXX VIEIL Concentrer le Vinaigre par le moyen du Verd-de-gris, 87 PROBL, XXXIX. Difloudre le Plomb par le L'inaigre pour faire la Cerufe, 90 Prosr. XL. Difjoudre une Chaux de: Plomb par le V'inaigre pour faire le Sucre de Saturne, 91 Progc. XLI. Diffoudre le Cuivre par le Vinaigre pour faire du Werd-de-gris, 2
3
Proez. XLIL Diffjoudre les Terres & «Pierres calcaires, le Fer , l'Erain & le Bifinuth . par le V'inaigre. 95 PROBL. XILIIE, Précipiter par lAlcalz fixe les fubfiances qui ont été difjoutes
DES PROBLÈMES. Le par le V'inaigre, pag
Progr. XLIV. Diffoudre les Pa 2 … Pierres calcaires par l'Acide vitriolique , 98
Proc. XLV. Diffoudre en pars Ar gilie dans l Acide vitriolique , & faire par - là une efpèce d'Alun , 100 Prosr. XLVI. Diffoudre le Fer & le Zinc par l'Huile de F'itriol, pour faire
le Wirriol martial 6' le Vitriol de «Zinc 10! Pro8L. XLVII. Diffoudre l'Arcent, le Cuvre , le Plomb, l'Etain, le Bifmuth,
Le Régule d Antimoine & l'Arfenic par
- _ Le moyen de Huile de Vüriol, 103 Proc. XSVIII- Diffoudre en partie le Mercure par l'Huile de Vitriol, pour faire le 'Turbith mineral, 10$ Prosi. XLIX. Hé Les Sul frances terreufes &' métalliques qui ont été mifes en difolution dans l'Hule de Witriol,
10
Prosz. L. Diffoudre les EN 4 res calcaires par l''Acide nîtreux , & faire avec la Craie qui a été mie en diffolution le Phofphore de Balduinus, 108
Progr. LI.Faire diffoudre de l Argent dans de l'Eau-forte pour avoir des Cryftaux d Argent, 110
bij
Progr. LIT. Précipiter P Argent diffout Juivant l'opération précédente par l'A- cide du Sel marin , & faire La Lune cornée avec le Précipité. pag. 116 Prog. LIL Diffloudre le Mercure & le Plomb dans lÉau-forte , & en obtenir enfuite des Cryflaux, 119 Proc. LIV. Diffoudre le Fer , le Cuivre , l'Etain, le Bifmuth, le Zinc, le Révule d Antimoine , lArfenic &' le Cobalt , par le moyen de lEau-forte , 1272 ProgL. LV. Précipiter Les fubffances qui ont été mifes en diffolution dans l'Eau-forte
, 19 ProBr. LVI. Diffoudre les Pierres &' Terres calcaires par l'Efprit-de-Sel marin, pourenfaire le Sel ammoniac fixé : 6' le Phofphore de Hombers , 128 Prog. LVIE Diffoudre le Cuivre , le 'Fer, l'Etain , l'Arfenic , le Kécule d Antimoine , le Zinc & le Bifmuth ; par le moyen de l''Efprit - de Sel mains ET 137 Pro8r. LVIIT. Précipiter les fubflances qui ont êté mifes en difjolution dans l'E [2 prit-de-Sel marin, 134 Proc. LIX, Diffloudre les Terres &
Pierres calcaires , par l'Eau régale,
DES PROBLÈMES. xiij Progz. LX. Difjoudre l'Or dans de l'Eau résale , & Le précipiter par un Alcali fixe. pour faire de Or fulminant, 137 Pros. LXI, Précipiter lOr qui a été diffout de la maniere précédente par le Vitriol de Cuivre ; ou par le FR de- +9
l'Eau régale, &* avec cite difjolution
précipiter lOr dune couleur pourpre ,
ProBz. XIII. Difoudre le Cuivre, Le Fer, le Plomb, Bifmuth , P Arfenic, le le Réoule d'Antimoine , le Zinc & le Cobalt , par l'Eau résalé - 143
PROBL. LXIV » Diffoudre le Mercure dans lEaurégale ; pour faire le Mercure
- fublimé, 144
Proc. LXV. Précipiter les Subfiances qui ont été mifes en difjolution SA l'Eau régale,
Prog. LX VI. Diffoudre Le ten 2. le Fer par le Sel ainmoniac , par la voie humide, 150
PROBL. LXVII. Difoudre e Fer par Le Sel ammoniac, par la voie humide, & Le fublimer en partie, 152
Progz. LXVIII Mettre en fusion ou diffoudre le Cuivre, le Fer, l'Erain , le Plomb, le Zinc, le Bifmuth , le Régule
XIV FA BTE d Arfenic , le révule d''Antimoine , par le Nüre, pag. 155 ProBL. LXIX. Diffoudre les An. difficiles à fondre comme l Argent , le Cuivre &> le Fer , en Les cp en Cé= mentation ayec À Sel marin ou Le Ni-
me LXX. Diffoudre les de par l'Huile , & faire du Soufre avec de l'Huile & de L Acide vitriolique, 161 Proc. LXXI. Diffoudre le Soufre dans les Huules tirées par expreffion , & faire ce qu'on appelle le Baume de Soufre , 164:
Pros. LXXIEL Difoudre le Plomb ow la Chaux de Plomb dans des Huiles ri- rées par expreffion, 166 Propr. LXXIIT, Redureles Chaux me: talliques par lemoyen a'une fubflance ir flammable , 168 Prosz. LXXIV. Changer le Fer en Acier par le moyen de Phlosiftique, 172
Pros. LXXV. Difoudre Les. Meraix 6 demi- Métaux, à l'exception de Or & du Zinc, par le Soufre, 76 Prosz.LXXVI. Précipiter les uns par des autres Les Métaux qui ont été mis en difolution par le Soufre, & les déeager deleur Soufre , 178
DES PROBLÉMES. x Prosc.LXX VIE. Diffoudre par Le moye' du Fer le Soufre qui ef? un: avec l Antimoine crud, & faire le Regule d Anntimoune , pag. 186 Prosi.LXXVIIT, Diffoudre par le Soufre de l'Antimoine les Métaux auxquels l'Or eff allié, afin de le purifier ; ou purifier POr par PAntimoine , 190
. Prosz. LXXIX. Diffoudre le Mercure par le moyen du Soufre pour faire du Cinnabre, 194 Prosz. LXXX. Diffoudre le Soufre qui eft dans le Cinnabre par le moyen du Fer, & rendre par ce moyen le Mercure coolant , 196 ProgL. LXXXT. Diffoudre le Soufre par le Sel alcali fixe pour faire le Foie de Soufre ou l'Efepar Sulphuris, 1938 Pro8L. LXXXHI. Diffoudrele Soufrequi fe trouve dans l'Antimoine par le moyen dun Sel alcali fixe, pour en déeager le
Regule, 201 Pro8L. XXXIIL Diffoudre les Métaux par le Foie de Soufre, 203 Progr.LXXXIV. Difoudreles Métaux par l'Arfenic, 205 Progi, LXXXV. Diffoudre les Métaux par le Kesule d Antimoine , 208
ProBL. LXXXVI. Faire avec l'Anti-moine un verre propre & diffoudre les - Métaux , 209
xvi TABLE Prog. LXXXVIL Diffoudre les Mé- taux par le Bifmuth, pag. 212 Progr. LXXXIIT. Difoudre Les ne | taux par le Zinc, 214 Prosr. LXXXIX. Diffoudre le Cuivre par le moyen du Zinc qui eft encore dans ja Mine, & faire par - la du Cuivre jaune ou # Léon _ 216 Prosc. XC. Difjoudre les Métaux xt | le moyen du Plomb , 219 Pros. XCI. Difoudre les Métaux be PÉTars, 25 ProgL. XCII. Diffoudre les nu par
le Fer, 226 Prog. XCIIT. Difoudre l'Or & lArgent par le Cuivre, 228
ProgLz. XCIV. Difoudre Or PE gent l'un par l'autre , 229 Prog. XCV. Difoudre les Metaux par Le Mercure, 231 Progr. XCVI. Séparer le Mercure des | Métaux avec qui il a été amalgamé, 332 Progz. XCVII. Diffoudre les Chaux métalliquespar le moyen du Verre 1737
DÉFINITION DE LA DOCIMASTIQUE, € de P Apparel & des V'aifleaux qui y font néceflaires , 2$I
ProgL. I Combiner ldrgent qui eft contenu dans une fub/lancererreufe ow pierrtufe
avec le Plomb, 253
DES PROBLÈMES. xvif Proc. II, Séparer l'Or & l_Argént contenus dans le Plomb par le moyen de la Coupelle, pag. 262 Prog. III, Effayer des terres & des pierres pour yoir fi elles contiennent de | Argent, 264 Pro8L. IV. Effayer le Cuivre pour voir s'il contient de l' Argent , ou bien feparer
le Cuivre de l' Argent par la Coupelle; ProgL. V. Effayer à la Coupelle un alliage de Cuivre &' d Argent, Ibid. Proc. VI. Effayer le Bifmuth & le Régule d Antimoine pour voir s'ils con= tiennent de l'Argent, 267 ProBL. VIT. Fffayer le Zinc pour voir s'il contient de l Argent , 269 ProgL. VIII, Effuyer l'Etain pour voir s'il contient de P Argent, 271. Proc. EX, Efayer le Fer pour voir s'il contient de L Argent, 273 Proc. X. Effayer des Alliages métalliques pour fgçavoir s'ils contiennent de
P Argent lorfque ces Alliages ont dela peine à Être mis en diffolution ou à être fcorifiés par le Plomb, furiout quand
. als font en même tems fujets à ravir ou à diffiper , Ibid, Prog. XI, Effayer des Mines pour voir J£ elles concontiennent de Argent, 274 Pros. XII. Efayer fi les Scories des
sviÿ LAB LE: -
Chpérations précédenies contiennent dé l'Argent, pag. 276 ProgL. XIIT. Efayer de D'Arent pour voir s'il contient de l'Or, TT Progr. XIV. Efayer Ji JE une Subfiance foffile contient de lOr, 283 ProgL. XV.Effayer des ES , des Ter= res & des Pierres ; pour voir fi elles contiennent du Fer, 284 Pro8z. XVI. Effayer des Mines pour Jgavoir fi elles contiennent de l'Etain, 290 Prosr. XVII. Effayer des Mines pour
' your ft elles contiennent du Plomb, 295 Progr. XVIII Effayer des Mines pour fgavoir fi elles contiennent du Cuivre, Fro8L. XIX. Fffcyer combien des Mines de Cuivre [uljureufes donnent de Matte, 302 ProsL. XX. Effayer Le Cuivre pour fça= voir combien il donne de Cuivre de Rofette. 306 Pror. XXI Efayer des Mines pour
fgavoir ft elles contiennent du Bifmuth , 311 PROBL. XXII. Effayer des Mines pour feavoir ft elles contiennent du Zinc, 313 Prop. XXIII Effayer une Mine pour
_ DES PROBLÉMES. xvij fgavoir ft elle contient de l'Anti-moine , APT
Pro8z. XXIV. Efayer les Mines de Mercure , 320 Prosz. XXV, Eflayer des Mines pour voir ft elles contiennent de l'Arfenic , 323
Prog. XXVI. Effayer des Mines pour
fgavoir ft elles contiennent du Soufre ;
Proëc. XXVIT. Efayer des Subffances pour [çavoir ft elles contiennent des Sels, 335
Prosr. XXVIIT, Efayer quelle couleur les Subftances foffiles donnent aul/erre,
Prorr. XXIX. Efflayer des Terres & des Pierres pour [çavoir à quelie claffe elles appartiennent, 337
Fin dela Table des Problêmes du second Volume,
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M rl fl | CR LE PTE
Ps 4 le; 4.354 SSI AA
PRUOME ME CNE SES MÉTALLURGIQUE, SECONDE PARTIE Qui comprend la Pratique de cet
[Le dote fjottotopetoote PREMIER PROBLÈME. Mantere de tired du Sel alcali fixe
des Végétaux. pp
Prémiere Solution:
mn ne qe en
Fr ÉXGSAR U LEZ une Plante p NA quelconque pour la ré- {Ji dire en cendre.
ES Verfez de l'eau claude,
fur cette cendre, & laiffez - la féjourner
"pendant quelque tems ; faites enfuite
pañler cette leflive fur de la paille, ou À
Tome IL
2: (SEL ALCALIETXE autravers d'une chauffe, jufqu'à ce qu'elle devienne claire & limpide.
III. Rempliffez une chaudiere de fer _ de cette Leflive jufqu'à la moitié; faites bouillir doucement autant de leflive qu'il s'en fera évaporé ; continuez ainfi jufqu'à ce qu'il fe forme une pellicule famine à fa surface; alors diminuez le feu, & remuez continuellement votre leflive avec une fpatule de fer ou de bois jufqu'à ce qu'il ne refte plus qu'un Sel concret & en poudre : on peut encore achever de le faire fécher entiérement à un feu plus violent, fans qu'il foit nécef-faire de le remuer davantage. On obtiendra par ce moyen un Sel élcali fixe qui fera d'une couleur brune ou jaunâtre.
OBSERVArTTIO NN,
1. Comme le Sel alcali fixe, fuivant ce que nous avons dit au (. 227, ne fe trouve point.dans les Plantes, mais y eft formé par déflagration, c'eft-à-dire par Paétion du feu, il s'enfuit qu'il faut com mencer par les rédire en cendres ; après : cette opération toutes les Plantes donnent un Sel alcali fixe , avec la fule dif férence que les unes en donnent plus que. les autres.
. 2. Les Plantescontiennent des Huiles;
Des Végétaux,
voyez le. 227. L'Alcali fixe diffout les Huiles, (. 247, forme du favon avec elles, & de cette maniere il perd fa caufticité ; d'où l'on voit que plus lon fera brûler doucement les Plantes, plus leurs parties huileufes auront le tems de s'unir avec le Sel qui vient de fe former, en adouciront la cauflicité , & produiront une efpèce de favon, dont les effets {e- ront difiérens dans l'ufzgée médicinal. Per conféquent, plus on brülera les Plantes rapidement, & plus on tiendra un Sel alcali dans le feu, plus l'Eluile en fera chaflée , & conféquemment plus le Sel fera cauftique & pénétrant ; mais comme le Sel alcali fixe a aufli la propriété de diffoudre les pierres & les terres dans le feu, & de fe changer en verrezvecelles, La cendre a un feu violent , fe vitrifie en partie & donne moins de Sel alcali fixe; d'où lon voit qu'il y a du déchec & de la perte à opérer de cette maniere, tant pour la quantité du Sel alcali, que pour les cendres dont on peut fe fervir à fertilifer les terres.
3. Les Sels font folubles déns l'eau, mais les tetres ne s'y diflolvent point; la chaleur facility toutes les diflolutions, c'eft pour cette raifon que Peau claude eft la plus propre four tired le Sel al-ali des cendres, On féçare par la flat.on
À ij
Sel Alcndi Fixe
la terre légere qui nage dans la diffolution, & qui la rend trouble. Voicicomment on s'y prend dans le travail en grand : L'on fe fert de grandes cuves de bois; au-deflus du fond de ces cuvesonen placeuneautre fond qui eft percé de trous de distance en distance , de maniere qu'il y ait un efpace de fept à huit pouces entre ces deux fonds; dans l'intervalle quieft entre ces deux planchers, on fait une ouverture pour fourer un bouchon ou un robinet. Sur le plancher d'en haut on met de la paille de l'épaiffleur de quatre doigts, fur laquelle on répand de la cendre, on verfe de l'eau par deffus, only laifle féjourner pendant huit ou dix heures; au boutfde ce tems on l'aiffe l'eau s'écouler par le robinet ; fi la leffive étoit trouble , il faudroit la repañler encore
une fois. | 4. ne faut point que la chaudiere de fer dans laquelle on met la leffive, foit entiérement pleine, depeur qu'elle ne s'é- leve par deffus les bords, & de peur que _ le Sel venant à s'attacher fortement aux parois dela chaudiere, & à s'y durcir, il ne fût difficile de l'en déteacher. Quand par l'éevaporation on a fait partir aflez d'eau pour qu'il fe forme de petis flocons ou grumeaux de Sel, il fut remuer fans relâche, fans quoi le Sel s'atta-
Des Végétaux.
cheroit fi fortement au fond de Îa chaos dire qu'on feroit obligeé d'employer des cifeaux de fer pour l'en déteacher ; & pour lors il pourroit s'y attacher quelques particules defer. |
5. Si on mêle la cendre ou leSel qu'on en a tiré avec de la Chaux vive, & qu'on verfe de l'eau claude par deffus pour en extraire le Sel, la diffolution fera fi cauftique qu'elle deviendra propre à difoudre prefque toutes les fubitances animales, la plûpart des Végétaux, & toutes les maetieres fulfureufes du Régne minéral, Le Sel qu'on obtient de la diflolution faite de la façon que nous venons d'indiquer , eft aufli beaucoup plus cauftique & plus violent que celui qui vient d'une diflolution dans laquelle il n'eft point entré de Chaux,
Er SOL UTEON.
T. Brûlez du Tertre pour le reduire en.
._ charbon. Faites-le rougir dans un feu peu
vif & obfcur, jufqu'à ce que fa couleur noire foit entiérement difparue.
IT. Tandis que le Tartre eft encore
' tout chaud, mettez-le dans un vaifleau
de verre avec de l'eau claude bien pure,
-& filtrez la diflolution. . IT LI Mettez ladiflolution à évaporer ;
À iij
6 SEL ALCALI FIXE DES VÉGÉT. & faites calciner la poudre blanche & le= gere que vous aurez obtenue.
Obs Er At On.
1. [l nimporte guères qu'on ait dé- gagé l'efbrit ardent & l'acide du Tartre.. & fon huile empireumatique, à feu nud ou dans les vaifleaux fermés ; c'eft pour-ee
fi D lets
quoi il eft égal, dans l'opération dont on vient de parler, de fe fervir du charbon qui refte dans la cornue après la diftilation de ces liqueurs , ou de faire rougir le Tartre tout fimplement dans un creufet. ' | 2. Il fut mettre le Tartre tout chaud dans le vaifleau de verre, afin d'empé- cher qu'il n'attire l'acide ou humidité de Pair.
3. Le Sel alcali fixe dont nous venons de parler, eft plus pur que le précédent ; on le nomme éel de Tartre.
II PROBLÉME. Obtenir l'Alcali fixe du Tartre & du Nitre,
SOLUTION. P RENEZ parties égales de Tartre & de Nître, pulvérifez avec foin ces deux matieres, mêlez-les exactement,
ALCABY FIXE DU TARTRE &c. 7 mettez-les dans un pot de terre non verniflé, ou dans un creufet que vous pl:=« cerez fur un feu modéré ; aufli-tôt que le vaifleau commencera à rougir le mélange s'enflammera avec bruit, c'eft ce qu'on nomme detonation , & il reftera un Sel alcali d'une couleur blanchâtre.
Obserpfation.
Le Nître s'allure avec toutes les matieres inflammables , par confèquent il fait la même chose avec la partie inflammable du Tartre : par cette inflammation on dégage lefprit acide volatile du Ni-tre, celui du Tertre, aufli-bien que la partie huileufe de ce dernier ; & ce qui refte en arriere eft un Sel alcali compofé du Nître & du Tartre ; c'eft ce qu'on appelle le flux blanc dans la Docimafie; fes propriétés font, fuivant ce qui à été dit aux 6. 241,242, 243 & 244, de mettre les terres &c les pierres en difiolution, & defe vitrifier avec elles. Si contre ure partie de Nitre on prend deux ou trois parties de T'artre, & qu'on faffe le pro- cédé comme on a dit, on obtiendra un Sel alcali qui contiendra encore une portion de phlogiftique ou de matiere inflammable, & dont par conféquent la matiere {era noire , on l'appelle flux noir
A iv
8 ALCALI FIXE DU Néon:
dans la Docimafie ; il'a deux avantages: c'eft 1°. de diffoudre les terres & les pierres comme Sel alcali; & 2°.fa partie inflammable facility la réduction des Mé- taux qui ont été décompofés o ou réduits en chaux.
l'E PROBLEME. Obtenir P Aleali fixe du Nüre,
Solution:
Â1TES fondre du Niître dans ur
creufet , & mettez - y peu-à-peu des charbons allumés , caflés en morceaux grofliers , jufqu'à ce qu'ilne fe faffe plus | 4 Monitor: laiffez refroidir ce mê- lange dans le creufet, que vous briferez enfuite ; ou bien verfez-le dans un mortier de fer échauffé, vous aurez un Sel alcali fixe qui fera d'une couleur verdà+ tre ou blanchâtre.
OBSERVATION. On ne peut point difconvenir que les charbons brûlés ne contribuent à la formation de l'Alcali fixe dont nous par- Jons ; maïs fi l'on fait attention à la petite quantité cle cendre que ces charbons ont
ALCALI VOLATILE DU SEL AM. ® pà fournir, & à la petite quantité d'AI-cali qu'on peut tired de ces cendres, & qu'on compare ces produits qui font fi peu confidérables à la grande quantité de Sel alcali fixe qu'on obtient dans cette opération , on verra que le Sel alcali fixe formé par les charbons qu'on a mé- lés'avecle Nitre, ne doit prefque point enter en ligne de compte. Le Sel alcali ainfi préparé fe nomme Mure fixé, , ou
Nitre alcalife.
—
Ev: Probleme
Obtenir le Sel alcali volatile & St
ammoniac,
Premiere Solution.
RENE z du Selammoniac bien féché:
& de la Potafle, en parties égales, pulvérifez chacune de ces matieres fépa- rément, mettez-les enfuite dans une cor-nue de verre ou dans une cucurbite très- bale, verlez par deflus trois:ou quatre fois antant d'eau qu'il y a. du mélange des deux Sels, & mettez le tout en diftination au bain de fable. -
je Te
To ALCALTVO LATILE DU SEL AM. OBSERVATION.
1, Le Sel ammoniac eft un Sel com-- pofé de PAlcali volatile & de l'Acide du: Sel marin ; fi on veut donc en déeager PAlcali volatile bien pur, il faut y joindre une fubftance avec laquelle Acide du Sel marin ait plus de difpoñition à s'u- nir qu'avec l'Alcalt volatile : les Alcalis: fixes &les Terres calcaires ont cette pro-- priété ; la feule différence qu'il faut re marquee, c'eft que quand on fe fert de. Terre calcaire dans cette opération, l'on- n'obtient point un Sel alcali volatile. auf fec que quandon fe fert d'un Alcali fixe : il paroît que la raifon de cette dif-. férence vient de ce que dans PAlcali fixe. il y a une portion d'Acide végétal, zu lieu que dans la: Terre calcaire il ny a point du tout d'Acide. En effet, comme PAcide du Sel marin eft plus puiflant que PAcide des végétaux, le premier dégage le second qui s'unit avec PAlcali volatile qui a été dégagé, & per confé- quent il produit avec lui un Sel ammoniac très-fubtil.
"2. On peut encore obtenir du Sel al-cali volatile de toutes les fubftances ani-. mañes telles que l'urine ; le fang, la corne, les cheveux, aufh-bien que des plantes.
OÙUU VÉTRTOE TI putréfiées & de la fuie; mais ces Sels entraînent ordinairement une portion d''Huile fétide , au lieu que celui dont on vient de parler eft parfaitement pur.
Vé::P:R O'B:L É ME. Obtenir du Vitriol.
S:O L'Ü T Fe On
REX Ez un Minéral ouune Terre
qui foit d'un goût auftere, aftringent & nauféeux, réduifez-les en poudre, faites-les bouillir doucement dans trois fois leur poid d'eau pure dans un vaiffeau de verre ou de plomb, faites filtrer la diflolution au travers d'un papier gris mouillé , verfez de nouvelle eau fur le réfidu, laiffez-la féjourner pendant deux jours à une cheleur modérée , & filtrezla enfuite ; continuez de même tant que Peau prendra un goût vitriolique.
IT. Faites évaporer cette diffolution: dans un vaiffleau de verre ou d2 plomb: fans la faire bouillir, continuez l'évapo-- ration jufqw'à ce que vous remarquiez une pellicule légere femblatle à de fa: goufliere à la surface de l'eau. |
EI TI. Laiffez pour lors refroidir le vaif-
12 D 'u ViTrioz. feau , place z-le pour vingt-quatre heures: dans un enc {roit frais, au bout de ce tems décantez l'eau de fa solution, raffemblez _ Jes cryftau x qui fe front formés , & faites-les fécher. I V. Etendez la diflolution que vous aurez décantée dans moitié d'eau, faites-. la filtrer au travers d'un papier gris, continuez l'opération comme nous l'avons dit auxn III & IV. & réiterez la même chose jufqu'à ce qu'il ne fe forme plus de cryftaux , & jufqu'à ce que la solution devienne d'une confiftence- épaifle comme de lhuile..
Cps Rp Ape Nn
1. Le Minérel dont on tire le Vitrio! éft ordinairement la Pyrite ; fes différentes efpèces er fourniflent de différentes manieres : en effet il y a des Pyrites qui percent à l'air leur éclat & leur confiftence, fe réduifent en poufliere, devinnent vitrioliques, & pour lors on les appelle Pierres atramentaires. Les Pyrites. de cette efpèce ne contiennent point d'Arfenic. Il y a d'autres Pyrites qui contiennent ou de l'Arfenic ou du Soufre tout pur, outre les autres fubftances qui entrent dans la composition de la Pyrite
; celles-ci doivent Ctre d'abord grillées,
Du ViTrioE. Êr ce qui fe fait, ou accidentellement danS les vaiffleaux fermés, lorfqu'on diftile le Soufre, ou à feu nud. Parmi les Pyrites de cette efpèce il y en a qui ne donnent point encore de Vitriol immédiatement après avoir été grillées, ce n'eft qu'après avoir été quelque tems expofées à Pair. Ïl y en a d'autres au contraire dont on peut tired du Vitriol en les lavant aufli- tôt après qu'elles font forties du grillage; cependant elles en fourniffent une plus grande quantité quand elles ont été ex-pofées à l'air pendant un certain tems. Nous allons tenter de donner quelques raifons de la variété de ces phénoménes. Le Vitriol naturel eft compofé d'un Acide vitriolique uni avec du Fer, du Cuivre ou du Zinc, que cet Acide a mis en diffolution. La Pyrite qui donne du Vitriol , & par confequent avec qui il ne faut point confondre la Pvrite arfenicale, eft compofée de Fer, ou de Fer & de Cuivre & de Soufre , ou de Soufre & d'Arfenic. Le Soufre eft compotfé de PAcide vitriolique uni avec une matiere inflammable: il faut donc pour qu'une Pyrite donne du Vitriol, quela partieinflammable du Soufre en foit dégagée. Nous avons une expérience par laquelle il paroit que fi on mêle de la limaille de Fer & du Soufre, & qu'on humette ce mé-
T4 Du Nitrtol.
Jange avec de Peau, il s'y produit ur mouvement accompagné de chaleur ; & à la fin il en part des vapeurs & des. flames qui confument la matiere inflammable : quand donc une Pyrite n'eft compofée que de Soufre & de Fer, & qu elle eft expofée à Pair, elle eft humec- tée peu-à-peu par l'humidité qui fetrouve dans l'air, ce qui fait qu'elle s'échaufte, & que, quoique lentement ,.elle eft à la fin dégagée de la portion de matiere inflammable qu'elle contenoit :P Acide vitriolique;fe trouvant en même tems étendu dans: une plus grande quantité d'eau devient en état de difloudre le Fer & de former du Vitrial ;, mais fi une Pyrite con tient du Cuivre ou de l'Arfenic, ces ma. tieres empêchent les effets de l'eau dont: on vient de parler, parce que ces ma— tieres & le Soufre fe diffolvent mutuellement, &elles forment une combinaifon: plus exacte & plus en état de réfifter. C'eft pourquoi il eft à propos d'appliquer le feu dans ce cas, pour détruire la combinaïfon de ces fubftances, & par ce: moyen l'Arfenic & une portion du Sou-- fre font dégagés. La Pyrite qui immé- diatement après avoir été grillée ne: donne point de Vitriol, & qui doitencore demeurer expofée à l'air pendent un: certain tems,. a été dégagée par Paétion:
| | DU VFFRTOT: 1ç du feu de fa partie arfenicele , & d'une partie de fon Soufre; mais elle contient encore le Soufre de fa composition ; il faut donc que l'humidité de Pair le dé- gage de fa partie inflammable. Cette con-. Jeéture eft confirmée par la feconde ef- pèce de Pyrite, qui aufli-tôt qu'elle eft fortie du feu, donne uh peu de Vitriol, . mais qui en donne beaucoup plus lorfqu'elle a été quelque temsexpoféeà l'air: en effet , il n'arrive que très-rarement. & même jamais, que l'Acide vitriolique qui eft dans le Soufre {e dévage de fa partie inflammable par la feule a@ion du feu ; oule Soufre s'éleve en entier tel qu'ileft, ou il demeure uni à la matiere fixe qu'il a mife en diflolution. Il arrive quelquefois qu'une Pyrite, dans la composition de laquelle il n'entre que. du Soufre & du Fer, ne fe décompose pas, ou ne tombe point pour cela en efflorefcence à Pair, & ne donne point de Vitriol ; c'eft en partie fa combinaifon intime, & la proportion des parties qui la compofent , qui en font la cause. Outre cela lAcide vitriolique qui fe trouve dans Pair peut contribuer , quoique très-. foiblement , à la formation du Vitriol. 2. L'Acide vitriolique diffout très- aifément le Cuivre & le Fer, & quelque-- fois il fe trouve dans les Pyrites une.
16 Du Viterror portion de cet Acide qui n 'eft point er-tiérement faturée ; c'eft pourquoi il ne faut point faire évaporer les diffolutions vitrioliques dans des vaifleaux faits de ces deux Métaux ; & quand bien même cet Acide feroit faturé de Cuivre, fi on venoit à la mettre dans un ou de. Fer, le Cuivre feroit précipité, voyez le Paragraphe 352; au lieu que FAcide vitriolique ne fait que ronger le Plomb, & n'en diffout qu'une partie , encore faut-il qu'il foit concentré ; d'où l'on ._ voit que ces fortes de vaïffeaux font les plus propres aux opérations dont nous parlons ici. 3. L'eau claude diffout une plus g grande quantité de Vitriol que l'eau fréide & en f refroidiffant elle fe dégage de b portion de plus qu'elle avoid mife en diffolution lorfqu'elle étoit claude. Comme la surface de la diffolution claude eff un peu refroidie par le contact de l'air, & comme la pellicule qui y paroît n'eft qu'un afeml Due de petits cryflaux, c'eft une preuve que e l'eau contient autant de Vitriol qu'e elle peut en teniren diflolution a ce dégré de chaleur , puifqu'on die la moindre fi raicheur au que Peau À fe dégage du Vitriol 4 fa surface : il n'y à donc qu'alaiffe rrefroidir P EAU. | portion fuperflue de Vario! que l'eaw
P 4 È
| DE FALUN. 17 claude avoid mife en diflolution , s'en dégage pour s'attacher où elle peut.
4, Quand on à mis un Métal en diffolution dans un Acide, fi on fait évaporer la diffolution d'une maniere convenable, & qu'on la fafle cryftallifer , on produira du Vitriol artificiel.
ES Cnam mme
VI. PROBLÉME, Obtenir de l'Alur,
Solution
I. P RENEZ quelques livres d'une des Mines d'Alun cécrites au , 156; qui fe fair reconnoïtre por un goûe douceâtre & défagréah'e : faites-les bouil= lir dans trois fois leur poids eau chaude ; en vous servant pour ceia d'un vaiffeau de verre ou de plomb; filtrez la diffolution, faites bouillir de nouveau la terre qui fera reftée après la premiere diffolution, & réiterez la même chose tant ue l'eau aura un goût d'Alun , mêlez enfemble les différentes diffolutions que vous aurez obtenues, vous les filtrerez, ou vous les laifferez repofer pendant vingt-quatre heures, afin que les parties - étrangeres ayent le tems de fe dépofer,
18 De L''Alun. |
IT. Faites évaporer la diffolution at point qu'un œuf frais puifle y furnager , pour lors vous la laifferez refroidir & re- "pofer pendant vingt-quatre heures pour qu'elle forme des cryftaux; s'il s'eft dé- pofé de lAlun, ce qui n'arrive que rarement fa couleur fera d'un brun foncé ; c'eft pourquoi vous le purifierez par des diflolutions & des cryftallifitions réite- rées ; mais s'il s'eft formé des cryftaux vitrioliques , il faudra les en féparer : vous perez évaporer & cryftallifer de nouveau ce qui reftera de la solution , tant que vous remarquerez qu'elle contiendra de PAlun.
TITI. Mais sil ne s'eft point formé d'Alun , vous perez bouillir de nou veau la diflolution , & vous y mettrez un vingtiéme de Potafle difloute. ou bien un tiers d'urine putréfiée, ou autant de la leflive des Savonniers, ou un peu de Chaux : vous perez bouillir ce mélange jufqu'à ce qu'il commence à fe précipiter une matiere blanche, pour lors vous le placerez dans un endroit frais; vous décanterez l'eau qui furnagera aux cryftaux qui fe front formés , & vous perez la même opération fur cette eau pour en féparer lAlun , jufqu'à ce qu'il ne refle plus qu'une matiere épaifle comme de l'huile qui ne contiendra plus
DE L'ALUN. 19 d'Alun. Faites difloudre de nouveau dans: _de l'eau claude l'Alun qui s'eftcryftallifé, purifiez la solution en la filtrant; ou en la laiffant repofer , & faites - la cryftallifer de la maniere qui à été in= diquée.
Geserfation
1. Il y a des Auteurs qui ont prétendu que la Torre qui fert de bafe à l'Alun eft une Terre calcaire mife en diffolution par Acide vitriolique ; cependant jamais on n'eft parvenu par l'Art à faire un véritable Alun avec ces deux matieres ; c'eft ce qui a fait crore à d'autres qu'il fallout que ce füt une Ferre toute particuliere & inconnue. iviais ac= tuellement il paroît affez probable ane 'c'eftune Terre argilleufe : eneffet, quand on diftile de l'Huile de Vitriol fur de: PArgille, fi on fait la leflive du réfidu dans de l'eau, qu'on fafle évaporer & cryftallifer cette solution, on obtient un Sel qui reffemble beaucoup à PAlun. Il ne faut point s'imaginer pour cela que, dans l'opération dont il s'agit ici PA-cide vitriolique diflolve une portion de V'Arpille : car nous avons dit, dans le: second Chapitre de la premiere Divi-fon , que les Terres argilleufes n'étoient:
20 DE L'ALUK. point folubles dans les Acides : en effet, les Terres de ce genre ne fe diffolvent ni à froid, ni même à une chaleur mo- dérée dans les Acides, ce qui cependant arrive aux Terres calcaires. Outre cela opération dont il s'agit eft plutôt une extraction qu'une diflolution.
2. On ajoûte du Sel alcali fixe , tant pour précipiter l'Alun que pour le purifier ; car l'Alun, quand ileft pur eft ou blanc ou rougeâtie, mais quand ül eft mêlé d'un peu de Vitriol, il eft d'une couleur verdâtre où bleuâtre. Comme Acide vitriolique a plus de difpofition à difoudre un Sel alcali fixe qu'un Mé- tal, dans cette opération il s'unit au premier % fe désase du dernier qui pour lors fe précipite : outre cela le Sel pré- cipitant contribute à augmenter confidé rablement la quantité de PAlun : en ef fet, f on met en diftilition dans une cornue , de l'Alun dans la préparation duquel il eft entré de FPurine & de PEf prit-de-Sel marin, on obtient du Sel ammoniac; mais comme d'un autre côté VAcide vitrioliqueeft plus difpofé à dif-foudre un Alcali fixe que la terre qui fe
trouve dans l'Alun, il faudra bien prendre garde de n'y point joindre trop
d'Alcali, ce qui-décompoferoit PAlun. ;
Du NÎTRE DT
Ne Ron: El Eme,
Obtenir du Nitre,
SEOUEL DSTUE À Ni
À RENEz une Terre chargée de
Nitre, & s'il ne s'y trouve point déja du Sel alcali fixe, vous y en mettrez; joignez-y un tiers de cendres & de chaux , verfez deflus de l'eau que vous y laïfferez féjourner pendant douze heures ou plus; au bout de ce tems vous filtrerez la diffolution.
II. Vous perez évaporerladiffolution dans un vaifleau de Cuivre, jufqu'à ce qu'en en laïffant tomber une goutte fur une surface froide elle s'y fige; pour lors vous mettrez cette solution à cryftallifer dans un lieu frais pendant vingt-quatre heures ; vous décanterez la diflolution qui nagera au-deflus des cryftaux qui fe front formés , vous létendrez dans deux fois autant d'eau, vous la remettrez enfuite à cryftallifer de nouveau , vous réitererez la même opération jufqu'à ce que vous ne puifliez plus en tired de cryftaux , & qu'il ne refte plus qu'une liqueur épaifle.
pa. Du NIÜTRE
TITI. Faites redifloudre de nouveau votre Niître dans de l'eau claude, joignez-y encore un peu de Sel alcali fixe, féparez-en ce qui {e {era précipité , faites évaporer & cryftallifer la diflolution de la maniere indiquée au n°. I L vous aurez par ce moyen du Niître très-pur.
Observa Tion.
1. On a pû voir par le IF. Problème que le Sel alcali fixe eft pour beaucoup dans la composition du Nître; la regé- nération du Niître , qui eft dans l'Efpritde-Nître par le moyen du Sel alcali fixe, prove la même vérité; c'eft pour cette raifon que dans opération qu'on vient de décrire on joint du Sel alcali fixe à la Terre nitreuie, en cas qu'elle n'en contienne point déja. Le Sel alcali fixe _fert auffi à féparer de Efprit-de-Nitre
la Terre calcaire fuperflue, parce que les Acides ont plus de difpofition à diffoudre un Alcali fixe qu'une Terre calcaire. Une preuve qu'il y a une Terre de cette efpèce dans la diflolution du Nitre; c'eft qu'on y trouve de la Magnefie blanche qui fe tire des eaux meres lorfqu'on les fait évaporer jufqu'à ficcité , qu'on en fait le lavage, & qu'on en obtientune Terre blanche qu'on fait calciner, L'Ef-
Du NÎTRrE. 23 prit - de - Niître qui fe trouve dans l'eau-mere aufli - bien que lEfprit - de - Sel marin , fe 'font condoître quand on verfe gouttes à gouttes de l'Acide vitriolique , & quand on en fait la diftilation : en effet par-là on obtient de Eau régale. |
2. On purifie le Nître par des diffolutions & des cryftallifations réitérées, & on le dégage par-là du Sel marin avec qui il eft mêlé, attend que ce dernier Sel fe diffout prefque aufli facilement dans l'eau froide que dans l'eau claude ; au lieu que le Niître fe diflout beaucoup mieux dans l'eau claude que dans l'eau froide. Lorfqu'on a donc une solution claude dans laquelle on a fait difloudre du Nître & du Sel marin, fi on la laiffe refroidir , la portion furabondante de Ni. tre que l'eau claude avoid mife en diffolution, fe cryftallife, & le Sel marin refte fufpendu dans Peau pour la plus grande partie : c'eft pour cette même raïfon que quand on réitere plufieurs fois les évaporations & les cryftallifations, les premiers cryftaux font toujours plus purs que ceux qui viennent enfuite.
Ens
Niit Probleme
Obtenir du Sil marin,
Solution.
F Â1TES bouillir une eau chargée … de Sel marin jufqu'à ce qu'il fe forme une pellicule, ou de petits cryftaux à fa surface ; pour lors vous diminuerez le feu de maniere que la diflolution ne bouille plus mais ne waffle que s'évaporer ; les petits cryftaux qui font à la surface s'augmenteront & retomberont par leur pefanteur ; quand il fe fera formé aflez de cryftaux pour atteindre prefque la surface de l'eau, vous décanterez l'eau, _ & vous,en féparerez le Sel qui y fera refté , de la même maniere qui vient d'ê- tre indiquée dans ce procédé,
Observation.
x, Comme il ne fe diffout guères plus de Sel marin dans Peau claude que dans l'eau froide , on ne peut point l'obtenir en le faifant cryftallifer dans un lieu froid ; il faut donc avoir recours à l'évaporation pour le river de fon eau , afin qu'il
&
| NET GEL ONEAREN 2 %e montre fous une forme folide & con-créte. Les cryftaux qui fe forment au fond du vaiffleau ne font compofés que 'd'un affemblage de petits cubes , qui eft la figure propre au Sel marin; ils reffem- 'blent à des pyramides tronquées qui font 'creufes & ouvertes par la bafe.
2. Il faut donner un feu {doux auffi- æ0ôt qu'on apperçoit des cryftaux , car Î -on donnoit un feu trop violent, toute la surface de Peau fe couvriroit de petits cryftaux irréguliers qui formeroient une pellicule , & mettroient obstacle à Pévaporation fi on ne la rompoit pour la faire tomber au fond.
3. Lorfque les eaux ne contiennent 'que peu de Sel, il en coûte beaucoup de Bis & de perte de tems pour le chauffage, fur-tout quand on lestraite en grand; c'eft pourquoi l'on a imaginé un moyen qui eft d'enlever à la diflolution une partie de fon eau, avant que de la faire' entiérement évaporer ; c'eft ce qu'on ap-" pelle graduer. On conftruit pour cet e'- fet de grands bâtimens fort élevés qui font ouverts d'un côté afin de donner pañfage à l'air; on y place horifontalement des couches ou lits de paille, de fagots ou d'épines, que Pon met à une certaine distance les uns des autres; on éleve l'eau chargée de Sel par le moyen
Tome IT,
26 Du SEL MARIN. ù de popes & par des conduits ou caz naux, On la fait tomber fur le premier lit de fagots qui eft au-deflous, où elle eft divifée en petites gouttes qui retombent fur le second lit, & ainfi de quite _ fur les autres, Or comme l'air & l'eau fe diflolvent, comme nous l'avons dit au {econd Chapitre de la premiere Divifion de la premiere Partie; & comme plus Veau eft diviféeen petites particules plus elle préfente de surfaces à l'air; bette eau famine ainfi divifée , en pañlant par Vair, touche à un grand nombre de fes surfaces, eft difloute par l'air qui en prend une grande partie, & par ce moyen la leflive devient plus chargée de Sel,
4. Quelquefois on laïffe à la Nature le _ foin de faire l'éevaporation néceffaire pour la formation du Sel : dans plufieurs Pays on a des lacs d'eau falée que la chaleur du Soleil fait évaporer de façon que le Sel s'attache fur les bords fous une forme concrète, Dans certains endroits on n'y fait point autre chose que de conduire l'eau de la mer dans des réfervoirs fort larges, mais peu profonds, ou elle eft évaporée. par la chaleur du Soleil,
Sf
L'Acide Vitriolique. 27
Pr Pp Robe Eme.
Obtenir L Acide vitriclique. SOLUTEIO N.
J. RENEZ environ fix ou huit li«
vres de Vitriol verd , expofezle au Soleil pendant l'Eté, ou bien audeflus d'un four, jufqu'à ce qu'il fe ré- duife en une poudre blanche, ou bien mettez le Vitriol dans un vaifleeu de terre ou de fer ; donnez du feu peu-à-peu jufqu'à ce que le Vitriol commence à devenir liquide & à répadre de la fumée; augmentez le feu par dégrés, il devin-dra épais & d'un gris de cendre , alors vous aurez foin de le remuer fans relâ- che, de peur qu'il ne fe durciffe & ne fe mette en maîles ; vous diminuerez un peu la violence du feu, & vous continuerez jufqu'à ce que le Vitriol foit réduit en une poudre féche.
II. Lorfque votre Vitriol fera calciné de là maniere qui vient d'être décrite ; vous en remplirez à moitié une cornuede verre luttée, que vous placerez dans un fourneau de reverbere ; vous maçonnerez l'ouverture du fourneau autour du
B j
28. ' L'ACIDE VITRIOLIQUE. col de la cornue avec de la glaife & des briques, & vous adapterez une allonge
£ \ L e à la cornue ; vous mettrez des linges
mouillés autour de l'extrémité de Pal-longe, & vous y placerez un grand bal- Jon de verre qui y entre environ de deux pouces ; vous lutterez exaétement les jointures , vous enduirez du linge avec le même lut, & vous le mettrez pardeffus le premier lut, & vous lui laifferez
Je tems de fécher.
III. Vous donnerez d'abord un feu doux qui ne fafle qu'échauffer la cornue, vous l'augmenterez de quarts d'heures en quarts d'heures jufqu'à ce que les vaif feaux foient bien échauffés, il commencera pour lors à s'élever une vapeur aqueule ; après avoir foutenu ce même dégré de chaleur pendant fix ou huit heures, vous augmenterez le feu jufqu'à ce qu'il vienne des vapeurs blanches ; on continuera à diftiller à ce même dé- gré de feu pendant douze à dix-huit heures, jufqu'à ce qu'on voie l'huile dé- couler le long des parois du ballon ; en-quite de quoi on pouffera le feu au point
ue la cornue foit parfaitement rouge pendant douze heures.. Si par hazard les vapeurs s'échappoient au travers du lut , il faudra mettre fur la fente du linge
chauffé & garni de lut, Quand les douze
L'ACIDE VITRIOLIQUE. 29 heures front pañlées , on laïffera le feu s'éteindre, & on laiflera tous les vaiffeaux en repos jufqu'à ce que le ballon foit entiérement refroidi, & que lal-longe ne {oit que très-peu claude.
I V. Pour lors on humectera le linge : & le lut avec des linges mouillés , on détachera les vaïffeaux avec précaution, de peur qu'il ne tombe rien dans le bal- Ton qu'on retirera horifontalement, & non pas obliquement, de peur qu'il ne fe cafle ; on verfera ce qui fera pañlé à la distillation dans un vaïfleau de verre par un entonnoir de la même matiere, en fe mettant à l'abri des vapeurs dangereu-- fes qui en peuvent partir.
Obserfation.
1. On commente par faire calciner le Vitriol, afin de le river de la plus grande partie de: fon eau qui feroit traîner lPopération en [longueur , ou dont les
Fer À 5 . = vapeurs échauffées feroient brifer les vaifleaux. Îl paroît encore que le calcination du Vitriol fe fait par une autre raifon; c'eft que l'huile de Vitriol ne diflout point le fer, à moins d'être étendue dans une quantité d'eau fuffifante : or comme dans la calcination on a diffipé
CPE MAS : une grande quantité d'eau, l'Acide vi-
B ii
#
30 L'ACIDE VITRIOLIQUES . triolique ne peut plus tenir le fer en dif= solution, par conféquent il m'eft plus uni ni fixé avec ce Métal, mais il en eft dégagé pour la plus grande partie, & le feu eft en état de le faire paffer à la difilation. Au contraire le Cuivre n'eft diffout que par l'Acide vitriolique con-centré ; c'eft-là la raifon pourquoi le Vitriol de Cuivre ne donne point fon Acide fi a:fément que le Vitriol martial. Si on fait calciner le Vitriol jufqu'à ce qu'il prenne une couleur rouge, on n'aura point befoin de fe fervir de fi grands ballons , car on n'obtient que peu ou point d'Efprit-de-Vitriol, IL ne viendra que de l'Huile de Vitriol. |
2. Comme l'Acide vitriolique eft le plus puiffant des Acides de la Nature, il n'y a que le feu qui puifle le féparer du Métal auquel il eftuni; voilà pourquoi cette féparation eft non-feulement difficile, mais encore ne peut jamais fe faire parfaitement : en effet , fr après avoir fait le procédé de la maniere qui vient d'être indiquée, on continue à pouñer le feu encore plus long-tems que nous ne l'avons dit , il s'élever toujours des vapeurs ; & en lavant le réfidu qu'on nomme Colcothar , & qui eft d'une cou- {ur rouge, on peut en tired un Vitriol jaunûtre,
L'Acide Vitriolique. 31
5. S'il arrivoit que le ballon fût brifé bar la trop grande abondance de va< peurs qui s'élevent , on feroit en danger d'en être fuffoqué , ou du moins la poitrine en feroit vivement affectée ; il eft donc bon de pañler un petit tuyau de verre, tel que feroit celui d'un Ther-momêtre caflé, dans une ouverture faite au lut des jointures ; on pourra le boucher & l'ouvrir à volonté quand il en fera beloin pour donner paflage à une - partie des vapeurs:
4. La partie de l'Acide vitriolique qui pafle fous la forme de vapeurs blanches, eft volatile, & s'appelle E/prit-de-Wiiriol; mais il y en a une partie qui eft aflez fixe au feu, & qui pañlé fous la forme de gouttes, c'eft ce qu'on appelle Huile de Witriol : ainfi fi dans cette opération ; lorfque PEluile de Vitriol pañle, on n'a point changé de ballon ;
& / 9 . DEL on pourra féparer l'Efprit - de - Vitriol d'avec lPHuile, en mettant l'Acide vitriolique qu'on aura obtenu dans une cucurbite à laquelle on adaptera un chapteau , & à un feu qui foit au 0000, dégré du Thermomètre de Fahrenheit ; on fera pañler l'Efprit-de-Vitriol à la diftilletion ; mais fi Pon fait usage d'une allonge garnie d'un bec à laquelle on puifle adapter un petit je ) la
3 iv
32 J'ACIDE VITRIOLIQUE. Fiqueur flegmatique ou aqueufe pourra ÿ: être reçue , enfuite PEfprit-de-Vitriol fera reçu dans le grand ballon ; lorfque. J'Huile de Vitriol commencera à pañer ,,
on Ôtera le Ballon pour en adapter un. autre deftiné à recevoir cette huile.
5. On peut fuivre le: même procédé : pour féparer l'Acide vitriolique de PA.-- lun , aprèsavoir commencé par le faire calciner, mais cet Acide y eftuni beau-- coup plus étroitement que dans le Vi-. triol , c'eft pour cela qu'on en obtient: beaucoup moins; on le nomme E/prit- d'Alun , & ce qui refte dans la cornue {e. nomme Alun calcine..
…. 6. L'Acide vitriolique fe trouve aufli: dans le Soufre ;. on peut l'obtenir en le faifant brüler fous une cloche de verre. mouillée, ou fous un fac de linge mouil-. lé; il s'attachera ou aux parois de la cloche ou au fac de linge que l'on pourra, tordre pour en faire {ortir P Acide avec: Veau dont il a été mouillé ;:enfuite on: Ven féperera par la diflillation; on nom-. me cet Acide Ffprit-de-Soufre, ou Acide. "fulfureux volatile.
L'AciDE NiTREU x. 25
Ke PROBLEME. Obtenir L' Acide Nitreux.
Premiere Solution.
R ÉDUISEZtroisparties ( parexem< ple dix-huit onces ) de Nître bien pur en une poudre très-fine, mettez-les dans une cornue de vérre ou dans une cucurbite ; vérfez-y un tiers ( par exemple fix ones ) d''Huile de Vitriol , mettez-la promptement au bain de fable ; adaptez-y un grand ballon , luttez exac- tément les jointures avec un lut fait avec de la Chaux, del' Argille & un peu de Sable ; il s'élever fur Le champ une vapeur rouge ; vous donnerez pour lors un feu doux fous la capfule du bain de fable, le ballon fe remplira de vapeurs rouges, & l'Efprit-de-Nitre paflera aufli fous la forme de gouttes ; augmentezle feu peu: à-peu , & RS -le jufqu' au dernier dé- gré dont le br à de fable foit fufceptible, on laiffera enfuite le feu s écbintlre : ; Ôtez le ballon quand vous trouverez que le col de la cornue ne fera plus Te verlez la liqueur dans une bouteille verre qui ferme avec un bouchon d
B v
34 L''ACIDE KITREUX. verre poli, & confervez - la fous une cheminée ou dans un lieu ouvert ; afin que les vapeurs dangereufes ne puiflent point incommoder la poitrine.
Observation.
7. L'Acide vitriolique eft plus violent que lAcide nitreux qui étoit uni auparavant avec l'Alcali du Niître; c'eft pour cette raifon que l'Acide vitriolique {e faifit de ce Sel, & par-là PAcide nitreux eft dégagé, devient volatile, & le feu eft en état de le faire pafler à la diftillation : comme il s'éleve fur le champ des vapeurs rouges on eft obligeé d'y adapter promptement les récipiens; quelquefois pendant la distillation il fe per une partie de PAcide par les vapeurs qui paflent au travers des crevaffes du lut, on les reconnoïtra à leur couleur rouge; ou en paffant un charbon ardent autour des Jointures des vaiffeaux, on verra une lu-mieré claire fe former à la surface du charbon qui fe confumera très-promptement; loriqu'on remarquera ce phéno- mène, on pourra boucher cet. endroit avec un linge enduit de lut.
2, on peut auffi faire la même opération , en commençant par faire diffoudre le Nître au feu ; on mêlcre la folutionavec
L'ACIDENIÎITREUX. 3f un quart d'Huile de Vitriol, on donnera d'abord un feu doux pour faire paffer la partie aqueufe ou le flegme, après quoi on changer de récipient; & en donnant un feu plus fort , on fera pañler l'Efpritde-Nitre. Ce qui refte dans la retorte eft un nouveau corps formé par l'union de PAcide vitriolique & de l'Alcali du Ni-tre, c'eft par conféquent du Tartre vir triolé,
Lecesioll U Tmd N,
Réduifez du Vitriol calciné de la ma niere décrite dans le I X°. Problême, en une poudre impalpable ; mêlez exactement cette poudre avec partie égale de Nître que vous aurez pulvérifé avec le même foih; mettez ce mêlange dans une cucurbite de terre ou de fer, ou bien dans une cornue, expofez ce vaifleau à feu nud, dont vous augmenterez les dégrés peu-à-peu jufqu'à ce que les vaifleaux deviennent modérément rouges ; on continue pendant quelques heures à donner le même dégré de feu, au bout de ce tems on laïifle refroidir les vaifleaux, &
Von enretire l'Efprit-de-Nître.
Observation: :
1, Quoique dans cette opération on
B vj
56 L'ActrpE NÎTREUX emploiel Acide vitrioliquecombinéavec: le Fer qu'il a misen diffolution, cepen=- dant fon union avec le fer ne laïife point: d'avoir été rompue en grande partie par: la calcination qui a précédé ; mais com-. me tout Acide a plus de difpoñition à agir fur un Alcali fixe que fur une fubf-. tance métallique, & comme PAcide vi-- triolique eft plus puiffant que l'Acide. nitreux, lation du feu fait que l'Acide vitriolique quite le fer pour s'unir à- PAlcali du Nître, & de cette maniere il: dégage lAcidé nîtreux. :
2. I'eft difficile d'avoir l'Acidé ni. treux parfaitement pur, fouvent il fe trouve joint avec de Acide vitriolique ou de P'Acide du Sel marin. On le nom-- me Éau de féparation ou Eau-forte à cause : de fon usage ; mais fi on veut avoir cet: Acide plus pur, on n'aura qu'à prendre. une partie de Niître, quatre parties de. Bol, d'Araille, de glaife oude briquesen poudre ; on fera difloudre le Niître dans. dé Peau , on en hume@tera la fubftence : terreufe qu'on fera fécher, on mettra ce mélange däns une cornue qu'on expo-. fera à feu nud, on obtiendra par la di£- tillation ce qu'on nomme proprement Efprit-de-Niüre.
3. Il y a dés gens qui font dans lPu-- fige d'y mettre encore d'autres fubftances :
L'AcrDE DU SEL MARIN.. 3% telles que. du Sable, de PAlun, de la Chaux-vive, de la Sanguine, &c. ils: prétendent empêcher par-là le gonfle-- ment de la matiere, mais c'eft fate de: connoiffance qu'on multiplie ainfi le vo=: fume fans néceffité, & par-là on fe met: dans obligation, non-feulément d'avoir : de plus grands vaiffeaux:,. mais encore. on fait que lPEfprit-de-Niître eft moins: pur, &lonen obtient fouventune moin. dre quantité. .
XI: PROBLÈME. Obtenir l'Acide du Sel marin.
To L'Ouvion.
1E S UR trois parties de Sel marin: 7 verfez une partie d'Huile de Vi-- triol dèns une cornue de verre; il s'éle-. vera fur le champ des vapeurs blanches : & fuffocantes, c'eft pourquoi vous y adapterez promptement un récipient, . vous lutterez les"ointures, & vous mettrez la matiere en distillation au bain de fable , en obfervant de ne donner qu'un. feu très- doux pendant trois ou quatrè heures : en effet, les vapeurs peflent avec besucoup de violence, & fe font même:
38 L'ACIDE DU SEL MARIN: quelq. efois jour au travers du Lut; vous augmenterez le feu peu-à-peu jufqu'à ce que la capfule du bain de fable rougiffe. Lorfque le col de la cornue fera refroidi, vous délutterez le récipient , & vous au-aurez un Efprit acide fumant3fi on le met en difillation dans une cucurbite à petit feu, VEfprit fumant pafñlera dans le récipient, & lAcide reftera en arriere, & fera d'un jaune verdûtre. IT. Ou bien commencez par faire dif- "foudre le Sel dans de Peau ; verfez-y peu- à-peu & gouttes à gouttes votre Huile de Vitriol , de peur de faire brifer la cor-nue par la chaleur qui s'y excite. Diftillez d'abordà feu oux au bain de fable pour faire pañler l'eau ; vous augrmenterez un peu le dégré du feu jufqu'à ce que les Efprits paflent en ferpentant dans le récipient ; pour lors on ne rifquera plus rien de donner un feu violent. L'A- cide du Sel marin qu'on aura obtenu de cette maniere ne répand point de vapeurs. |
Observation.
1. L'Acide nitreux eft plus violent que lPAcide du Sel marin ; mais comme VAcide vitriolique eft plus puiffant que Gelui du Nître, il'agit de la même ma-
L'ACIDE DU SEL MARIN. 39 niere que dans l'opération précédente ; c'eft-à-dire, qu'il s'unit avec l'Alcali du Sel marin, & de cette façon il en dé- gage Acide, ES EN
2. L'Efprit volatile & furmant qu'on obtient fuivant la méthode indiquée au n°. I. devient plus fixe en le traitant de la maniere qu'on à dit au n°. IE. parce qu'il a été diflout par Peau qu'on y a ajoutée qui eft unie fubftance plus fixe au feu, & qui par conféquent eft propre à le retenir ; c'eft pourquoi on peut em- pêcher fa volatilité , foit en verfant de Veausdans l'Efprit-de-Sel qu'on a deja obtenu, foit en faifant difloudre ou l''Huile de Vitriol ou le Sel marin dans de l'eau avant la distillation.
3. On peut auf obtenir lEfprit-de- Sel de même que lEfprit - de - Niître ; dans la I [°. Solution du Problême pré- cédent , en y poignant du Vitriol calciné; il faut feulement pour lors donner un feu plus violent & plus durable.
4. On peut encore obtenir l'Acide du Sel marin en mêlant enfemble une partie de Sel avec trois ou quatre parties de T'erre bolaire, & en faifant diftiller ces matieres dans une retorte à feu nud ; maïs il faudra commence par mettre le Sel au feu dans un vaifleau de terre couvert ; On augmentera le Feu jufqu'à ce que le
M'A
40 L'ACIDE DU SEL MARIN. Väifleau rougifle ; le Sel décrépitera, &' q sand on le retirera;, il fera parfaitement" b'anc; il fera divifé en particules très-- déliées, & il aura perdu près d'un quart. d: fon poids : fi on'ne prend point cette. précaution, il fautera & petillera dans' les vaifleaux, pourra même quelquefois: tomber dans le récipient, & fera quel-- quefois capable de brifer les vaiffeaux.
$. Si on lave le réfidu de cette diftillation dans de l'eau claude , qu'on fafle- évaporer & cryftallifer la solution , on: obtiendra un $el formé par l'union de PAcide vitriolique & de PAleali du Sel: marin ; on le nomme Sel admirable de:
Glauber..
és
XIF. PROBLEME. Faire de l'Eau régale. PREMIERE SO LUTIO N.
+ ErRsSEz deux parties du meilleur à Efprit-de-Niître fur une partie de. Sel marin bien féché & exaétement pul-. vérifé ; après Pavoir mis: dans uné cor-- nue de verre, diftillez d'abord au bain de. fible , en donnant un feu très-doux ; &" quand le réfidu fera à. fec dans la cornues,
DE L'EAU RÉGALE. 4# donnez le feu le plus violent que vous: puifliez donner.
EF. So Lu rrEcCNn.
Verfez un quart d'Efprit de. Sel dans de: leau-forte, ou faites difloudre dans de: l'eau forte un quart de Sel ammoniac= voyez le $.2$55. La diffolution prendra: une couleur jaune , & il s'élever une. grande quantité de vapeurs blanches 3; c'eft pourquoi il fera à propos de faire 'cette opération fous une cheminée, &c: il faudra avoir la précaution de ne point: boucher le vaifleau trop exactement de: peur qu'il ne fe brief..
Ex El. Probleme.
Diffoudre des Pierres calcaires par le moyet:
d'un Sel alcali fixe. HO EMCTEO Ne
RENEZ unepartiede craie que vous; pulvériferez exaétement ; mêlez - là:
avec partie égale de Sel alcali fixe bien:
* féché, rempliflez dé ce mélange un vai{-- feau de terre capable dé réfifter au feu ou: un.creufet, jufqu'aux deuxtiers; fermez:
Fe Des PIÉRRES CALCAIRES e creufet avec un couvercle, placez-le dans un fourneau à Vent ou de verrerie, & donnez pendant quelques heures un feu violent; vous aurez de cette façon un verre jaunâtre très-dur.
OBSERVATION. F1: Quand on a un fourneau de verrerie on peut faire pratiquer une petite ouverture au haut des vaiffeaux, afin de pouvoir de tems en tems voir l'effet de la matiere qu'on ytraitez il ne faut point tout-à- coup mettre {es vaiffeaux au dégré de feu le plus violent, il faut commence par les échauffer peu-à-peu, & ne les mettre d'abord que dans la quatriéme chambre du Fourneau, afin de calciner les mé- Janges pendant quelque tems.
24 Ïl ne faut jamais remplir entiére-ment un vaifleau d'une matiere qui {e vitrifie; car pendant que la diffolution s'o- pere , la matiere fe gonfle confidérablement, & on peut craindre qu'elle ne s'é- leve par deflus les bords des vaifleaux dans lequel on laura mis. |
3. Deux parties de Sel alcali fixe mê- lées avec une partie.de craïe , donnent un verte d'un jaune verdâtre aflez compacte ; mais deux parties de craie & une partie L Sel alcali ne forment qu'une mafia peu LAON
Des PrERRES ARGILLEUSES, 47
Rente Rcd Léme
Difoudre les Pierres argill:uses par le pt du Sel alcali fixe.
GR NS mo
P RENEZ uné partie d'Argille bian* che très-pure , deux parties de Sel alcali fixe, & procédez de la maniere indiquée dans lopération précédente 3 vous obtiendrez un verre jaunâtre.
Onbsesr Fat Tion.
Les Pierres argilleufes pour être mi-athée , exigent une portion plus grande de Sel alcali va que les Pierres calcaires ; en effet > parties égales d'Argille & d'Alcali rentrent point en fusion au même dégré de feu, elles ne font que former une maffe peu liée,
nv GÈ
Xv Probleme
Diffoudre les Pierres gypfeufcs par le moyer: d'un Sel alcali fixe.
S'OLUTFEONS P RENEZ. parties égales de l'une & . l'autre deces matieres, & faites l'o= -pération comme on l'a déja dit.
Observation.
Quand on à fait enter dans lacompo-- _ fiction parties égales de Pierres gypfeufes: & d'Alcali, on obtient un verre dur, blanc &c transparent : deux parties de. Gypfe contre une d'Alcali fixe donnent un verre de la même couleur, mais il eff un peu plus dur & fpongieux, oucomme. de lécume. +
NV I. PROCESS LÉME: Diffoudre les Pierres vitrifiables par lé: moyen dun: Sel alcali fixe.
S'0 Lut Fo N. ;
D RENEz du Sable blancou des Pier res vitrifiables, faites-le rougir à.
grand feu , faites-en l'extinétion dans de:
Des PIERRES VITRIFIABLES, 4$ Veau froide, & réduifez-les en une pou- 'dre extrêmoment fine dans un mortier de fer bien net ; prenez une partie de cette poudre & deux parties de Sel alcali fixe,
- & continuez le procédé de la maniere in=
diquée dans le X I V°. Problème. OBSERVATION,.
1. La fubflance formée dans cette operation eft le verre ordinaire , mais dans le travail en grand on prend communément moins de Sel alcali que nous n'avons marqué, à proportion de la violence du dégré de feu qu'on peut donner , Où à proportion des autres matieres qu'on joint au mélange pour en faciliter la fusion. En effet, quatre parties de Terresivitrifiables & une partie de Selalcali fixe peuvent enter en fusion dansun feu très-violent & delongue durée; mais plus on augmente Îa dofe de Pierre vitris fiable dans la compofirion du verre, plus il eft dur.
2. Plus le Sel alcali & les Pierres font purs, plus le verre qui en réfultera fera blanc & transparent. Les Pierres à fufil noires & d'autres Pierres du même genre, qui blanchiffent per la calcination , peu= vent être employées pour faire le verre
. blanc ou crystal avec autant de fuccès
R6 Des PIERRES VITRIFIABLES. que le Cryftal de roche lui-même. Mais comme en plant, ou par la trituration ; il pourroit s'être détaché quelques particules du mortier de fer qui pourroient diminuer l'éclat & ternir la couleur du verre, on fera bien de verfer fur la poudre, après l'avoir pulvérifée, de l'eau-forte affoiblie, on la remue un peu, on la laiffe repofer pendant quelques heures, on décante enluite l'eau - forte, &on édulcore la poudre avee de l'eau pure. 3. Si on mêle trois parties de Quartz blanc opaque avec une partie de Sel al-cali fixe, & qu'on feffe enter ce mélange. en fufñon, on obtient un verre d'un blanc , de lait très - dur. Une partie du même Quartz avec trois parties de Sel alcali fait un verre verdâtre qui a un peu de tranfparence. | : 4 Lorfqu'on prend trois parties de Spath fufible & une partie de Sel alcali fixe, on obtient un verre dur , d'une couleur tyrant fur le noir, qui fait feu lorfqu'on le frappe avec de l'acier , quoique le Spath n'ait point cette propriété avant a vitrification. Si l'on renverfe les dofes l'on aura un verre noir.
DissOLUTION DES PIERRES. 4?
En Roule L'Nle,
Diffoudre les unes par les autres €> fans addition les Pierres dont on a donné l'énumeration au $. 246.
Soeuteion
3. F AITES un mélange d'une partie
de Craie avec trois parties d'Ar-gille, ou d'une partie de Craie contre cinq parties d'Argille.
II. Mêlez une demi-partie de Gypfe avec une partie d'Argille , ou cinq parties de Gyple avec fix parties d'Argille,
III. Mélez deux parties d'Arville avec une partie de Spath fufible, ou bien une partie d'Argille avec deux parties de Spath fufible, |
I V. Mêlez deux parties de Gypfe avec une partie de Spath fufible , ou une partie de Gypfe avec deux parties de Spath fufible , ou bien parties égales de Pun & de l'autre.
V. Mélez deux parties de Craie avec une partie de Spath fufible , oubien qua" tre parties de Craie avec une partie de Spath fufible , ou renverfez les dofes.
Mettez chacun de ces mélanges dans
48 DissoLUTION DES PrERRES. un creufet fort , & qu'on puifle former d'un couvercle ; placez-le pendant quelques heures dans un fourneau à vent, & donnez le feu le plus violent. |
Obserfation
1. La dureté , la couleur & la tranfpa- 'rence des différens verres qu'on obtient "varient à proportion des dofes & des dif- " férentes efpèces de pierres qu'on a fait æntrer dans leur composition. Par exem- æle, quatre parties de Spath fufible avec une partie de craie, aufñli - bien qu'une partie de Spath fufible & quatre parties de Craïe , font un verre aifé à fondre; Île premier mélange l'eft cependant plus que le dernier Au contraire, deux parties de Craie & une partie de Spath fufible font très-difficiles à mettre en fusion. Cinq parties de Gyple & fix parties d'Ar-gille donnent un beau verre transparent; de la couleur d'une Chryfolite, qui fait feu lorfqu'on le frappe avec l'acier.
2. Les mélanges du n°. V. font fi aïfés à fondre que fouvent ils percent les creufets. Il eft vrai que le Quartz opaque blanc eft une Pierre vitrifiable très-fufible; & quand il eft mêlé en dofes convenables , il fond avec toutes les Pierres avec lefquelles le Quartz transparent blanc & le Sable n'entrent point en fu-ions
Duissocurron Des PrERREs. 49 fion, mais le Spath fufible l emporte en core fur lui; & plus il en entre dans une composition plus elle devient aifée à fondre ; cependant cette régle eft foumife à de certaines bones.
3: Un phénomène très-remarquable , ceft que deux efpèces de Pierres qui prifes féparément ne font point fufibles!, fi on vient à les joindre enfemble , {e dif solvent les unes les autres & fe changent en verre; ce verre eft d'une très- grande utilityé dans la Métallurgie ; juf qu'à préfent on en formoit, par exemple, en poignant du Spath fufible ou des Pierres calcaires pouf le traitement des Mines de Fer, afin d'en faciliter la fusion; maison ne fçavoid point la raifon de ce phénomène, On voit aufi par-là que les Cendres des charbons, & le Sel alcali fixe qui y eft contenu , n'eft point abfolament néceffaire pour mettre en fuficn les parties terreufes ou pierreufes qui ac= compagnent la Mine, & par conféquert on pourroit fe fervir du Charbondeterre & d'autres matieres femblables dans 1 s premieres fufions qu'on fait des Mines, lorfqu'il n°'eft point befoin d'une matiere inflammable pour rédire les Métaux 5 mais il faudroit pour cela que les fourneaux & les opérations fuffent appro-priés à ces fortes de matieres,
Tome IL,
so DaissoLUTION 'DES PIERRES.
Xviii. Probléme.
Mettre en diffolution deux Pierres qui ne fe diffolvent point , voyez le $. 246. au moyen dune troifiéme efpèce de Pierre,
Solution
r M° LEZ enfemble une-partie de Craie , trois parties d'Argille & une partie de Sable.
IT. Mêlez une partie de Craie, ciriq parties d'Argille & une partie de Sable, TITI. Mélez enfemble parties égales de Craie, d'Argille-& de Sable, |
I V. Mêlez enfemble une demi-partiè de Gypfe, une partie d'Argille & une partie de Sable.
V. Mûlez enfemble cinq parties de Gyple, fix parties d'Argille & deux parties de Sable. |
* VI. Mêlez deux parties d'Argille, une partie de Gypfe & une partie de Creie.
VII. Mêlez une partie de Craie, quatre parties de Spath fufible & une demi-partie de Sable.
VIII. M£lez enfemble une partie d'Ar-
Dissozurron DEs PreRRES vtr gille, quatre parties de Spath fufible & une partie de Sable.
TX. Mêlez une partie de Gyp£e, une partie de Spath fufble & une partie de Sable,
Mettez chacun de ces mélanges dansun bon creufet qui réfifte au feu & que vous aurez foin de couvrir, placez vos creu- {ets fur une tuile ou {ur une brique, ou ce qui vaut encore mieux, fur un fupport fait avec de l'Arpille ; attachez les creufets par le fond aux supports avec de la terre grafle , & luttez - y pareillement les couvercles, de peur qu'ils ne fe renverfent ; placez les creufets avec leurs supports fur des rebords de brique qui font au-deflus de la grille du fourneau à vent ; rempliffez votre fourneau de charbons qui ne foient point allumés , & par en haut vous y perez tomber quelques charbons ardens : quand tout fera bien allumé vous augmenterez le feu par dé- grés , & enfin vous donnerez pendant deux ou trois heures un feu très-violent.
Geserpatio Nn,
3. Lorfqu'on veut mettre en diffolution, par le moyen d'une troifiéme , deux Pierres qui ne fe diffolvent point les unes les autres, il faut qu'elle foit d-
Ci
$2 DissOLUTION DES PIERRES, nature à pouvoir mettre une de ces deux Pierres en diffolution, ou toutes les deux. Voyez le K, 246, Le mélange du n°. VI. eft de cette derniere efpèce ; les autres font de lapremiere. Er 2. Cesexpériences, auffi-bien que celles
qui précédent, peuvent être d'une grande utilityé dans la Métallurgie, pour- vû qu'on prenne les précautions convenables : en effet on eft dans Pufage dans les Fonderies de joindre deux fois autant de Scories aux Minérais réfractaires & difficiles a fondre pour les faire entreren fusion ; mais comme onapporte aux Fondeurs des morceaux de Minerais tirés de différentes Mines, & qui font par confé- quent mêlés de Pierres de différentes ef- pèces , on pourroit trouver le moyen d'épargner bien des travaux, des char= bons & des frais, fi lorfqu'on les traite au fourneau ou faifoit attention aux Di£ folvans ou Fondans qui leur conviennent. Outre cela il ya bien des endroits où lon eft obligeé de difcontinuer le tra-yaïl fous prétexte que l'on manque de Fondans, ce qui entraîne une dépenfe _confidérable en frais de voitures, joint à
ce qu'il y a bien des morceaux de Mine-ais qu'on ne peut venir à bout de fondre : rais je ne doute point qu'en pre=" nant ces expériences pour guides on ne
_ DissoruTion DES PrERRES, $2 püût remédier à ces inconvéniens & en tired avantage; quelques expériences en petit que j'ai eues occasion de faire me confirment dans cette opinion.
3: L'on voit aufli par ce qui vient d'être dit qu'il vaut beaucoup mieux qu'on livre à la Fonderie des Minerais tirés de différentes Mines, que fi chacune des conceffions faifoit fondre fon Minérai à part, attend que les Pierres qui pourroient fervir de Fondans, ou de Diflolvans ne fe trouvent pas toujours au . même endroit. Outre cela ladiverfité qui fe trouve dans les couleurs , la tranfparence , la dureté , la facilité ou la difficulté à fondre, préfenteroient encore un grandnombre de phénomènes à obferver.
Xix. Probléme.
Diffoudre toutes les Pierres par le Boraxs
Solution.
EsLEZz exa@tement enfemble : I. une partie de Borax & deux parties de Craie. - TT. Borax & Craie parties égales. III Deux parties de Borax &une partie de Craie. | C ü
$4 DissoruTion pts PrEerREs. I V. Une partie de Borax & deuf parties de Gyple. =: V. Borax & Gypfe parties égales. V I. Deux parties de Borax. & une partie de Gypfe. _ VI L Borax & Argille parties égales. VIII. Une partie de Borax & deux parties d'Argille. I X. Une partie de Borax & deux parties de Sable. X. Borax & Sable parties égales. X I. Deux parties de Borax & une partie de Sable. XI TI. Une partie de Borax & deux parties de Spath fufible. XIII. Borax & Spath fufble parties égales. XIV. Borax & Quartzblanc, parties égales. | Vous procéderez de la maniere indi-quée dans les opérations précédenies, en obfervant feulement qu'il ne faut point que le feu foit fi fort.
Observation.
1. Le Borax s'éleve dans le feu &fe. gonfle comme de l'écume, la mêmechofe. arrive à tout mélange durant la diflolution, c'eft pourquoi il eff fujet à fortir des creufets ; mais quand:il a été calciné préalablement cela n'atrive point d'une
ï DissocUTION Des PIERRES. $$ -àçon fi marquée. Voici comment fe fait la calcination. Commencez par pulvéri-fer & par broker le Borax, mettez-le dans un creufet de maniere à n'en occuper de cinquiéme , donnez un dégré de eu qui ne fafle que rougir obfcurément "le creufet, le Borax commencera à fe fondre avec une efpèce de fiflement, & s'élever fous la forme d'une écume lé- gere qu'on peut écrafer entre les doigts & rédire en une poudre. Si le feu.étoit trop fort il fe changeroit en verre , & pour lors il s'attacheroit aux parois du creufet , & l'on feroit obligeé de le pulvés rifer de nouveau.
2..C'eft en partie fur ces expériences qu'eft fondée l'utilityé du Borax pour faciliter la fufon des Métaux difficiles à fondre, tels que Or & l'Argent ; & la propriété dont il eft pour fouder enfem= ble les Métaux. Voyez le $. 260.
3. Si fur une partie de Borax & deus parties de Pierres vitrifiables difficiles à fondre on met un peu de Sel alcali fixe ou de Nître, on aura un verre tranfparent fort dur. Cela pofé on peut fe fervir de cette composition, en y poignant des matieres convenables , pour faire des verres colorés qui imitent toutes fortes de Pierres précieufes, tranfparentes, c'eft ce qu'on appelle Pierres fe
X-X4 PR O B L'ÈM.E. # UWlettre en diffolution toutes lé efpèces de Pierres par la Chaux de Plomb. |
Solution.
É LEZ exactement enfemble : I. Une partie de Craie & deux
parties de Minium.
II. Deux parties de Craie & une partie de Minium.
TITI. Une partie de Gypfe & une partie de Minium.
I V. Une partie de Gypfe & deux parties de Minium.
V. Une partie d'Argille & deux parties de Minium.
V I. De lArgille & du Minium en parties égales.
VIÉ Une partie de Sable & deux | parties de Minium.
VITI. Une partie de Sable &trois parties de Minium.
IX. Une partie de Spath fufible &
deux parties de Minium.
X. Une partie de Quartz blanc &
deux parties de Minium.
DrssoLUTION DES PrERRES. sy Continuez le procédé de la maniere indiquée ci-devant, en obfervant de placer les creufets au fourneau de Verrerie, ou à vent. |
Observfation.
Les expériences que nous venons d'indiquer peuvent faire connoitre en partie Putilité de lufage dû Plomb pour eflayer les Mines lorfqu'on veut fçavoir fi elles contiennent de l'Or ou de l'Argent : en effet, fion mêle ces Minesavec du Piemb en grenaille, & qu'on les expofe à un feu violent , peu-à-peu le Plomb fe change en Litharge qui eft propre à mettre en diflolution les parties terreufes ou pierreufes des Mines, & fe met avec elles en Scories ; ou fe change en verre, au fond duquel les particules d'Or ou d'Argent fe précipitent & vont s'unir au Plomb qui n'a pas été détruit, dont on le fépare enfuite par la coupelle ; cette féparation eft prefque fondée fur le même principe: en effet, la violence du feu change le Plomb en une Litharge très-fluid qui pénétre dans les pores du vaïffleau de cendre, en diflout des particules , & VArgent refte fur la coupelle. |
1. Toutes les Chaux de Plomb , telles que la Litharge & la Cerufe , ont la pro-priété de difloudre les Pierres; mais o®
QG v
préfére ordinairement le Minium,. parce:
qu'il a déja efluyé le feu pendant long-tems, & parce que la feule action dufeu ne le réduit point fiaifement en Plomb que la Litharge; ce qui peut faire qu'il
y auroit de l'inexactitude dans les effais;
fate d'avoir eu égard. aux proportions des matieres fondantes ou diflolvantes , & de celles qui font mifes en diffolution.
2. Un phénomène remarquable c'eft
que la Craie, l'Argille & le Gypfe ré- duifent une partie du Minium en Plomb, propriété que n'ont point les Pierres vitrifiables ; c'eft pour cette raifon que ces dernieres Pierres font plus propres que les autres à faire le verre de Plomb... 3. Plus on peut difloudre de ces efpè- ces de Pierres au grand feu par le moyen de la Chaux dé Plomb , plus le verre qui
en réfultera fera compacte & dur, au
point même de donner des étincelles fi
on vient. à le fraper avec de l'acier. 4. Par ce qui précéde on voit clairement
la raifon pourquoi les vaifleaux de
terre font quelquefois percés & rongés quand on y. fait fondre pendant long-tems du Plomb, de la Chaux de Plomb ou du Verre de Plomb qui n'a point été fufifamment faturé. On peut prévenir cet inconvénient à un certain point , en faifant fraper fortement les. creufets de
DissoOLUTION DES PIERRES. $e terre lorfqu'on les met en forme; cela empêche que le Verre ou la Chaux de Plomb en fusion ne rencontrent des pores ou paflages aflez grands pour pouvoir s'y infinuer , difloudre les particules terreufes , fe vitrifier avec elles & faire une ouverture au creufet..
» XXI, PROBLEME Diffoudre les Pierres par la Chaux d An-
timoiñe,. SOLUTION.
2 ULvÉRrisez de lAntimoine crud & le réduifez en une poudre très-fine, mettez cette poudre dans un vaiffleau ou plat de terre que vous expoferez à l'air Libre ou fous une cheminée qui. tire bien , vous. donnerez un. feu doux pour que la fumée en parte, remuez cette poudre continuellement avec une baguette de fer ; auginentez le feu peu-à. peu , & continuez de même jufqu'à ce: que vous ne remarquiez plus de fumée. vous obtiendfez une Chaux grife. Si pen-- dant la calcination le feu étoittrop fort &. que lAntimoine_ fe mit en males ou: Ge. FE
A S
60 DissOLUTION DES PIERRES:. grumeaux , il faudroit le retired & le pul- vérifer de nouveau; cette opération doit durer pendant quelques heures. = IT. Prenez deux parties de cette Chaux
que vous mêlerez avec une partie de Pune des quatre efpèces de Pierres, mettez ce mélange dans un creufet que vous puiffiez boucher, & expofez - le pendant quelques heures à un feu violent.
Observation.
Cette Chaux mêlée avec de la Craie fait un Verre grisâtre , opaque & lui-fant , & avéc le Sable elle fait un Verre jaunâtre. Le Gypfe mêlé avec cette Chaux eft très-difficile à mettre en fusion au même dégré de feu , & il n'y a qu'une portion qui fe change en un Were d'un jaune clair : à ce même dégré de feu Ar-gille n'entre point en fusion avec Îa Chaux d'Antimoine , elle ne fait que fe mettre en grumeaux ou fe pelotonner.
DissoLUTION DE L'HurLr: 61
Xxi. Probléme.
Diffoudre une Huile par un Sel alcali fixe;
pour faire du Savon, SOLUTION.
I, XF ERSEz dans un matras de Verre où vous aurez mis de l''Huile
de Tartre par défaillance, partie égale d'Huile d'Olive, remuez ou fecouez ce mélange, afin qu'il s'incorpore ; il deviendra opaque, d'uñe confiftence épaifle & d'une couleur blanche. Si on laiffe repofer pendant quelque tems ce mélange, les deux matieres fe fépareront les unes 'des autres, & l'Huile nagera à la surface, IT. Faites bouillir ce mélange à un feu modéré jufqu'à ce que la partie aqueufe en foit évaporée ; vous obtiendrez une 'matiere blanche épaiffe, d'une odeur huileufe , fade & d'un goût alcalin, cauftique, gras & défagréable, qui fe décompofe à l'air : mais fi pendant la cuiflon on y joint une quantité d'Huile ou de Sel alcali fixe diflout , fuffifante pour empêcher que le corps qui fe former ne
fe décompole à l'air, & pour qu'il fe dif-
62 DissozuTion DE L'Huice.
folve parfaitement dans l'eau, fans que: l'Huile nage à la surface, & fans que la matiere ait le goût de Sel alcali ; ce fera une. preuve qu'on aura. fait un Savon parfait, |
Observation.
Tr, La diflolution qui fe fait dans cette opération femble avoir pour principe J Acide contenu. dans l'Huile ;.car les Huiles qui font privées de cet Acide ont beaucoup plüs de peine à s'uniravecl Ad-cali fixe.
2. On a remarqué que la diffolution dont nous parlons réuflit beaucoup mieux à proportion que le Sel alcali eft plus cauftique * or:comme l'Alcali eft rendu plus cauftique par le moyen de la Chaux, les Savonniers font dans l'usage de faire une leflive très-forte avec de la cendre & dela Chaux vive, au point qu'un œuf y furnace ; & ils en fontune autreplus foible au fond de laquelle un œuf tombe : ils commencent par mêler la leffive la plus foible avec de PHuile en parties égales, ils font cuire ce mêlange à feu doux jufqu'à ce que la partie aqueufe foit prefque entiérement évaporée ; pour lors ils y mettent trois fois autant de la leffive la plus forte qu'ils avoient mis d'Huile,; |
DissoLUTION DE L'HuiLE. 63° & ils continuent la cuiflon jufqu'à ce que la matiere s'épaifliffe au point que fi on en laifle tomber une goutte fur. une fur-face froide elle s'ÿ fige fur. le champ. Les Savonniers fe fervent encore d'un tour de main pour féparer le Savon qui peut encore être refté dans l'eau ; c'eft d'y better une quantité fuffifante de Sel marin ; comme l'eau.a plus de difpofition à diffoudre le Sel marin que le Savon, elle s'unit avec le Sel'& le Savon, nage à la surface.
3. Au lieu des Huiles végétales on fe fert d'Huiles ou de Graïfiles tirées des quadrupédes & des poiflons'; mais plus le Sel alcali fixe & l'Huile front purs, plus le Savon fera parfait ; c'eft pour cette raifon que l'Huile de Baleine ne donne que du Savon noir.
a XXII: PROBLÉME.
Diffoudre du Vinaigre par un Sel alcali fixe, & faire par ce moyen:le Tartre regénérés
S.O LUTIO N.. I. Ç Ervez-vous d'un Matras dont
_ 47 le col foitétroit; verfez fur du Sel alcali fixe bien pur aflez de Vinaigre
Ca DrssOLUTION Du VINAIGRE: concentré pour qu'il furnace au Sel , {es _couez fortement & long-terns votre Ma-tras, il fe fait une petite effervefcence; mais qui cefle fur le champ ; reverfez-y du Vinaigre diftillé & fecouez le mê- Jange de nouveau , vous remarquerez une effervefcence plus confidérable que la premiere fois; continuez de la même maniere jufqu'à ce que vous n'obferviez plus d'effervefcence : pour parvenir à ce point il faudra que vous y ayez mis environ quatorze fois autant de Vinaigre : diftillé qu'il y avoid de Sel alcali. A la fin de l'opération il ne faudra verfer que très-peu de Vinaigre à la fois, fecouer le Matras à chaque fois, & obfervér attentivement fi l'on ne remarque aucune effervefcence : on mettra pour lors le Matras en digestion pendant vingt-quatre heures dans un endroit chaud ; au bout de ce tems on y remettra encore un peu de Vinaigre, & l'on fecouera le vaifleau; s'ilne fe fait point d'effervefcence, ce fera une preuve qu'on a rencontré le point de a faturation. Cette liqueur n'a prefque point nid'acidicé ni de cauflicité, elle a feulement un goût falin.
IT. Filtrez cette liqueur, & mettez-la en diflillation dans un alambic, vous obtiendrez une eau simple & pure, & ce qui reftera dans fa cucurbite jaunira peu- :
Drssocurron pu VINAIGRE. 6$ à-peu , enfuite il deviendra brun, & enfin entiérement noir, épais & gras, d'un gout très-aigre & très-pénétrant; vous en prendrez un peu , & vous effaierez fi fi le Vinaigre y cause encore de l'effervefcence ; fi cela étoit, il faudra chercher le point de la faturation.
III. Lorfque vous aurez trouvé le point de la faturation, décantez la liqueur qui furnace à ce qui s'eft dépolé , & enlevez-en l'humidiré par la diftillation; vous obtiendrez une matiere faline d'un rouge noirâtre , qui aura un goût favonneux tout particulier , c'eft ce qu'on nomme T artre resenéré. Si on donnoit un feu trop violent la matiere fe volatiliferoit & fe difliperoit.
Œbserfatiio Nn.
Si à la fin de l'opération on fait éva- À \ A
porer cette efpèce de Savon à un feutrès- , Lo)
doux, cette matiere, quand elle fera re froidie , prendra une forme feuilletée comme le Talc ; à la chaleur elle {e fond : & redevient comme une Huile épaifle, & en refroidiffant elle fe met de nouveau par feuillets : c'eft pour cette raifon qu'on la nomme aufli Terre foliée du Tartre. Si on lui donnoit un feu trop fort -elle fe volatiliferoit ; fi on met cette _ matiere en distillation dans une retorte
—
66 Dis. DE L'EsP. DE SEL MARIN,
on obtient une: Huile qui s'allure lorf- . qu'on en jette dans le feu; d'où lon voit que dans cette opération, non-feulement on fait un corps compofé qui peut être réduit à fes premiers principes, mais encore on produit un corps tout nouveau qu'on ne pouvoit remarquer auparavant , je veux dire une Huile grafle & inflammable.
Xxiv Probléme,
Diffoudre PEfprit - de - Sel marin par le moyen d'un Sel alcali fixe, & faire pare la le Sel marin regenéré,
Solution,
IL AMETTEz de l''Huilede Tartre.
» étendue de trois fois fon poid d'eau, dans un Matras élevé ; dont lecol foit étroit, que vous échaufferez bien: verfez-y gouttes à gouttes de lEfprit-de-fel , il fe fera une effervefcence confidé- rable ; quand elle fera ceflée fecouez le Matras, reverlez-y encore de l'Efpritde-Sel, & continuez de même jufqu'à ce que vous ayez rencontré le point de Ja faturation. | _ IL Filtrez la liqueur, faites - la évar
Drs. DE L'EsPRIT-DE-NÎTRE. 67 Porer jufqu'à pellicule, & mettez - la à Cryftallifer dans un lieu frais, vous obtiendrez un. Sel qui reflemblera par, fa forme cubique & par fon goût au Sel marin.
Xxv, Problème
Diffoudre l'Efprit - de « Nitre par un Sel alcali fixe, &* faire par ce moyen le Niüre regenére,
EMA A I. F ÂïrTES diffoudre un Sel alcali
fixe quelconque dans huit fois autant d'eau pure , filtrez la diffolution, mettez - la dans un Matras & faites - la chauffer , verfez-y enfuite quelques gouttes d'Eau-forte, & fecouez le Matras 3. continuez la même chose jufqu'à 'ce qu'il ne fe faffe plus d'effervefcence. |
I I. Ajoûtez-y encore un peu d'eau, filtrez le mêlange, faites-le évaporer jufqu
'à pellicule , puis faites-le cryftallifer. OBS ERKATTIOW.
T. Quelque foit le Sel:alcali fixe dont on fafle usage dans cette opération ,
68 Drs. DE L'ACIDE viTRIO: oit qu'il ait été tiré des végétaux, foit | qu'il ait été tiré d'une plante & du Nître à la fois, foit qu'il ait été fait avec le Nitre feul, voyez les FOI EF; & LIT. Problêmes, on ne laïffera pas que d'obtenir toujours un Niître de la même ef- pèce , qui fera d'une figure hexagone, oblongue & pyramidale, & qui aura les inêmes propriétés. | 2. Si on combine PAcide du Nître avec un Sel alcali fixe terreux, on ob= tiendra du Niître quadrangulaire.
Xxvi. Probléme.
Diffoudre L Acide vitriolique par un Sel 'alcali fixe afin de faire du Tartre vitriole. | | SOLUTION.
LE TEenDez de l'Huile de Vitriol
bien pure dans trois fois autant d'eau, vous vous fervirez pour cette opération d'un Matras fort élevé ; verfez-y gouttes à gouttes de l'Huile de Tartre jufqu'à faturation : à chaque fois que vous verferez de l'Huile de;Tartre vous aurez grand foin de fecouer le Ma-tras; mais pour rencontrer Exactement
Li
Dis. DE L'ACIDE VITRIOL, 69 le point de la faturation , on prendra un peu de ce mêlange qui ne doit avoir ni un goût acide ni alcalin, on le chauffera, on en fera deux parts ; dans l'une on verfera gouttes à gouttes de l'Huile de Vitriol, & de PHuile de Tartre dans Pautre ; s'il fe fait encore effervefcence dans l'une ou dans l'autre, 1l faudra remettre encore de la même Huile dans le mélange, jufqu'à ce qu'on ne remarque plus aucun mouvement d'effervefcence. _ AT. Quand le mélange fera à ce point verfez - y encore de l'eau claude, afin d'achever de difloudre entiérement le Sel qui a pû fe dépofer pendant la diflolution; pañlez la diflolution toute claude au travers d'un filter , faites-la évaporer jufqu'à pellicule, & mettez-là à crystal-lifer , vous obtiendrez un Sel blanc otto-gone, dont les pointes o1 pyramides #front un peu émouflées ; on le nomme Tartre vitriolé ou Arcanum duplicatum.
Cbserfvataon
1. On peut auffifaire ce Sel avec le Vitriol même , en le faifant d'abord dif. foudre dans de l'eau, & verfant dans la diflolution de Huile de Tartre jufqu'à faturation ; on la filter enfuite pour en féparer la Chaux ou Terre métallique,
#0 Drs. DE I'ACIDE VITRIO!I: &con la fait cryftaklifers mais il fautbien
prendre garde que ce Sel n'ait pointune Couleur verdâtre ou bleuâtre ; car cela en rendroit J'usage dangereux dans la Médecine.
2. On peut 'obferver par ce qui a été dit dans les Problêmes XXIIE. XXIV°, XXV®. & dans celui-ci, que de l'union d'un Sel alcali rendu cauftique, & d'un Acide volatile & pénétrant, lorfqu'on a obfervé de juftes proportions, il en ré- flute un Sél neutre qui n'eft plus d'un goût piquant, mais qui eft devenu doux, & dans lequel Acide volatile eft tellement engagé que ce Sel peut être mis en fusion fans qu'il s'en dégage.
Xxvii. Problème.
Diffudre un Sel alcali fixe qui eff uni avec an Acide foible par le moyen d'un Acide plus violent.
Solution:
E A1TESs Difloudre du Tartre re= généré dans de l'eau claude, &
werfez dans la diffolution ou de l'Efpritde
-Sel marin, ou de PEfprit-de-Nitre
DissOLUTION DU SEL. '73 ou de l''Huile de Vitriol jufqu'à faturation; vous pourrez à un feu modéré en féparer le Vinaigre, en faifant évaporer & cryftallifer ce qui reftera ; & fui-vant la nature de l'Acide que vous aurez employé , vous obtiendrez ou du Sel marin, ou du Nître, ou du Tartre vitriolé.
II. Mêlez de l'Efprit-de-Nitre avec une diflolution de Sel marin, ou bien mêlez de l'Efprit-de-Sel avec une diffolution de Nître3 mettez ce mélange en distillation, vous obtiendrez de l'Eau régale ; faites cryftallifer ce qui refte, vous aurez du Sel marin & une efpêce de Nitre qui différe cependant en quelque chose du Niître ordinaire.
III. Verfez de l'Huile de Vitriol gouttes à gouttes dans une diflolutionde Nître , mettez ce mélange en diffillation, faites cryftallifer le réfidu , ( voyez le Problème X°. ) vous obtiendrez du Tar-tre vitriolé , & vous aurez l'Efprit-de- Niître dans le récipient.
I V, Verfez de l'Huile de Vitriol dané une diflolution de Sel marin, mettez ce melange en distillation, faites cryftallifer le réfidu , ( voyez le Problême XI°,) vous obtiendrez de l'Efprit-de-Sel & du Sel admirable de Glauber qui fera en cryftaux hexagones, oblongs,
72 DissoLuTIoN pes Méraux. OBSERVATION.
On ne peut point décider fi P'Acide du Nitre agit plus fortement fur PAlcali du Sel marin que PAcide du Sel marin n'a- git fur lPAlcali du Niître, attend que dans ces deux cas les deux Acides paflent à la fois & font de l'Eau régale, & ces deux Acides font en quelque forte un : échange de leur Sel alcali,
- Xxviié Probléme.
Diffoudre les Metaux parfaits & impar- | faits par un Sel alcali fixe,
Solution
À PRÈS avoir pefé exactement votre Métal ou demi-Métal, vous le mettrez dans un creufet en le couvrant, par : exemple, d'un quart de fon poid de Sel alcali fixe ; couvrez votre creulet, & {ui- . vant la nature du Métal que vous aurez à traiter , donnez pendant plus ou moins de tems un feu violent ou modéré ; reti= . rez-le enfuite, laïffez-le refroidir , brifez le creufet & pefez-en le Régule fi vous en :
avez obtenu, | OBSERF,
Dissontronwr DES MÉTAUXx. 75
Observation.
1. Ontrouvera plus ou moins de dé: -chec , & les Scories front de différentes couleurs füivan les Métaux que l'on aura ainfi traités , & à proportion des différens dégrés de Sole & de durée du feu qu'on aura donné. |
2. C'eft pourquoi dans les eifais des Mines il faudra en tra'tant les Métaux " prendre garde fi le Sel alcali fixe qu'on y a Joint n'en a pas diffout une partie qui peut refter dans les Scories, & rendre par-là l'effai peu exact.
Xxix, Problème.
Diffoudre le Cuivre par un Sel alcali fire pre la voie humide. |
nur SOLUTION.
UmEecTEz de la limaille de Cuis
vre bien fine avec trois parties d'Huile de Tartre, laiffez ce mélange pendant quelque téms dans un endroit chaud pour qu'il fe féche, faites-le dif-foudre de nouveau, réitérez plufieurs fois
Tome IL,
la même opération, faites bouillir le mê- lange dans un peu d'eau que vous filter-rez , enfuite faites -en évaporer une partie, la diffolution prendra une couleur d'us fort beau bleu. ;
TT, SoLvwTrrox.
_ Sur une once d'Huile de Tartre ver-fez quelques gouttes d'une diflolution de Cuivre faite dans l'Eau-forte, elle fe troublera d'abord & fe mettra par petits foccons ou grumeaux verds , enfuite de quoi peu -à-peu la couleur deviendra bleuâtre, & enfin elle deviendra d'un bleu femblable à celui des Bleuets où Barbots.
Oeserv.A Ti On.
'1. On peut de la même maniere dif : foudre du Fer dans PAlcali fixe, &mé- me ces deux Métaux A folubles par tous les Sels neutres auffi - bien que par l'eau & par Pair, ou plutôt par l'Acide qui s'y trouve; c'eft-là la raifon pourquoi ces Métaux fe rouillent fi aifément. .
2. En faifant bouillir du Plomb ou de
PEtain en limaille dans une diffolution d'Alcali fixe, ces Métaux fe mettent auf en diffolution,
PRÉPARATION DU SEL ALC, %ÿ
Xxx. Probléme.
Préparer le Sel alcali fixe neceffaire pour faire le Bleu de Pruffe par le moyen du Jang de bœuf,
Solution
I DlLacez fur le feu un vaiffeau
dans lequel vous aurez mis du fng de bœuf tout frais, il y en aura une partie qui fe caillera, vous en décanterez la partie aqueufe ; féchez bien ce qui fe era coagulé fur un vaiffeau plat, en remuant continuellement, &réduifez-leen une poudre groiliere : une pine de fang de bœuf fournit environ fix onces de carte matiere.
II. Faïtes de lAlcali fixe de la maniere indiquée dans le second Problème, mettez-en parties égales avec le fang de bœufdefféché, mettez ce mêlange densun creufet fpacieux , commencez d'abord par donner un feu modéré , il s'en élever une fumée d'une odeur défagréable ; vous augmenterez le feu peu-à-peu fans cependant le pouffer au point de mettre la matiere en fusion, & continuez jufqu'à ce -
4
76 DissoLUTION DE L'Or, &c. qu'il n'en parte plus de fumée ; pourlors rerfez deffus autant d'eau bouillante qu'il y avoid des deux matieres dans le mélange ; faites bouillir cette solution; ou bien laiflez-la en digestion au feu; filtrez [a liqueur & confervez-la pour ex _faire usage, :
Xxxi,. Probléme.,
Diffoudre l'Or , l'Argent, le Mercure, le Zinc & le Bifinuth par l Alcali fixepreparé de la façon quiprécéde, +
Solution,
L A1TES difloudre l'Or dans de :
: P'Esu régale, & les autres Métaux
+ dans l'Eau-forte , de la maniere que nous
indiquerons plus loin ; confervez une :
partie de chaque diflolution , & précipitez
-en une autre partie, à l'exception de
la diflolution de Mercure, par du Sel al--
cali fixe ; mais précipitez la diflolution d'Or per de PEfprit-de-Sel 2mmoniac.
I I. Verfez de l'Alcali fixe de l'opéra tion précédente , dans la diflolution mé- tallique, le Métal fe précipitera d'abord, ais en continyant de verfer de l'Alcalt
Dissorurron DE L'Or, &c. 77 ut fe remettra de nouveau en diffolu= tion,
III Verfez de cet Alcali fixe fur la &ubftance métallique que vous aurez pré- cipitée de la maniere décrite au n°}, €lle {era auffi remife en diffolution.
Ces Enic Pa Ee Cn,
1. [Il faut remettre l'opération dont il @agit ici aufh-bien que la X X X V jufqu'à ce que nous ayons montré la maniere de diffoudre les Métaux dans les f\cides, |
2. Cet Alcali fixe diflout le Zinc avec plus de facilité que le Bifmuth ; il agit auffi plus fortement fur lOr que fur d'Argent.
XXXII PROBLÉME. Difoudre P'Efprit de-Sel par un Selalcali
volatile, & faire par-la un Sel ammoniac regénére.
S © Lu Teôn.
F2 TEenwDEz de l'Efpritde - Sel am-maniac dans deux fois autant d'eau, Verfez-y peu-à-peu de PEfprit-de-Sel
"8, Dis. DÉ L'EsPpriT-DÉ-SEr: marin jufqu'à ce que vous ayez trouvé [é: point de la faturation ; filtrez enfuite #a. diflolution, & faites évaporer la liqueur _ àun feu modéré ; il reftera un Sel blanc; concert qui fe fublimera fi vous donnez un feu plus violent, & qui aura toutes: les autres propriétés du Sel ammoniac.
Observation.
… 1. Le Set alcali volatile à les mêmes propriétés, & produit les mêmes effets que le Sel alcali fixe, ilne lui manque que
la fixité au feu ; il y a même des cas où il
a des avantages fur le Sel aleali fixe, <omme nous aurons bientôt occasion. de
le voir, Comme ce Sel diffout PEfpritde
-Sel marin , il forme une efpèce de Sel
marin qui n'a pas la propriété d'être fixe
au feu , c'eft ce qu'on appelle Sel ammoniac. |
__2. Il paroît par cette opération qu'il eft poflible de trouver du Sel ammoniac
tout formé par la Nature :eneñlet,
il s'éleve dans l'air une grande quantité
de Sel alcali volatile des fubftances ani. males & végétales qui font entrées en:
putréfaétion ; & il y a de l'apparence.
-que dans bien des endroits la Nature, par
des diflolutions & évaporations réitérées,
aufi-biep qu'en combinant PAcide vie.
.
Dis. DE L'EsPRiT-DE-NÎTRE. 78 triolique avec l'Alcali fixe du Sel marin, peut venir à bout d'en déeager l''Efpritde-Sel ; fi ces Efprits fe rencontrent ils {e diflolvent les uns les autres, &: forment du Sel ammoniac. Br
©
Xxxiii: Probléme.
Diffoudre PEfprit-de-Nitre par un Sel al-cali volatile, & faire par ce moyen un Nitre demi-volarile,
Solution.
ÂÀ PRÈS avoir étendu de lEfprit-de- Sel ammoniac däâns deux parties d'eau, verfez-y peu-à-peu de PEfpritde-Nitre jufqu'à ce que vous ayez ren-contré le point de la faturation. S'il s'é- toit déja formé des cryftaux oblongs , il faudroit y ajouter de nouvelle eau chaude , filtrer la diffolution, la faire évaporer jufqu'à pellicule, & la mettre enfuite à cryftallifer.
Ogbserpateion.
Les Cryftaux qu'on obtient par cé procédé font parfaitement femblables à | D ïu
80 .Drs. DE L'ACIDE VITRION | ceux du Nître, fi l'on en except la f= xité 5 ils ras d'une forme oblongue ; hexagone & py ramidale, le: goût en ef amer, ils impriment une fenfation de fraîcheer fur la langue, & ils s'allument avec toutes les fubftances inflammables 3 ces Cryftaux ont aufli la propriété de fufer dans le feu, mais pour lors ils fe diffipent très-promptement.
Xxxiv. Problème.
Diffoudre P'Acide vitriolique par un Sel alcali volatile, 6 faire par ce MOYEN U artre jitriolé demi: volatile. |
pente
ROCcÉDEZ de la même maniere que dans l'opération qui précéde , avec la feule différence que c'eft lAcide vitriolique qui doit être étendu dans l'eau.
Obserpation.
1. Le Sel qu'on obtient de cette façon eftaflez pefant & compacte, il a beaucoup de rapport avec le Tartre vitriolé décrit
dansle XXVIE, Problème, hormis qu al
Dis. DE L'ACIDE VITRIOL. 81 æft demi-volatile & plus pénétrant que lui; on le nomme Sel ammoniacal fecrer de Glauber.
2. Dans lunion de lAlcali volatile avec les Acides on observe la même chose que nous avons fait remarquer plus haut en parlant des Sels alcalis fixes ; c'eft que de lunion de deux Sels cauftiques & nuifibles à la fanté , il en réflute un Sef neutre doux, & dont l'usage eft très- utile dans la Médecine, & dans lPopération dont il s'agit ici; de deux Sels volatiles il fe forme un Sel neutre qui eft _aflez fixe.
3. Il n'eft point néceffaire d'employer autant PAcide vitriolique dans lopéra« tion qu'on vient de décrire, que dans la précédente ; on:y fait enter moins d'A« cide nitreux que l'on a mis d'Acide du Sel marin dans la XXXIT°. Opération # en effet, il n'y a que l'Acide qui s'u« nifle avec le Sel alcali , & l'eau quiétoit unie auparavant avec |' Acide en eft dé- -gagée. Suivant les expériences de M. Homberg , lAcide eft à l'eau dansles proportions fuivantes.
Dans l''Huile de Vitr. com. 37.:à 23:
Dans PEfprit-de-Nitre. 31.:à 74.
Dans l''Efprit-de-Sel, . . 97.:à 533.
Dans le Vinaïigre. . .. . 9.:à 27I.
En effet, ce Chimifte su. pour Y
De fe
82 Dis. DE L'ACIDE VITRIOE:
la faturation d'une once de Sel de Tari. tre 14 onces de Vinaïgre, & il a obte-. nu d'accroiflement dans le Sel , après. Pavoir fait fécher.. 31ij-1- 36. $. d'Ac.. De 2 onces $ 3.d'EL-
prit-de-Sel. ... . ijiæ D'eau-forte 3 j 4-3 j _ h 30 grains .….. ill 6 D'Huile de Vitr. 3 v. iij =. 5.
4. Le-Sel alcali fixe a plus de difpofi-.. tion à s'unir avec les Acides que l'Alcali. volatile ; d'où l'on voit que l'on peut: déeager l'Alcali volatile des trois der=. - nieces opérations par Îé moyen d'un: Alcali fixe : Nous en avons donné un: exemple dans le I V°. Problême, en par-. ant de la préparation de l'Efprit-de-Sel ammoniac..
Rer Rs Rer Ee Lep Rreetunes Xxxv{ Probléme.
: Diffoudrele Cuivreparun Sd alcali volatile. S'O L'U:TIO N4. "T'ÉRSEZ Fi de Hi limaïlle de Cüivre
. bien fine douze fois fon poid d'Ef-. prit-de-Sel ammoniac ; bouchez exactes .
DissozuTion pu Cuivrr. 83 ment la bouteille de verre, & fecouez r 1" . A . . plufieurs fois le mélange, il deviendra d'abord d'un bleu clair comme celui des Bärbots, enfuite il prendra une couleur d'un bleu violet ; pour lors vous n'aurez qu'à décanter la teinture, vous reverlerez de nouvel Efprit-de-Sel ammoniac fur le Cuivre, & vous perez la même chose jufqu'à ce qu'il foit entiérement
diflout. OBSERVATIO N.
Une très - petite quantité de Cuivre fufit pour colorer l''Alcali volatile ou PEfprit-de-l''Urine d'un très-beausbleu ,. c'eft un effet que ne produit aucun: autre Métal 3 d'où Fon voit qu'au moyen de l'Alcali volatile on peut aifément découvrir s'il y a du Cuivre dans un alliage métallique ; ainfi lorfquél' Argent donnera une couleur bleue à lEprit-de-Sel. ammoniac ; On ne pourra point le regareder comme parfaitement pur...
Re ï ! ï ; É AE à : hs 4 £ È À
Xxxvi Problème. |
Diffoudre Or ; l Argent ; Le Mercure ; l'Etain & le. he par Laleg yo laule. |
a SOLUTION:
V4 ERSEZ peu-à-peu de bon Efpritde-Sel ammoniac dans de l'eau ré- gale où l'on aura mis de l'Ot-en.diffolution
, ou. dans de lEau-forte où lon a fait difloudre de l'Argent , du Mercure, -de PEtain où du Bifmuth ; ; il fe précipi- -téra quelque chose au commencément ; mais en continuant à verfer de l" Efpritde-Sel:2mmoniac , le Métal qui.s'étoit . PÉcpié fe rémettra eh. diflolution.
HIS SonurioN
Bite par le MOYEN dun n Sel al-cali ou de PHluile de Tartre par défail- Jance , l''Or qui eft en diflolution dans de P'Eau régale faite vec l'Efprit-de-Sel ammoniac, ou l'Argent, l'Etain & le Bifmuth qui font en diflolution dans ur verfez fur le Précipité de
.. DE L'ARGENT, pu Merc. &c. 3$ d'Efprit-de-Sel ammoniac , bouchez le vaifleau & le fecouez, tout le Précipité fe diflolvera ; cependant ce Diflolvant agi plus fortement fur lArgent que fur "Or. | HORS ER AT TONT
1, Comme l'on a vû jufqu'à préfent que lAlcali volatile précipitoit le Mé- tal qui a été diflout dans les Acides, on auroit.eu. de la peine à s'imaginer qu'il dütavoir la propriété de les difloudre ; & par conféquent de produire deux effets entiérement oppofés ; cependant il n'y a point de contradiétion dans ce phéno- méne : en effet, quoique le. Sel alcali volatile diflolve les Métaux, cela n'em- pêche point qu'il r'ait encore plus de difpofition à difloudre les Acides; c'eft pourquoi, quand onen verfe peu-à-peu dans un. Acide qui tient un Métal en diffolution , lPAcide & lAlcali volatile s'uniflent, & le Métal fe précipite; mais fi l'on y met une plus grande quantité d''Alcali volatile qu'il n'en faut pour la faturation de lAcide, pour lors il fe trouve en état de difloudre de nouveau de Métal qui s'étoit précipité. : …. 2. L'Or qui a étédiflout dans l'Efpritde-Sel ammioniac fe précipite quand on le met dans un endroit chaud, ou quand
86 DE L'AcIDE pu VINAIGRE
on l'expofe à l'air libre ; l'Argent ne fait: point la même chose ;. mais il forme des Cryftaux. On peut le précipiter par une. diflolution de Sel marin dans dé l'eau,
ou par lé moyen de l'Efprit-de-Sel,
Xxxvii. Probléme.
_€ôncentrer-l'Acide:du Winaigre par luëe- même, SOLUTION.
S RENEZ dù Vinaïgre dont vous dif. - tillérez là moitié dans une cucur--
î
bite élévée , là liqueur qui fera pañlée:
dans le récipient fera flegmatique & ne. fera que légérement'acidè, mais ce qui: fera refté dans la cucurrbite fera un Vi-- naigre très-acide. & très-concentré. :
Observation.
Le Vinaigre eft plus pefant que l'eau. c'eit pourquoi un dégré de chaleur mo=+
déré fait paîfer d'abord la partie aqueufe ;, |
qui cependant contient une portion de
1
"Acide comme donc par-cette-opéra. |
tion le Vinaigre qui refte eft dégagé d'u+- ne partie de fon eau, il faut néceffaireæ |
Du VINAIGRE 8x 'ment qu'il foit plus concentré & plus acs. tif; c'eft par cette raifon que le Vinaigre a la propriété de diffoudre. les fubftances végétales & animales, telles quelachair, là corne , lesos, &c. quand on les fait bouillir pendant long - tems-dans le Vinaigre , & il fe forme une matière liquide & épaïffe ; car par la cuiflon le Vinaigre étant privé d'une portion de fon eau devient plus fort, & secondé par le mou-. vement-caufé par le feu il devient en état d'opérer plus promptement la. dif. solution. . LS 4%
Xxxviii Probléme.
Goncentrer le Finaigre par. le. moyen du: Verd-de-gris:
Solution..
E D ÉDursEez en-poudre du Verd-.
de -gris , verfez deflus dans un. Matras du Vinaigre, de maniere qu'il y furnace de deux pouces ; expolez ce mé- lange à une chaleur modérée qui répon- . de au 150°. dégré du Thermomètre de Fahrenheit, &remuez-le fouvent avec up petit bâton jufqu'à ce que le Vinaigre
88 Du VINAIGRE. Î prenne une. couleur d'un beau verd, vouÿ le décanterez avec précaution en prenant garde de n'en point faire pañler qui foit _ærouble ; verfez de nouveau Vinaïgre fur ce qui fera reflé, procédez comme auparavant , & continuez de même jufqu'à ce que le Vinaigre ne fe colore plus, il reftera très - peu de la matiere qu'on.a amife en diffolution. 5 dun IT. Mêlez enfemble ces Vinaïgresainfi colorés, & mettez-ies en distillation dans une cucurbite à feu doux, jufqu'à ce que vous remarquiez qu'il fe forme une pellicule à la surface du Vinaigre qui eft dans a cucurbite : par cette distillation vous. aurez obtenu une liqueur lympide aqueufe & fort peu chargée d' Aëde 3 mettez ce qui fera refté dans la cucurbite dans un lieu frais; il fe former en très-peu de tems de très-beaux Cryftaux verds & tranfparenss décantez-en la liqueur qui furnace, fai-ses-la évaporer & cryftallifer, & continuez les mêmes opérations jufqu'à ce que la liqueur ne fourniffe plus de cry£ taux. Faites fécher doucement les Cryftaux que vous aurez obtenus & dans un lieu chaud , de peur qu'une chaleur trop. forte ne ternifle leur éclat ; on les nomme
Cryflaux de V'order. |
III. Mettez ces Cryftaux dans td cornue de verre, & donnez le feu par
: Du VirNArTGRE S3 dégrés ; au commencement de la diftillalation il paflera une liqueur flegmatique qu'il faudra ôter ; le Vinaigre viendra enfuite & pañlera en ferpentant fous la forme de filets : c'eft le Vinaigre le plus concentré qu'onait trouvé moyen d'obtenir jufqu'à préfent, il reftera dans la cornue un Cuivre décompofé ou rongé qu'on peut faire difloudre de nouveau dans du Vinaigre , & remettre à crystal-lifer comme auparavant.
Los Er Patio
7. Dans cette opération le Vinaigre eft privé d'une grande partie de fon eau, c'eft pourquoi il eft plus fort, & il ne seft refad point altéré par fa combinailon avec le Cuivre qu'il a mis en difolution ; par conféquent le feu peut l'en féparer très-exactement à la distillation 3 c'eft ce qu'on ne peut produire au moyen d'autres corps : en effet , le Vinaigre n'agit point du tout fur POr, l'Argent & le Mercure, & très-peu fur l'Etain ; mais fi on le diftille lorfqu'il tient du Plomb en distillation , on obtient une liqueur grafle, épaifle & huileufe, qui differ entiérement du Vinaigre. Si on diffille du Vinaigre après qu'il a mis du Fer en diflolution ; on n'obtient qu'une
©0 DissoruTioN pu PLOME: | Hiqueur aqueufe très-altérée; fi on y fait difloudre de TAlcali fixe ou de PAlcali volatile. ou d'autres fubftances, jamais on ne. poutra en retired l'Acide. pur. 2. On peut encore concentrer Le Vi-
naigre par Îa gelée ; c'eft en féparent la partie quis'eft chanigée eri glace. Comme le Vinaigre eft compo d'une petite portion dAcide & de beaucoup d'eau M 8 comme. Peau fe: change aïfément en
glace , on voit que de cette maniere on. peut le river d'une grande pres de fon: flegme.
Xxxix". Probléme.
Difoudre le Plomb par le V'inaigre pouf faire la Cerufe..
R EmPpLIsSEz un grand chapiteat À de lames de Plomb femblables à à cel les qu'on emploie pour garnir les vitres , en les arrangeant de façon à ne point tom= ber ; placez ce: chapiteau fur uñe cucurbite dans laquelle vous aurez mis de fort Vinaigre où du Vinaigre diftillé ; diftil- . lez pendant dix à douze heures À feu douxs
_ DrssoruTronN pu PLomr: 0 & laiflez refroidir le tout pendant quelques heures ; faites fécher lentement le Plomb , il fera blanchâtre & couvert d'une poudre de la même couleur qui eft de la Cerufe qu'on peut en enlever avec une broffe. Si on réitére plufieurs fois le même travail le Plomb fera à la fin entiérement changé en Cerufe. Il y aura une portion de Plomb en diffolution dans le Vinaigre qui aura pañlé à la diftillation, ce qui lui donne un goût doucereux & défagréable ; on peut le précipiter par Le moyen d'un Sel alcali.
Perret Serres Sre Pense Psermrenenpeits
XI! PROBLÉME Diffoudre une Chaux de Plomb par le V3.
naigre pour faire le Sucre de Saturne, SOLUTION:
E. RENEZ un Matras fort élevés:
fur de la Cerufe verfez vingt fois autant de fort Vinaigre , faites bouillir ce mélange à petit feu pendant quatre heures, & fecouez-le fréquemment , filtrez la diflolution, verfez de nouveau Vinaigre fur ce qui fera refté, & faites-la même chose jufqu'à ce que tout fois. mis. en diflolution..
Ssl
_ IT. Faites évaporer cette liqueur que Vous aurez obtenue dans un vaiffeau de verre un peu plat, mais dont louver-ture foit large, jufqu'àce qu'elle devin-ne épaifle comme de l'huile; mettez-la enfuite dans un endroit frais, & laiflezla repofer , il fe former un Sel com-pofé dont les Cryftaux front points à leur fommet ; décantez - en la liqueur, faites fécher doucement les Cryflaux, ils: auront un goût doux comme du fucre, c'eft ce qui fait donner à ce Sel le nom. de Sucre de Saturne,
Observation.
1. La Litharge ou le Minium mis en diffolution ne fe filtrent point fi aifément. à froid que la Cerufe; c'eft pourquoi il! faut que cette opération fe fafle tandis que la liqueur eft claude : on nomme la diffolution Winaigre de Saturne où Lait virginal, parce que quand elle eft étendue
dans de Peau on peut s'en fervir pour blanchir la peau & pour faire pañer les boutons & les taches de rouffeur; mais ce cofmétique eft nuifible à la fanté.
2. Si on fait évaporer cette liqueur jufqu'au quart, & qu'on y remette en-quite de nouveau Vinaigre, & qu'on la fafle épaïflir jufqu'à confiftence de miel
DE PLoms. GE ; une partie de PAcide du Vinaïgre qu'or y aura mis reftera unie au Métal; lon nomme Huile de Saturne la liqueur grafle, huileufe & douceñtre qu'on aura obtenue. Plus.on réitérera cette opération 3 plus la liqueur deviendra grafle , & plus on aura de peine à la fécher.
3. Quand on fait redifloudre le Sucrd de Saturne dans du Vinaigre, fi on l'é- paiflit jufqu'à confiftence de miel, qu'on en dégage les faletés en laïffant repofes la liqueur , & qu'on la mette enfuite à cryftallifer , on obtiendra des Cryftaux. plus grands & plus compactes, qui ref= femblent parfaitement à du Sucre , & qui en ont le goût. Si on réitére cette diflo= lution & cette éevaporation , on obtient une fubftance qui fe diffout difficilement à une chaleur modérée, mais qui fe li-quéfie comme de la cire à une chaleur un peu plus forte.
Re, Probeée Me.
Diffoudre Le Cuivre par le Vinaigre pour faire du Verd-de-gris,
SOLUTION. TH: AïTESs avec des lames de Cuivre la même opération que vous avez faite avec des lames de Plomb dans l'o-
4 DissoLUTION Du CUIVRE
pération précédente ; le Vinaigre qui. paf fera à la distillation fera d'une couleur verte & d'un goût défagréable ; fi on le fait évaporer il deviendra d'un verd d''E- meraude. On trouvera une efpèce de Verdet ou de Verd-de-gris formé à la. surface des lames de Cuivre.
Observation.
r. Comme cet Acide quoique foible. agit très - facilement fur le Cuivre, & comme une feule goutte de cette diflolution fufñit pour caufer un vomifflement, on peut concevoir la raifon pourquoi le Cuivre fe rouille fi aifément, & de quelle conféquence il eft de ne point faireufage de vaifleaux de Cuivre pour la prépara-tion des-alimens , fur - tout loriqu'il y. entre des Acides. Il et vrai qu'on tâche! de remédier à ces inconvéniens en fai-. fant étamer les vaifleaux de Cuivre; mais ce reméde n'eft point fuffifant, attend … qu'il ya très-fouvent des endroits imperceptibles du Cuivre qui ne prennent point l'Etain, & qui par conféquent font -expofés à lPaétion de l'Acide parce qu'ils font à découvert.
2. Ce Verd-de-gris ne reffemble au Verdet ou Verd-de-gris ordinaire, ni
+
par Îa couleur ni par la maniere dont il!
Dis. pes TERRES ET PrERRES 0$ fe prépare : en effet, la fubftance qu'on appelle ordinairement Perd - de - gris, {e fait avec du Cuivre & des grappes de raifin dont .on a exprimé le jus, il n'eft point compolé de Vinaigre & de Cuivre tout feuls, car quand on le diffout dans du Vinaigre il refte beaucoup de matiere qui ne fe mettent point en diflolution : voyez
le Problême XX X VIII.
. ve RSR ENE TER RER RP EPS XLII PROBLÉME.
Diffoudre les Terres & Pierres calcaires, le . Fer, Etain & le Bifinuth , par le Vi naigre, | GOIL UrTI O N, ERSE z fur l'une de ces fubflances environ vingt fois fon'boid de Vinaigre , faites bouillir ce mélange pendant quelques heures dans une cucurbite de verre, filtrez la diffolution, verfez de nouveau Vinaigre fur le réfidu, &continuez de la même façon jufqu'à ce que fout ait été mis en diflolution,
Observfation.
I. La diffolution du Fer eft rougeître & s'attache fi fortement au vaiffleau de verre dans lequel 6n fait lopération,
06 Dis. pes TERRES BT Prerres. qu'il eft prefque impoffible de l'en détaa cher; les autres fubftances métalliques, ne donnent point de couleur au Vinai-. gre. Le Zinc & le Fer y percent leur! éclat métallique ; le Zinc y devient, noir, le Fer d'un jaune brun , & Jjamais le Vinaigre ne peut le diffoudre. entiérement , il en refte toujours une por-. tion qui ne peut être mife en diffolutions de forte qu'il ne faut regarded cette opé- ration que comme une extraction ou com me la diffolution d'une partie de ce qui conftitue ce Métal, La partie du Bifmuth qui n'a point été mife en diflolution par le Vinaigre, conserve fon éclat métal=. lique.
2. Comme on eft dans l'usage de mêler du Zinc, du Bifmuth ou du Régule d'Antimoine avéc l'Etain pour en augmenter la dureté, & que les Acides foibles ne peuvent diffoudre le Régule d'Antimoine comme les deux autres demi-Métauxs il eft meilleur pour la fanté d'allier PE gain avec le Régule d'Antimoine qu'a< vec le Zinc & le Bifmuth, quand il s'agit de faire de la vaïffelle ou des uftenfiles de ménage. "
A
DE L'ALCALI FIxr. 97 XLIIE PROBLÉME.
Précipiter par l'Alcali fixe les fubftances qui ont été diffoutes par le V'inaigre
Soülutéo N,
V ERSEZ peu-à-peu de l'Alcali fxe ou de PAlcali volatile dans la dif solution jufqu'à ce qu'en y en faifant tomber une goutte il ne fe forme plus de nuages ; décantez pour loïs la liqueur, édulcorez la Chaux précipitée avec de l'eau claude , & faites-la fécher.
bi ERA LION. 1. Comme l'Acide à plus de difpofition
à diffoudre un Sel-alcali, il s'unit avec lui, & laiffe tomber la fubflance qu'iltenoiten diflolution; maïs il arrive prefque toujours qu'il s'attache une portion de la matiere précipitante à celle qui eff précipitée; pour remédier À cet inconvénient, comme dans le cas dotnil s'agit, la matiere précipitante eftun Sel, on fe fert de Peau pour la diffoudrel & la féparer ; c'eft ce qu'on nomime édulcorer.
2: On nomme Magifleres Les corps qui
Tome IL
c8 DE L'ALCAII FIXE. 4 ont été précipités, on les nomme auffl Crocus ; quand ce font des fubftances métalliques , ou bien en général, on leur. donne le nom de Chaux, mais c'eft im-. proprement ; ces précipités varient pour la couleur ; tant par eux-mêmes qu'en raifon des différentes matieres précipitents qu'on a employées.
3. Il arrive fouvent que les fubftances qui ont été mifes en diflolution par un, Âcide peuvent être précipitées par le moyen d'un Acide plus puiffant; c'eit pour cette raifon que le Sucre de Saturne, quand il a été mis en diffolution dans de l'eau, peut être précipité par l''Huile
de Vitriol.
Xliv® Probléme.
D'ffoudre les Terres £> Pierres calcaires par l Acide vitriolique.
Solution.
V7 ERsEz de l'Efprit ou de l'Huile / de Vitriol fur de la Chaux , dela Craie ou fur du Spath alcalin, jufqu'à ce qu'il ne fe fafle plus d'effervefcence , nettez. cette diflolution en digestion pendant quelques tems dans un endroit
Dissocur. nes TERRES, &c. 00 chaud, verfez-y enfuite un peu d'eau claude, filtrez la liqueur, faites-la évaporer & cryftallifer, vous obtiendrez des petits Cryftaux femblables à des plumes, qui font dépourvus de faveur » & quine
front que peu ou point du tout folubles dans l'eau.
Obseref4Tio N.
Lorfqu'on traite des Pierres & des Minéraux dans les vaifleaux fermés pour "en faire l'analy{e, zprès avoir donné un feu très-violent, on trouve quelquefois "dans le col de la cornue de terre dont on
S'eft fervi, des Cryftaux de cette efpèce qui ne font point folubles dans l'eau ; il y à tout lieu de crore qu'ils n'exiftoient point auparavant dans le Minéral, mais ils fe forment de la même maniere qui vient d'être décrite :dzns opération , c'eft-à-dire , par la combinaifon qui fe fait de la terre calcaire qui s'y trouve avec l'Acide vitriolique.
100. DissOLUT. DE L'ARGILLE
Xlv. Probléme
Diffoudre en partie lArgille dans P Acide. "vitriolique ; &* faire par - la une efpèce
d'Alun. SOLUTION. :
V/ Ersez de l''Huile de Vitriol dans
un Matras où, vous aurez mis de PArgille bien blanche, mettez ce mê- lange au bain de fable, &c diftillez en augmentant le feu-par dégrés, jufqu'à ce qu'il foit très- violent xerlez de l'eau claude fur le réfidu . faites filtrer, cette. eau, évaporez - la_jufqu'à pellicule, & faites-la cryftallifer, vous obtiendrez des Cryftaux déliés, qui auront umgoût douceñtre & aftringent:. Ho
DBSERMATIO Ni
1. Si on précipite cette diflolution par
le moyen de l'Hluile de Tartre par dé- faillance , il tombe une Terre calcaire qui fait effervefcencé avec tous les Acides comme la Terre de PAlun édulcorée; foit que cette Terre calcaire ait été ' 22 , . . guparavant cachée dans l'Argille foit
DANS L'ACTDE VITRIOL. TOI qu'elle y ait été formée dans lopération par l'Acide vitriolique.
2. Comme les Cryftaux qu'on a obte= nus par ce moyen ont beaucoup de rap-ort avec l'Alun ; & comme c'eft une Rire ou Pierre 'argilleufe , telle que la Glaife ou le Kneif], qui fert ordinairement de matrice à ce Sel; & outre cela, comme les Cryfteux obtenus par l'opé- ration qui précéde cette derniere, ne refflemblent point du tout à de PAlun, il y a toute apparence que ce n'eft point une Terre calcaire mais une: Terre argilleufe , où du moins une Terre mafquéé
dans l'Argille qui fert de bafe à Alan.
Er S F
X Lvi Probléme.
Diffoudre le Fer & Er par l'Huile de. _ Witriol, pour faire le Witriol martial & le Vriol de Zinc.
S OLU E TON. FE, ErsEz fur de lalimaille de Fer
__oudé Zinc une quantité égale' d'Huile de Vitriol; joignez - y une ow plufieurs parties d'eau à proportion de la force de votre Acide vitriolique; la diffolution {e fera avec une effervefcence
E ij
102 Dissozurron pu Fer très - confidérable, & il s'élever beau-# Coup de vapeurs qui auront une odeur de Soufre fi c'eft du Zine que vous faites | difoudre , & qui fentiront l'ail f c'eft du Fer ; fi on fait la diflolution dans un Vaifleau dont le col foit étroit, ces va peurs s'2llumeront à la flamme d'une bougie qu'on y préfente, & front brifer les vaifleaux , à moins qu'ils ne foient fort épais, & qu'on ne bouche point fur le champ l'ouverture, | | II. Quand la diflolution ef faite, Vous trouverez qu'il fe fera féparé des deux fubflances une terre noire , CET pourquoi vous y verferez encore plus d'eeu , de peur que la liqueur ne ronge le papier du filter ; fltrez-la enfuite , faites - la évaporer & cryftallifer , la difolution du Fer donnera un Vitriol verd4-tre, & celle du Zincun Vitriol blanc
qui aura prefque la forme des Cryfleux du Niître.
Observation.
1. Sion remet de la limaille de Fer dans l'eau qui à fervi à la cryftallifetion du Vitriol martial, & qu'on y ajoûte de nouvelle eau , elle diffout encore le Fer, & l'on peut einfi continuer à faire gif foudre , évaporer & cryftallifer tant qu'il geftera de l'Huile de Vissiol dans la li-
| ET DU ZINC. 102 queur. Selon l'expérience de Kunckel on peut avec une livre d'Huile de Vitriol faire plus de trois livres de Vitriol martial d2 cette maniere. |
2. On a fait pendant très-long-tems du Vitriol de Zinc fans connoiître le Mé- tal qui y était contenu; mais pour s'en convaincre il fuffit de faire difioudre le Vitriol blanc dans de l'eau; on précipitera la diflolution par le moyen d'un Sel alcali fixe, on mêlera la matiere précipi- tée avec un haiti£m: de charbon en poudre, & on mettra le mêlange en'dift:lla-tion dans une cornue de grès à un feu violent ; fi après l'opération on cafle la cornue on y trouvera le Zinc réduit & fublimé par la@tion du feu dans le col de la cornue : on peut aufh faire du Cuivre jaune avec ce Précipité,
Xlviis Probléme.,
D'ifoudre l Argent , le Cuivre , le Plomb, l'Etain , le Bifmuth, le Réru!e @ Antimoine € l'Ar/eni: par le moyen de V'Huile de Vitriol.
S o LU TTON. Ous mettrez une de ces füubftances métalliques , qui doit étre ou en li-maille ou divifée, dans un matras ou
E iv
104 Dis. DE L'ARGENT, &c: | dans une cucurbite, vous verferez deflus une fois autant d'huile de Vitriol; vous placerez le tout fur un bain de Sable ; 4 vous perez évaporer le mélange prefque jufqu'à ficcité ; quand il ne fe forme plus de bulles ce fera une rarque que la diffolution fera bien fite ; verfez enfuite de: | l'eau claude par deflus , & filtrez la diffolution, :
Q Bservation.
1. Quand c'eft de PArgent qu'on x fait diffoudre dans de l''Huile de Vitriol , 1] ne faudra point verfer d'eau: dans la diffolution, car il s'en précipiteroitune portion. ;
2. Quand après avoir fait diffoudre du Cuivre on verfe de l'eau dans la diffolution , elle devient d'un bleu verdâtre SC en la faifant Évaporer & cryftallifer on obtient de très-beaux Cryftaux de Vitriof de Venus, & la liqueur quirefte eft en. état dediffoudre encore de nouveau Cui- Vre ; comme nous avons dit que cela ar givoit au Fer, — |
Dissor. Du MERCURE, &c. 105
Hv Iili Probleme.
Diffoudre en partie le Mercure par l'Huile de Witriol, pour faire le Turbith mineral.
Soéuteon.
EL 7 ERSEZ dansunMatras de verre dans lequel vous aurez mis du Mercure crud, partie égale d'Huile de Vitriol concentrée ; mettez ce inêlange au bain de Säble , donnez d'abord un few doux que vous augmenterez toujours paf dégrés jufquw'à ce qu'il ne parte plus de vapeurs , il vous reftera ue poudre blanche extrêmoment corrosive. I I. Prenez cette matiere féche tandis qu'elle eft encore claude , réduifez-la ere une poudre très - fine dans un mortier de verre, & jettez - la dares vingt fois font poid d'eau claude , la poudre en fe pré cipitant deviendra d'un jaune de citronz fecouez bien le vaifleau, donnez à lamatiere le tems de fe précipiter, décantez Peau & remettez-en de nouvelle jufqu'à ce que la poudre foit parfaitement dé- pourvue de goût, & vous. aurez par-là le Turbith. LE EI L Faites évaporer Peaw qui à fervi | E w
t06 Drssor. pu MERCURE, &ec. à édulcorer le Furbith, & vous obtiendrez des Cryftaux de Mercure : mais fi vous y sur peu-à- peu de l'Huile de Tartre ilfe précipitera une poudre rougeûtre.
Opds Er Tv Ae Ptom
1. Quand on ne peut point faire cette opération fous une cheminée qui tire bien, on ne peut mieux faire que de dif-tiller l'Huile de Vitriol & le Mercure dans une cornue de verre pour fe mettre à couvert des vapeurs dangereufes qui parent de ce mélange.
2. On voit que dans cette opération l''Huile de Vitriol produit deux effets dif- férens fur le Mercure, il en diflout une partie au point de lerendre mifcible à l'eau de l'édulcoration ; & d'un autre côté il en rend une autre partie aflez fixe au feu pour enter en fusion lorfqu'il eft violent, & pour lors elle devient d'un rouge de fang.
ES ua
Des SUBST. TERREUSES,&tC. 107
Es Crete Re Sole Eren Sup Ze Sea Ue Pnr Erp Annees Sup
Cr PROBLEME
Précipiter les Subjfances terreufes € métale liques qui ont ete mijes en dffolutron dans l'Huile de V'itriol.
N
Solution.
s. ETTE opération de même que la X LI I I. peut fe faire par un Sel Alcali fixe auffi-bien que par un Al-cali volatile, & ce dernier Sel peut être dégagé par le moyen du premier.
I I. Cette précipitation peut : faire auf par le moyen d'un Métal qu'on peut mettre dans la diflolution, & que lAcide vitriolique ait plus de difpoñition à dif-foudre que la fubftance qu'il tenoit déja en diffolution ; on n'a par exemple qu'à mettre du Fer dans une diffolution de Cuivre , c'eft de cette maniere qu'en Hongrie & en d'autres endroits l'on obtient ce qu'on appelle le Cuivre de cèmentation ; cela fe fait par la précipitation qu'on fait du Cuivre qui a été misen diffolution par la Nature.
GES EIRE AL LL A, Il faut prendre garde Ge ne point mettre L°v
108 DESSURST. TERREUSES, Sc dans la diflolution plus d'Alcali qu'il n'en faut pour la fituration de PAcide, lorfqu'il s'agit de précipiter des fubflances qui, comme on a vû dans les opérations précédenies, peuvent être difloutes par l'Alcali fixe , fans cela l'Alcat rediffoudroit de nouveau le Précipité. Si lon "verfe dé l'eau dans de la diflolution d'Argent, il s'en précipite une partie; cependant il en refte encore une portion dans fe diflolvant, on peut la précipiter par fe moyen de l'Eau-forte , de l''Efprit-de- Sel, ou par du Sel marin diffout dans de
Peau.
Ll. Probléme.
Difoudre les Terres &* Pierres calcaires par l'Acide nîtreux ,. & faire avec La Craie qui a été mife en diffolution Le Phofphore de Balduinus..
:1$:0 LU TION: NOUSTIcioSg.:st L. 1V4 ÉRSEZ quatre parties d'Efprit: de-Nitre fur une partie de Terre alcaline ou calczire bien pure, elle fe diffolvera avec efflervefcence , mais il ne s'élever point de vapeurs jaunes comme
Dis. DES TERRES ET PIERRES. 109 il arrive dans la diflolution de quelques Métaux.
I I. Faites évaporer la difolution de la Craie dans un vaiffleau de verre, mettez ce qui reftera fur un plateau que vous placerez fous une moufle, faites - le fé- cher & rougir peu-à-peu, vous obtiendrez une matiere à qui le Soleil ou toute autre lumiere fe communiquera, qui deviendra lumineufe dans Fobfcurité , & qui perdra & reprendra cette propriété ; cette matiere s'appelle Phofphore de Balduinus , du nom de celui qui en eft l'Inventeur..
Observatio W.
La Pierre phofphorique de Bologne , aufli-bien que les Fluors ou Cryftaux colorés qu'on rencontre fouvent dans les fouterrains des Mines, ont beaucoup de rapport avec ce Phofphore pour leurs propriétés, cela pourroit donner lieu de conjecturer fuels font les principes dont ils font compotés. |
rio DissoLUT. DE L'ARGENT
Li Probleme
Faire difloudre de l Argent dans de PEau-forte pour avoir des Cryflaux d'Argent.
Solution
I T>RENEZ de lArgent bien pur
que vous réduirez en lames minces à coups de marteau; ou bien faites-le fondre dans un creufet bien net, & quand il : fera fondu verfez-le dans de l'eau froide : en le faifant couler fur un balet dont Îa moitié fera dans l'eau , & que vous tournerez ; par ce moyen l'Argent fe divifera en petits grains ou globules crux,
II. Sur cet argent en grenaille ou fur ces lames verfez deux fois autant debonne Eau-forte précipitée 3 il fe former à la surface de l'Argent de petites bulles qui s'en détacheront enfin pour monter vers le haut de la liqueur, & qui en s'élevant s'augmenteront pour venir clever à la surface ; cela met l'Eau-forte en move- : ment & l'échauffe au point de bouillon-ner , de répadre des vapeurs rouges, &
Île fe charge de l'Argent fans pour cela changer de couleur ; pour lors elle eft d'un goût amer, corrofhf & brülant.
DANS L'EAU - FORTE. III III. Mettez encore peu-à-peu une petite quantité d'Argent dans cette Eau-forte jufqu'à ce qu'elle ne puiffe plus en difloudre & foit au point de la faturation ; vous la placerez alors dans un lieu frais où vous la laifferez repofer, il fe formera des Cryftaux compofés de petites lames blanches, triangulaires , très - dé- liées; c'eft ce qu'on nomme Sel d'Argent, l'itriol d Argent, ou Cryftaux d Argent. Si l''Eau-forte n'avoid point été parfaitement faturée , il n'y aura qu'à la faire un peu évaporer & la mettre enfuite à cryftallifer.
Obs E-Rf At 10 K.
1. Quand on met un peu d'Argent dans de l'Eau-forte ordinaire elle devient communément trouble, & il tombe au fond une fubftance ou fécule qui mife en fusion avec del'Alcali fixe, donne un petit régule d'Argent : ce qui produit cette fécule qui fe précipite , c'eit ou de PAcide vitriolique ou de l'Efprit-de-Sel qui s'eft uni avec l'Eau-forte quand on en a fait la préparation : en effet, ces deux ÂAcides précipitent Argent qui eft en diflolutiôn dans l'Acide nitreux ; le Pré- cipité fait par l'Acide vitriolique eft plus
difficile à fondre que celui qui eff fait par
#12 DissoLur. DE L'ARGENT
PAcide du Sel marin. Si on veut dégas |
ger PEau-forte de cette portion d'Acide :
vitriolique ou d'Efprit-de-Sel, on en. prend environ la trentéme ou quaran-.
tiéme partie; on y fait diffoudre dePAr-
gent jufqu'à feturation ; au commence- :
ment lÉau-forte paroîtra trouble & laï-
Æ
teufe , on la filter toute claude au travers d'un papier, & on la verfe dans le refte |
de l'Éau-forte jufqu'à ce qu'il ne s'y forme
plus de petits nuages ; on la laifle
enfuite repofer pendant quelques heures,
afin que la fécule ait le tems de fe dépo- !
fer; on y remet pour lors encoreun peu !
de la premiere diflolution , & l'on conti- . nue [a même chose tant qu'on remarque :
que l'Eau-forte fe trouble ; pour lors on: . 2 décante ou on la fait pafler au travers:
d'un filter de papier plié en quatre, en : P 2 q prenant garde de ne le point trop char-"
ger , de peur que le papier qui eft déja ! rongé ne vienne à {e déchirer. On nom-.
me cette opération précipiter l'Eau-fôrte
& l'Eau-forte ainfi purifiée s'appelle Eau.
forte precipitée. 2. Lorfque l'Argent à été diffout, or:
trouve prefque toujours au fond du vaif-… feau une poudre noire qui eft de l''Or pu.
qui n'eft point soluble dans l'Beu-forte ;. c'eft pourquoi lon peut fe fervir de cette. méthode pour féparer Or d'avec Are.
DANS L'EAU - FORTE. 113 gent; on nomme quartation cette fépa-ration de POr d'avec lArgent : car l'on a remarqué que quand un alliage d'Or & d'Argent eft compofé d'un tiers d'Or, la meilleure Eau-forte n'agit point fur PArgent, mais lorfqu'il entre plus des deux tiers d'Argent dans l'alliage, l'Eau-forte le diffout, & plus il y a d'Argent mieux la diffolution fe fait; cependant PArgent fe diflout très-bien lorfque POr fait un quart de l'alliage, & pour lors POr demeure fous la forme métallique qui lui eft propre, & il ne s'en perd pas la moindre chose , ce qui eft prefque iné- vitable lorfqu'il eft fous la forme d'une pouffiere déliée. C'eft pour cette raïfon que dans la féparation de l'Or ou dans le depart on observe communément cette proportion, ce qui a fait donner le rom de Quartation à cette opération. | 3. Si l'Eau-forte prend une couleur verte par la diffolution , c'eftune preuve que l'Argent n'étoit point parfaitement pur, mais qu'il étoit allié avec du Cuivre. 4. On peut étendre la diflolution avec de l'eau pure, fans que PArgent fe précipite, comme cela arrive lorfqu'il a été diffout dans l'Huile de Vitriol; cela mempêche point que cette Eau-forte ne foit très-corrosive ; elle noircit la peau' au point que cette couleur ne difparoiït
214 DissoruT. DE L'ARGENT qu'avec la peau elle-même : c'eft pour cette même raifon qu'on peut fe fervir de la diflolution d'Argent dans l'Eau-forte avant que de l'avoir étendue pour tracer des defleins fur le marbre, l'Azate & le Jafpe, & peut - être même la Porcelaine , en en couvrant la surface d'une matiere qui ne foit point soluble per PEau - forte, en traçant avec un outil pointu fur cette surface les figures qu'on : jugera à propos, & en y paffant enfuite de la diflolution d'Argent. Lorfqron veut tracer fur le marbre, en repzflant plufieurs fois fur le même endroit on peut faire pénétrer la couleur jufqu'à un pouce d'épaifleur; mais pour peu qu'il y ait une particule famine dans l'eau dont on fe fert pour étendre la difiolution elle deviendra trouble, c'eft pourquoi l'on pourra fe fervir avec fuccès d'une pareille diflolution d'Argent pour faire l'é- preuve d'une eau ou d'une liqueur, & voir.fi elles contiennent quelque chose de falin. |
$. Les Cryflaux qu'on obtient d'une diflolution d'Argent qui n'a point été entiérement faturée & évaporée , font unis avec une portion plus grande d'A- cide , & par conféquent plus corrofifs que les cryftaux qu'on obtient d'une diffolution faturée. Si on fait évaporer les Cryf
DANS L'EAU - FORTE, IIS taux, ou même la diffolution a ficcité dans une capfule ou vaiffleau de verre plat, qu'enfuite on les fafle enter en fusion , qu'on verfe cette matiere dans des moules , il fe forme ce qu'on appelle la Pierre infernale où Cuuftique lunaire; les Chirurgiens s'en fervent pour détruire les chairs baveufes, &c.
6. Si on fait diffoudre ces Cryftaux d'Argent dans de l'eau, & qu'on verfe cetteeau, ou même de l''Eau-forte dans laquelle on a fait difloudre de l'Argent , dans une eau où l'on a mis du Nitreen difolution, il ne fe fera point de précipitation, mais l' Argent s'unira très-étroitement avec le Nître : fi on fait évaporer cette liqueur, & qu'on la mette à cryflallifer, on obtiendra des Cryftaux compofés d'Argent & de Nître. ÎI s'eft trouvé des Impofteurs qui ont mis à profit ce procédé; ils mettoient de ce Nître qui contient de l'Argent fur du Plomb en fusion, & faifoient crore qu'ils avoient convert du Plomb en Argent; mais cette fourberie eft aifee à découvrir, il n'y a qu'à diffoudre ce Nitre dans de l'eau, & y tremper une lame de Cuivre bien nette , alors l'Acide nitreux quitient l Argent en diffolution le quite pour s'unir au Cuivre à la surface duquel l'Ar-
116 DissoLUT. DE L'ARGENT gent s'attache, ou bien il fe précipite aw fond du vaifleau.
_7- Si on met un peu de Cryftaux de:
Niître & d'Argent dans un petit crux
fait dans un charbon ardent, ils s'allu- |
ment , brülent comme feroit du Nître feul , & l'Argent pur refte err arriere.
Li Probléme.
Précipiter Argent diffout fuivant Poperation précedente par l' Acide du S:l marin. Er faire la Lune cornée avec le Préci. PRE
0
| VO UT ON 14 \ TEEN D Eez une diffolution d'Ar-
— gent dans quatre fois autant d'eau pure , & verfez-y gouttes à gouttes du
Sel marin diffout dans de l'eau claude : !
fa diffolution d'Argent deviendra blanche & s'épaiflira, continuez à y verfer de la solution de Sel & à fecouer le vai feau jufqu'à ce qu'il ne précipite plus rien ; laïflez repofer le tout pendant quelques tems, enfuite vous y remettrez encore un peu de solution de Sel; & lor£
que la diflolution ne fe troublera plus,
décantez la liqueur qui furnace au-deflus:
__ PAR L'ÂCIDE DU SEL MARIN. 117 du Précipité que vous édulcorerez en y -verfant de:l'eau claude, jufqu'à ce qu'il
foit entiérément dépourvu de faveur; faites - le bouillir enfuite dans de l'eau bien pure, filtrez cette eau , & faites fé- cher peu-à-peu la fécule qui fera reftée - fur le filter, elle fera du double plus pe- _fanté que l'Argent que vous aurez employé dans l'opération.
| Î I. Mettez le Précipité dans un creu- - {et bien net que vous expoferez au 'feu
de réverbére ; faites fondre le Précipité, . ce qui fe fera très-aifément , & verfez la
matiere fondue fur un plateau de marbre,
: vous obtiendrez par ce moyen une fubf-
: tance pefante, brillante, opaque , d'une
couleur brune & tenace, qui a de la reffemblance
avec de la corne , & qu'on -momme pour cette raifon Lune cornée,
D OBS SE Rad D N.
1. Par l'addition d'une diffolution de Sel qu'on verfe-dans l'Eau-forte on en "fait de l'Eau régale ; & quoique l'Eau régale n'agifle point fur l'Argent, cependant dans l'opération dont il s'agit, PAcide du Sel s'unit fi étroitement avec lui que l'action feule du feu n'eft point en état d'en rompre l'union pendant que le feu en fépare PAcide nitreux; au con-
'118 Drssor. pe L'ARGENT, &c traire, cette union fait qu'à grand feu Argent fe difipe & devient volatile. Si | Pon veut donc recouvrer l'Argent qui eft contenu dans la Lune cornée, il faut lui joindre pour interméde une fubftance avec qui Acide de l'Eau régale ait plus de difpofition à s'unir qu'avec l'Argent ; -on peut fe fervir pour cela d'un Sel al-cali fixe aufli-bien que d'une fubftance inflammable telle que de PHuile. Il ny a donc qu'à mêler une de ces deux chofes avec la Lune cornée, la faire fondre dans un creufet bien net, & on recouvrera V'Argent qui y étoit contenu.
2. Si au lieu d'une diffolution de Sel marin on verfe de PEfprit-de-Sel dans la diffolution d'Argent , il fe former encore de l'Eau régale, & l'on obtiendra de la Lune cornée. On peut encore l'obtenir en mêlant à fec de Argent préci-pité par le Cuivre; avec deux parties de Mercure fublimé corrofif, & en mettant ce mêlange en distillation dans une cor-nue au bain de fable, en donnant le feu le plus violent. La Lune cornée ne fe diffout ni par l'Eau-forte ni par l'Eau régale, mais l''Huile de Vitriol agit un peu fur elle. :
Drssor. pu MERCURE, &c. 119
Lo
Bptidenobleme,
Difoudre le Mercure & le Plomb dans PEau-forte , &' en obtenir enfuite des
Cryflaux. SOLUTION.
L S U & une partie de Mercure verfez
une partie & demie de bonne Eau-forte, mettez-les fur le feu ; le Mercure qui eft au fond du vaïfleau commencera à bouillonner , & difparoïtra à la fin entiérement ; quand tout aura été diflout, _ verfez-y encore un pen de Mercure jufqu'à ce qu'il en refte une petite portion qui ne fe diflolve plus. Cette diffolution ft claire & tranfparente comme de l'eau ; elle fera d'un goût très-pénétrant & aura l'odeur de l'Eau-forte.
II. Prenez de l'Eau - forte étendue dans dix fois fon poid d'eau, verfez-en quatorze parties fur une partie de Plomb en grenailles, ou de Chaux de Plomb, il fe fera une effervefcence confidérable , & il fe former une écume blanche quand cette effervefcence fera finie; faites bouillir le mélange pendant quelques heures, laiffez enfuite repofer la diffolution pour
120 DissoczurT. pu MERCURE _qu'elle refroidiffe , après quoi vous la 'filtrerez. | < !
IIX. Verfez la diflolution décrite au n°. I. toute claude dans un vaifleau de verre froid, & laïffez-la repofer, il fe dépofera une fubftance famine, blanche & tranfparente , vous en décanterez la liqueur , vous la perez évaporer jufqu'à. moitié , & la mettrez dans un endroit frais, il fe former de nouveaux Cryftaux.
I V. Faites évaporer jufqu'a pellicule la diflolution du n°. IL. & mettez-la à cryftallifer dans un lieu frais, vous obtiendrez des Cryftaux folides & très-pe-fans qui ontun goût doucereux, mais cependant plus auftere que les Cryftaux de Plomb faits par le Vinaigre.
O:B SE, R.V A;:t.1:0: 1,
1. Parmi les Métaux qui font mis en diflolution par l'Eau-forte il ny a que PArgent, le Plomb & le Mercure qui forment des Cryftaux avec cet Acidé ; la même chose n'arrive point aux autres Métaux.
2. Les Cryftaux de Plomb & de Mer- 'cure ne détonent point avec le Nitre
. comme cela arrive aux Cryftaux d'Argent. Les Cryftaux de Plomb font fujets |
à décrépiter quand on les met dans le feu, Ê&
ET pu PLoms, &c. ar & font une.explosion forte qui peut être dangereufe ; mais fi on les réduit en une poudre fine, on peut les'faire enter en fusion à un feu violent.
3. Si on met dans une cornue de verre le Mercure diffout dans l'Eau-forte, & fi on en diftille là liqueur à feu doux fans la faire bouillir, on obtientune Eau-forte affoiblie : fi on lui donne enfuite un dégré de feu plus fort au bain de fable, jufqu'à ce que les vapeurs rouges commencent à s'élever, on obtient une Eau-forte concentrée, pour lors on ôterà le récipient & l'on en mettra un autre ; on augmentera le feu par dégrés, le bal< lon fe: remplira de vapeurs rouges, & PEfprit + de = Nître qui s'y rafflembleraæ feratrès-concentré; & même après avoir été gardé pendant plufieurs années il en partira des vapeurs d'un jaune d'Or, pourvu qu'on Pait confervé dans:un vaif. feau de verre;qui fe bouche bien exacte: ment. Quand vous aurez laiffé refroidir d'eux - mêmes tous les vaifleaux, vous trouverez au fond de la cornue une fubftance d'un rouge très - vif qui, depuis le fond jufqu'au col du vaiffeau, aura diffé rentes nuances, & fera blanche, jaunâtre ; jaune, verdâtre & rouge. Cette matiere rouge qui eft très - corrosive fe nomme
2rcure précipité rouxe, |
| Ef
Tome II,
Liv. Probléme.
Dsjeurs Fer , le Cuivre, l'Etain, le Biimub, Le Zinc, le Régue d'Anti-.
moine, P'Arfenic > le Cobalt, par le _ moyen de l'Éau-forte,. ee
"SO LOUTTODd
-# ETTez dans l'Eau-forte un peu V1 de l'une de ces fubftances métalliques divifée ou pulvérifée, & quand il n'y aura plus d'effervefcence, 'remettez-en encore & continuez .de la même maniere jufqu'à ce qu'il ne s'endiflolve plus. Pour la diflolution! du Cuivre, du Fer & du Zinc il faudra avoirlfoin d'étendre' l'Eau-forte à proportion defaforce;avec deux ou trois parties d'eau pure.
OBSERVA dr sr, #:
4, Ïl ne faut point mettre dans PEauforteune trop grande quantité de Métal à la fois, fans quoi la diflolution {eroit. trop violent , l'Eau-forte s'échaufferoit trop fortement, & il fe diffiperoit une. trop grande quantité de vapeurs rouges ; ce qui diminueroit la quantité du Difloi-
DE L'ÉTAIN, DU Bism., &c. 123 Vant, & fetoit qu'on ne poutroit pas difloudre une aufli grande quantité de Métal dansla même quantité d'Eau-forte, puifqu'il s'en feroit perdu une portion. Ces vapeurs emportent outre cela quelques portions de Métal avec elles ; c'eft pour cette raifon que la diffolution d'E- tain faite trop rapidement n'eft point bonne pour faire la couleurécarlate ; parce que dans la diffolution il s'eft difipé une trop grande quantité de vapeurs.
2. L'Etain, le Regule d'Antimoire & lArfenic ne fe difflolvent qu'en partie dans l'opération qui vient d'être décrite ; il yen à une portion qui n'eft que ron- gée & réquite en poudre.
ES RER Rsggnns
Lv. Problème.
Précipiter les [ubffances qui ont été mifes en diffolution dans l'Eau-forte.
Solution.
> M ETTEz dans la diffolution que
vous aurez faite d'un Métal un peu d'un autre Métal qui ait plus de dif-position à fe diffoudre dans l'Eau - forte que le premier; mettez, par exemple,
F ij
124 PRÉCIPIT. DES SUBSTANCES, des'lames de Cuivre dans -une diffolution d'Argent, l'Eau-lorte agira fur le Cuivre; & l'Argent Îe précipiter : fous la forme métallique qui lui eft propre. Voici 'ordre fuivant lequel Îles Métaux font. mis en diflolution par l'Eau-forte ; elle diffout par préférence le Zinc, enfuite le Fer, lArfenic, le Cobalt, le Cuivre ; le Bifmuth, le Plomb, le Mercure, VAr-gent. | IEX erfez dans la diflolution auten de Selelcadi fixe qu'il en faudra pour la faturation de l'Eau-forte ; le Méel fe pré- | idipitera {ous la forme d'une poudre qu'on aura foin d'édulcorer jufqu'à ce qu'elle n'ait plus aucun goût ; MAIS quand, pour la précipitation des Métaux qui fe diffolvent par les Alcalis, on met plus de Sel _ alcali qu'iln'en faut pour la faturation de VEau-forte, le Précipité eft remis de nouveau en diffolution par le Sel alcali uperfu. A IYI. Dans les diffolutions de Plomb & de Mercure on n'aura qu'à verfer du Sel marin diffout dans de l'eau, & ces deux Métaux donneront un Précipité "blanc qu'on édulcorcra: foigneufement 'avec de l'eau ; & qu'on fera {écher dou- | cement ; le Précipité du Mercure fenomme Mercure précipite blanc. |
LV. Le Bifouch en diffolution dans
DANS L'EAU - FORTE. . 125$ l'Eau-forte peut être précipité par l'eau toute simple ; en y en verfant environ uit fois autant , le Précipité qu'on .obtient eft un Cofmétique dont les femmes fe fervent pour fe farder ; on noinme.
Blanc d'Éfpagne. GBSERPATION.
1. Quand on précipite l'Arcent per le moyen du Mercure , il eft vrai qu'il eft dégagé de l''Eau-forte ; mais comme le Mercure a la propriété de diffoudre Argent, il fe fait un Amalgame par cette précipitation. C'eft fur ce principe qu'eft fondé la formation de ce qu'on nomme DArbre de Diane ; voici la maniere de le faire : on fait diffoudte une partie d'Argent dans deux perties d'Eau - forte, on y joint trois parties d'eau , après quoi Pon y met deux parties de Mercure ; on laiffe ce mélange en repos, ilfe faitun Amalgame qui prend une figure affez femblable à celle d'un arbre. On réuffira encore mieux à faire lArbre de Diane de la maniere fuivante : on met un Amalgame de Mercure & d'Argent dans un matras que l'on expofe à une chaleur douce pendant quelque tems , on augmente le feu peu-à-peu & par dégrés ; au bout de quelques jours on verra qu'il fe fera
F ii
126 PRÉCIPIT. DES SUBSTANCES formé non-feulement un arbre, maismé- me une efpèce de buiflon.
2. Quand on veut précipiter un corps diffout dans Eau - forte par le moyen d'un autre Acide , on ne peut mieux faire que de prendre un Acide dans lequel la fubftence , qui eft en diflolution dans PEau-forte , ne fe diffolve que difficilement ou point du tout >; ou bien il faut-que de l'union de ce nouvel Acide avec PEau-forte il en réflute un Diflolvant dans lequel cette fubftance ne foit point Æoluble. C'eft ainfi qu'on peut précipiter .par l'Huile de Vitriol PArgent qui a été diffout dans l'Eau-forte, parce que l'Huile de Vitriol n'agit fur ce Métal que quand elle eft très-concentrée, & à l'aide d'un feu très - violent. Si l'on verfe de PEf prit-de-Sel dans l'Eau-forte, on fait de V'Eau régale, & par conféquent il faut que l'Argent qui n'eft point soluble dans l'Eau régale foit précipité ; mais il feroit inutile de chercher à précipiter le Zinc par le moyen du Sel ou de l'Efprit-de- Sel ou de l''Huile de Vitriol; la raifon eft que le Zinc eft soluble dans tous les Acides.
3. Comme le Bifmuth eft soluble dans
_ PEfprit-de-Sel, on ne réufliroit pas non plus à le précipiter par une solution de
Sel marin, ni par l'Efprit-de- Sel, à
DANS L'EAU - FORTE. 127 moins que cela ne fe it par la quantité d'eau continue dans la solution; au contraire, la diffolution s'unit plus étroitement avec le Sel, & il fe forme uneef- pèce d'encre fympathique 3 voici la maniere de la faire.
Faites diffoudre une partie de Pifmuth, ou ce qu'on nomme de la Mine de Bif-muth, dans deux parties & demie d'Eau-forte ; verfez cette diflolution fur une partie de Sel marin, dutillez ce mélange à feu doux dans une cornue de verre, le Sel qui reftera dans la coriue fera bleu tant qu'il fera chaud, & deviendra rouge après avoir refroidi ; faites diffoudre ce Sel dans de Peau bien pure, & décantez Ja diffolution qui eft rougeâtre pour la féparer da réfidu ou de k terre blanchâ- tre qui fefera précipitée ; vous aurez une Encre fympathique. Ou bien vous n'aurez qu'à diftiller à feu doux pour faire pañler la liqueur, & vous conferverez le Sel dans une bouteille de verre que vous puiffiez boucher bien exaétement ; quand vous voudrez vous en fervir vous n'aurez qu'à diffoudre ce Sel dans de l'eau. Si on chauffe la diffolution rougeâtre elle devient d'un bleu: très- vif, mais elle redevient rouge quand elle eft refroidie; fi on écrit avec cette diflolution fa . couleur rouge difparoïît ; fion approche
le papier du feu , les lettres qu'on y æ tracées paroiflent d'une couleur verte ; &. elles difparoiffent au froid & repa-. "'roiflent de nouvéau quand on les chauffe...
Lv Probléme.
D'iffoudre les Pierres & Terres calcaires. par PEfprit-de-Se! marin, pour en faire: le.Sel ammoniac fixé € le Phofphorede.
+ Hombers. : |
Solution.
I 7 ERsEz de PEfprit-de-Sel ma- 8 V rin fur de la Chaux vive ou fur. de la: Craie jufqu'à ce qu'ilne fe fafle plus d'effervefcence ; étendez la diffoluton dans deux fois autant d'eau pure; 4 filtrez - la enfuite & faites - la évaporer, vous obtiendrez un Sel qui fe décompose à Pair, qui y devientliquide | & qui en-. tre en fusion auffi facilement que de la: cire ; on le nomme Sel ammoniac fixe,
IT. Mêlez du Sel ammoniac avec de la Chaux vive, mettez-les en cémenta. tion pendant quelques heures, ou faites enter: ce mélange en fusion ; ou bien , mettez-la en distillation dans une cornue
ET TERRES CALCAIRES. 129 pour en déeager le Sel alcali volatile ; lavez le réfidu dans de l'eau, filtrez cette eau & faites-la évaporer ; ou bien faites difloudre votre Sel ammoniac dans de l'eau, verfez cette solution fur dela Chaux vive, diftillez pour faire pafler le Sel alcali volatile, lavez le réfidu, faites évaporer cette leflive, vous obtiendrez encore de cette façon du Sel ammonïac fixe; mais il faut avoir foin de ne point faire enter dans le mêlange plus de Sel ammoniac qu'il n'en faut pour la difloiution de la Chaux ; car pour lors on retrouveroit une partie du Sel ammoniac par la lixiviation. | ; ,
III. Pulvérifez une partie de Sel am- _maniac que vous mêlerez exactement avec deux parties de Chaux éteinte, à Pair, mettez ce mélange dans un creufer, …& faites-le fondre à un feu doux, ce qui arrivera auffi-tôt que le creufet commen- _cera à rougir ; mais pour lors la matiere .fe gonfle confidérablement, c'eft pourquoi il faudra la remuer avec une ba-- guette de fer de peur qu'elle ne forte du _.creufet. Quand elle fera entrée en fusion Vous y tremperez des petits morceaux;de Fer ou de Cuivre ;: afin qu'ils foient recouverts de cette matiere, ou bien ver-fez-la dansun vaifleau de cuivre. Frapez" pour lors avec un corps dur fur les petites: E y.
_
130 Drssor. DES PrERRES, &c.
barres de Fer ou de Cuivre, ou fur la matiere fondue, fur le champ tout ce qui . aura reffenti le coup paroîtra en feu; _ceft-là ce qu'on appelle le Phofphore de : Homberg. Si on veut conferver les petites barres, il faut que ce foit dans un . endroit fec & chaud , parce que cette ma- _tiere famine eff très-difpofée à fe diffoudre
par l'humidité de l'air.
OBSERVATIO'N. Le Sel ammoniac eff compofé de PA:
'cidedu Sel marin & d'un Sel alcali volatile ; comme l'Acide du Sel marin a, plus de difpofition à s'unir avec une Ter- Te calcaire qu'avec l'Alcali volatile, le. feu le dégage dé cet Alcali qui eft en- 'tiéremennt diffipé, & pour lors il diffout Ra Terre calcaire. Il. eft donc indifférent. de difloudre la Terre caltaire par de: _PEfprit-de-Sel qui eft déja tout dégagé,
où par celui qui eft dans le Sel ammo- "niac 3 il nimporte point non plus qu'on: mêle avec la Terre calcaire du Sel'am- 'maniac concert ou diffout dans de l'eau,
pourvüû qu'on donne au mêlange un dégré: de feu convenable, à moins qu'on ne.
voulüt conferver l'Alcali volatile qui
partiroit, car pour lors il vaut mieux . <ommencer pardifloudrele Sel ammoniac
Dis. pu Cuivre. DU FER, &c. 131 dans l'eau, &:le verfer enfuite fur la ilerréséaléanée. once brods hf
Lvii Problème.
Diffoudre le Cuivre, le Fer, PEtain ,l'Arfenic, le Régule d' Antimoine, le Zinc & le Bifinuth, par.le moyen de l'Ef-
pris - de. Sel marin. : S:0 LUT EO Ne
E V ErsEz de L'Efprit-de-Sef or- V dinairé fur de la linaillé ou fur des lames de 'Cuivre ; la diflolution deviendra d'abord brune & enfin verdtre;, & il fe précipitera une poudre blanche ;: _ décantez la liqueur de deflus cette fé-- : cule , & reverfez-la fur de nouveau Cuivre, elle deviendra brune de nouveau , & elle redeviendra verte au bout d'un certain tems ;, & ilife précipitera encore une poudre ou-fécule blanche. II. Le Fer & le Zincs'y diflokvent encore plus aifément; la solution eft ac-- .'compagnée.d'effervefcence, & pendant "qu'elle-dure-il f'précipite des particules' - noirâtreshqui font folubles dans dernou-- - mel Efprit-de-Sel.. La difolution du Fes ré | E vw,
132 Drspu Cuivre, pu FER, paroit d'abord jaune , elle dévient ver. dâtre lorfqu'elle eft entiérement faturée mais quand on la chauffe elle redevient. brune : la solution de Zinc ne prend point. de nouvelle couleur, |
ÎTTI. Verfez dé bon Efprit-de-Sel fur : de la limaille d'Etain ; ce Métal s'y dif. fout & la solution "prend une couleur : jaune : il faut faire chauffer pendäntquel- . ques tems le Bifmuth pour qu'il fe dif-. folve dans lEfprit-dé-Sel, & la diflolu-. tion devient-d'un jaune rougeâtre, Le Régule d'Antimoine s échauffè avec ce diflolvant, &:il y eftréduiten une poudre blanche. Pourfaire difloudre l'Arfenic, eu ce qui vaut encore mieux ; le Régule d'Arfenic , il:faut le faire bouillir pendant quelques tems dans l'Efprit-de-Sel ;. pour lors l'Arfenic s'y diflouten partie, . & l'on voit nager une poudre blanche à la surface de la diflolution, : ,
OBSERVATION. 1: Comme l'Argent n'eft point soluble :
dans l'Efprit-de-Sel marin, la-couleur blanche de la poudre que'nous avons dit fe précipiter dans la difolution du Cuivre, a induit en erreur bien"des gens qui ont cru que cette poudre étoit où pou- Voit dévenir de l'Argent en la poignant
DE L'ÉTAIN, DE L'ARS. &c. 133 avec d'autre Argent; mais ce Précipité. meft qu'une fécule ou une efpèce de Chaux de Cuivre qui. vient de PHuile. de Vitriol dont on s'eft fervi dans la pré- paration de l'Efprit-de-Sel, & qui a pañlé avec lui. En effet, fion verfe un peu d'Huile de Vitriol dans l'Efprit - de - Sel, on. obtient beaucoup dé cette poudre blanche ; fi on la diffout dans de l'eau qu'on fafle enfuite évaporer:, cette diflolution. devient bleue & donne du Vitriol de. Cuivre ; on n'a qu'à mêler-la partie qui n'étoit point soluble dans l'eau avec une matiere inflammable, on en fera la ré- dution , & on trouvera que c'eit un vrai Cuivre. ER
2. Si on laïffe repofer la diflolution'du Fer, au bout de quelque tems on trouvera qu'il s'éft dépofé une bonne quan-tité d'une poudre qui eft propre à colorer le verre ; fi on fait évaporer la diffolution, on obtient une efpèce de Vitriol verd qui fe réfout aifément en liqueur à lair.
3. L''Or, l'Argent , le Plomb & le. Mercure ne font point folubles dans l'Efprit - de - Sel tout feul ; & quoique _PEfprit-de-Sel dans la Lune cornce, le Plomb corné & le Mercure fublimé s'u- nifle avec ces Métaux, cependant cela n'arrive que par la médiation de P'Efprit-
134 PRÉCIP. DES SUBSTANCES, &c. de-Niître. C'eft auffi de cette façon que par le moyen de l'Arfenic on peut dif foudre. Argent dans l''Efprit - de - Sel marin , comme cela arrive quand on: verfe de PEfprit - de - Vin fur la Mine d'Argent rouge ,.& qu'on la fais chauffer pendant quelques tems.. à
Lviii. Problème.
Précipiter les fubflances qui ont été mifes en diffolution dans l'Efprit-de-Selmarin.…
Solut 1 O N.
\ A ETT Ez des lames de Cuivredans. AVR la diflolution d'Etain , des lames de Fer dans celle de Cuivre, & du Zinc dans celle de Fer ,.le Métal diffout fera. précipité. En général toutes les fubftan-- ces qui ontété mifes en: diffolution dans: PEfprit-de-Sël. peuvent être précipitées: par un Alcali fixe ; il n'y a que le Zinc qu faut excepter de cette régle , fa difolution fe met par flocons , ou fe coagule lorfqu'on y verfe une solution d'AI-- cali fixe. ie:
Dis.pes TERRES ET PIERRES. 135
L'Ix® Probléme
Diffoudre les Terres & Pierres calcaires , par l'Eau régale. |
NX 7 ERrsEz de l'Eau régale fur de la Chaux ou fur de la Craie jufqu'a ce
qu'il ne fe fañle plus d'effervefcence ; filtrez
la diflolution, & mettez-la en évaporation, vous obtiendrez deux efpèces
" de Sel ; fi c'eft de la Chaux que vousayez fait difloudre vous aurez du Sel ammoniacal
fixe, maisfi c'eft de la Craïe ae fera
la matiere dont. fe fait le Phofphore de
Balduinus.
Observfation.
Ona vû dans le . 255 de la premiere. Partie que l'Eau régale eft compofée d'Éau-forte & d'Efprit-de-Sel ; ces deux . Acides agiffent féparément fur les Terres - calcaires, d'où il fuit que l'Eau régale-doit auffi produire deux effets : & quoique ces deux Acides foient combinés , aucun-des deux n'eft: détruit ou décompoté ,.
mais chacun d'eux conserve fes mêmes
: 436 : DissSoOtUTIONDEL OR 2 vertus & fes mêmes propriétés, commé , on peut s'en appercevoir quand on y met. du Sel alcali fixe : en efket, fi on fait. évaporer la diflolution l'on obtient une portion de Niître régénéré, & nne portion de Sel marin régénéré ; c'eft pour-. quoi quand on diffout de la Chaux dans de l'Eau régale on obtient du Sel ammoniacal fixe ( voyez le Probléme LI.) ;. mais fi c'eft de la Craie qu'on y a fait difloudre , une partie de la matiere fe change en Phofphore de Balduinus.
Lx® Problème.
Diffoudre lOr dans de l'Eau régale, &:.le précipiter par un Alcali fixe ; pour faire: de lOr fulminant..
; 19.0 L'U TI O:N:. L X7 ERSEZz cinq parties d'Eau ré-. gale fur une partie d'Or battu fort mince , chauffez la difolution ; quand tout Or fera diflout, ajoûtez-en
--encore deux grains jufqu'à ce qu'il en .
refte quelque chose, qui ne fe mette point
en diflolution ; f. POr eff allié: avec un: peu d'Argent ce dernier Métal fe précipitera
fous la forme d'une poudre noire, .
DANS L'EAU RÉGALE. 137 & la diffolution prendra une couleur d'un très-beau jaune. | … FE Verfez dans cette diflolution de PHuile de Tartre jufqu'à ce qu'elle perde fa couleur jaune; POr fe précipitera fous là forme d'une poudre ; vous l'édulcorerez & vous la perez fécher avec la plus grande précaution en ne la mettant que dans une étuve ou dans un lieu chaud;. Pon obtient par-là ce qu'on «ppelle Or fulminant qui à une chaleur modérée fait une explosion très - violent, & donne un coup comme feroit le tonnerre.
CRS ER Parti PONS
1, Si on verfe-trop de Sel alcali fixe dans la diffolution l'Or perd fa qualité fulminante : on peut.aufl faire de lOr fulminant par le moyen du Sel alcali vo- Jatile, mais quand on y en mettropl'Or fe rediflout de nouveau. Si on fait fulminer l'Or fous une grande cloche de verre, on retrouve l'Or. en poufliere fous. fa forme &-avec fon éclat métallique ; fion veut river l'Or de fa vertu fulminante, -on n'a qu'à le mêler avec du Soufre que Von fait fondre & qu'on fait brüler en-quite. [1 femble que l'Or fulminant dé- rive fa propriété de l'Alcali volatile qui eft entré dans la composition de l'Eau régale, ou du moins qui a fervi à en pré--
238 DissoLuTION DE L'OR, &c. cipiter l'Or. C'eft pour cette raïfon que, 'quand on a ôté à l'Or fa propriété fulminante pour avoir ver{é trop de Sel al-cali fixe dans fa diflolution ; on peut lui rendre cette propriété en l'humectant à plufieurs reprifes avec de l'Alcali vola-ule : comme il y a de l'Efprit-de-Nitre dans l'Eau régale |, & comme cet Acide forme un Nître inflammable avec PAIE cali volatile ; on pourroit lui attribuer les effets de lOr fuiminant ; mais l'A- cide vitriolique difflout l'Alcah encore plus fortement que PAcide nitreux. Per Ra déflagretion du Soufre Acide vitriofique qui y eft contenu s'unit avec PA cali volatile, tandis que la partie nitreufe 'eff confumée & prefque entiérement dif-fipée par le feu. C'eft pour lamêmeraifon qu'on peut enlever à l'Or fulminant fa propriété, fimplement avec de PHuile de Vitriol. HET. a OS ER 2. Si on fait imbiber des petits morceaux de linge dans la diflolution d'Or, en les faïfant fécher & brûler enfuite, on obtient une poudre dont on peut fe fervir pour dorer lArgent en la frottant deffus avec du liége mouillé; mais cette efpèce de darure confomme une: plus grande quantité d'Or que celle qui fe fait par le moyen du Mercure , & par conféquent elle eft plus coûteule..
PRÉCIPIT, DE L'Or, &c. 139
—
LIÉE PROBLÉME. Precipiter l'Or qui a été Er de la maniere
précédente par le Visriol de Cuivre, ou par le Verd-de-gris.
Solution.
A1TESs difloudre le Vitriol dans de Peau, & le Verd-de-gris dans du Vinaigre, filtrez la diffolution ; verfez- Ja dans la diflolution d'Or que vous étendrez enfuite avec de l'eau , & laiflez-la repofer jufqu'à ce qu'il ne fe précipite 'plus rien ; de cette maniere ôn obtient POr fous fa forme métallique, & if fera auf pur que s'il avoid été purifié par PAntimoine; fi on le met en fufon il devient parfaitement duétile ; il faut feu- Jement avoir foin de ne point laïffer tomber aucune faleté dansla difflolution , & de bien l'édulcorer avec de l'eau claude après qu'il a été précipité. Dans cette "opération on peut mettre huit parties de Vitriol contre une partie d'Or.
Obserfatio.N..
1, Dans Popération qu'on vient de
140 PRÉCIPIT. DE L'OR, &c. décrire, l'Or eft précipité par deux rai-fons. 1°. L'Acide du Vitriol ou du Vinaigre s'unit avec l'Eau régale; or comme l'Or n'eft soluble ni par PAcide vitriolique ni par P'Acide du Vinaigre, il. eft obligeé de fe précipiter. 2°. Comme le Cuivre fe diffout encore plus aifément: que l'Or dans l'Eau régale, c'eft encore une raifon pour que ce dernier Métal fe. précipite.
2. On peut auffi précipiter l'Or fous la forme d'une poudre brune parle moÿen: _du Mercure diflout dans lPEau.- forte 53. mais cette maniere de le précipiter eft plus pénoble, plus coûteufe, & n'eft point fiexacte que la précédente , attendu qué le Mercure a tant de difpofition. à diffoudre l'Or, qu'il.eft très - aifé que. quelques-unes de fes particules s'attache à ce Métal, & pour lors on eft obligeé de les en féparer par le moyen du feu. dans lequel on fait calciner Or qui a été précipité. On peut encore précipiter l'Or fous fa forme métallique par le. moyen du Fer; mais comme ce dernier: . Metal dépofe toujours une matiere noire pendant fa diffolution , l'Or qu'on obtient par cette voie n'eft point parfaite-- ment pur.
Dussor. DE L'ÉTAIN, &c. 141 BG Ps ER LBLE MIE,
Diffoudre P'Etain dans del Eau régale, & avec cette difolution précipiter lOr d'une couleur pourpre.
SO IL TEO Ne
I A1TEs une Eau régale compo=
| {ée de deux outrois parties d'Hau-forte & d'une partie d'Efprit-de-Sel matin; mettez-y peu-à-peu de petits morceaux d'Etain très-pur, afin que la diffo- _Jution s'en fafle lentement & fans chaleur. L'Etain fe diflolvera pour la plus grande partie, & il ne tombera qu'une terre noire au fond du vaiffeau. Quand il ne fe diffolvera plus rien, décantez la diffolution qui fera toute claire pour la Héparer de ce:qui fera tombéau fond, & n'y laiffez point féjourner lEtain trop long - tems, car il fe précipiteroit une terre ou matiere mucilagineufe ou vifqueufe. Quand la solution aura repofé pendant douze heures, remettez-y;encore de l'Etain ; il arrive quelquefois -que pour lors la diflolution prendra une belle couleur gorge de pigeon.
142 DissOLUTION DE L'ÉTAIN = IL. Etendez la diflolution qui vient
d'être décrite dans beaucoup d'eau, par .
exemple, dans cent parties ; remuez le mélange avec un tuyau de verre ou avec
un petit bâton de bois ; prenez une petite
quantité de ce mélange dont vous perez deux parts ; verfez encore un peu d'eau dans une des parts, & remuez de nouveau ; enfuite de quoi vous fereztomber une goutte de la diffolution d'Or dans chacune des deux parts; vous obferverez
celle dont la couleur fera d'un
lus beau rouge, & vous vous en tien= drez à cette proportion de Peau pour le refte de la diflolution, Il faut que lOr ait été diflout auparavant dans trois parties d'Eau-forte & une partie d'Efprit-de- Sel. On prend ordinairement deux parties de solution d'Etain contre une partie
de diffolution d'Or ; fi vous êtes
arvenu à rencontrer la jufte proportion Heau dont la diflolution d'Etain doit être étendue, vous n'aurez qu'à y verfer votre diffolution d'Or & remuer ce mê- lange, fur le champ la liqueur prendra une couleur d'un beau rouge ; vous la 'laïfferez repofer pendant quelques tems, vous y verferez encore quelques gouttes
de la diflolution d'Etain afin de préci- |
ter tout l'Or; ramaflez le Précipité rouge qui s'eft précipité, & confervez - le
F4
DANS L'EAU RÉGALE. 143 pour vous en fervir à donner une couleur d'un rouge pourpre au verre.
Observatio Nn.
1. Il faut bien prendre garde, en fai-fant difloudre l'Etain , que la diflolution ne fe fafle-avec effervelcence , & qu'il n'en parte une vapeur jaune : en effet, quand cela arrive la diffolution n'eft plus propre à être employée à cette précipitation. Îl paroït parlà que cette vapeur volatile eft une des causes qui contribute à a couleur pourpre. |
2. On peut fe fervir de cette précipitation pour découvrir l'Or en quelque petite quantité qu'il foit mêlé dans un corps. |
-LXIII PROBLÉME. Diffoudre Le Cuivre , le Fer, le Plomb, le Bifmuth , lArfenic, le Réoule d'Anri. moine , le Zinc 6: le Cobalt , par l'Eau régale. | | SOLUTION.
| U AND on diflout du Bifmuth, de VArfenic & du Régule d'Antimoine dans de l'Eau régale, il faut faire
244 Dis. pu Cuivre, DU FER, &e.
chauffer la diffolution ; les autres fubf- _tances s'y diffolvent à froid. Le Plomb fe diffout plus aifément dans l'Eau régale que dans lEfprit-de-Sel ; cela n'empé- che point que la diflolution ne devienne un peu trouble. 4 :
"Observa:Tio N.
: Comme PEau régale eft un compofé d'Eau-forte & d'Efprit-de-Sel , il eft aifé de concevoir que les Métaux tels que le Cuivre, le Fer & le Zinc qui font folubles dans PEau-forte & dans l'Efprit-de- Sel, doivent aufli l'être dans Eau ré- gele; mais un phénomène dont il eff très-difficile de rendre raifon, c'eft pourquoi l'Or eft soluble dans l'Eau régale, tandis qu'il ne fe diffout ni dans PEfpritde-Sel ni dans PEfprit-de-Nitre féparé- ment. DRE FERRIERE PEL
Lxiv. Probléme..
Diffoudre le Mercure dans l'Eau régale; … pour faire le Mercure fublimé.
PREMIERE SOLUTION. EF A1TESs diffoudre une demi-livre de Mercure dans trois quarterons d'Eau-forte, faites évaporer la diffolution juf- 7. qu'à
Dissor. pu MERCURE, &c. 14$ qu'à ficcité ; pulvérifez & triturez fépa- rêment dix onces de Sel marin décrépité, & autant de Vitriol calciné dans un mortier de re ou de verre jufqu'à ce que
"ces deux matieres foient réduties en une poudre fort déliée; mêlez exactement ces deux matieres & ajoutez-y enfin le Mers cure provenu de la diffolution ; mettez ce mélange dansun matras de vérre dont il ne remplifle que Îe tiers ; vous ne laifperez qu'environ fept pouces de longueur au col du matras ; vousle placerez für un bain de fable, & vous ne le couvrirez de fable que jufqu'à la hauteur où la matiere
ira dansle vaiffeau ; donnezau commencement un feu doux que vous augmentérez peu-à-peu, jufqu'àce qu'il s'en éleve une vapeur qu'il feroit trèes-dangereux de refpirer : quand vous ne remarquerez plus d'humidité vous boucherez Pouverture du matras avec du papier, & vous pouflerez le feu au point de faire tougir la capfule du bain de {able ; le Mercure fublimé s'attachera 2ux parois du vaiffeau fous la forme de cryftaux blancs & demi-tranfparens. Quand tout fera refroidi vous caflerez le matras ; fé- parez avec foin le Mercure fublimé de la pouffiere légere & fpongieufe avec laquelle ïl fera mêlé, & confervez - le pour l'usage, ,
- Tome IL G
346 DissoLuTION DU MERCURE IF, SOoLuTIC NN
Faîtes difloudre du Mercutg dans une quantité fuffante d'Eau-forte, verfez en-quite peu-à-peu dans la diffolution une partie & demie de Sel marin; placez un chapiteau fur votre cucurbite, & mettez ce mélange en difüllation aun feu doux ; quand la matiere fera reftée féche dans la cucurbite vous augmenterez le feu & yous continuerez le procédé comme on
dit précédemment,
D Rs Era Tllorms
1. Par la premiere opération on fait de PEeu régale, parce que l'Acide vitriolique s'unit avec lAlcali du Sel marin , & par conféquent dégage P'Efpritde -Sel
ui s'unit à l'Eau-forte, Dans la feconde. q
opération une portion de l'Eau-forte s'u- nit avec l'Alcali du Sel marin, & dégage
l'Efprit-de-Sel qui s''unit avec de l'Eau
forte, & fait de l'Eau régale. Quoique le Mercure ne fe diflolve que difficilement dans l'Eau régale, cependant dans l'opération dont il s'agit le feu facility cette diflolution, parce qu'il enleve une partie de l'humidité de l'Eau régle , & la rend plus concentrée, & pour lors le
N :
| DANS L'EAU RÉGALE. 147 mélange n'eft autre chose qu'un Vitriol de Mercure qui differ principalement de celui qui a été fit par l'Eau-forte en ce qu'il eft demi-volatile , au lieu que ce dernier eft plus fixe. C'eft un des plus violens Corrofifs, & il a la propriété de manger ou de ronger toutes les parties animales vives qu'il, touche ; i] faut s'en défier comme d'un poison très - dangereux, deux grains fufifent pour Ôter la Vie à un homme; c'eft pout cette raifon qu'on fe garnit la bouche & le nez d'un bandeau pour fe garantir de fa pouffiere lorfqu'on le triture : il produit des effets finguliers fur les Métaux.
2. fi on triture le Mercure fublimé avec environ. partie égale de Mercure crud jufqu'à ce que le mélange foit chan- géen une poudre grife, & qu'on le fiffe. fublimer de nouveau, on fait ce qu'on appelle Mercure doux : pour être bien fait il ne doit point avoir de goût, fans quoi il faudroit le remettre enrore en fublimation avec de nouveau Mercure crud ; quoiqu'il produife des effets très confidérables ilsn'approchent Cependant point de ceux du Mercure fublimé » C'ETE pourquoi il eft d'un bon usage dans la Médecine, quand on s'en fert avec lé précautions convenables.
G ij
#
Lxv:. Probléme.
Précipiter Les Subflances qui ont ete mifes en difjolution dans PE au régale.
+
Sol Lion
Æ AiTEs le procédé de la maniere in- Æ diquée dansle LV". Problème, faites difioudre le Mercure fublimé dans eau, & verfez de PAlceli fixe dans cette dif- {olution ; le Mercure le précipitera fous: Ja forme d'une poudre rouge dont da cous leur fera plus vive & plus belle à proportion de la pureé.du Sel alcali dont vous vous perez fervi pour faire la précapita= tion; l'on peut donc fe fervir de cette voie pour éprouver la pureé d'un Sel I I. Si l'on veut rendre au Sublimé fa forme mercurielle, c'eft-à-dire le rendre coulent & faire en même tems Le Beurre d'Antimoine, ,on n'aura qu'à mêler le Sublimé corrofif avec partie égale d'Ans timoine; on mettraçe mélange à fec dans une cornveiqui foit bien fèche , on ÿ adeptera un récipien,, on futtera .exaétes amert les jointures avec de la Chaux
DANS L'EAU RÉGALE. 14) de la Glaife; on diftillera avec précau< tion ; & en donnant le feu par dégrés ; il pañlera une liqueur & une matiere grafle qui fe figera dans le récipient , & il s'attachera dans le col de la cornueune matiere blanche femblable à de la glace ; vous préfenterez peu-à-peu des charbons ar-dens pour chauffer le col de la cornue au point de faire fondre ce beurre d'Anti-moine, pour qu'ilcoule dans le récipient; $il ne pañle plus rien à ce dégré de feu vous ôterez le récipient avec précaution, vous en adapterez un autre à la cornue, & vous augmenterez le feu jufqu'au plus violent dégré pendant environ deux heu" res ; il s'élever une matiere de diffé: fentes couleurs, & il pañlera dans le ré- éipient un peu de Mercure crud & un Beurre d'Antimoine impur. Si:on cafle li cornue on trouvera au bas du col de Ja cornue du Cinnabre d'Antimoine,
Pers Rl Ation
1. Î] faut prendre de très-grandes pré- cautions pour cette opération lorfqu'ori triture les matieres & Iorfqu'on en fait le mélange ; s'il venoit à fe faire des fentes dans le lut qui joint les vaifleaux , il fau dra fe garantir des vapeurs qui pañlent au travers, parce qu'elles font très-pernicieufes, |
150 Dissor. pu MEercuRE, &c. 2. L'Eau régale a plus de difpofition à s'unir avec le Régule d'Antimoine qu'avec le Mercure ; c'eft pour cette rai- … fon que dans l'opération que nous venons de décrire, il quite le Mercure fublimé pour difloudre la partie réguline de lPAntimoine, & par - R il forme un Vitriol d'Antimoine qui eft démi-volatile, & que l'aétion du feu fait pañler à la diffillation, c'eft ce qu'on nomme le Beurre d' Antimoine, Quand cette matiere a pañlé il refte dans la cornue le Soufre de PAntimoine & le Mercure qui £e dif-solvent les uns lesautres, & que Paction d'un feu plus violent sublime fous la forme du Cinnabre. | PE 3- Si au lieu d'Antimoine crud ot mêle du Régule d'Antimoine avec le Mercure fablimé, on obtient un Beurre dAntis moine très-pure , & l'on retrouve le Mer cure coolant.
Écrin Inr
Lxvi., Probléme.
Difoudre le Cuivre & le Fer par le Sd ammoniac , par la voie humide, des
Solution.
ÂA1TES difloudre le Sel ammoniae .… dans de l'eau claude, & faites bouil- Dir de la limaille de Fer ou de Cuivre
Dis. pu Cuivre ET DU FER. 1S# "pendant quelque heures dans cette difiolution que vous filtrerez enfuite ; il y aura une partie du Métal qui fera mie en diflolution ; celle du Cuivre fera d'un goût nauféeux, celle du Fer d'un goût aftringent ; la premiere fera d'un bleu verdâtre, & la derniere fera d'un rouge brun.
Observatio N.
_ Comme le Sel ammoniac eft compolé de PEfprit-de-Sel & de PAlcali volatile, le Cuivre & le Fer étant folubles par ces. deux fubftances, dans l'opération qué nous venons de décrire il fe fait une diffolu- _ tion double de ces deux Métaux. On peut £e fervir de la mémeméthode pour diffous dre les autres Métaux qui font folubles ou dans l'une de ces fubflances où dans 'toutes les deux à la fois. Quoique l''Ef prit-de-Sel marin ait plus de difpofition. à s'unir avec l'Alcali volatile qu'avec les Métaux , & que par conféquent ces derniers, quand ils ont été mis en difolution dans 'Efprit-de-Sel , puiffent être précipités par VAlcali volatile; cependant dans l'opération dont il s'agit, le mouvement occafionné par l'action du feu diffipe & fait partir P'Alcali volatile quand il n'eft point en état de diffoudré
| iv
152 Dissoruriox pu Fer | le Métal , & par -là de devenir plus fixe. au feu.
Lxvie Probléme,
Diffoudre le Fer par le Sel ammoniac, par La voie humide, & Le fublimer en partie.
T RITUREZ à fec dans un mortier de verre parties égales de nouvelle limaille de Fer & de Sel ammoniac ; plus ces matieres front broyées plus elles. front propres à l'opération. Pendant la trituration il fe dégagera une yapeur alcaline & volatile ; mettez ce mélange dans une cucurbite ou dans un grand Vaifleau de verre dont l'ouverture foit fort large , de maniere qu'il n'y en ait point trop épais ; placez un chapiteau fur la, cucurbite & adaptez-y un récipient , luttez exactement les joïntures, mettez votre cucurbite au bain de fable, & cou vrez-la de fable jufqu'au bord du chapteau ÿ Commencez par donner un feu : doux , il pañlera une liqueur alcaline très - volatile ; quand il ne pañlera plus. rien à ce dégré de feu vous l'augmenterez
PAR LÉ SEL AMMONIAC. 153 Bu point d'échauffer le chapiteau ; il sé- lévéra d'abord des vapeurs blanches, & enfin le dedans du chapiteau paroïtra couvert de couleurs blanches, rouges, jaunes, vertes & noirâtres, qui y forméront.. comme des efpèces de fleurs ; c'eft auft le nom qu'on leur donne. Continuez à donner le même dégré de chaleur pendant fix ou huit heurés:, au bout defquel- : les vous laifferez refroidir les vaiffeaux.. Voustrouverez dans je récipient une liqueur alcaline très-cauftique dont la couleur fera d'un jauné d'or; dans le chapteau & dans {on bec il y aura une fub{- tance féche, tendre, légere & .de diffé rentes couleurs fort vives, qu'il faudra: mettre fur le champ dans un vaiffeau de: verre échauffé que vous aurez foin de: Bien boucher, parce que cette matiere: attireltrès - promptement l'humidité de: Pair, .& {€ change en une liqueur auftere.,. famine., d'une couleur jaune comme de: Por, :& un peu grafle; quand cette ma-- tiere eft fousuné forme féche&concrête., on la nomme Fleurs de Fer;.maïs fi elle: {e change en liqueur on la nomme: Ebule: de Fer par défaillance : on trouvera qu'ik s'eft attaché. de pareilles fleurs aux parois de la cucurbite, mais elles front plusfos-- Hdes &compactés & formeront comme: une mafle fondue ; vous lesenleverezavec
G y
154 DissozuTroN du FER: : la même précaution que Les précédenies? & vous les conferverez. Au fond dela eucurbite vous trouverez une fubftance d'un beau rouge dont le goût fera fort auftere qui à l'air fe change très-prom-ment en une liqueur épaiffe d'un beaw jaune & d'un goûtaftringent; elle devient _verdûtre après qu'il s'y eft dépofé une poudre jaune, on la nomme L4 féconde Huile métallique par défaillance. Cette matiere fe gonfle confidérzblement pendant qu'elle eft mife en diffolution par Phumidité de l'air ; de forte qu'il paroît qu'il fe fait pour lors une efpèce d'eflervefcence. |
Observation.
1. L'Efprit-de-Sel marin commence À agir fur le Fer dans le moment de la trituration, & conféquemment l'Efprit al-cali volatile qui y étoit uni auparavant {e dégage & fe difipe dans Pair; mais il y a une portion du Sel ammoniac qui n'eft point altérée, & pendant qu'il eft fub'imé par le feu il entraîne avec lui une portion toute particulière du Fer qui a 4 . 4 ° L) à .. 1 été mis en diflolution par PEfprit-de-Sel marin. Ü 2. Ïl ÿ a d'autres Métaux dont une
3 A + fr) ste r/ portion peut être divifée & volarilifée
… Drs. pu CUIVRE; PU FER, &C Ts de la même maniere par le Sel ammoniac ; c'eft pour cette raifon que les Chi-miles ont donné à ce Sel les noms de VOifeau de proie, d' Aigle blanc, & l'ont appellé la clef des Métaux.
Pa Vii. Probléme.
Mettre en fusion ou difoudré Le Cuivre, Le Fer, Etain, le Plomb, le Zinc, Le Bif-muth, le Régule d'Arfenic, Le révule
d'Antimoine, par le Nüre,
No Lu Teus-
1) TJvrsez à coups de marteaux où par le moyen de lalime V'une de ces fubftances métalliques , mêlez - la avec partie égale de Nitre pur pulvérifé avec foin, mettez ce mélange dans un creufet tout rouge, le Nître détonnera avec lé Métal comme il feroit avec une matiere inflammable , le décompofera & pro duira fur lui une efpèce de destruction.
OBSERVATIO N. 1. Le Nître s'enflamime avec la partié
:nflammablé du Métal, & en volatilifé G v]
Le
156 Dis. pu Cuivre, pu Fer, &e: une partie qu'il entraîne avec lui ; par-là une portion du Nître devient un Sel alcali fixe qui eft propre À diffoudre la partie du Métal qui a perdu fon phlogiftique auffi-bien qu'une partie du Métal qui n'a rien perdu : voyez le Probléme XX VIII, : 24 On voit par ce qui vient d'être dit que l'on à tort de joindre du Flux crud ; (c'eft-ä-dire, compofé de parties égales de Nître & de Tartre fans détonner ) aux Mines qu'on veut effayer pour fçavoir fi ellescontiennentun des Métaux qui vien= nent d'être nommés, attend quele Nître peut détruire une portion du Métal , fans compter que les détonnations vio-lenses entraînent d'autres inconvéniens & des pertes. 2 3. Le Nître ne peut point détruire ni VOr ni l'Argent, c'eft pourquoi l'on peut s'en fervir avec fuccès pour les purifier des Métaux auxquels ils peuvent être alliés : s'ils n'en contiennent qu'u- ne petite quantité, on n'aura qu'à ÿ joindre , pendant qu'ils front en fusion, fimplement un peu de Nître qu'on aura chauffé , lui donner le tems de fondre, Ôter le Métal du creufet, & réitérer ce. travail avec de nouveau Nître, tant que les fcories front colorées ; mais fi l'un de ces métaux eft mêlé avec une quantité confidérable d'unautre Métal , i 1 faudra
2
Dissor. pes MÉTAUX, &c: 157
œ + * joindre du Borax ou du Sel alcali fixe au.
\itre, car fans cela il pourroit £ perdre une portion de l'Or ou de Argent qui feroit entraînée ou volatilifée, parce que le Nître s'allure avec la partie inflammable du Métal auquel POr oul'Argent {ont alliés, & s'éleve en vapeurs très- abondantés; mais la violence de cet ef fet eft arrêté par l'Alcali fixe qu'on y le * 1 / T A Joint, & par-là la volatilité du Nître eft diminuée, On peut auffi £ fervir de ce moyen pour exalter & rendre plus vive k couleur de Por.
Les Problème,
Difoudre les Métaux difficiles à fondre comme l Argent , le Cuivre &> le Fer, en les mettant en cémeniarion avec le. Sel marin ou le Nire,
Solution.
1# EDUISEZz en une poudre fine
des briques qui n'ayent point été trop suites, & tamifez cette poudre, prenez-en quatre parties, de Colcothar une partie, de Sel marin auffi une partie; mélez exactement toutes ces matieres & bumectez-les d'un peu d'eau afin de pouvoir
en former des boules ; ou bien pre= nez quatre parties de briques en poudre, une partie de Sel marin, une partie de Nître ; ce mélange fe nomme Ceément où poudre de cémentation.
II. Mettez un peu de ce Cément dans un creufet ou dans une boëte de cémentation , étendez-le & preflez-le doucement avec les doigts , de façon qu'il y en ait environ un demi pouce d'épaiffeur par-tout ; couvrez la surface de ce Cé- ment avec des lames minces du Métal que vous aurez eu foin de bien faite rougir & de pefer exactement auparavant ; faites enfuite une nouvelle couche de Cé- ment, de la même maniere qui vient d'être décrite; couvrez encore cette {e- conde couche avec des lames du Métal ; & continuez de même jufqu'à ce que le vaiffeau foitrempli à un demi pouce près, rempliffez cét intervale avec du Cément, fermez le vaifleau d'un couvercle, & luttez-en les jointures.
ITTI. Mettez ce vaifleau ainfi garni dans un fourneau de Verrerie ou dans un Âthanor, afin de pouvoir le tenir pendant plufieurs heures confécutives dans … un dégré de chaleur uniforme. Un don-. nera d'abord un feu modéré qu'on augmentera peu-à-peu au point de faire rougir médiocrement le vaifleau.
AVEC LE SEL MARIN. 159 TV. Quand le vaifleau aura été rough pendant douze ou même vingt heures, haiffez-le refroidir, &retirez - en le Cé ment ; s'il étoit devenu trop dur pour pouvoir être aïifément retiré 2 vaifleau , vous n'aurez qu'à l'humecter avec un peu d'eau. Faites bouillir dans de Peaw pure à plufieurs reprifes la matiere ref-tante jufqu'a ce que Peau ne prenne plus un goût falin ; pour lors faites-la fécher en la pefant vous vous appercevrez d'un déchec confidérable,
Observfatio N.
1. La poudre de briques empêche que le Sel ne fe réunifle & ne fe mette en mafle en fondant, ce qui fait que les particules du Sel font enétat de fentir mieux la violence du feu, & par-là les Atides {ont détachés des Alcalis.
2. Quand le Colcothar n'a point été lavé il contient encore une portion de Vitriol dont l'Acide agit fur l'Alcali du Sel marin, & en dégage P Acide qui devient propre à diffoudre le Métal. De cette maniere l'Argent lui-même ne peut point réfifter à lEfprit-de-Sel marin qui le met.en diflolution par la cémentation, quoiqu'il ne puifle point produire fur lui cet effet par la voie humide, Si au lieu du
"x60o Dissocur. pes MÉTAUxX Colcothar on prend du Nître, le Cément agit de la même façon que feroit l'eau régale, parce que l'Efprit-de-Niître agit fur P'Alcali du Sel marin de même que: V'Efprit-de-Sel marin agit fur PAlcali du. Nitre; ce qui fait que ces deux Acides s'élevent enfemble, & conféquemment is font del'Eau régale. : : é
3. C'eft fur ce principe qu'eft fondée | la purification de Or par la cémente-tion. Si POr ef allié avec un peu d'Argent , de Fer ou de Cuivre, en le rédui-fant en lames minces ou en arenaïlles, & le méttant en cémentation de Ja ma. niere que nous avons décrite, on péut parvenir à le diffoudre par PEfprit-de- Sel ou par PEfprit-de-Nitre qui fe déga-gent enfemble ; maïs on eft fouvent obli- : gé de réitérer plufieurs fois ce travail , & de remettre le même Or plufieurs fois
- en grenailles, attend que Or r'eft fofuble ni dans PEfprit-de-Sel ni dans PEL prit-de-Nitre : il faut feulement prendre! : garde de ne poirt faire enter de Sel marin & du Nitre à la fois dans le mélange, & de ne faire ni de cette maniere ni d'une : autre de l''Eau-régale , car cela feroit cau-fe. qu'il fe perdroït toujours une partie de Or qui demeureroiït dans le Cément . Ce que je viens de dire fuffira pour:met- ! tre en état de porter un jugement fur les
| AVEC LE SÉL MARIN. TÔT différentes manieres de céenter , quelquefois inutiles , coûteufes, préjudiciables, dont les Ecrits de quelques Auteurs font remplis. Ïl faut fur-tout fe défier de ce qu'on appelle le Cément gradué, dont on fe fert pour rendre la couleur de POr plus vive,'ear il y entre toujours où du Cuivre ou de Ja limaille de Cuivre cé- mentée par le Soufre, ou des fubftances cuivreufes , comme du Verd-de-gris, du Vitriol cuivreux; & c'eft par le Cuivre qu'on mêle à l'Or qu'on en-rend la cou leur plus forte. C'eft auffi pour cette rai-fon que cette couleur n'eft point de du- rée ; elle difparoït dans la-purification de POr par le Plomb & l'Antimoine, & par les cémentations ordinaires.
Ed
Lxx. Problème.
Diffoudre les Acides par l'Huile, & faire du Soufre avec de l'Huile & de L Acide
vitriolique. SOLUTION.
M ETTEz dans une cornue quatre onces d'Huile effentielle de Thé- rébentine bien pure, ajoûtez-y une once
de bonne Huile de Vitriol, & après y ett
avoir verié quelques gouttes fecouez la
cornue afin que le mélange fe fafle plus exaétement ; pendant cette opération le mêlange s'échauffera & deviendra d'une
couleur rouge , & il en partira des vapeurs
de plufieurs odeurs différentes : laiflez ce mélange en digeflion pendant
quelques jours Di un endroit chaud
mettez-le au bout de ce temsen las tion au bain de fable en vous servant
d'un grand ballon; il paffera une fobf
tance huileufe toute particuliere ; ce qui
reftera dans la cornue ref lets à à de la
téfine, ils'épeiffit de plus en plus, & enfin devient comme de la poix; la liqueur
qui aura pañlé dans le récipient fera d'une
odeur fulfureute ; fuffocente; fon prend.
des précautions , en augmentant le feu Pon obtiendra un vrai Soufre qu'on trous
vera dans le col de la cornue. O BSERFAT FO.
1. On peut encore diffoudre les autres A cides per le moyen des Fuiles 5 mais comme elles ne contiennent que peu d'A- cide, il faut y mettre une plus grande
quantité d'Huile , fuivant que PAcide |
fera plus ou moins concentré : voyez
ons fur le XX XI V*, Prat
Pier
Robe D'ÉUÉE, Ge 163 blême. L'on ne peut point faire de Soufre avec les autres Acides. |
2, On peut encore faire du Soufreavec toute autre matiere qui contient de l'A.- cide vitriolique en la mêlant avec du Phlogiftique ; tel eft le Tartre vitriolé, le Sel de Glauber , le Sel marin l Arcanum duplicatum , le Nître, le Sel de Col-. cothar, l'Alun calciné, &c.on n'a, par exemple , qu'à faire fondre au feu du Sel de Glauber & better deflus du charbon en poudre , il s'élever une flamme fulfureufe, & il reftera une matiere d'un brun rouge que vous perez diffloudre dans de l'eau ; précipitez la diffolution par le Vinaigre vous obtiendrez un véritable Soufre. Comme dans le Régne minéral il fe trouve une quantité prodigieufe de Soufre, fur-tout dans les Pyrires & dans d'ans tres Minéraux, il fuit de-là qu'il y a dans les entrailles de la Terre une grande quan-tité d'Huile ou de matiere inflammable.
3. Ce qui vient d'être dit peut contribuer À faire concevoir la formation du Bitume de la Poix minérale, des Charbons foffiles & du Jayet; &il n'eft point rare de trouver des Pyrites qui donnent du Vitrioi ou des Eaux vitrioliques dans le voifinage des Charbons de terre. La plüpart de ces fubflances font formées principalement par la combinaifon de
PAcide vitriolique avec une fubftance inflammable, à laquelle fe trouve mé- Ke une portion de terre plus ou moins grande. ie : * 4 L'Efprit-de-Vin n°eft qu'une Huile très-tenue , c'eft auffi pour cette raifon "qu'il s'unit , quoique plus difficilement avec les Acides, & c'eft de cette union que réflute le Nître dulcifié, PEfprit-de- Sel dulcifié, l'Ether où l'Éfprit anodin. de Hoffmann, qui font en usage dans la Médecine, & dont on peut trouver les préparations dans les Ouvrages de Chi mie Pharmaceutique.
-
Lxxi Probléme
Difoudre le Soufre dans les Huiles tirées par expreffion , 6: faire ce qu'on appelle le Baume de Soufre. |
Solution.
| ERSEZ d'une Huile tirée des Vé- gétaux par expreflion dans un vai£- | feau de terre verniflée ou dans un grand creufet ; joignez-y une quatriéme partie de Fleurs de Soufre ; rlacez votre vaiffau fur un feu modéré que vous augment<
=
DANS LES HUILES. 16$ terezavec précaution ; quand il fera aflez fort pour que le Soufre fe fonde, il tombera
au fond du vaïffeau fous une forme rouge, mais il ne fe mettra point encore en diffolution à ce dégré de feu; e'eft pourquoi vous n'aurez qu'à augmenter le feu, en prenant garde cependant que la mar tiere ne s'enflamme. Lorfquel'Hui e commencera à fumes la diflolution fe fera avec beaucoup d'effervefcence, & fera accompagnée d'une odeur très-défagréa- ble; il fe former une matiere d'un rouge foncé dans laquelle «on peut remettre encore plus de Soufre & l'y faire difloudre pendant qu'elle fume. Eve
Obserpfation.
1. Plus PHuile ef purélmoins il s'y dif fout de Soufre , c'eft pour cette raïfon qu'on peut à peine diffoudre un feiziéme de Soufre dans les Huiles diffiiléess & VEfprit-de- Vin qui eft P'Huile la plus pure ne diflout aucunement le Soufre.
2..Le Baume de Soufre s'unit avec PAlcai fixe, & cette combinaifon forme une efpèce de Savon dont on fe {ert dans Ja Docimañe. Quand dans une Mine ou dans un mélanre il fe trouve du Soufre, fi on y joint fimplement du Sel alcali
fixe, ces deux fubflances agiffent June
fur l'autre . il fe forme du Foie de Soufte CHepar Sulphuris) qui a la propriété de diffoudre ou décompofer en partie & même entiérement le Métal qui eft caché dans la Mine; mais cet effet eft em- pêché par l''Huile qui fe trouve dans le Savon dont nous venons de parler.
Lxxii. Probléme.
Diffoudre le Plomb ou la Chaux de Plomb dans des Huiles tirées par expreffion. '
Sole Uttionnes
ÊTTEZ du Plomb en grenaille ;
de la Chaux de Plomb, du Minium , ou de la Litharge, dansun vaifleau de terre verniflée, Verfez-y deux foisautant d'Huile de Lin, ou de toute autre Huile tirée par expreffion ; donnezunfeu. doux que vous augmenterez peu-à-peu, le Plomb ou la Chaux de Plomb entreronten fusion avant même que l'Huile foit bouillante , &lorfqu'elle bouillira ils fe diffolveront entiérement fi on continue à faire bouillir ce Baume de Plomb pendant quelques tems, & il formeraune fubftance folide , compaéte, demi-mé-
DANS LES HUILES, 167 tallique , que le feu met en fufñon , & à q q \ 9 es »" qui prend de la confiftence à Pair froid,
Oibse Rfa Lt I On,
1. Cette diflolution d'un des Métaux les plus pefans dans une Huile tirée des Végétaux fait voir à quel point les Mé- taux peuvent être mafqués dans d'autres COrps dans lefquels on s'attendroit le moins de les trouver. L'on ne peut donc ufer d'aflez de précautions pour fe mettre en garde contre les Impofteurs qui pré- tendent avoir le secret de la tranfmutation des Métaux.
2, On nomme le Plomb ou la Chaux de Plomb diflouts dans l''Huile Baume de faturne, & on s'en fert avec fuccès dans les emplâtres, fur-tout en fai-fant enter un peu de Savon dans fa compoñtion. Ce Baume de Plomb, quand on le fait bouillir jufquà une certaine confiftence , efttrès-bon pour enduire & peindre les vaifleaux qui doivent tenir de l'eau, & même en chauffant une mu-aisle ut" au point de la faire prefque rougir, fi on lenduit avec cette matiere elle tiendra l'eau auffi-bien que fi elle avoid été bâtie avec du ciment,
! Cur
Lxxiii Problème.
Reduire les C baux métalliques par le meyer d'une fubftance inflammable,
Soluttio Nn.
4 CHAUFFEZ un creufet bien net, après lavoir fronté avec du Savon; mêlez bien exaétementde la Lune cornée avec de l''Huile ou de la Graïffe, mettez ce mêlange dans votre creufet ,. faites-le fondre & vuidez enfuite le creuet, vous obtiendrez par-là l Argent fous fa forme métallique & fans aucun déchec. TE Mêlez une Chaux de Plomb avec
| partie égalede Chaïbon en poudre; (dans ce mélange il ne faut point fe régler fur de poid mais fur le volume ) mettez ce mélange dans un creufet, commencez par donner un feu violent que vous diminue-rez peu -à-peu quand la matiere fera entrée en fufñon, & vous vuiderez le. creufet. JTE, Faites calciner de la Blende noire. bien pure, pulvérifée, À un feu très-vio lent juiqu'à ce qu'il n'en parte plus d'o- deur de Soufre ; mêlez-y un haitiéme de Charbon"
| MÉTALLIQUES , &cC 169 Charbon en poudre, rempliflez avec ce mélange aux trois quarts une cornueenquite de Glaife que vous expoferez À feu nud ; vous donnerez pendant quatre heures un feu très-violent; il paffera d'abord dans le récipient une liqueur qui n'eft ni acide ni alcaline. Quand tout fera refroidi caflez la cornue & raffemblez le Zinc & les fleurs de Zinc qui fe front attachés au haut du col de la cornue.
Observation.
1. Onpeut, en fuivant le même pro- cédé, rédire & rendre leur forme métal lique à toutes les Cheux métalliques, à
Vexception de lOr fulminant ; il faut feulement obferver de prendre plus ou moins d'une matiere fixe au feu, À proportion du plus ou du moins de facilité que la chaux métallique aura à fe fondre. C'eft ainfi qu'on peutrédire dela Chaux d'Etain avec du Suif; mais pour une Chaux de Cuivre il faudra {e fervir d- Charbon en poudre, ou du Flux noir , dans lequel le Phlogiftique ef uni avec PAlcali fixe,
2. Aufli-tôt qu'on met du Zinc à feu nud il s'enflamme & fe décompose ; ainf on peut bien le rédire dans un vaifleau ouvert, mais la chose ne réufit pas fi
E
Tom, II,
x70 RépucTron pes CHaAux promptement, à la fin il s'enflamme & ie décompose tout de même. C'eft pour. cette raifon que les effais qu'on a faits de cette maniere , ayant toujours été in-fruétueux , on a trouvé plus court de crore qu'il étoit impoñhble de rédire le Zinc, ou de letirer des Fleurs de Zinc, de la Chaux de Zinc ou de la Calamine; mais la chose réuffit très-bien dans une cornue ; cependant il faut pour cela. commence par préparer la Chaux, la Mine ou les Fleurs du Zinc, d'une feçon toute particuliere ; il faut d'abordtâcher de rédire le Zine dans les vaiffeaux fer- "més par le moyen du charbon; commeil eft demi-volatile il fe sublime par la violence de feu & s'attache fous fa forme métallique avec des Fleurs de Zinc à la partie fupérieure de l'intérieur du vaiffeau à l'endroit où il y a le moins de chaleur.
3. On peut eufñ rédire la Lune cor- née par le moyen d'un Sel alcali fxé, fans qu'il foit befoin d'y joindre du Phlogiftique. On peut faire la même chose {ur la Chaux de Plomb & d'Antimoine per le moyen d'une Terre alcaline , telle que . la Craie; c'efl ce qui me fait conclure qu'il n'y a point de certitude dans le principe qui fuppofe que pour rendre aux Chaux des Métaux leur forme métal-
MÉTALLIQUES , &C %7r lique » il fuffit de leur rendre le Phlosiftique dont elles ont été privées ; car quoique je ne prétende point nier que le Phlogiftique entre dans la composition des Métaux, cependant la Potafle & la Craie ne contiennent point une portion de Phlogiftique aflez grande pour être fenfible ; outre cela il feroit encore plus difficile que dans la Lune cornée l'Argent fût privé de fon Phlogiftique ; mais ce qu'il y a de certain c'eft que pour lors PÂagent eft uni avec un Acide. Il me paroitroit beaucoup plus vraifemblable que les Chaux métalliques font formées per l'union d'un Acide avec le Métal qui a perdu fa partie volatile & peut-être mercurielle. Comme on a vû par le L X X°. Problême que le Phlogiftique a la propriété de diffoudre les Acides, & coming le Sel alcali &les Terres alcali- | nes produifent le même efet, je pente que la réduétion des Chaux métalliques fe fait principalement par le dégagement de PAcide, & que le déchec que fouffre la Cheux métallique à chaque fois qu'on la réduit, vient de la partie volatile que Je feu en a fait partir.
H i
Lxxiv: Probléme.
Changer le Fer en Acier par le moyen du
Phlogiftique. SO LU TrO N:
I. EF ÂrTESs une cémentatiom avec
L' de la cendre de bois & une autre inatiere qui contienne beaucoup de Phlogiftique , comme du charbon ou des fubftances animales qui, après avoir été réduties en charbon dans les vaiffeaux fermés , ont été pulvérifées. Prenez, par exemple , de charbons pilés grofñére-ment une partie, de cendres de boïs une partie ; mêlez exactement enfemble ces deux chofes : ou bien prenez de charbon en poudre deux parties, de matieres animales brûlées ure partie, de cendres de bois une demi-partie, & méltz-les enfemble
.
IT. Mettez affez de ce Cément dans un vaifleau de terre élevé pour qu'il y en ait d'un pouce & demi d'épaffeur
dans le fond après lavoir preflé; vous.
prendrez pour lors des birres de Fer qui ne foient point trop épaifles, & qui:yent
EN ÂCIER PAR LE PHLOG. 1? deux à trois pouces de moins que la vaifleau de terre ; il faut qu'elles foient faites avec du Fer très - pur, ce qu'on peut reconnoitre en ce qu'il fera duétile & malléable à chaud comme À froid: placez ces barres perpendiculzirement dans le Cément que vous aurez mis dans le vaiffleau, de maniere qu'il y aitenviron la diflance d'un demi-pouce entré chèque barre, & autant entre les barres & les parois du vaifleau ; vous rempli-rez l'intervale vuide avec le même Cé: ment Jufqu'à ce que le vaifleau foit entiérement plein ; vous fermerez ce vai£ feau d'un couvercle, & vous en lutterez
les jointures.
_ IL Placez ce vaïffeau ainfi arrangé dens ün fourneau où l'on puifle donner pendant plufieurs heures un dégré de chaleur uniforme; donnez un feu affez violent pour rougir médiocrement le vaiffeau, & continuez-le pendant fix ou huit heures ; au bout de ce tems vous le retirerez
tout rouge, & vous Jjetterez les barres de Fer toutes rouges dans de l'eau chauz de, elles deviendront caffantes & front changées en Acier. | É
Gb Se. R Fr A;T:Io: Nn:
1. On fe fert des fubftances animales H ii}
274 CHANGEMENT DU FER pour la préparation de Acier, parce que : l'expérience a fait condoître qu'elles operent plus promptement que les fubftances du Régne végétal , à cause de la quantité de Phlogiftique dont ellesabondent.
2. il faut avoir attention de ne rien faire enter dans la poudre de cémenta-tion qui contienne ni du Soufre minéral «ai de PÂcide fulfureux , parce que cette fubflance unie avec le Phlogiftique formeun vrai Soufre ; voyez le Problème LXX®. & le Soufre rend non-feulement le Fer plus mauvais & comme brut, mais encore il le change entiérement en Scorie à proportion de la quantité de Soufre.
3. On peut reconnoitre que le Fer eft changé en Acier, quand après avoir été rough & éteint dans l'eau froide il devient caffant, peu malléable, lorfqu'il s'en va par éclats, & lorfque les meilleurs limes ne mordent plus fur lui; mais fi on a laiflé refroidir PAcier peu-à-peu & par dégrés: la lime y mordra à un certain point, & il n'aura point perdu fa duétilté. C'eft à ces caracteres qu'on peut diftinguer VAcier du Fer en barre & du Fer de fonte : eneffet, le Fer en barre devient. un peu caffant quand on en fait l'extinction dans l'eau, cependant il conserve: toujours une partie de {a dudilité. Les
__ EN ACIER PAR LE PHLOG. 175 "Fer de fonte eft caffant foit qu'il foit froid foit qu'il foit chaud, quand même on n'en auroit point fait lextinction dans l'eau. Plus on fait rougir l'Acier & plus la liqueur dans laquelle on en fait Pextindtion eft froide plus il deviendra dur. L'Acier differ encore du Fer par da couleur & par le tiffu : en effet, la couleur en eft plus foncée que celle du Fer ; fi on cafle l'Acier on remarque dans la fra@ure des grains & des filets plus petits que dans l'efpèce de Fer qu'on nomme Fer à grains fins : on peut remarquer cette différence lorfqu'on met en cé- mentation de groffes barres de Fer que le _-Phlogiftique n'a point pù entiérement pénétrer, & dont par conféquent il ny a que la partie extérieure , où pour ain-fi dire, l'écorce qui aît été changée en Acier. On observe la même chose quand on foude l'Acier avec du Fer dela même efpèce que celui dont on s'eft fervi pour faire de l'Acier, & quand on le bat à | coups de marteau ; car fion le trempe de nouveau dans de l'eau froide, & fionle polit à fa surface on verra queles veines du Fer fe diftingueront de celles de PAcier par leur blancheur & par leur brillant ; celles de l'Acier front plus foncées &z prefque de couleur d'eau. Il y a licu FH iv
176 Drssôrut. Des Méraux 4 de croïre que l'Acier de Damas {e pré= pare de cette maniere.
Lxxv, Problème.
Diffoudre les Métaux & demi. Métaux ; à l'exception de Or & du Zinc > par le Soufre,
Solution.
: à 6 T c'eft un Métal dificile À fondre , faites-le rougir dans uncreufet, s'il elt aifé à mettre en fusion vous le {erez fondre ; ajoûtez-y une ou deux parties de Soufre en petits morceaux ; remuez bien ce mélange & laiflez-le fondre parfaite= ment ; lorfque le Soufre fera confumé, & que vous ne verrez plus voltiger qu'une flamme bleuelégere À la surface de la ma tiere fondue, ce fera une marque que la diffolution fera faite. Pour difloudrele F er il fuffit de le faire rougir À blancheur » d'y appliquer du Soufre, il coulera fous la forme d'une Scorie fpongieute , & dez viendra par conféquent plus fufible qu'il n'étoit auparavant. TI. Mêlez enfemble trois parties de £obalt ou d'Arfenicteftacé avec une par=
PAR LE SOUFRE. 177 tie de Soufre ; mettez ce mélange en fu blimation, & vous obtiendrez de l'Arlehic rouge. |
Observation.
1. Comme les Mines font des combinaifons de Métaux & de Soufre ou d'Arfenic, & quelquefois de lun &Pautre à la fois, on a churché à les imiter par Art, mais on n'y a point encore fait de grands progrès ; peut-être cela vient-il de ce que les Mines naturelles n'ont point encore été fuffifimment examinées, & qu'outre les Métaux ils'y trouve encore une Terre non métallique. Les Mi-
_néraux que l'on eft parvenu à imiter jufqu'à préfent font la Mine d'Argent vitreufe , la Galène, l'Antimoine, le Cinnabre & la Pyrite arfenicake. |
2. L'Arfenic cryftallin fe diffout très= difficilement par le Soufre, la chose réuf-fit mieux avec l'Arfenic en farine; mais ces deux fubftances s'uniffent plus facilement lorfqu'elles font toutes les déux mi- néralifées , & c'eft de cette façon que fe font 'Orpiment & le Réalgar. | __ 3. Le Soufre donne de la fufibilité au Cuivre & au Fer, mais il rend le Plomb & l'Etain plus difficiles à fondre, & en poignant péu-à- peu du Souire avec de
É vx
#78 Drssor. nEs Méraux, &c. VEtain, on peut le rédire entiérement en Scorie. Le Régule d'Antimoine à beaucoup de peine à s'uniravec le Soufre , cependant on peut enfin y parvenir & faciliter la diflolution en remuant ns relâche le mélange qui devient frié & femblable à de l'Antimoine crud. le Bif. muth s'unit aufi difficilement & encore plus lentement au Soufre que le Régule d'Antimoine ; le mélange qui en réflute reffemble ä-peu-près à de l'Antimoine crud : fion le laide pendant quelques: tems expoé à l'air libre, il fe couvre des: différentes couleurs de Arc -en- Ciel. Le Soufre diflout auffi le Cobalt quoi que difficilement , & pour lors le Cobalt: €ft d'une couleur jaunâtre , à - peu - près. comme la Mine de Cobalt de F reyberg en Saxe.
: Lxxvi, Probléme
Frécipiter lesuns par les autres Les Métaux. qui ont été mis en diffolution par le Sou-
Jre, &' les déxager deleur Soufre.. SOLUTION:
a } ÂITES rougir dans un creufer. Æ bien net une partie d'Argent, . æJoûtez - y deux parties -d'Antimoine
Précir. DES MÉTAUX, &c. 179 crud, foit naturel foit artificiel ; donnez À ce mélange le tems d'enter parfaitement en fusion, vuidez enfuite votre matiere dans un cône que vous aurez échaui- fé & fronté avec du fuif ou de la cire; quand tout fera refroidi féparez à coups de marteau la Scorie du Régule qui fera la partie demi-métellique, ou le Régule de l'Antimoine , & les Scories front un mélange de Soufre & d'Argent.
_ IT. Faïtes fondre ces Scories avecune
demi-partie de Plomb , & vuidez le creu- {et dans un cône , le Régule que vous obtiendrez fera de P'Argent, & le Piomb fera dans les Scories.
III, Joignez à ces Scories une moi-tié d'Etain, il y aura une portion du Plomb qui fera Régule, & PEtain ref tera dans les Scories avec lautre portion du Plomb.
IV. Mettez les Scories qui précédent fur une demi-partie de limes de Cuivre, faites enter ce mélange dans une fusion parfaite , vuidez-le dens un cône , l'Etain avec le Plomb qui y étoit refté uni formera un Régule, & le Cuivre demeurera dans les Scories. V. Faites rougir une demi - partie de ren petites males, & joignez-y les ôries qui précédent ; faites fondre ce mélange, verfez-le dans un cône, vous
H vj
Î
ut
/
280 PRÉCIbITAT, pts Mératx obtiendrez un Régule de Cuivre, & les Scories ne front que du Fer diffout par le Soufre. |
VI. Réduifez de PArfenic rouge en une poudre très-fine , verlez-y quelques gouttes de Mercure, continuez À tritu= TEr ; Vous verrez difparoître le Mercure & la couleur rouge de l'Arfenic devin-dra obscure ; faites la même chose jufqu'a ce que le mélange en poudre ne prenne plus de Mercure, & foit d'une couleur verte ou noirâtre ; mettez cette
_ poudre en fublimation dans un matras
il s'attachera À la partie fupérieure du vaiffeau des Fleurs d'Arfenichlanches ou jaunâtres avec un peu d'Arfnic crystal-lin, &au-deffous il s'attachera du Cinna-bre qui contiendra cependant encore une: portion d'Arfenic.
Observation.
1. [ne faut point s'imaginer que les-précipitations dont nous venons de parler fe faflent avec exa@itude 1] demeure
Toujours une petite portion du Métel pré. cipitent unie avec celui qui eft préci- Pité, dont il y a auffi toujours une portion qui refte dans les Scories 3, cependant c'eft le Fer qui opère avec le P lus d'exac= titude la précipitation des Métaux qui. ont été mis en diffolution par le Soufre,
PAR LE SOUFRE. 183 La fufibilité des Scories varie à proportion que le Métal précipitant eft fufible ou réfra@aire, après qu'il a été diffout par le Soufre.
2. C'eff fur cette opération qu'eft fon- dé le départ par la voie féche par lequel on fe propofe de déeager du Soufre un ou plufieurs Metaux, à Paide d'un autre Métal ou d'une autre fubftance , que le Soufre ait plus de difpofition à mettre en diflolution : ou bien c'eft l'opération par laquelle on veut féparer à l'aide du Soufre deux ou plufieurs Métaux qui font alliés. La premiere fonte des Mines eft une opération de la premiere efpèce ; elle fe fait à l'aide de la Pyrite, & même c'eft ce Minéral tout feul qui produit cet effet : le Fer qui eft dans la Pyrite efb mis en diffolution par le Soufre qui y eft pareillement contenu , forme avec lui & avec la Terre métallique une Scorie de laquelle les autres Métaux tels que Or, PArgent, le Cuivre & le Plomb, fe dé gagent par leur pefanteur fpécifique, & tombent au fond, quoiqu'ils foient encore mêlés d'une portion de Soufre de Fer & de Terre non métallique, & que par conféquent ils foient encore impurs.. C'eft pour cela qu'on donneäce mêlange le nom de Vatte crue (ROH-STEIN } Ce travail eft d'une très-grande utilityé,
182 PRÉCIPITAT. DES MéTaux h attend que par fon moyen on parvient à concentrer & à rapprocher la petite quantité de Métal précieux qui étoit ré= pandue & difperfée dans un grand volume de Mine, & pour lors il eft plus aifé de la féparer & de la mettre profit qu'on n'auroit point pû faire auparavant. On voit par-là que les Pyrites entiérement privées de leur Soufre ne font point propres à cetravail, au contraire elles y font nuifibles & préjudiciables, parce qu'elles manquent du Soufre qui eft le diflolvant du Fer & de la Terre non métallique, qui par-là deviennent réfra@tires. Si l'on _ fait attention À cette opération on verra que quelquefois on ne feroit point mal de griller un peu les Pyrites avant que de les employer pour {ervir de fondans dans la premiere fusion ; en effet, le Fer : ne diflout qu'une certaine quentité de Soufre : lors donc qu'il y a dans le mé- lange beaucoup plus de Soufre que le Fer n'en peut mettre en diflolution , la partie fuperflue demeure unie au Métal précipité & forme zinfi un volume plus grand , rend le mélange plus lérer & par conféquent plus difpofé À s'attacher aux Scories ; au lieu que fi on fépere cette partie fuperflue du Soufre par un grillage modéré , on réduit les Métaux À un plus petit volume ; on obtient moins de
Par Le Soufre. 187
Matte, & par conféquent on s'affranchit de beaucoup de frais & de peines. On doit aufli rapporter à la même opé- ration la féparation du Régule d'Anti-moine d'avec le Soufre par le moyen du Fer, & en général la précipitation qui fe fait par le Fer des Métaux qui ont été ou naturellement ou artificiellement combinés avec le Soufre ; tels que celle de PArgent dans la Mine vitreufe, du Plomb dans la Mine de Plomb, &c. Par exemple on n'a qu'à faire rougir quatre parties de Fer en morceaux, l'on y join-dra neuf parties de Mine de Plomb pul- vérifée groffiérement ; ou fix à fept parties de la Mine d'Argent vitreufe , on fera enter ce mélange dans une fusion parfaite : en verfant cette matiere dans un cône l'on aura dans le premier cas le Plomb avec l'Argent qu'il contient , & dans le second on aura l'Argent feul,
On peut rapporter le féparation ou le départ de l'Or & de l'Argent par la voie féche , à l'opération de la feconde efpèce , par laquelle nousavons dit qu'on therchoit à féparer les Métaux les uns des autres par le moyen du Soufre : en effet, dans cette opération Argent eft mis en diflolution par le Soufre , &: eft réduit en Scorie ou en une efpèce de Mine d'Argent vitreufe; au lieu quelOs
« en à
184 PRÉCIPITAT. DES MÉTAUX qui n'eft point du tout soluble par fe! Soufre fe dégage pour former un Régu-le. Ce départ eft d'une grande utilityé lorfqu'il ny a dans PArgent qu'une pe= tite quantité d'Or qui ne dédommage- Toit pas des frais qu'il en coûteroit pour faire le départ ou la fparation par le moyen de l'Eau - forte. L'opération de faire fondre l'Or par l'Antimoine n'eft aufli qu'une féparation de l'Or d'a- vec d'autres Métaux par le moyen de Ja diffolution que le Soufre opère ; on fe fert de l'Antimoine crud principalement , Parce que dans cette opération le Soufre eit rendu plus fixe au feu par la partie fmi-métallique de lPAntimoines & la partie du Régule qui eft encore attachée à l'Or peut être entiérement diffipée par lPaction du feu.
3-Si donc on avoid un alliage de dif= férens Métaux on pourroit les féparer les uns des autres en les mettant en dif- {olution: par le Soufre ,. en fuivant l'ordre indiqué dans l'opération qui vient d'être décrite , qu'il faudroit renverfer. Si par exemple on avoid un mélange de Fer, de Cuivre, de Plomb, d'Argent & de Régule. d'Antimoine , & qu'on voulût féparer ces Métaux les uns des autres 4 il n'y auroit qu'à faire fondre ce mélan< gey porter du Soufre, verfer la ma=
PAR LE SOUFRE. 18$ tiere dans un cône , en féparer les Sco-ries dans lefquelles le Fer fera pañlé, & les autres Métaux front dans le Ré- gule, pourvû qu'on n'y ait point mis plus de Soufre qu'il n'en fallout pour la difolution du Fer. Remettez ce Régule en fusion , ajoûtez-y de nouveau Soufre , vuidez la matiere dans un cône, vous aurez le Cuivre dans les Scories : continuez de la même maniere, le Plomb en-terra dans les Scories; enfin l'Argent y paffera auffi, & le Régule d'Antimoine reflera feul. Quand on a un alliage de ces derniers Métaux, c'eft-à-dire, de Régule d'Antimoine , de Plomb & d'Argent, on peut encore fe fervir d'une autre _ voie pour les féparer : en effet , le Régule d'Antimoine { difipe & fe volatilife pour la plus grande partie à un feu mo< déré, fur-tout quand il eft secondé par le mouvement de Pair; c'eft ce qu'on _peut remarquer quand on a fait fondre lOravec le Régule d'Antimoine qu'on en fait partir enfuite par lemoyen du vent des foufflets. On n'a donc qu'à faire fondre le mélange dont nous parlons, &e on fe fervira d'un foufflet pour faciliter la diffipation de lAntimoine ; par ce moyen les particules du Régule d'Anti-moine qui front attachées au Plomb &c à V'Argent vers la surface du mélange,
186 Précrr. Des Méraux, &c. "4 S'éleveront fous la forme d'une fumée brune , par conféquent les particules du Plomb & de Argent qui en front dé- gagées , étant d'une pefanteur fpécif-que, plus grande que le refte du mélan- 8€; tomberont au fond, & la maticre qui eft au-deffus du Plomb lPempêchera d'être détruit ; ilen fera de même de la nouvelle surface du mélange, & ainfi de quite jufqu'à ce que le Régule d'Anti-moine foit entiérement diflipé ; c'eft ce qu'on reconnoîtra lorfque la fumée brune {era entiérement ceflée pour faire place à une fumée grife,
Lxxvii, Problème,
Diffoudre par le moyen du Fer le Soufre qui eff uni avec | Antimoine crud > ©
aire le Régule d Antimoine. SOLUTION,
J. ! AITESs bienrougit dans un creuf2t
de la limaille de Fer nouvellement faite, des clous ou de petites lames de Fer : portez-Y peu-à-peu deux parties d''Antimoine , le Fer fera diffout par ce mé- lange, Quand la matiere fera dans uhge
Dis. Du SOUFRE PAR LE FER. 187 Ufion parfaite, mettez = ÿ environ un quart d'Antimoine, de Niître bien pur & Bien fc, ou de Sel alcali fixe; remuez le mélange avec une baguette de Fer, & quand il fera bien fondu vuidez-le dans un cône que vous aurez chauffé & fronté avec du fuif; donnez quelques coups fr ce cône que vous laïflerez en repos jui qu'à ce qu'il foit refroidi ; renverfez-le enfuite, & en frapant quelques coups fur le pied vous perez fortir la matiere qui fera d'une forme monique » dont le Ké- gule d'Antimoine occupera le fommet ; vous le détacherez des Scories.
TI. Pulvérifez ce Régule & mêlez-le avec un quart d'Antimoine crud ; faites enter en fusion ce mélange, & ajoûtez-y à plufieurs reprifes un fixiéme de Niître pur bien fec ; laifez - le encore dans le feu pendant un demi-quaït d'heure, puis yuidez-le dans un cône de la maniere qui a déja été décrite. On peut, fi on le juge à propos , purifier encore ce Régule deux fois en le faifant fondre avec un fixiéme de Nître, mais il fouffrira du déchec à chaque fois : on remarquera la forme d'une étoile à la surface fupérieure du Régule qui touche aux Scories. |
Observfatio N.:
1. On peutencore, comme on l'a va
188 Drssorurron pu Sourre. dans le Problême précédent, féparer le: Régule d'Antimoine d'avec le Soufre par le moyen d'autres Métaux 3 mais comme le Fer eff de tous les Métaux celui qui à le plus de difpofition à s'unir avec le Soufre, la féparation fe fait plus exactement par fon moyen. La principale raïfon qu'on a d'y joindre du Nître ; C'EH afin de rendre plus fufible la Scorie qui S'eft formée par l'union du Fer & du Soufre; fans cela elle ne fe détacheroit que difficilement du Régule. Outte cela le. Niître détruit encore une partie du Sou- - fre de PAntimoine en faifnt détonation avec lui ; & comme per cette détonation il eft privé lui-même de fon Acide & devient un Sel alcali, il devient propre à diffoudre une partie du Soufre fait de V'Hepar Sulphuris qui eft avide d'abfore berle Fer, &de cette maniereil empêche qu'il ne s'en uniffe une portion confidé. rable avec le Régule d'Antimoine lorfqu'il tombe au fond du creufet.
2. Comme dans la premiere fusion le Régule d'Antimoine à été mêlé avecun Peu de Fer , on met de lAntimoine crud dans la feconde fusion afin que le Soufre qu'il contient puiffe mettre en diflolution la portion de Fer continue dans le Ré- gule, & la réduife en Scories. Cetteopé- nation ne vaudroit rien fi le Régule d'A ne
PAR LE FER. 189 timoine ne contenoit point de Fer. 3. C'eft pour cette raïfon qu'on cherche à le déeager encore du Soufre qui peut lui être uni, c'eft à quoi le Nître eft plus propre qu'un Sel alcali : en effet, le Nitre dégage le Soufre par deux rai-ons. La premiere , c'eft qu'il s'enflamme avec lui & en détruit une partie : la fe-conde, c'eft qu'il le diflout après la dé- tonation, parce qu'il eft devenu un Sel alcali fixe : au lieu qu'un Sel alcali fixe tout simple diflout le Soufre, forme de VHepar Sulphuris très-violent, & détruit une partie du Régule d'Antimoine. Ceux qui cherchent à purifier ce Régule par de tropiréquentes fufions avec le Nître, fans le rendre bezucoup plus pur, le détruifent au point qu'a la fin ils n'en ont que très- peu ou point du tout.
4. Si on fait difloudre les Scories en les faifznt bouillir dans Peau , & qu'on y verfe du vinaigre, il fe répand une odeur fétide , &ilfe précipite une poudre qui, après avoir été édulcorée & féchée, fe nomme Soufre doré d' Antimoine, parce que fi onen frotte de l'Argent on lui fait prendre une couleur d'Or.
f
Lxxviif Probléme,
Diffoudre par le Soufre de Antimoine les Métaux auxquels l'Or eff allié, afin de Ze purifier ; ou purifier Or par P Anti-moine. j | SOLUTION.
I. F AÂ1TESs rougir votre Or dans un
À creufet bien choifi, joignez-y en différentes reprifes trois parties d'Anti< "moine crud de la meilleure efpèce qui foit à longues aiguilles , après lavoir pulvérifé groffiérement; on obfervera de ne point remettre de nouvel Antimoine dans le creufet avant que celui qu'on y aura déja mis ne foit entré parfaitement en fusion ; couvrez votre creufet de peut qu'il n'y tombe des Charbons, parceque cela feroit gonfler la matiere : quand elle fera parfaitement en fusion & que vous verrez partir des étincelles de la surface W vous la verferez dans un cône chaufté &! - fronté avec du fuif ; donnez quelques! coups fur le cône , laïflez-le refroidir & le renverfez ; féparez -en les Scories, vous aurez un Régule d'une couleur jau-
nâtre qui fera compoié d'Or & de Ré:
PAR LE SOUFRE DE L'ANT, 101 gule d'Antimoime ; & dans les Scories {era le Métal avec lequel lOr étoitallié, que le Soufre a mis en difiolution auflibien qu'une petite portion d'Or.
II. Faites fondre le Régule que vous aurez obtenu avec deux parties d'Anti-moine crud , & fuivez le même procédé qui vient d'être décrit au n°. [. vous obtiendrez de Or encore plus pur. On peut réitérer pour la troifiéme fois cette fu-fion du Régule en y poignant partie égale d'Antimoine.
III. Mettez enfin votre Régule für : un teft au fourneeu de reverbere; ou, ce qui vaut encore mieux, dans un creufet bien fort , afin que les charbons ne rendent point l'Or impur, & pour pouvoir augmenter le feu autant qu'il eft né- ceffaire. Commencez d'abord per donner un feu modéré qui fufffe feulement pour mettre le Régule en fusion, & pour qu'il devienne luifant à fa surface ; foufflez enfuite doucement avec un fouflet à la furfece du Régule en fusion , la fumée qui d'abord n'étoit que fort légere s'augment-tera , & diminuera lorfque vous ceflerez de foufier. Plus on aura fait partir d'An-moine en foufdant, plus il faudra aug-enter la violence du feu, de maniere que le Métal en fusion conserve toujours Je même éclat à fa surface. Quand il ne
#02 DissozuTionN pes MÉTAUXx | partira plus de fumée , & que Or fondu paroîtra d'un beau verd, vous y jetterez à plufieurs repriles du Nître & du Borax, enfuite de quoi vous vuiderez le creufet.
Observatio Nw.
1. Comme le Soufre a la propriété de difloudre & de mettre en Scories tous les Métaux , à l'exception de l''Or & du Zinc, on s'en fert pour déeager Or des autres Métaux ; mais le Soufre feul étant très-volatile, & étant fouvent confumé avant que d'avoir pû mettre le Métal en diflolution , on prend de lPAntimoine crud dans lequel le Soufre eft uni avec le Régule , & par-là eft rendu plus fixe. IF eft vrai que pendant que le Soufre met en diflolution les Métaux , le Régule d'Antimoine tombe au fond du vaifleau & s'unit avec l''Or ; mais comme ce Ré- gule eft aflez volatile pour que l'action du feu le diffipe fous la forme d'une fu- mée, il eft aifé de le féparer de POrqui eft de tous les corps le plus fixe au feu. Un autre avantage qu'on en retire, c'eft qu'en fe précipitant il entraîne avec lui. les molécules d'Or difperfées dans les Scories.
2. La feconde & la troifiéme fusion {e. font afin de diffoudre le Métal étranger
qui
PAR LE SOUFRE DE L'ANT. 19% guieftallié avec l'Or, parune plus grande quantité du Soufre de lAntimoine , fur-tout parce qu'il refle toujours un peu d'Argent ou de Cuivre uni avec l'Or; la. preuve eft que quand on fait difloudre dans de l'Eau régale l''Or qui a été fondu avec lPAntimoine crud, il s'en {épare toujours une portiôn d'Argent.
3: Si l'Or eft allié avec ure trop gran de quantité de Métaux étrangers , il fau= droit trop d'Antimoine pour le purifier, & par conféquent l'Or fe trouveroit noyé dans une trop grande quantité de Régule ; il faudroit donc trop de tems & de peines pour faire partir & féparer ce Régule de l'Or par le moyen du foufflet. On peut éliter les peines & les frais de cette opération en poignant du Soufre à PAntimoine crud.
4 Le Régule d'Antimoine entre plus aifément en fusion que POr; d'où l'on voit que plus on fait partir de ce Régule par le moyen du vent du fouflet , plus l2 matiere devient difficile à fondre 8 c'eft pourquoi il faut toujours augmenter le feu de plus en plus À mefure que l'Or eft prêt à être raffiné ; enfin on finit par joindre du Nître & du Borax à la matiere, afin d'achever de diffoudre entié- rement la petite portion de Rézule d'An4 timoine qui pourroit encore y refter,
Tome II, |
Lxxix, Problème
Diffoudre le Mercure par le moyen du Sous fre pour faire du Cinnabre.
Solution.
I L'A:TESs fondre une partie de Soufre bier pur, ou de Fleurs da Soufre, dans un vaifleau de terre plat; faites pafler deux ou trois parties de Mercure au travers d'une peau de che-mois,.de maniere qu'il tombe dans le Soufre fondu fous la forme d'une petite - pluie très-fine ; le Soufre prendra de la confiftence & s'épaiffira; vous le remue-rez continuellement avec un tuyau de pipe, vous y mettrez peu-à-peu le refte de votre Mercure, & vous aurez foin de bien incorporer ces deux matieres; vous obtiendrez une fubftance noire & un peu luifante ; fi elle s'enflammoit par la trop grande violence du feu, vous n'aurez qu'à la couvrir & l'ôter un moment du feu jufqu'à ce que la flamme foitétouftée, II. Réduifez cette matiere noire en une poudre très - fine, que vous mettrez dans un matras ou dans une cornue au
: "PAR LE SOUERÉ ro$ bain de fable, de maniere que le fable aisle un peu au-deflus de la matiere qui {era dans le vaiffeau : donnez d'abord un feu doux que vous augmenterez avec autant de promptitude que vos vaiffeaux
ourront le foutenir; il s'attachera vers le haut des fleurs-blanchâtres & quelque chose denoir, mais au-deffous VOus trou verez du Cinnabre ; vous regarderez au fond du vaiffeau fi toute votre matiere, ou du moins la plus grande partie ; eff fublimée ; pour lors laiffez refroidir le tout de foi-même , caffez votre Vaifleau , fÉparez le Cinnabre qui {fera attaché tout autour de la partie qui-eft au-deffous de là matiere noire qui S'eft fublimée, & réduifez ce Cinnabre en une poudre im-palpable ; réfervez la matiere noirâtre pour la faire repafler par la même Opé- ration,
40Observation.
1. Le Mercure à tant de difpofition à s'uniravec le Soufre qu'on n'a qu'à triturer enfemble à froid, dans un mortier de marbre ou de verre, pendant un certain tems, ces deux matieres , le Mercure dif. Paroitra peu-à-peu, & fe changer er une poudre noire qu'on nomme Eïhiops nuncral,
N. Ii
196 Drssor. pu MERCURE, &c
2. Pluson augmente lefeuavec prom* titude plus le Cinnabre fera d'une couleur vive ; ileft vrai que tant qu'ileft en gros morceaux la couleur n'en eft jamais bien éclatante ; elle reffemble à celle de la Pierre hématite; mais plusil eft ré- duit en une poudre fine plus le rouge en eft vif. Si l'on n'étoit point content de {à couleur il faudroit le remettre à fublimer de nouveau.
3. Le Soufre & le Mercure , folitairement pris , s'élevent à un dégré de feu beaucoup moindre qu'il n'en faut pour fublimer le Cinnabre qui eft une combi-naïfon de ces deux fubftances. La matiere qui s'eft fublimée au-deflus du Cinnabre eftou le Soufre fuperflu, ou le Mercure qui n'a pas été fuffifamment incorpor
é par la trituration avec le Soufre.
Ger Dre Et Ee Ess Sre En Iegrs
Lxxx Probléme.,
Diffoudre le Soufre qui ef? dans le Cima-bre par le moyen du Fer, & rendre par ce moyen le Mercure coolant.
SOLUTION. si RiTurez une partie de Cinna-bre
avec deux parties de limaille de Fer bien pure, mettez ce mélange dans
Dissozur. pUuSOUrFRE, &c. 197 une cornue de verre que vous placerez fur un bain de fable, & que vous couvrirez entiérement de fable ; diftillez à un feu que vous augmenterez peu-à-peu, le Mercure vif paflera dans le récipient; à la fin de l'opération vous poferez des charbons ardens fur la cornue ; il eft bon que le col de la cornue aisle en pente, afin que les gouttes de Mercure qui s'attacheront au haut n'y puiflent point retomber : on peut encore faire tremper le col de la cornue dans l'eau, ou le difpofer de maniere que les gouttes toutes chaudes du Mercure ne tombent point immédiatement dans le récipient de verre, mais qu'elles aïlent fe rendre dans l'eau pour s'y refroidir , fans quoi le récipient pourroit fe brifer.
Ob Se Rf'Ation.
1. Tous les Métaux, à l'exception de POr & du Zinc ont plus de difpofition ue le Mercure à être diflouts par le Sou- "vi c'eft pourquoi on pourroit s'en fervir pour déeager le Mercure de fon foufre, & pour le rendre coolant ; mais commre le Fer eft Le plus grand diffolvant du Soufre , & comme une partie égale de Soufre exige une moindre quantité de Fer que de tout autre Métal pour fe mettre ert
J ii
#98 Dissorurion nv Sodrrr, diffolution; on ne peut mieux faire qué de fe fervir du Fer dans cette opération. C'eft auffi pour la même raifon qu'il Vaut mieux employer le Fer dans ce pro- cédé qu'une Terre alcaline ou un Sel al= cali fixe pour faire de l'Hepar Sulphuris ; voyez le Plobléme frigant. "0 > 2. On voit par cette opération & par celle du Problème LXX VI. l'ordre | fuivant lequel les Métaux font diffouts par le Soufre : c'eft 1°. le Fer, 2°.1e Cuis vre, 3° PEtain, 4le Plomb, 5°. P Are gent, 6°.le Bifnuth, 7°.1e Régule d'Antimoine, 8°. le Mercure , 9°. PArfenic.
Lxxxi, Probléme.
Difoudre le S oufre par le: Sel alcali fire pour faire le Foie de Soufre ou l'Hepar
Sulphuris. SoLuTron.
\ A ÉLEZbien exaGtement enfembles À VA une partie de Soufre avec deux ; parties de Sel alcali fixe bien pur & bien
féché, mettez ce mélange peu-à-peu, c'eft- à-dire, par cuillerées dans un creufet tout rouge, enobkryvant de n'en point remettre
PAR LE SEL ALCALI FIXE. 199 jufqu'à ce que ce qu'on y aura déja mis {oit entré en fusion ; remuez de tems en tems avec untuyau de pipe, couvrez le creufet & laiflez la matiere enter parfaitement en fufon ; vuidez-la enfuite, vous aurez une matiere d'un brun tyrant fur le rouge d'une odeur fétide & d'un goût défagréable que l'on nomme HEpPAR SuLPrHUR1IS ou Foie de Soufre à cause de fa couleur ; elle fe change très-aifcment à l'airen une liqueur noire.
Observatio N.
r. Le Sel alcali fixe eft mis en diflolution par toutes Îles fubftances inflammables, auffi-bien que par les Acides ; dans le premier cas il fait du Savon, & dans le second il fait un Sel neutre. Comme le Soufre eft compofé de PAcide vitriolique & du Phlogiftique; il eft propre À être mis en diflolution par le Sel alcañ fixe à cause de fes deux principes, & de cette diffolution il en réflute un corps compofé qui participe du Savon & da Sel neutre à la fois.
2. Si on fait diffoudre le Foïe de Soufre dans de l'eau, & qu'on verfe un Acide dans la diffolution, quelque foible qu'il foit , il fe dégage une odeur très- fétide, femblable à celle des œufs D &
1V
#00 Drssozur. pu SOUFRE, &c, il fe précipite une poudre .blanchôtre qu'on nomme Lait de Soufre : ©eft un Soufre véritable ; les vapeurs fétides qui €n parent ont la propriété de noircir V'Argent qui fe trouve auprès d'elle; ces vapeurs femblent être produites par la partie inflammable du Soufre : en effet , quand on fait fondre du Sel alcali fixe, fion méle moitié autant de charbon en poudre, on oËtient une fubftance fétide d'ün brun rouge femblable au Foie de Soufre ; & même il fuffit de verfer de l'Huile de (Vitriol fur descharbons ardens » il fe dé- dégage une odeur de Soufre très- défa-gréable. |
3. Quoique le Sel alcali fixe foit le plus Puiffent diflolvant de l'Acide vitriolique, puifqu'il en dégage tous les autres Aci-pee 5 Cependant dans le Foie de Soufre T'Acid: vitriolique & le Phlogiftique font di funis de l'Alcali fixe par le plus foible de tous les Acides ; d'où l'on voit claire= sent que lAcide vitriolique a plus de ifpofition à diffoudre le Phlogiftique que le Sel alcali fixe. Ce qui prove en core cette vérité, c'eft que quand on fait fondre un Sel neutre vitriolique, fi on joint du charbon en pouffiere, il {e fait du : Soufre artificiel.
4. On peut fe fervir de cette diffolution, & connoitre par l'odeur & la cou
DissozuT.DU SOUFRE, &c. 20 Yeur qui en réfultent fi une fubftance fot-file, contient du Soufre; on n'a pour cela qu'à la mettre en fusion avec du Sel al-cali fixe.
Lxxxii Probléme.
Diffoudre le Soufrequi fe trouve dans! A#- timoine par le moyen d'un Sel alcali fixe, pour en désager le Kégule.
.:SOEUTEO N: R Epu1sEz féparémenten une pour dre très-fine trois parties de Niître ; autant de Tartre,.& quatre parties d'Antimoine ; mêlez enftute bien exactement ces différentes matieres, & faites-les bien: fécher , n'en mettez que fort peu, par exemple, un gros dans un-grand creuiet que vous au'ez fait rougir ; ce mélange fera beaucoup. de bruit, & s'allumera en _fcintillant :. quand. il fera entiérement rough , remettez-en encore autant dans ke creufet ,. & continuez de la même ma- _niere jufqu'à ce que tout lemêlange at détoné ;. couvrez enfuite votre creufet & donnez le tems à la. matiere d'enter parfaitement en fusion;. vuidez - la dans a. cône que vous RARE & fronté: à
f
202 Drssorur.pu Sourre, &c.
avec du fuif; quand il fera refroidi vous le renverferez ; la partie inférieure. fera le Régule d'Antimoine , la partie fu- périeure fera du Foie de Soufre, & la lurface du Régule qui touche au Foie de Soufre portera l'empreinte d'une étoile.
Obserfation.
1. Ïl faut dans cette opération £ fervir d'un grand creufet, fans quoi par la dé- tonation la matiere en fortiroit; c'eft pour la même raifon qu'on n'en met que peu à la fois : il faut auffi avoir très-grand foin de ne point remettre de nouvelle matiere dans le creufet jufqu'à éé que celle qu'on y à mis d'abord foit entiérement détonée & rougie ; car quand là matiere qu'on y met fe refroidit il fe forme une croûte dure à fa surface & il fe faitenfuite une explosion qui peut être dängereufe pour les Speétèteurs : en effet, par l'u- nion du Nître, du Soufre & de l'Alcali du Tartre il fe fait une explosion femblas ble à celle de la poudre à canon.
2. La détonation fait qu'une partie du Soufre eft détruite, mais le principal ef. fet de cette opération c'eft de faire de PAlcali fixe qui mette en diffolution le Soufre de l''Antimoine , afin que le Ré- gule, après en avoir été dégagé, puifle
Drssor. DES MÉTAUX, &c. 203 tomber par fa gravité fpécifique, & fe féparer des Scories. La raifon pourquoi l'on remarque une étoile à fa surface c'eft que ce Régule eft compoé de firies ou de filsts qui vont du centre à la circon+ férence. Sion remet ce Régule en fufon avec du Sel älcali fixe il fe fera encore du du Foie de Soufre & une Scorie; peut- être même ne parvient - on jamais à le déeager totalement de fon Soufre, & que c'eft pour cette raifon qu'il eft toujours aigre & caflant.
Lxxxiii. Problème.
Diffoudre les Métaux par le Foie de Soufres
Sglution.
A1TEs rougir les Métaux qui font difficiles à fondre, mais faitesentrer enfufion ceux qui fe fondent aifément ; joignez-y peu-à-peu quatre parties, ou même plus de Foie de Soufre chaud &c pulvérifé ; mais pour l'Or vous pourrez en mettre de douze à seize parties; laiflez ce mélange au feu pendant quelques mi- _nutes , & vuidez enfuite votre creulet. X vj
204 Dissor. Des MÉraux, &e. OBSERVATION.
1. L'OQr qui a été diflout par le Foie de Soufre eft d'un rouge brun : fi on fait difloudre le mélange dans de l'eau, & qu'on filter la diffolution , il reftera fur le filter une poudre d'un rouge brun dont le Soufre fait la plus grande partie, mais qui cependant contient encore un peu d'Or. La diffolution fera d'un jaune aufñfi vif que celui de l'Eau régale dans laquelle on a fait difloudre de l'Or ; verfez - y du (Vinaigre , il fe précipitera une poudre -qui eft de lOr uni avec le Soufre ; édulcorez ce Précipité, faites-le rougir pour en déeager le Soufre & vous re trou verez votre Or. L
2. Quoique le Soufre tout feul ne: puifle point mettre l''Oren diflolüution, on voit cependant que dans l'opération dont il s'agit il devient propre produire cet effet quand il eft retenu & rendu fixe par
g Alcali fixe, 1:
3. Pour les autres Métaux une partie 'en pañle dans le Foie de Soufre, & il yen a qui fe précipitent d'eux-mêmes avec:le Soufre ; d'autres tels que l'Argent, le Plomb , le Fer & le Cuivre s'uniffent 'avec la partie fulphureufe du Foie de Soufre & forment avec lui un Régule aigre &caffant.
Drssor. DES MÉTAUXx, &c. 20f 4 Dans plufeurs Métaux la diffolution fe fait en partie par le move du Sel alcali fixe , voyez le XX VIII. Problême ; cependant le principal effet du Foie de Soufre vient du Soufre qui y eft contenu ; d'où l'on peut juger que plus il yentre de Soufre plus les Métaux font mis en diflolution. =
Exxxiv: Problème:
Diffoudre les Métaux par PArfenic.. SOLUTION. ] ORrsQUE vous voudrez difloudre:
un Métal difficile à mettre en fufiom,. mêlez de l'Arfenic avec un Sel alcali fixe & avec une fubftance qui contienne: beaucoup de Phlogiftique, telle que les: _Charbons, le Savon, le Tartre ; remplif fez de ce mélange un vaiffeau capable de réfifter au feu emen mettant des couches alternatives avec le Métal, qui doit être en. lames minces on en limaille ; fermez le vaiffeau d'un couvercle dans lequel'il y ait une petite ouvérture ; donnez au commencement un feu affez doux pour que l'Arfenic ne fe diffipe point ; enfuÿ= te vous l'augmenterez promptement. 84
206 DissoLuT, Des Méraux _point de faire enter toute la matiere en fusion. On peut encore mêler le Métal en limille avec partie égale de Tartre & moitié autant d'Arfenic ; on mettra ce mélange dans un creufet qu'on aüra fait rougir , & on le fera promptement enter en fusion. Si vous voulez traiter de cette maniere des Métaux qui entrent aifément en fusion, vous n'aurez qu'a les faire fondre, & y joindre peu-à-peu de PArfenic pulvérifé, |
Obserfatio N.
I. C'eft de cette maniere que par le moyen de l'Arfenic on change le Cuivre en un Métal blanc; mais fi l'on n'ya point fait enter fuffifamment d'Arfenic il ne fera point affez blanc ; au contraire s'il s'eft incorporé beaucoup d'Arfenic avec le Cuivre le Métal deviendra blanc, mais il fera caffant ; cependant on peut en déeager jufqu'à un certain point PAfenic fuperflu, & par-là remédier à cette mauvaile qualité ; c'eft en faifant fondte plufieurs fois cette composition métallique avec du Tartre & du Borax; c'eft toujours du Cuivre , mais cette compofi= tion noircit & fe ternit aifément à l'air.
2. L'Etain & l'Arfenic fe décompo+ fent très-promptement & fe réduifent en une efPèce de cendre dans laquelle il des
PAR L'ARSENIC. 207 meure toujours une portion d'Arfenic- La partie de lEtain qui ne s'eft point réquite en cendre eft blanche , brillante feuillettée , & reffemble aflez par Pex- - térieur à du Zinc, dont cependant elle différe quant aux autres propriétés.
3. Le Plomb mélé avec lArfenic fe diffipe & s'en va en fumée à un feu beaucoup plus foible que quand il eft feul ; il y en a une partie qui part fous la forme d'une fumée , l'autre fe change en un verre d'un jaune de Safran, & le Plomb qui refte eft aigre & d'une couleur obfcure & foncée.
4. L'Arfenic rend Or & l'Argent caffant; quand on le fait partir à un feu violent pour en déeager ces Métaux, il eft capable d'en entraîner une portion avec lui.
ç. De tous les Métaux c'eftle Fer que PArfenic a le plus de difpofition à difloudre ; enfuite c'eft le Cuivre, le Plomb, PEtain & enfin l'Argent ; c'eft pourquoi Pen peut déeager tous les Métaux de VPArfenic par le moyen du Fer. Le Cobalt & l'Arfenic fe diffolvent mutuellement, quoique quelques gens prétendent le contraire ; ces deux fubftances forment une fubftance noire & luifante.
208 Dissor, pes Métaux, &c, | LXXXV®. PROBLÉME.
Diffoudre les Métaux par le Régule d Ar
Limoine, SOEUTION.
F AITES parfaitement rougir les Mé- taux difficiles à fondre, maïs mettez en fusion ceux qui fe fondent aifément.; Joignez - y pour lors le Régule d'Anti-moine, après lavoir exa{tement pulvé- rifé; couvrez vatre creufet, & augment-tez promptement le dégré du feu, à pra-portion du Métal que vous aurez àtraiter..
Observatio.N.
1. Le Régule d'Antimoine füit dans fes diffolutions le même ordre que l'Arfenic, c'eftleFer qu'il diffout par préfé- rence, enfuite c'eft le Cuivre, & ainfi - de quite. | 2. Lorfque le Régule d'Antimoine eft &xpofé à un feu convenable la plus gran - de partie {e diffipe en fumée , cependant: cela ne fe fait que lentement; nrais l'air: mis en mouvement, en touchant à { {ur Bce facility fon éevaporation ; c'eft de
Durssor. Des MÉTAUX , &c. 209 cette maniere qu'on peut le féparer des Métaux avec lefquels il eft allié.
3. Comme les autres Métaux ont plus de difpofition à être diflouts par le Soufre que par le Régule d'Antimoine, on peut encore le féparer des autres Métaux avec qui il eft uni par le moyen du Soufre.
Lxxxvi. Probléme.
Faire avec l''Antimoine un verre propre &
diffoudre les Métaux.
SOLUTION. RE M ETTEz un peu d'Antimoiné
pulvérifé groffiérement dans un "yaifleau de terre non verniffé que vous placerez fur un feu modéré qui, fansfaire enter l'Antimoine en fusion, ne fafle qu'en faire partir de la fumée ; quand il ceffera de fumes à ce dégré de feu, vous laugmenterez & vous continuerez de même jufqu'à ce qu'il n'en parte plus de fumée : de cette maniere vous obtiendrez une Chaux d'un gris de cendre , qui fera : quelquefois jaunâtre fi la calcination a été forte à la fin. Si PAntimoine étoit entré en fusion au commencement de Po= pération , comme cela arrive quelquetois,
210 Drssozur. Des Mérauxil faudroit le pulvérifer de nouveau :; la fumée qui en part eft très - nuifible À la poitrine, c'eft pourquoi ïl faudra faire cette calcinetion foit À Pair libre {oit fous une cheminée qui tire fortement. IT, Mettez la Chaux d''Antimoine dans un creufet que vous couvrirez pour empêcher qu'il n'y tombe des cherbons Ë faites enter cette Chaux dans une fusion parfaite ; laiffez-la encore pendant quelques minutes dans le feu, verfez enfuite la matiere fondue fur un marbre bien fee & échauffé; vous aurez un verre d'un jaune foncé & demi-transparent. | IIT. Quand vous aurez à traiter des Métaux difficiles À fondre, vous les perez rougir fur un teft que vous placerez fous une mouffle, & vous mettrez en fusion ceux qui front zifés à fondre ; vous Y. joindrez du verre d'Antimoine dont on vient de parler, vous laïflerez enter ce mélange dans une fusion parfite. On remarquera plus ou moins de déchec dans les Métaux fuivant ceux fur qui on aura opéré. [n'y à que le Bifimuth fur lequel ce verre ne peut point agir.
Observatio N.
1. Ce verre eft un puiffant diflolvant ; mon-feulement des Terres & des Pierres,
à
| Par: L'Antimoine.: 211
mais encore des Métaux ; il n'y a que _VOr & le Bifmuth qu'il ne mette point en diffolution : c'eft peut-être là laraifon pourquoi on tire moins de Métal des Mines qui font mêlées avec de PAntimoine. En effet , pendant qu'on grille ces Mines , | Antimoine fe réduit en une Chaux que le feu de fusion change en verre, & par - là il fe trouve en état de difloudre & de détruire une partie des Métaux. On peut joindre à cela que dans un feu violent le Régule d'Antimoine , avant que d'être détruit, peut emporter avec lui quelque portion du Métal au moyen du mouvement rapide de Pairs mais fi on commence par précipiter le Régule d'Antimoine ainfi que les autres Métaux par le moyen du Fer ou de la Mine de Fer, & qu'on lui donne le tems de s'exhaler lentement comme nous avons dit dans le Problème LXXVI. on aura les Métaux foit parfaits foit imparfaits _prefque fans aucun déchec.
2. On emploie le verre d'Antimoine comme Emétique dans la Médecine ; cela fe fait en y verfantdu vinque lon ylaifle féjourner pendant quelque tems, ce Vie acquiert la propriété d'exciter à vomir fans qu'on remarque que le verre ait fouffert de diminution {enfible, On fait en
212 DissozuT. pes Méraux | core enter l'Antimoine dans plufieurs autres remédes, ; 3
D
LXXXVII. PR OBLÈME.. Diffoudre les Métaux par le Bifinuth,
Solution.
V Ous mettrez les Métaux difficiles à fondre avec du Bifmdth dans: des vaifleaux fermés, mais vous n'aurez qu'à faire fondre avec lui dans un creufet dé- couvert ceux qui entrent facilement en fusion,
Observation
r. Le Bifmuth fait que les Métaux dif ficiles à fondre fe mettent en fusion À un dégré de feu beaucoup moindre qu'il n'en faudroit pour les fondre lorfqu'ils font feuls; mais ila la propriété de rendre - aigres & caffans les Métaux avec lefquels left allié. El produit un effet tout particulier fur le Plomb ; c'eft de Je rendre plus propre à être diffout par le Mer cure au point de pañler avec lui au travers d'une peau de chamois : fi on tient get amalgame expofé pendant quelques |
| PAR LE BISMUTH. 213% fours à une chaleur douce, le Bifmuth s'en fépare fous la forme d'une poudre ; mais le Plomb qui eft uni au Mercure eft très-atténué & divifé.
2. Quoique le Zinc & le Bifmuth femblent avoir beaucoup d'anelogie au point d'avoir fouvent été confondus par les Auteurs, leurs propriétés font cependant fi différentes que ces deux Gibltan ces ne s'uniffent pas même par la fusion, quand même on auroit employé le mouvement méchanique pour les incorporer : en effet, quoiqu'ils paroïfent s'être mutuellement diffouts, fi on les fait fondre enfemble on trouve qu'il s'en faut de beaucoup que cela ne foit vrai, quand on vient à cafler la matiere fondue , on voit _alors qu'ils ne font qu'attachés l'un à l'autre, & que le Zinc occupe la partie fupérieure, & le Bifmuth la partie infé- rieure; & même comme le Bifmuth entre en fusion plus aifément que le Zinc, on n'a qu'à mettre la mafle fondue dans un feu modéré, le Bifmuth fera mis en fu- _fion, & l'on pourra retired le Zinc en entier. #
3. Si on veut fépeer le Bifmuth des Métaux auxquels il eft allié fans le dé- truire , on pourra y réuflir au moyen du
LXX VI. Problême. 4. Si on mêle parties égales de Bif
muth & des autres Métaux ou demi-Méi taux , l'alliage confervera le tifu & la forme du Bifmuth , à l'exception de l'E: tain dont le grain fera plus fin. |
LXXXVIIF. PROBLÉME, Difoudre les Métaux par le Zinc:
So Lu Teoun
-Épursez les Métaux difficiles à LÀ fondre en lames minces ou en limaille, verfez par-deflus le Zinc fondu, joignez -y un peu de Tartre & de verre en poudre, & augmentez promptement le feu. Pour les Métaux aifés À fondre vous commencerez par les mettre en fufon, vous y Jetterez enfüite le Zinc, ils s'u- niront très-promptement.
Qe Se Rp Ait Lon.
I. Quand on met du Zinc dans un feu trop violent il s'allure & donne une. flamme d'un bleu violet, une partie fe diffipe en fumée, & l'autre partie s'attaz che au creufet fous la forme de 4o- blancs : c'eft pour cette raifon qu'il faut promptement augmenter la force du
Jr PAR LE ZINC. 21$ feu , afin de ne point donner au Zinc le tems de fe diffiper. On remédie à ce mê-
"me inconvénient par le Sel & le verre qu'on met deflus ; comme ces matieres agent à la surface lorfqu'elles font fon-dues, elles couvrent le Métal.
2. Le Plomb & l'Etain percent une partie de leur dudilité à proportion du plus ou du moins de Zinc qu'on joint à ces Métaux : le Zinc donne une couleur d'un jaune d'or au Cuivre ; fi on fait entrer beaucoup de Zinc dans l'alliage, la couleur du Cuivre devient très - belle, mais ce Métal en fera plus caffant ; mais fi l'on y fait enter peu de Zinc, il fera plus malléable, mais on y remarquera
des endroits où le Cuivre rouge n'aura point jauni. L'alliage dans lequel on aura fait enter fix parties de Cuivre contre une partie de Zinc fe nomme Â/étal du Prince; fi on y met encore plus de Cuivre la composition devient d'une couleur plus rouge, & on la nomme Tombac 3 cependant on donne aufli ce nom à du Cuivre qui n'a été pénétré par le Zinc qu'à fa surface, & qui par-là eft devenu jaune à! l'extérieur. Cela fe fait en mê- lant enfemble. des fleurs de Zinc avec de la poudre de charbon qu'on met fous une mouffle, & l'on tient du Cuivre expelé
_ à la vapeur qui s'en dégage,
216 DissoczuTroN pu Cuivre mm | LXXXIX. PROBLÉME.
Diffoudre le Cuivre par le moyen du Zinc qui eft encore dans fa Mine , & faire par-la du Cuivre jaune ou du Léton.
| SOLUTION, M LEZ exa@tement enfemble uné
partie & demie de Calamine pul- vérifée avec autant de poudre de charbon ; humectez ce mélange avec un peu d'eau, rempliflez-en un vaiffeau dans le- -quel on puiffe faire fondre; mettez dans ce mélange & au - deflus une partie de James de Cuivre bien nettes, couvrez le tout avec de la poudre de charbon, & environnez-le avec des charbons; donnez 'pendant une ou deux heures un feu modéré que vous augmenterez enfuite au point de faire rougir le vaiffeau ; & continuez ce même dégré de chaleur pendant quelques heures : retirez votre vai£ feau & le laiflez refroidir ; ou bien vous n'aurez qu'à le verfer dansunelingotiere que vous aurez eu foin de chauffer. Le Cuivre aura pris une couleur jaune &. fera augmenté de volume & de poid au point qu'il fera quelquefois d'un quart ou
PAR LE ZINC. 217 on même d'un tiers plus pefant qu'aux paravant, |
Observation.
1. Dans ce travail il fe fait deux Opé- rations chimiques ou métallurgiques à la fois. Premiérement on fait fortir le Zinc de fa Mine fous fa forme métallique; en second lieu on 1: combine avec le Cuivre : en effet, en traitant la Cala mine de la même maniere, c'eft-à-dire '4 en la mêlant avec du charbon en poudre, & en la traitant dans une cornue deterre on obtient du Zinc; voyez le Probléme LX XIII, Ainf lorfque le Zinc a été réduit, Paction du feu le sublime, & ilfe difliperoit s'il n'y avoid point d'obstacle qui larrétat ; c'eft aufli ce qui ne laiffe pas que d'arriver , comme on le voit par les fleurs de Zinc qui s'attachment aux parois des fourneaux ; mais comme il va fraper contre le Cuivre qui eft au-deflus & qui a rough; il le pénétre, le diffout, le colore ; voyez lobfervation fur L: Problême précédent ; & il fait qu'il devient fufible à un dégré de feu beaucoup moindre qu'il ne lui en auroit fall s'il eû: été tout feul.
2. Le Cuivre jaune ainfi préparé conserve parfaitement fa dudtilité tant qu'il
Tome II, +
018 Dis. pu CUIV. PAR LE ZINC.
eft froid; mais quand on fait fondre entemble du Zinc & du Cuivre cette composition devient plus caffante ; la principalé raïfon de cette différence c'eft que lorfqu'on fait du Cuivre jaune avec la Calame , le Zinc ne pénétre le Cuivre que fous la forme d'une vapeur, & peu- à-peu, & s'unit beaucoup plus étroitement avec lui que lorfqu'on le fait fondre tout fimplement avec du Zinc : joignez à cela que le Zinc qui fe débite eft comimunément mêlé avec d'autres Métaux qui ont la propriété de rendre le Cuivre caffant ; mais on peut l'en déeager à laide du Soufre qui a la propriété de dif-foudre tous les Métaux , à Pexception de POr & du Zinc. Le Cuivre jaune, fait des deux mañieres qui viennent d'être décri-. tes, perd fa ductilité dans le feu au point qu'après l'avoir fait rougir légérement on peut aifément le brifer à coups de inarteau.
3. Indépendamiment de la Calamine on peut encore faire du Cuivre jaune avec plufeurs autres fubftances tant narurelles qu'artificielles dans lefquelles il de trouve du Zinc , telles font la Blende noire & rouge, la Cadmie, les Fleurs de Zinc: la feule différence qu'il ya, c'eft. que le poid du Cuivre en cft plus ou
À à aoine cor hone 19 ESS SPRL FFF) EE wo KW LA LUE Kai jsuis ch / s À
Dissor. DES MÉTAUX, &c. 219 æft plus ou moins belle. Plufeurs de ces fubftances qui contiennent ou du Soufre "ou de l'Arfenic, ou l'un & l'autre à la ois doivent pafler par le grillage pour "en Ctre dégagées, parce que fans cela €lles ne diflolveroient point le Cuivre & ne s'uniroient point avec lui; cepen-
"dant on ne peut point nier que-par le "grillage il ne fe diffipe une portion de Zinc affez confidérable.
X C. Pr Obl É M E.
Diffoudre les Métaux par le moyen du Plomb, SO DICO N
4 N'Ax:TeEs fondre du Plomb dansun : À teft ou dansun creufet, mettez-y
enfuite du Cuivre, de l'Argent ou de
POr en lames minces ou-en petits morceaux; le mouvement de gonflement du - Plomb s'augmentera, & le Métal, sil 'eft difficile à fondre, fera comme forte- 'ment déchiré, & difparoitra.
IT. L'Etain & le Plomb n'exigent point pour fe diffoudre l'un Pautre un feu plus violent que chacun de-ces Mé- taux n'en demande pour Fes en fusion,
Gi
220. DissoLuT. DES MÉTAUX Si on augmente le feu au point de faire rougir médiocrement le creufet, tous les deux front détruits & changés en une Chaux qui fera ou blanche , ou jaune, ou rougeâtre ; fi on enleve avec une cuilliere cette Chaux à la surface du mêlange en fufon, ä s'en reformera fur le champ de nouvelle, de forte qu'en très-peu de tems on peut rédire en Chaux un mé- lange de parties égales de Plomb & d'E- tain,
"TI L Il n'y a qu'une très-petite portion de Plomb qui s'unifle avec-le Co-bak, & la plus grande partie n'eit que fimplement attaché au Cobalt qui reftera
à fa surface. O'B SEREAITO À
4, Le Plomb a plus de difpofition à : diffoudre l'Or & lArgentque le Cuivre; cette propriété du Plomb & celle d'entrer en fulion à un feu médiocre, tandis que le Cuivre n'y entre qu'à un feu très- violent, font la bafe de la féparation de - POr & del Argent d'avec le Cuivrepar le moyen du Plomb ; cette opération s'appelle Liquation : en effet, fi on fait fondre à un feu violent le Cuivre qui cont ent de l'Or ou d: PArgent, en lui poignant du Plomb, ces fubftances fe dif.
| PAR LE PLOMB. 53% {solvent; fionporte ce mélange fur urf fourneau qui aisle en pente, & qu'on ne donne qu'un foible feu de flames , le Plomb fe féparera du Cuivre & coulera aprèss'être chargé de Or & de l'Argent qu'il aura mis en diflolution , tandis que le Cuivre reftera ferme & folide ; fi lon a joint une trop petite quantité de Plomb avec le Cuivre , les ouvertures ne front point aflez grandes pour donner paflage au Plomb, & il yen reftera prefque autant qu'il en aura découlé. S'il y avoid trop peu de Cuivre avec le Plomb, le Cuivre ne reftera point en males fur le fourneau de liquation , mais le Plomb le divifera & l'entraînera avec lui : l'expé- rience a fait condoître qu'il ne faut point mettre plus de quatre parties de Plomb contre une partie de Cuivre, & que jamais il ne faut y joindre moins de trois . parties & demie de Plomb. Par le premier feu il n'y a que la plus grande partie du Plomb qui en foit féparée , mais il en refte encore beaucoup avec le Cuivre; ceft pour cette raïon que, quand le Cuivre a paffé pour la premiere foïs par le fourneau de liquation , on le portedans un autre fourneau dans lequel 'effaie un feu plus violent que dans le premier ; par - là il eft dégagé de la plus grande partie du Plomb qui y reftoit; mais outre
cela ce Plomb entraîne une partie aflez -confidérable de Cuivre ; on ne fait point pañler ce Plomb fur le.champ à la Cou-pelle , mais on le remet avec d'autre Cuivre afin que celui qu'il contient ne. foit point perdu ; cependant malgré cela il refleencore une portion de Plomb dans. le Cuivre; & comme dans le Plomb qui. refte il fe trouve une quantité propor-. tionnelle d'Or & d'Argent, on fait en-forte que plus le Cuivre eft riche en Mé- taux prétieux, plus il en refle en-arriere après.que la liquation eft faite : en con- féquence , ou l'on eft obligeé de faire paf-fer ce Cuivre qui eft riche deux fois par la liquation, ou bien il faut le joindre avec du Cuivre qu'on a déja épuifé , &. par-là onretire l'ÂArgent qui peut refter encore dans les Cuivres pauvres, &dont. il ne vaudroit point la peine de le tired parlaliquetion, Voici la proportion que l'on observe communément dans le mé- lange du Plomb & du Cuivre : on joint. au Cuivre. autant de parties de Plomb, qui font chacune de dix-fept livres, que. le mélange, après avoir été mis en fu-fion, contient de demi-onces d'Argent, dont il faut dédire la quantité de Plomb. qui eft déja dans le Cuivre : c'eft pourquoi il faut s'êtreaffuré bien exactement:
par des effais de ce que le Plomb & le
PAR LE PLOMB. 533 Cuivre contiennent d'Argent. Si on trouve que le mélange contienne aflez de demi-onces d'Argent pour que les parties de Plomb. de dix-fept livres faffent plus de quatre fois la quantité du Cuivre, il faudra rétablir la balance ou la proportion en y ajoûtant du Cuivre pauvre, ou bien il faudra réitérer la liquation. De cette maniere on. peut à une demi-once ou à deux gros près, retired l'Argent con tenu dans un quintal de Cuivre, La fépa-ration réuflit mieux avec le Cuivre noir qu'avec le Cuivre afliné, parce, que le premier contient encore une portion du Soufre qui , à l'exception duFer, a plus de difpofition à diffoudre le Cuivre que lesautres Métaux , & qui par conféquent facility la féparation de Or & de PAr-gent d'avec le Cuivre ; on peut au lient du Plomb fe fervir de Litharge, & de la Cendrée pour joindre au Cuivre : on fera pafler ce mélange par le fourneau propre à cette opération, qu'on nomme Frifchofen en Allemand , ou Fourneau à rafraîchir , & par ce moyen faire fondre le Plomb qui a été joint avec le Cuivre; feulement il faut alors, dans les proportions qu'on fuit pour le mélange, fe ré- gler fur le Plomb qui s'y trouve : par exemple, on prend cent vingt-cinq livres de Litharge au lieu de cent livres de
K iv
224 Dissoc. DEs MÉTaUx, &c. Plomb, Les pains que l'on nomme Pains de liquation ne contiennent pour Pordinaire que foixante-quinze livres de Cuivre, & deux à trois quintaux de Plomb.
2. Le Plomb ne s'unit point du tout au Fer tant que l'un & l'autre ont leur forme métallique ; c'eft pour cette rai-fon que le Fer eft d'une grande utilityé quand on veut féparer l'Argent d'avec Etain, ce qui ne pourroit {e faire fimplement fur le teft par la coupelle. On commence donc par faire fondre avec du Plomb lPEtain qui contient de Argent, après quoi l'on y joint de la limaille de Fer bien pure, avec du Sel alcali fixe ; par ce moyen Île Plomb fe charge de V'Argent qui étoit contenu dans PEtain, & le Fer met en difolution ce dernier Métal après qu'il a été féparé du Plomb ; le Sel alcali fert à faciliter la fusion des Scories.
Drssor. DES MÉTAUXx, &c. 225
Xci. Probléme.
Diffoudre les Métaux par l'Etain. SOLUTION.
RENEz de l'Or, de lArgent, du _ Cuivre ou du Fer en lames ou en li- . maille, faites-le rougir dans un creufet , mettez-y votre Etain, joignez-y fur le champ du Fartre, du Verre bien pul- vérifé & de la Potaffe ; augmentez promtement la violence du feu, & faites entrer en fusion tout ce mélange ; quandil {era bien fondu verfez-le dans une lingo= tiere : les Métaux deviennent plusblancs & plus caffans par cette opération. -
Observfation.
i. Les moindres vapeurs de PEtair rendent l'Or & l'Argent caffans ; le Cuivre & le Fer en fouffrent une plus grande quantité ; cependant il ne laïfle pas norr plus de les rendre caffans. Si on met uñe
partie de Cuivre fur vingt parties d'E-
tain, ce dernier Métal devient plus dur;
cependant on peut encore letravailler, K v
226 Dissor. DEs Méraux, &e: & les ouvrages qui en font faits ont plus: de folidité que s'ils étoient d'Etain pur. On peut produire le même effet par le moyen d'un demi-Métal, tel que le Zinc, le Bifmuth, le Cobaltoule Régule d'Antimoine, Si onallie dixparties de Cuivre avec une partie de Zinc ou de Cuivre June, on aura une composition métallique très-fonore dont on fait des cloches & des canons; on le nomme Bronze.
2. Quand on diffout le Fer par le moyen de deux fois autant d'Etain, om obtient une composition blanche un peu caflante,. dont on peut fefervir pourfaire différens ouvrages qui font moins fujets: à {e rouiller à l'air que le. Fer tout ul.
XCIF. PROBLÉME. Diffoudreles Métaux par le Fer.
S.0 Eu Teio N.
* ETTEZz le Fer avecun autre Mé- À VA tal dans un creufet, joignez-y ur peu de Tartre & de Verre pilé, afin de: couvrir la surface du Mélange ; augment-tez promptement le feu ; parce moyen le: Ferentrera plus vite en fusion, & à um
Drs. pEs MÉT. PAR LEFER. 22% moindre dégré de chaleur que s'il étoit tout feul,
Observ Atio N.
1. Le Cuivre devient caffant & d'une couleur pâle quand il eft mêlé avec du Fer; c'eft pourquoi lorfqw'on fépare le Cuivre de fa Mine, il faut tâcher fur-tout dans les premiers travaux & dans le
grillage , de détruire le Fer qui s'y trouve mêlé par le moyen du Soufre qui eft contenu dansle Minéral ; quand il a été une fois fondu avec le Cuivre il efttrès-dificile de l'en féparer parfaitement dans Paifinage , à moins qu'on n'y parvienne au moyen du Plomb dans la liquation.
2. L'Or & lArgent s'uniflent très- aifément avec le Fer, & même lOr y a
lus de difpofition que l'Argent ; comme e Soufre n'agit point du tout fur lOr, on pourra aifément le déeager du Fer par le moyen de PAntimoine crud : il en eft de même de l'Argent, parce que le Soufre a plus de difpofition à mettre le Fer en diflolution que l'Argent. On peut encore faire cette féparation par le moyen du Plomb. Si Pon ne joint qu'une petite quantité de Soufre au Fer ilne fera point en état de difloudre les autres Métaux ; maisil former un Régule à part,
K. vj
223 Dis. DE L'ORET DE L'Art:
X GTALE PR OPBALENDE, Difjoudre l'Or & l Argent par le Cuivre. SOLUTION.
'ArTESs fondre de l''Or ou de l'Argent, joignez-y du Cuivre, foit en lames minces foit en limaille, il difparoîtra en très-peu de tems & s'unira avec ces Métaux.
Observation
Les fubftances qui ont la propriété de durcir POr & l Argent rendent aufi ces: Métaux plus caffans; cependant le Cuivre, quoiqu'il les rende plus durs, neleur ôte rien de leur dudilité; mais comme POr &PArgent, quand ils font purs, font fi mous qu'il feroit quelquefois très-diffcile de les employer à de certains ou-rages dont on puifle faire usage, on a très - fouvent, & même toujours la précaution d'allier ces Métaux avec du Cuivre,
ee
Dis. DE L'OR ET DE L'ARG. 229
Hcivs Prubleme,
Diffoudre Or & P Argent l'un par l'autre. SOLUTION
\RoOTTEZun creufet avec du Borax pulvérifé & placez-le dans le feu 3. quand le creufet fera rouge mettez-y Or & l'Argent , augmentez le feu, laiflez- y le mêlange encore pendant quelque tems , & vuidez-le enfuite
Éflrserpf At Ieicon,
r. Par le moyen du Borax l'intérieur du creufet eft revêtu comme d'une ef pèce d'enduit de verre fort mince qui remplit fes petites cavités, dans lefquelles il pourroit s'infinuer une portion de Métal qui y refteroit en pure perte. |
2. L'Argent peut être diflout par le Soufre, ce qui n'arrive point àl'Or; c'eft pourquoi lon peut fe fervir du Soufre pour faire la féparation ou le départ de ces deux Métaux par la voie féche ; l'on a recours à ce moyen lorfque l'Argent contient une fi petite quantité d'Ox
230 Drs.ne L'OR ET DE L'Arc: qu'elle ne dédommageroit point des fraïs qu'il en coûteroit pour le départ par la voie humide. Voici les circonftances. principales de cette opération. On commence par mettre l'Argent en grenailles s on l'humecte enfuite , & on le méle avec du Soufre réduit en poudre, de maniere que le Soufre forme une efpèce de croûte ou d'envelope mince autour de chaque grain d'Argent; on met cet Argent ainfipréparé dans un creufet couvert & lutté, & on le fait fondre afin que le Soufre le mette en diffolution; pour lors les particules d'Or font féparées de Argent ; mais la tenacité des Scories les empêche de tomber au fond du creufet ; c'eft pourquoi il faut de nouveau déeager un peu d'Argent d'avec le Soufre afin qu'en tombant par fa pefanteur fpécifique if touche aux particules de l'Or les.ditfolve & les entraîne avec lui. On dégage PArgent d'avec le Soufre per la simple action du feu, c'eft en le laiffant expofé au feu jufqu'à ce qu'on remarque à la surface de la matiere des petits points blancs & luifans qui ne font autre chose que de l'Argent dégagé du Soufre ; ou bien on y joint une matiere que le Soufre ait plus de difpofition À diffoudre que PArgent, tels font l'Alcali fixe où quelques autres Métaux ; voyez le LXXVE,
à L'UN PAR L'AUTRE. 23 Probléme. Quand cette opération eft finie, on verfe la matiere fondue dans un cône échauffé & fronté de fuif, & quand elle eft refroidie on détache en frapant le Régule inférieur qui eft compofé d'Or & d'Argent : on procédera avec les Sco-ries qu'on aura trouvées de la même maniere, en réitérant la même opération deux , trois & même quatre fois , à proportion de la quantité d'Or qui fera contenu dans PArgent. On affine les Régules & l'on en fépare enfuite l'Or par le moyen de l'Eau-forte ; quant a l'Argent contenu dans les Scories on l'obtient foit en le traitant à la coupelle,, foit en le pré- cipitant par le Plomb &le Fer. Ontrouvera un plus grand détail de ces opé- rations dans la Docimafie de Cramer , & dans le Traire des Mines de Schlutter..
X Cv Pr Obeéme.
Diffoudre les Métaux par le Mercure. SOLUTION.
FE. ONNEZ beaucoup de füurface:
au Métal que vous voudrez traiter, ce que vous perez en le réduifant err Hmaille , ou en l'étendant à coups de
232 Dirssozur. Des Méraux | marteau , ou en le précipitant après l'a Voir mis en diflolution dans les Acidesz il faut feulement obferver de ne point faire la précipitation par le moyen des Sels alcalis qui s'attacheroient au Métal, & rendroient fa diflolution dans le Mercure plus difficile où même impoffible.
IL Triturez le Métal ainfi préparé avec du Mercure dans un mortier de verte , de marbre ou de Fer, jufqu'à ce que Vous ne puiflez plus ni voir ni fentir au toucher votre Métal.
Obs Epa Tt On
1. La chaleur contribute À faciliter la diflolution, c' eft pourquoi on fait fort bien de chauffer le Mercure jufqu'à ce qu'il commence à s'élever une efpèce de fumée ; il faut auffi avoir la précaution. de faire rougir les Métaux qui font diffi- :] à &f d é, torts { js fé: À. < oies &iondre ceux qui font aiiés à mettre en fusion, & pour lors les joindre avec le fercure qu'on aura fait chauffer après «uoi on fe mettra à triturer le mélange. Le Fer ne fe diffout point du tout de cette maniere, & le Régule d'Antimoine ne fe diflout que très-difficilement ; en effet, fi on le fait fondre fuivant la méthode de
enckel , & qu'on le verfi doucement dans un mortier dans lequel il y aura du"
PAR LE MERCURE. 533% Mercure couvert d'eau claude, & qu'on le triture promptement, il paroît être diffout ; mais fi on l'expofe pendant quel-pe tems à une chaleur modérée, oufi on continue à triturer, le Mercure fe féparera du Régule d'Antimoine. Cette diflolution par le Mercure fe nomme amalgamer , & le Métal qui a été dif-fout par le Mercure fe nomme ÆAmualgame. 2. On fe fert quelquefois de cette voie pour féparer l'Or ou l'Argent du Sable ou des Mines fablonneufes dans lefquels ces Métaux font embarraflés : en eflet ; on ne trouve jamais l'Or minéralifé , il eft toujours tout formé dans la nature, c'eft pourquoi le Mercure peut aifément le difloudre quand il a été dégagé par le lavage des particules terreufes ou fablonneufes dont il étoit environné. L'opérez tion devient plus difficile avec l'Argent, parce qu'il eft rare dele trouver parfaitement pur ; il eft prefque toujours miné- ralifé, c'eft pourquoi l'on ne fait usage de PAmalgame que pour les Mines d'Argent dans lefquelles ce Métal eft en abondance & prefque tout pur ; & lorfque fate de bois l'on ne peut point avoir recours à une autre voie pour le féparer de fa Mine ; pour lors on fe fert de Sels alcalis & d'autres matieres falines pour
234 Dissorur. Des Méraux | difloudre & débarraffer l' Argent des fubf: tances qui peuvent mettre obflacle à PAmalgame du Métal avec le Mercure, On a des machines & des moulins propres à ce travail, on en trouvera les defcriptions dans A gricola & dans Schlutter. 4. Quand l'Or a été mis en diffolution par le Mercure, on peut fe fervir de cet Amalgame pour dorer à moins de frais la surface d'un Métal que par la dorure à froid. Voici Comment on peut s'y prendre, On rend l'Amalgame de l'Or plus fluid en y ajoûtantune plus grande quan-tité de Mercure, de forte qu'il y en ait environ 10 ou 12 parties contre une d'Or, mais il faut avoir foin de bien triturer ce mélange ; pour lors on en étend avecune ou deux gouttes d'Eau-forte fur de Ar gent ou fur du Cuivre, jufqu'à ce que: VAmalgame s'y foit bien attaché ; onfait partiravec une broffe ce qu'il y a detrop,. & on polit le refte avec un morceau de parchemin : quand la surface qu'on voudra dorer fera entiérement couverte , on pofera le Métal fur des charbons ardens, & on ly laïffera jufqu'à ce que toutle Mercure ait été diflipé ; la surface fera jaune, mais elle ne fera point brillante ; on met enfuite ce Métal doré dans un vaifleau lein d'eau, & on le frotte avec une bote de Cuivre jaune, & on le polit
- BAR LB MERCURE. 235$ avec un brunifloir d'Acier. Quand les Doreurs veulent dorer une grande fur-face, il eft difficile de la faire rougir également par-tout & d'empêcher qu'il ne fe détache quelques particules d'Or, ils ont un moyen tout particulier de remé> dier à cet inconvénient ; c'eft de faire chauffer le côté du Métal fur lequel on a porté l'Amalgame, & de l'enduire avec de la cire ; & de cette maniere ils peuvent faire rougir une grande surface; foit tout à. la fois fur un grand brafier, ou fucceflfivement, & par-là on fait bien pé- nétrerlOr ; cet enduit eft ordinairement compofé d'une partie & demie de Sanguine, d'autant de Verd-de-gris calciné, & d'autant de Borax. On commence par _ fe fervir d'Eau - forte afin qu'elle puifle faire À la surface-du Métal de petites ca- " vités. dans lefquelles l'Or puifle s'atta= cher; pour rendre la couleur de POr plus vive on fait l'extinétion du Métal doré ou fimplement dans de l'urine ou dans une eau dans laquelle il ÿ aït un trenté- mé de Selammoniac ; on fait la même chose quand on fe fert de l'enduit dons nous avons parlé.
jee
Xcvi. Probléme.
Séparer le Mercure des Métaux avec qui il' a été xmalgame, |
Solution:
M ETTEZ votre Amalgame dans une cornue de verre que vous placerez au bain de fable ; vous procéderez de la maniere indiquée dans le Problême LXX X°. la plus grande partie du Mercure pañlera dans le récipient, & le Mé- tal reftera dans la cornue uni avec une petite portion de Mercure ; vous n'aurez qu'à le faire fondre dans un creufet dé- couvert pour faire partir le Mercure qui fera refté. "2
Observation.
Quoique le Mercure fe volatilife très: promptement dans le few, il ne peut cependant point être entiérement diffipé tant qu'il eft dans la cornue , & il en refte toujours une portion qui eft retenue par le Métal qui y demeure; au lieu que Joriqu'on le fond à feu nud, la surface du
DES MÉTAUXx. 23
Métai étant continuellement changée le Mercure trouve l'occafon de s'échapter, & par-là il s'en dégage entiérement : c'eft pourquoi lorfqu'on ne veut point faire attention à la perte du Mercure, on peut tout uniment le faire partir à feu nud ; il "faut feulement obferver que le feu ne foit "point trop vif au commencement , parce que fans cela le Mercure en fe diflipant trop rapidement peut entraîner avec lui quelques parties de Métal ; c'eftainfi que par des difiHations violentes & réitérées on peut pervenir à faire pañler du Métal avec le Mercure , mais on peut l'en fé- parer enfuite en diftillant plus doucement , ou bien en réduifant le Mercure en Cinnabre.
5
Xcvif. Probléme,
Difoudre les Chaux métalliques par le moyen du Verre.
FSOLUTION, P RENEZ une des compositions dont
R on fait du verre ; voyez le XF, Pro. blême.Ou bien prenez du Verre déja tout
tout fait; réduifez-le en une poudre très-fine , & mêlez-en exactement une once avec quelques grains de Chaux mé- tallique ; mettez ce mélange dans un creufet que vous couvrirez , placez votre creufet dans un fourneau de verretie ou deréverbere , donnez pendant quelques "heures un feu très-violent; vousaurez un . Verre qui fera diverfement coloré à pro- "portion des différentes Chaux métalliques que vous aurez fait enter dans la composition.
.Observation.
1. Les Chaux métalliques fe préparent ou par la feule action du feu, ou par les diflolvans convènables, defquelles on les dégage, foit parle moyen dufeu, foit en les précipitant par d'autres fubftances ; on prend des lames minces ou de la limaïlle-de Kerou de Cuivre; on Îles met dans des creufets couverts & on place dans la troifiéme chambre du fourneau de Verrerie jufqu'à ce que ces Mé- taux deviennent friables & faciles à ré- duireen poudre ; queand.ces Métaux {e- ront dans cet état, il faut-encore les faire calciner pendant quelques heures , afin d'achever de rédire en Chaux les parus
PAR LE VERRE. 239 cules qui pourroient encore être métalliques : ou bien on ffratifie par couches alternatives de la limaille de Fer avec du Soufre; l'on fait la même chose avec des lames de Cuivre , dans un creufet que Von place dans la troifiéme chambre du fourneau de Verrerie ; le Métal fera pé- nétré & diflout par le Soufre au point de devenir trés -facile À rédire en poudre ; on fera calciner cette poudre pendant deux jours, fi c'eft du Fer, & feulement pendant quelques heures fi c'eft du Cuivre, dans un creufet découvert qu'on placera dans la quatriéme chambre du fourneau, afin de faire partir tout le Soufre qui pourroit s'y être attaché. On met le Vitriol martial ou celui de Cuivre fur un four chaud 2fn qu'il fe décom-pole & fe réduife en poudre ; on le fait calciner dans la quatriéme chambre du fourneau, on en fait enfuite l'édulcora tion ,& on le fait fécher. Lorfqu'on a humecté le Fer à plufieurs reprifes, & qu'on Va fait fécher enfuite dans un endroit chaud , le Vinaigre diftillé réduit ce Métal en une poudre d'un gris de cen-re; on change de la même maniere Je Cuivre en Verd-de-gris ; on fait czlciner doucement ces deux poudres dans la quatrième chambre du fourneau. L'ac.
240 Dis. DES CHAUX MÉ TAI. tion feule du feu fufñit pour changer en Chaux l'Etain & le Plomb, voyezle X C°. Problême ; oncalcine cette Chaux dans la quatriéme chambre en la remuant fré- quemment, on la triture enfuite & on la paffe par un tamis fort ferré, afin d'en féparer les particules métalliqeus qui pourroient y être reftées. On a pû voir dans les opérations précédenies la maniere donton obtient la Chaux des Métaux qui ont été mis en diffelution par les Acides, foit par abfitraction foit par la précipitation.
2. Le Précipité rouge qui a été produit par l'Or & TEtain dun une couleur d'un rouge pourpre au Verre; on peut mettre trois ou quatre grains de ce Précipité fur une demi-once de fritte de Verre. Si lorfqw'on retire le Verre du feu on ne voyoit point encore la couleur rouge , il ny auroit qu'à expofer le Verre pendant qu'il eft encore chaud à l2 flamme d'un fagot. Le Cuivre qui a été précipité par le moyen d'un fel alcaki volatile colore le Verre en bleu; les autres Chaux ou Précipités de Cuivre donnent une couleur verte. Le Cuivre rouge donne une couleur d'un rouge de fang au Verre; mais fi on le laifle trop long-tems au feu il devient verd. Le Cobalt calciné donne au Verre une couleur d'un
. bleu
| PAR LE VERRE. 247 bleu très-vif : fi on y met beaucoup de Cobalt, fi, par exemple ,on yen met un Ruitiéme , le Verre deviendra noir, La Chaux du Fer produit le même eff, & quelquefois il arrive qu'on remarque dans du Verre mince que d'un côté il eft rouge ou de couleur de rouille , tandis que d'un autre il eftbleu. L'Argent qui a aété mis en diflolution dans l'Eau-forte, & précipité par un Sel alcali volatile ; donne une couleur jaune au Verre. Deux Où trois parties de Chaux de Plomb mé- lées avec une partie de cailloux pulvéri- iées, donnent un verre d'un jaune qui tiré un peu fur le verd. La Chaux d'E- tain rend le Verre blanchâtre & laiteux ; fl on en mêle un Cinquiéme avec la fritte du Verre elle le. rend blanc & Opaque. Si dansle Mélange où l'on a employé de la Chaux de Plomb on y fait enter autant ou même plus de Chaux d'Etain qu'on y a mis de celle de plomb, on obtiendra un Verre d'un blanc de lait, à qui l'on peut faire prendre différentes couleurs en y mêlant différentes Chaux d'autres Métaux. En général on voit ai fément qu'il y a uneinfinité de manieres pour donner différentes couleurs au Verre ; il n'y a pour cela qu'à varied les dofes des Chaux métalliques qu'on y fait en-
Tome IL
542 Dis. Des CHAUX MÉT.&c. trer. Il faut encore remarquer que lacouleur du Verre varie à proportion de Pé- paiffeur plus ou moins grande des ou-. rages qu'on en fait; c''eft pourquoi il faut y avoir égard pour la dofe de Chaux métallique dont on fe fert pour le co= lorer.
FIN de la feconde € derniere Partie de.
la Chimie métallurgique.
Élemens D E
Docimastique,
Pour fervir de quite à la Partie pratique de [a Chimie métallurgique,
_ Ouvrage dans lequel on donne plufreurs manieres nouvelles de faire les effais des Mines.
Pintér.E GELLER r.
Traduit de l'Allemand,
ty AVIS DU TRADUCTEUR.
E Traité n'a été publié que ( quelques années apres les Elé« mens de la Chimie métallurgique du même Auteur ; comme il eff inti= mément lié avec la feconde Partie de ces Elémens , on a cru que le Lecteur feroit bien aile de trouver iciun Ouvrage qui ef? la continuation du premier, M. Gellert avertit dans Ja Préface que pour rendre [a Docimaftique plus complete il a jugé à propos @e répéter ce que M. Cramer avoid dit avant lui dans [es Elémens de la Docimafhique ; mais le Tra-duéleur a voulu éliter de multiplier ba réimpreffion des mêmes chofes , d'autant plus que la Traduition Françoife de l'Oxvrage de M.Cramer , qui a étéimprimée à Paris chez Briaffon , rue S. Jacques , en 4. vol. 2-12, ef entre les mains de tout le monde. On ne trouvera donc ici que
L ijj
246 : les ae propres à M. Gellert ; Von a retranché tout ce qui appartenoit à M. Cramer, ainfi que les trois Planches qui étoient copites de fon Livre [fans aucun change: nent; mais à chacun de ces retranchemens on a eu foin d'en avertir le Letteur & de le renvoyer aux endroits que M. Gellert a tirées de l'Ouvrage de M. Cramer.
Rue
e. | & à L4
AVERTISSEMENT, is
Avertissement De L'Auteur:
EU X qui fe font appliqués à la Doci=< L/maftique, fçavent qu'on ne peut point trop compter fur la méthode dont on s'eft fervi jufqu'à préfent pour effayer les Métaux les moins précieux. Nous avons des exemples qui prouvent que l'on peut avec profit traiter en grand des Ardoïfes pour entirer du Cuivre , quoique par les effais en petit on n'y trouve rien ou du moins très-peu de chose. L'homme le plus verfé dans l'Art des effais avouera que les effais du Fer & de l'Etain coûtent beaucoup de pei-fes, & fouvent ne réufliffent point. Les feuls effais du Plomb fe font aflez exa@ement , quoique la méthode qui n'eft particuliere foit in finiment plus sûre.
Les principes généraux de la Chimie métallurgique font aifément fentir les causes de ces inconvéniens. Non-feulement les Chaux métalliques, mais encore les Métaux eux-mèmes font attaqués & diffouts par un Sel alcali fixe , & encore plus fortement par le Foie de Soufre (a) Or ce Sel alcali fe trouve toujours parmi les fubftances qu'on a employées jufqu'à préfent, & fouvent ce Sel forme du Foie de Soufre avec le Soufre qui refte dans la Mine (b). Il faut donc néceflairement que la Chaux métallique foit diffoute entiérement , ou du moins en grande partie par cet Alcali ou plu-
(a) Voyez dans la Chimie métallurgique les Pro bièmes 18 & 83. (b}) Voyez le Problème 8i,
Liv.
_ tôt par le Foie de Soufre qu'il a formé, fui=
vant la quantité plus ou moins grande de ces
fut flances, & fuivant la durée du feu que l'on
applique ; cela fait que l'Eflayeur ne trouve
qu'un culot trop petit, quelquefois même il
n'a rien du tout. C'eft le Fer qu'on ajoûte
dans les effais du Plomb qui eft cause que cet
inconvénient n'arrive point fi communément dans les effais de ce Métal ; car comme le Sel
alcali fixe & le Foie de Soufre ont plus de dif
position à diffoudie le Fer que le Plomb, ce
- dernier Métal refte ordinairement inta@ ; il
faut feulement obferver de juftes proportions
dans l'addition de ces fübftances : en effet, fi
on met top d'Alcali fixe, il eft aifé de concevoir
que le Plomb en fera lui-même diflout, Ce qui vient d'être dit na lieu que dans les
Mines de Plomb riches, mais cette maniere
d'eflayer n'eft point fufffante pour les Mines
de Plomb pauvres : en effet, outre le Ferle
le Sel alcali fixe diflout toujours une portion
de Plomb ; & plus la Mine fera chargée de
terre ou de roche, plus il faudra y joindre
de fondant, par conféquent on y joindra plus
d'Alcali fixe qui pourra détruire plus facilement le Piomb, Une autre raifon de la petite quantité de Métal qu'on trouve, c'eft que la surface du Régule métallique qu'on a obtenu éftcontinuellement détruite , calcinée & mife en Scories par ladtivité du feu; de forte que fuivant la durée & la vivacité du feu , le culot fe perd tout entier ou en partie. J'ai tâché de. remédier à ces inconvéniens, & je me fitted : qu'après un grand nombre d'expériences que j'ai eu occañon de faire, je füis enfin parvenu
À trouver une maniere de faire ces fortes d'efi fais avec plus de facilité & d'exa@titude qu'on ga fait par le pale.
L AVERTISSEMENT. 149 € reconnois ici publiquement que c'eft le €élébre M. Cramer fi verfé dans la Métaller-gie, qui m'a fait naitre l'idée de mon travail = ayant eu l'honneur de le voir pendantle voyage que Jai fait au Hartz en 1753, il voulut bien entr'autres expériences curieufes m'apprendre fa méthode pour faire l'eflai du Fer elle confifte à remplir un creufet avec du charbon réduit en poudre; on prefle fortement: ce charbot en poudie | & l'on y forme ur €reux dans lequel on met la Mine après l'avoir mêlée avec du charbon pulvérifé & un peu de Verre, où avec de la Scorie: pure & non fulphureufe, on donne enfuite-un feu t:ès-vio-- lent & de longue durée. Cet effai que j'ai réi-- téré plufieurs fois depuis avec fuccès, eff nonfeulement simple & sûre, mais encore il ref-- femble beaucoup à ce qui fe fait dans le travail! en grand. Par le moyen du charbon pulvérité: fa Chaux métallique reprerd le Phlogiftique- Ou principe inflammable dont elle a.befoin: pour fa réduétion. (a) Le Verre ou la Scorie diffout la terre ou la pierre qui accompagne la: Mine & la réduit-en Scories ;. de maniere que: les Parties métalliques peuvert-tomber au fond! du creufet par leur pefanteur fpécifique & for-- mer un Régule, LePhlogifique qui fe trouve: dans ie charbon en poudre empêche que-le- Métal ne foit d'truit par la violence du feu 3: & la Scorie qui fe forme à la fui face du Métal. le garantit contre-les efforts combinés. du feu & de Pair. En conféquence de cette découverte-'e pris _ arésolution-d'effayer d'autres Métaux de ja: même maniere; mais feiencontrai vnr gramdl ebflacle:, attend qu'à l'exception duCuivre-les:
{a )Voyezle: Problème 73, de: la-Chirrie méiali Re
250 AVERTISSEMENT. autresmétaux étoient difipés par l'aétion du fe. long-tems avant que le Verre eût été misfufh=. famment en fufon ; le Cuivre lui-même, lorf=. qu'il n'y en a qu'une petite quantité dans la Mine, fe met dans une Scorie difficile à fondre ce qui nuit à l'exaétitude d'un procédé dans _Aequel on doit faire attention à la moindre quantité du Métal : enfin je me flattai deréuflir à l'aide du Borax, attend qu'il fournit une efpèce de Verre très - aifé à fondre. Un grand nombre d' expériences ont manqué; cela ve-. noit tantôt du défaut dans les proportions du mélange , tantôt de la violence & de la durée du feu , tantôt de la mauvaife qualité des vaif-. {eaux , 8e: Je ne doute point que l'onne trouve a@tuellement la chose plus facile , peut-être même la regardera-t-on comme une bagatelle, mais je me flatte que les Connoïffeurs en por #erontun jugement plus favorable. | Je ne Ne d'abord parler que de ces ef-fais, parce qu'il n'y a rien de neuf à dire fur les effais des Métaux parfaits ; mais comme par-là je n'aurois donné que très-imparfaitement la Docimaftique qui doit fuivre naturellement mes Elémens de la Chimie métallurgique , j'ai mieux aimé donner le tout, en prenant dans la Docimaftique de M. Cramer ce qui regarde les eflais des Métaux précieux (a). Ondoit à M. Marggraff la méthode d'effayer les Mines pour voir fi elles contiennent du Zinc. J'ar omis bien des chofes qui fé trouvent dans d'autres Livres qui traitent des eflais, foit parce que j'en ai parlé dans la premiere Partie de ma Chimie métallurgique, foit parce qu '1lme fem-ble qu'elles appartiennent plutot à l'Art de ka Fonderie ou à la Métallurgie en grand qu'à la Docimaftique.
Définition | De: :L'A
Docimastique,
ZE, À DocrMASTIQUE ou NL YÆ, PArt des Eflais eft une Scien- Lange Ce quinous apprend à décom- =" pofer ou, à analyfer en petit le fubftances qui f trouvent dares Le fin de la terre au moyen des in{trumens con venables, afin de fçavoir ce qu'ils contiennent, & la quantité de chaque fubf£- tance qu'ils renferment. | Les travaux de [a Docimaftique différent de ceux de la Métallurgie en grand ; ou de Part de la Fonderie, en ce que dans la derniere on s'occupe en grand , & dans la premiere on travaille en petit à féparer les parties des fubftan-
L vi
»ç2 ÉLÉMENS | ces foffiles, & à examiner les avantages qu'on peut en retired. L'une & l'autre foñt partie de la Chimie métallurgique,. dont l'objet eft de montrer comment _on peut altérer & décompofër les fubf-. tances du Régne minéral ; c'eft pourquoi c'eft d'elle qu'il faut empruntar les: principes & les régles qu'on doit fuivre dans l'un & l'autre de ces Arts. Comme: jai déja donné ces principes dans mes. Elémens de la Chimie métallurgique, il feroit inutile de répéter ici ce que j'ai déja dit ailleurs, jy renvoie donc Le Lecteur. |
* Outre les inftrumens qui ont été dé- œrits dans la Chimie métallurgique, um ÆEflayeur a encore befoin de balances, de poids, de pierres de touche, d'aiguilles probatoires ;: comme perfomne n'a décrit ces chofes d'une maniere plus parfaite: que M. Cramer dans fa Docimaftique, je ne feral que copier ici fidélement ce qu'il en a dit. |
Commé tout ce que. M. Gellert dir. fur-la de/tription des Infirumensqui fervent aux Effais, & de la maniere de préparer les Mines que l'on veut effayer , ef tiré. mot pour-mot;. ou éxtrait fidé ement de la Docimaflique de D. Cramer ;:on a cru inutile de répéter icice qui a déja ète dit. par cet Auteux célébre 3, nous renyoyons. donc. &
| DE DOCIMASTIQUE. 2$$ Leëleur aux deux premiers Tomes de læ Traduétion Françoife des Elémens de Docimaftique de Cramer; & nous paons aux Problèmes ou aux Opérations.
De la maniere d'effayer les fubftances: minérales pour s'aflürer fi elles con tiennent des Métaux, des demi- Mé-- taux, du Mercure, du Soufre , des. Sels, ou les quatre efpèces de pierres: ou de terres.
Prob Léme Premier.
€ombiner lArgent-quiefi contenu dans une fubffance terreufe. ou pierreufe avec le:
Plomb.
Premiere Solu T'I10 N..
FE. ULvÉRISEZ avec foin la terre:
ou la pierre, Prenez-en un Quirtal d'Effai que vous mêlerez avec autant de Verre de Plomb-réduit en-poudre;. mettez fur un teft bien net, & qui n'ait point encore {ervi , la moitié de douze: quintaux de Plomb en grenaille ; ten. dez. ce Plomb avecles doigts, jettez par deflus la pierre ou la terre mêlée avec le: Verre. de Plomb, &.couvrez le toutaveg
64 ÉLÉMENS les fix autres Quintaux de Plomb en gre naille ; fi le teft n'étoit point aflez grand pour que la moitié n'en demeurât point encore vuide , après que le Plomb fe fera fondu , il faudra partager le mélange de pierre & de Verre de Plomb en deux portions égales, & mettre ces deux por= tions fur deux tefts différens. mi : II. Placez le teft au fond d'une mou- Île, augmentez le feu peu-à-peu jufqu'à ce que le Plomb commence à fe coupel-. 'ler; alors diminuez le feu de forte que le Plomb ceffe prefque de bouillir, { surface diminuera & fe couvrira de Scories. Au bout d'environ un quart d'heure recommencez à augmenter le feu de maniere que tout fe fonde parfaitement & que le Plomb fe coupelle , alors remuez toute la matiere fur-tout vers les bords avec une baguette de fer que vous aurez chauflée , en prenant garde de ne rien répadre. | ITI. S'il nageoit à la surface une ma-tire tenace comme de la poix, qui ne pôt être mife en diffolution per la Scorié, diminuez le feu, remuez la matiere tenace avec une baguette froide, elle s'y attachera ; enlevez-la avec précaution, pulvérifez-la, mêlez-la avec la moitié où avec une fois autant de Verre de Plomb; remettez ce mélange fur le teft,; & continuez la fcorification.
IV. Lorfque la Scorie découle avec facilité de la baguette, & lorfque le bout de la baguette fe recouvre d'une écaille mince également colorée & luifante, on reconnoitra par-là que la diflolution de la terre & de la pierre par la Litharge ou le Verre de Plomb s'eft opérée, ou que la fcorification s'eft faite ; mais fi la Sco-rie eft en poudre, par filets, tenace & colorée inégalement, ce fera un figne que la diflolution n'a point été faite parfaitement; c'eft pourquoi il faudra pulvérifer de nouveau la Scorie qui fe fera attachée à la baguette, la remettre fur le teit, & continuer la fcorification jufqu'à ce qu'on apperçoive les fignes qui viennent d'être indiqués ; alors.vous prendrez leteftavec les pincettes ; verfez Le Plomb & la Sco-rie dans un des crux de la lingottiere de tôle (a), féparez-en la Scorie : par ce moyen vous aurez fait pañler dans le Plomb l Argent qui. étoit contenu dans la terre ou la pierre. Cette opération fe nomme /corifier & dure ordinairement trois quarts d'heure ou une heure.
ME MAROU ES 1°. Pour que deux corps fe diflolvent
(a) Cette Lingottiere eft repréfentée dans la Tra-duétion Françoïfe de la Docimafe de Cramer, Tome H, Planche 2, Fig, 21. b,
les uns les autres il faut qu'ils fe touchénts ainfi plus ils font divifés & mélés , plus la diflolution s'opère facilement. Dans les corps qui deviennent très - fluides dans le feu, le mélange fe fait par le mous. vement que le feu excite ; mais comme le Verre ou la Scorie ont de la tenacités le feu ne peut point mêler leurs parties, par conféquent il eft à propos de come mencer par bien mêler enfemble des fubf tances telles que fe Verre-de Plomb dans: cette opération; mais dans ce procédé il s'opère aufli un mélange par l'action du feu, car lorfque le Plomb eft devenu. liquide il fe forme continuellement des: petites particules de Litharge à fa furz face ; ces particules font pouflées vers: les bords , foit par le mouvement du Plomb en bouillonnant, {it parce que fà. surface eft convene: owplus élevée au milieu que vers fes bords ; ces particules: viennent à toucher des particules de later. re ou pierre qui doit être mife en diffoiu= tion ; & après que la diffolution s'eft faite elles vont plus loin vers les bords fe joindre.au corps qui n'a point encore été. diflout. Le Verre liquidé au contraire. séleve vers les words du.vaiffeau qui le. contient & eft enfoncé ou concave au: milieu ; par-là le corps qui n'eft going
L
DE DOCIMASTIQUE. 25 encore difflout eft pouflé vers la surface du Plomb, ce qui fait quil eft touché & peut être plutôt mis en diflolution par les gouttes de Litharge nouvellement for- mées. Cette diffolution eff ici facilitée par le Verre de Plomb qu'onajointd'abord , parce qu'il divife encore plus les corps à diffoudre , par - là il eft déja uni à un certain pointavecle Verre de Plomb , qui lui-même acquiert plus de force pour difloudre étant atténué per la Litharge, Lorfqu'un corps eft réduit en Verre ilfe gonfle, c'eft pourquoi il faut qu'il y ait aflez d'efpace fur le teft pour que rien ne fe répande.
2°. On change le dégré du feu afin que le Plomb fe change en Litharge , (voyez le Problème FE. Remarque n°. 3.) & on le rend enfuite plus fort , 4fin que la Sco< rie devienne plus fluid, & pour que la diffolution fe faffe plus uniformément.
3°. La matiere tenace qui fe forme vient de ce que le mêlange ne s'eft point fait, c'eft pour cela qu'il faut la mêler de nouveau avec une fubftance propre à la difloudre.
4. L'Argent & l'Or s''uniffent aïfé- ment avec le Plomb, tandis que la partie terreufe ou pierreufe fe réduit peu-à-pew en Scories ; les particules d'Argent qui y font contenues touchent le Plomb qui les
met en diflolution; une portion fe préa cipite par fon propre poidau travers des. Scories revenues fluides , & va s'unir avec le Plomb ; il faut pulvérifer avec foin la Scorie qu'on a détachée, & en féparer les petits grains de Plomb qui Pourroient s'y trouver. |
FF SoEUrros.
:Æ Mettez un@ partie de la fubftance terreufe ou pierreufe, avec une partie égale de Verre de Plomb, & douze parties -de Ploxib , de la maniere qui a été dite, dans un creufet capable de contenirtrois fois plus de matiere qu'on n'y en veut mettre ; couvrez le tout avec aflez de. fiel de Verre & de Sel marin, pour que ces Sels étant fondus furnagent de lé- paifleur d'environ un demi-pouce audeffus du mélange,
I I. Placez votre creufet fur un mor-. ceau de brique que vous mettrez fur la grille d'un fourneau à vent ; arrangez des charbons jufqu'au bord du creufet, & allumez-les avec d'autres charbons allu- _ més; augmentez enfuite lefeu, mais qu'il n'aisle pas au point: de rendre la matiere parfaitement fluid ; continuez à entretenir le feu à ce dégré pour que la Scorie puifle bien fe former : alors Gtez le cou-
DE DOCIMASTIQUE. 259 vercle du creufet , remuez la matiere avec une baguette de fer, & vuidez-la dans la lingottiere de tôle, ou bienlaïflez refroidir le creufet que vous cafferez, &e féparez le Plomb des Scories.
Remarques.
1°. Les Sels dont on couvre la matiere dans cette opération fervent non-feulement à faciliter la fusion, mais outre cela VAlcali fixe qui eft contenu dans le fel de Verre diffout une portion de la terre & de la pierre, & fur-tout celle qui s'é- leve.
2°. Il ne faut jamais placer un creufet immédiatement {ur la grille du fourneau, foit parce que l'air froid qui vient le fra-per par-deflous peut le faire fender , foit parce qu'alors le creufet ne feroit point fuffifamment échauffé dans toutes fes parties. Suivant les circonftances on prend un morceau de tuile ou de brique, oudes supports d'Argille faits exprès, mais il faut prendre garde que ces supports ne couvrent point tout-à-fait la grille, & n'empêchent par-là le courant de Pair s il ne faut point donner un feu trop vif, parce que fans cela le Plomb pourroit ai- fément percerle creufet. Il faut examiner les Scories pour voir fi elles ont les fignes
»
260 ÉLÉMENS '1 qui marquent qu'elles fe font bien faites
III, Socurron.
LE Mélez une partie de la fubflance terreufe ou pierreufe, avec deux parties: de Litharge ou de Minium, mettez ce mélange dans un creufet, couvrez-le d'um couvercle que vous lutterez fur le creufet, 'bites fondre le mélange dans un fourneau à vent, ou au fourneau de forge à laide du foufflet, | . TI. Caflez le creufet après qu'il f fera refroidi , prenez le Verre qui fe fera : formé, pulvérifez-le & le mêlez avecen< core une fois autent de flux noir, mettez le 'out à fondre dans un creufet fort ample; quand la matiere fera devenue par= faitement fluid retirez le creufet > après avoir frapé quelques coups deffus vous le placerez dans un lieu fec; caffez lecreu- {et après qu'il fera refroidi, vous trouverez que le Plomb fe fera réduit, & il contiendra PArgent qui étoit renfermé dans la terre ou dans la pierre.
Remarques.
1°. Quand on veut faire fondre une terre ou une pierre avec de la Chaux de
Plomb ; il faut prendre bien garde qu'ià
bE DOCIMASTIQUE. 26É _ entre point de matiere inflammable dans le mélange ou dans le creufet ; ( voyez le Problême LXXIII. de la Chimie métallurgique ) : malgré cela on ne laifle pas que de trouver toujours un petit Ré- gule de Plomb.
2°. Le Phlogiftique qui eft dans le flux noir fert à rédire le Plomb du Verre de Plomb, & pendant que cela fe fait, l'Argent s'unit avec les particules du Plomb qui font également répandues dans toute la maffe du Verre. Il faut auñi remarquer ici que par cette vitrification & réduc-tion du Plomb il s'opere des changemens tres-finguliers, & il peut très-bien fe faire qu'on obtienne plus d'Argent qu'il n'y en avoid dans la fubftance terreule ou pierreufe, foit que cela arrive par une maturation, une production ou par une simple féparation ; c'eft là-deflus qu'eft fondée la Minera arenaria de Becher. L'Alcali qui eft contenu dans le flux noir contribute à la diffolution de la partieterreufe ou pierreufe qui a été dégagée du
Verre de Plomb.
RS %s
Probléme. Il
Séparer l'Or & P Ar gént contenus dans le Plomb par le moyen de la Coupelle,
Solution.
I. P RENEZ une Coupelle bien fé-
chée qui pefe au moins la moitié du Plomb que lon veut mettre deflus, & dans le crux de laquelle il puiffe tenir un Régule ou Culot trois fois plus grand que celui qui s'y former : mettez cette Coupelle fous une mouffle au fourneau d'Effai. Sila Coupelle n'eft faite qu'a- vec des os calcinés, laiflez la rougir: pendant un quart - d'heure , & pendant une heure entiere s'il eft entré de la cendre de boïs dans fa composition;. c'eft ce qu'on appelle faire fumes La Coupelle, Si le Plomb eft en morceaux enters, applatiflez-le à coups de marteau , envelopez ce Plomb dans du papier, & mettez-le avec précaution {ur la Coupeile de peur de l'endommager : le Plomb commencera à fe coupeller à un dégré de chaleur convenable, c'eff- a-dire, il commencera à boujllonner & à
à | DE DOCIMASTIQUE. 26? fumes il fe former continuellement à fa surface une Scorie ou de la Litharge qui fera pouffée vers les bords de la Coupelle, & qui en fera absorbée, ce qui lui fera prendre une couleur brune jufqu'aux en=
droits où elle aura été pénétrée.
Tout ce qui fuit jufqu'au numéro $. des Remarques eft tiré mot à mot de la Do-cima/fique de Cramer , & fe trouvera dans la Traduétion Françoife, Tome ITI, depuis la page 26 jufqw'a la page 43.
2°. Lorfqu'on voit une couleur jaune brillante, qui s'étend fur le bouton qui eft refté fur la Coupelle, on pourrajuger qu'il contient beaucoup d'Or; car par cette opération l'on obtient Or &l Ars gent qui étoient dans le Plomb, attend que le feu n'ôte rien à ces deux Métaux.
3°. J'ai commencé par ces deux Problêmes ou Opérations , parce que c'eft l-deffus que font fondés tous les Effais de lPArgent; car d'abord on cherche à füre pafler dans le Plomb lArgent qui {e trouve dans une fubftance, & enfuite on en dégage le Plomb de la maniere qui a été dite, |
Le > =" |
GEL ERMESESE ? # 2 RTE qi. À eee 2000 ame ne re RU PTE ne Sd ee nc po Lee de
Probléme. Ii:
Effayer des terres € des pierres pour voir. fe elles contiennent de l Argent.
de la maniere indiquée dans le Problême T. . IT Séparez l'Argent du Plomb que ÿous aurez obtenu fuivant la méthode indiquée dans le second Problème, & pefez VArgent qui fera refté fur la coupelle. III. En même tems mettez fur une coupelle à part autant de plomb que vous en aurez employé dans le premier procé- dé pour le faire coupeller, le bouton d'Argent que vous obtiendrez fe nomme bouton de Plomb ; il faudra le dédire du bouton d'Argent que vous aurez obtenu par l'opération de n°. 2; par-là vous aurez le vrai contenu. Pour y parvenir plus aïifément on n'aura qu'à mettre le bouton de Plomb dans le baflin dela balance dans lequel on doit mettre les poids.
Remarques.
2°, Effayer une fubflance pour voir fi elle
| DE DocrMASTrQUE 26# elle contient de l'Argent , n'eft autre chose que d'en déeager l'Argent fuivant le poid réduit, pour favoir combien il en
contient & combien on pourra en obteni dans le travail en grand : il faut done que les deux opérations s'accordent ; & comme dans le travail en grand la pierre ou la terre refte dans les Scories, il faut que la même chose arrive ici, attend que'toutes les Scories contiennent encore de PArgent. Ainfi quand on veut faire un Effai avec exactitude, il ne faudra pas {e fervir de la méthode qui confifte à mettre fimplement du Plomb für la coupelle , & tandis qu'il bouillonne & diminue, à y porter peu-à-peu la pierre ou la terre en petites portions; car comme les Sco-ries pénétrent dans la coupelle avec le Plomb, on obtiendra auffi Argent qui "eft refté dans les Scories, & par confé- quent on en aura davantage que l'on ne peut en tired dens Îe travail en grand. Pour la même raifon on ne pourra faire usage de la méthode indiquée dans la Te Solution que rarement & dans de certains
cas feulement. © 2°. On ne trouve prefque jamais de ÆFlomb qui ne contienne de PArgent : ainf fi Von ne faifoit point lPEffai du Plomb , & fi l'on ne déduifoit point le bouton d'Argent qu'on en a obtenu, de
Tome À : M
Mn: #1
Paré CO 'ÉLENENS #6
celui qu'on a obtenu par Fautre Effai; on auroit un produit plus grand, atten+ du que l'Argent qui étoit dans le Plomb refteroit fur la coupelle avec celui qu'on auroit obtenu de la terre ou pierre dont
on a fait l'Effai.
Probléme Iv:
Effayer le Cuivre pour soir s'il contient de L'Argent, ou bien féparer le Cuivre de VArgent par la coupelle.
Ce qui fuit eft tiré mot à mot de la Docimaftique de Cramer. Tom. I IT. depuis la page 76. jufqu'à la page 83. de la Tradu@ion Fran- çoife.
Probléme V®:5
Effayer à La Coupelle un alliage de Cuivre, & d Argent.
Ce qui fuit efl tiré de la Docimaftique de Cramer, Tom. III. depuis la page 91. juf
qu'à 97e ;
DE DOcrMASTIQUE. 267 =
…
PIROOBÉEMES VTT Efayer le Bifmuth & le Réoule d'A:-
timoine pour voir $ils contiennent de l'Argent. SOLUTION,
M ÉLEZ le Bifmuth avec quatre ou fix fois {on poid de Plomb , & le Régule d'Antimoine avec huit ou dix parties de Plomb; mettez le mélange fur le Teft à fcorifier ; donnez un feu doux pour que la fcorification fe faffe, & continuez jufqu'à ce que la fumée change de couleur ; laifflez encore la fcorification {e faire pendant un demi quart d'heure ; alors vuidez le creufet, féparez le plomb des Scories , paffez - le à la coupelle , & pefez le bouton d'Argent que vousaurez obtenu.
RUE IP A RIOUD ES 1". Le Bifmuth & le Régule d'Anti-moine
font tous deux aifément changés en Verre par la simple application du feu, cependant le premier fe vitrifie plus : promptement & plus parfaitement que le
M ji;
268 . ÉLÉMENS L. dernier; comme lun & l'autre de cef demi-Métaux eft plus léger que le Plomb, ce Métal en eft toujours recouvert; & suffi-tôt qu'ils font changés en Verre &e font repouflés vers les bords de la cou-pelle , ils laïffent la portion d'Argent qu'ils contiennent dans le Plomb, &{ont remplacés par des particules femblables À la surface de ce Métal : ces particules paroiffent être plus terreules & confé= quemment plus réfractaires dans le Ré- gule d'Antimoine, c'elt pourquoi il faut y joindre une plus grande quantité de Plomb quand on veuten faire VEfei. Lorfqu'un Métal doit être vitrifié par la feule action du feu, il faut qu'il lui en leve une partie volatile qui fe dégage {ous la forme d'une fumée ; celle qui part du Régule d'Antimoine eft brune, celle qui part du Bifnuth efl jaunâtre, & celle du Plomb eft grife : fi l'on remarque que 1a fumée brune cefle, & que celle qui ef grife fe montre, c'eft un fgne que le demi-Métal eft décompolé ; on laiffe pouttantencore le mélange dans le même état; afin que la petite portion qui pourroit encore être reftée avec le Plomb puife s'en déeager entiérement, Si en effayant le Bifmuth le Teft fe remplifloit d'une | trop grande quantité de Scories au poin! que le Métal en fût entiérement couvert,
DE DOCIMASTIQUE. 269 il faudroit le verfer fur un autre Teft & y continuer la fcorification ; car plus la surface du Métal eft couverte moins la {corification peut fe faire , & par confé- quent l'opération languit. 2°. On peut effayer le Bifmuth feul à la coupelle, & par conféquent on peut non-feulementen déeager l'Argent, mais encore s'en fervir pour féparer celui qui eft dans d'autres fubftances ; mais lorfqu'on aune grande quantité de Bifmuth, ou quand on n'applique point le feu d'une maniere convenable, il fe fait des fentes à la coupelle, &le Bifmuth pañle au travers. Le Verre d'Antimoine fait encore plus fortement fender les coupelles, & il life des Scories à leur surface , c'eft pourquoi on fera très - bien de procéder de la maniere qui a été indiquée.
Problème. Vif.
Effayer le Zinc pour voir sil contient de
| SOLUTION. 1. M ETTEZ un quintal de Zinc
fur un Teft que vous placerez Tous une Mouffle, augmentez le feu juf- j, #5;
270 DÉS ME NAN TE à qu'à ce que le Zinc s'allure, donne une : flamme d'un verd bleuâtre , & fe change en une matiere blanche femblable à de la laine. Lorfque la flamme ceflera, retirez avec précaution vers les bords, à Paide. d'un petit crochet, la matiere blanche qui | £e fera formée, afin que rien nefe perde; cette matiere s'enflammera de nouveau 3 continuez ce travail jufqu'à ce que tout le Zinc foit confumé & changé en une efpèce de laine ou de matiere cotonneufe.
TI. Prenez un quintal de la Chaux de' Zanc, ou de la matiere femblable à de la Jaine ; mêlez-la avec deux quintaux de Verre de Plomb, faîtes - en la fcorifica= tion avec douze quintaux de Plomben grenaille fuivant la méthode indiquée' dans le premier Problème; faîtes - en la coupellation fuivant le problème IT, &': pefez le bouton d'Argent que vous aurez obtenu.
Remarques.
Un feu trop violent eft capable d'en- - traîner, non-feulement une portion dela matiere femblable à de la laine , mais encore du Zinc tout entier, & par confé- quent une portion de l'Argent; ainfi il faut que la calcination fe faffe à un feu. doux. Pour la même raifon' il ne' faut
Là
HE DociMASTIQUE. 271 point {orifier le Zinc feul avecle Plomb, parce que la fumée du Plomb contribute-toit encore à le difiper, ce qui feroit qu'on perdroit encore plus d'Argent.
aan PROBLÉME VIIF.
Effcyer PEtain pour voir sil contient de l' Argent.
Solution.
ARTAGEZ un quintal d'Etain en deux parties égales ; mêlez chacun de
ces demi-quintaux avec deux quintaux de Plomb; mettez ce mélange fur un Teft ue vous placerez fous une Mouffle ; ne js qu'un dégré de chaleur aflez fort pour rougir obfcurément le Teft, la fur-face du Métal fe couvrira d'une Chaux où d'une cendre luifante ; tirez-la avec précaution fur les bords du Teft, afinque rien ne fe perde, en vous servant pour cela d'une petite cuilliere; faites la même chose jufau'à ce que vous n'apperceviez plus qu'il s'éleve de particules luifantes : alors retirez le Teft, laiffez - le refroidir peu-à-peu , raffemblez la Chaux ou cendre qui fe fera formée , mêlez chaque
M 1v
572 ÉDÉMENET. HA partie avec deux quintaux de Verre de Plomb ; portez -la fur un Teft, & joignez au Plomb qui eft refté encore dix quintaux de Plomb en grenaille ; faites-en la fcorification fuivant la méthode indiquée dans le Problême premier, coupel- . lez chaque partie de Plomb fur une cou-pelle à part, & obfervez de gouverner le feu comme il eft dit dans le Problême V. Comparez les deux boutons d'Argent . que vous aurez obtenus, & voyez s'ils font égaux ; s'ils ne fe trouvent point tels , il faudra recommencer toute l'o= pération.
Remarques.
Cette méthode eft la meilleure & Îa 3 * P » 9 e plus aifée pour calciner l'Etain ; & coms me en même tems il fe calcine une quan-tité de Plomb prefque égale qui s'unit avec la Chaux d'Etain, cette derniere devient plus propre à être fcorifiée; c'eft . pour cela qu'il ne faut point donner trop : de feu de peur que cette Chaux ne commence point à enter en fusion, & ne 5) : . . < s'attache au Left dont il feroit enfuite difficile de la déteacher pour la mêler avec le Verre de Plomb. Toutesles autres méthodes d'effayer l'Etain pour voir s'i contient de Argent, comme d'em.
en
DE DOCIMASTIQUE. 273 ployer pour cela le Cuivre ou Le Fer, font pénibles & longues, parce qu'il faut auffi commence par effayer fi ces Métaux ne contiennent point d'Argent, & outre cela parce qu'il faut y joindre une très- grande quantité de Plomb.
RO LE ME sal LR
Efayer le Fer pour voir sil contient de l'Argent.
S:O Eu Tion:
Voyez la Docimaftique de Cramer. Tom, #II. pag. 65. & fl. É
Pr Ohrileme..:X".
Effayer des Alliages métalliques pour {ea voir s'ils contiennent de Argent lorfque ces Alliages ont de la peine à être mis en diffolution ou à être fcorifiés par le Plomb, furtout quand ils font en même tems fujets à ravir ou à diffiper.
Voyez la Docimalt'que de Cramer. Tom II, pag. 102, & M, jufqu'àa lapage 165. My
Problème. Xi.
Effayer des Mines pour voir Ji elles con-contiennent
de l' Argent.
Solution.
É 6 I l'Argent n'eft que répandu dans LD ]a Mine, & qu'on puifle larédire en Schlich, on la pulvérifera & la lavera pour en féparer la partie métallique la lus pefante. |
II. Onfera griller un quintal de la Mine prife en, différens endroits d'un tas, ce qu'on appelle Loriffage.
TII. Quand cette Mine aura été gril- lée, on n'aura qu'à la laiffer fur le même Teft qui a fervi à la griller, & la mêler avec huit quintaux de Plomb en gre- : naille ; fi elle eft difficile à fondre on y joindra un quintal de Verre de Plomb & douze quintaux de Plomb, & onen fera la fcorification fuivant la maniere qui a été indiquée dans le Problème premier.
I V. On coupellera le Plomb reftant faivant le Problème IT. on pefera le bouton d'Argent fur la balance d'Effai, & on déduira de fon poid le bhutan qu'aura donné le Plomb.
DE DoOcIMASTIQUE.27$
Remarques.
- 1°. I fut d'abord pulvérifer & laver la Mine ; par - là il fera aifé de calculer combien un quintal de Mine brute contient d'Argent. Il ne faut point non plus Aire oublier de l'Eflai de la Poudre qui fera lavée par le lavage.
2°. Un Métal neft communément fous la forme d'une Mine que par fa com-binaïfon avec le Soufré ouù'avec l'Arfenic, ou avec l'un & l'autre à la fois; inf fi l'on veut obtenir la partie métallique , il faut en déeager ces fubflances, rien neft plus propre à produire cet effet que le grillage. La plüpart des Ef- 'fayeurs ne fe donnent point la peine de griller les Mines aifées à fondre , ils les ettent tout de quite fur le Teit avec du Plomb, & pendant que la fcorification s'opere, l'Arfenic & le Soufre en font dégagés par l'action du feu, mais il refte une portion de l'Arfenic , & il forme avec le Plomb une combinaifon fufble qui eft très-propre \ diffoudre les fubfrances terreufes & pierreufes. . 3°, Dans le cas dontil s'agit, c'eft la partie ferrugineule & terreule qui rend les Mines réfractaires, fuivant que ces fubftances s'y trouvent mélées en plus ou moind:e quantité. Parmi les Mines aiftes
M vi
276 GÉDÉMEE NS ALT LAN à fondre on compte la Mine d'Argent cornée, la Mine vitreufe, les Mines d'Argent rouges, blanches, grifes, la Mine de Plomb. Prefque toutes les autres Mies font difficiles à fondre, & fur-tout celles qui font vifiblement mélées de beaucoup de terre ou de pierre. Si ke Fer fe trouve déja fous fa forme métallique dans une Mine au point d'être attirable par l'Aïman , il faudra procéder fuivant le Problême VIII.
4. S'il ya du Bifmuth ou de PAnti= moine dans la Mine, il faudra continuer la fcorification jufqu'à ce que le Plomb ne foit plus aigre, mais pur & dudile;s fans cela la coupellation ne réuflira point, il fe former fur la coupelle des Scories qui la rongent.
Probléme Xii:
ÆEffayer ft les Scories des Opérations précé: denies contiennent de l'Argenr.
. La Solution de ce Problème eft dans fa Do. cimaflique de Cramer. Tom, IIE, Procédé XI, pag. 106, jufqu'à 109 (
éd Lo 4
DE DOoCIMASTEQUE.277
Problème Xiif,
Effayer de l'Argent pour voir s'il contien£ de l'Or,
Solution.
TL DD EsEz deux fois un demi - mare d'Argent poid d'Effai ; Si cet Âr-
gent n'eft point pur il faut le coupeller fur deux coupelles différentes, & remarquer le déchec; alors on l'éprouvera au moyen des aiguilles d'Effai de la Cara-ture blanche; fon trouve que dans l'alliage il y ait fix Karats d'Or au moins, & dix-huit Karats d'Argent ou plus, on pourra en faire le départ au moyen de PEau-forte, finon il faudra y ajouter af-fez d'Argent pour qu'il y en ait trois fois plus que d'Or dans Palliage. | 2. Réduifez l' Argent en lames minces à coups de marteau, & fi vous remarquez qu'il foit aigre ou caffant fous le marteau, vous le perez rougir à plufieurs reprifes : formez des petits rouleaux de ces lames , faites-les rougir de nouveau, mettez-les dans un matras, verfez par - deflus une fois autant d'Eau - forte précipitée &
'098 ' Élémens
d'une force modérée ; après avoir bouché . le matras avec un morceau de papier; on le placera fur un trépied au-deflus de quelques charbons ardens ; on verra s'é- lever des bulles d'air en forme de chapelet; la diffolution deviendra blanchâtre & femblable à de l'écume ; lorfqu'elle feraredevenue claire, & lorfqueles bulles qui s'éleveront front de la groffeur d'un pois , ce fera un figne que la diflolution {era faite. Vuidez le matras & verfez un peu d'eau pure dans l''Ezu-forte, remettez-le fur les charbons, & continuez le procédé comme auparavant ; réitérez la même chose encore une fois : verfez de l'eau claude bien pure fur ce fqui n'aura point été diffout , faites-la bouillir, dé- cantez-la & réitérez la même chafe deux & même trois fois; rempliflez de nouveau le matras avec de l'eau, mettez une capfule renverfée fur fon ouverure , qui doit avoir été ufée ; renverfez le matras entenant la capfule contre fon ouverture, & foulevez-la en l'air par un côté, afin qu'il y entre un peu d'air & qu'il Eu en fortir un peu d'eau ; continuez a même chose jufqu'à ce que la capfule {oit pleine ; fi toute l'eau ne peut point tenir dans la capfule , tirez le matras doucement vers fes bords, ou bien bouchez {on ouverture avec un morceau de papier
Lé
DE DOCIMASTIQUE. 279 Fort qué vous glifferez par-deflous, après quoi vous l'ôterez. Si l'ouverture du me-tras n'a que deux ou trois lignes de dia- _métre, on pourra le retired tout d'un _ coup de la capfule fans craindre que l'eau en forte. Décantez auffi très-doucement l'eau continue dans la capfule, faites-la fécher peu-à-peu avec l'Or qui fera def- {us ; fous une mouffle que vous perez enfin rougir; retirez la capfule, laïffez-la refroidir, pefez l'Or que vous aurez obtenu, & déduifez-en ce qui eft refté dans lEau-forte.
Remarques.
4
1°. Il faut que l'opération de la cou- "pelle précéde, afin de déeager les autres Métaux , de peur qu'ils ne caufent de l'i- nexattitude dans le procédé.
2°, L'expérience a fait condoître qué lV'Eau-forte n'eft paint en état de difloudre l'Argent d'un alliage , lorfque POr fait plus que le tiers de la maffe totale : ainfi plus la quantité d'Or eft au-deffous du tiers, plus PEau-forte a de price fur l'Argent ; cependant elle ne laifle point que d'agir très-fortement & très-promtement fur l'Argent lorfqu'il y en a trois parties contre une d'Or; c'eft ce qui a fait donner le nom de Quartation où d'Inquar t à cette opéra:ion,
3°. L''Eau-forte n'eft prefque jamais parfaitement purée, elle et prefque toujours mêlée d'Acide vitriolique ou d'A- cide du Sel marin; comme ce dernier Acide précipite l Argent qui a été diffout dans l'Eau-forte, en fe servant de l'Eau-forte telle qu'elle eft, l'Argent pourroit y être précipité en même tems que dif-fout , il refteroit uni avec lOr, & feroit qu'on ne pourroit exactement en con-noître la quantité ; c'eft pour cela qu'il faut déeager l''Eau-forte des Acides qui lui font étrangers, c'eft ce qu'on nomme précipiter ; cela fe fait de la maniere fui« ante : On prend la trentéme ou la quarantiéme partie de PEau-forte qu'on a à purifier , on y fait difloudre de PAr-gent ; fi la diflolution devient trouble, c'eft une marque qu'elle a befoin d'être purifiée. Quand il ne fe diflout plus rien, filtrez la diflolution encore claude aa travers d'un papier gris, enfuite faites-la tomber goutte à goutte dans le refte de VEau-forte ; elle deviendra aufli trouble & blanchâtre ; continuez à y laifler tomber des gouttes jufqu'à ce qu'en y tombant elles n'y excitent plus de petits nuages blanchâtres ; donnez au Précipité le tems de fe dépofer , & décantez-en l'Eau-forte lorfqu'elle fera devenue claire à TEmpide : on peut aufli lafilirer au travers
DE DoOCcIrMASTIQUE. 287 d'un papier gris plié en quatre, mais il faut avoir la précaution de n'en mettre que peu à la fois, parce que fans cela le papier pourroit fe déchirer. Lorfque VEau-forte eft trop forte ou trop foible elle n'agit point du tout fur lArgent; dans le premier cas, il faut y ajoûter de l'eau, & dans le second cas il faut y ajoü- ter de l'Efprit-de-Niître plus concentré. On peut auffi rendre plus fort PEfpritde-Nître qui eft trop foible en le difüil-lant pour en enlever l'eau fuperflue. 4°, Jamais L'Eau-forte ou l'Efprit-des Nître ne peut emporter tout l'Argent qui eft allié avec de l'Or , ilenrefte toujours un demi-grain ou un grain entier {ur un Marc , fuivant la nature de l'Eau-forte qu'on a employée 3 c'eft ce qu'on nomme le reflant de l'Eau-forte : par confé- quent il faut dédire cette portion d'Ar= gent de l''Or qui refte; fi l'on veut con-noître exactement la quantité de ce qui refte , il faudra, fuivant le procédé indi-qué dans le Problème LXXVITF. de la Chimie métallurgique , prendre deux de= mi-marcs d'Ortrès- pur ; on les mettra chacun à part avec trois fois autant d'Argent parfaitement pur fur une coupelle bien féchée ; lorfqu'on l'aura fait rougir fortement, mettez fur chaque coupelle un quintal de Plomb qui ait été parfaitez
ment effayé ; laiffez encore le tout au fiurneau environ deux minutes après l'éclair ; alors retirez lés coupelles, & pefez les deux boutons, s'1ls ont tous deux le même poid , il y a lieu de crore que l'opération a été bien faite, finon il fau-dfa recommencer. On fera diffloudre les boutons de la maniere indiquée dans la Solution de ce Problême ; pefez les petites particules d'Or qui refteront après les avoir fait rougir au feu ; file poid des deux opérations n'eft point égal, ou fi les deux ne font point un marc, il ya lieu de crore que l'opération a été man-quée , & il faudra la recommencer; mais fi tout a été fait avec foin, on remarquera l'accraïffement du poid qu'on regardéra comme la païtie d'Argent qui n'a pas été emportée par PEfprit-de- : Nître ; il faudra s'affürer de ce refte toutes les fois qu'on fe fervira d'une nou« velle Eau-forte. :
- 5°. Quand l'Eau - forte a été faite pat le moyen d'un Alun dans la préparation : duquel on a employé de PAlcali vola= tile, on ne pourra point s'en fervir dans : cétte opération, car cet Alun contient : "encore une portion d'Alcali volatile qui pafle dans la distillation avec PEau-forte, & fe combine avec elle. Comme l'Alcali volatile diflout l'Or , fuivant le Pro=
pE DocrMASTIQUE. 283 Llôme XX XVI. de la Chimie métaliurgique , une Eau - forte de cette efpèce diflolvera auffi une portion de POr, & fera que l'Effai fera peu exact.
Probléme Xiv°.
Effayer ft'une Subftance foffile contient de lOr. _SoLUTION.
; P \/ Ous procéderez de la même maniere que fi vous vouliez effayer fi cette Subftance contient de PAr-gent , fuivant la méthode donnée dans les Problèmes qui précédent, l'Or reftera fur Jacoupelle ; & s'il y a auffi de l'Argent, vous-obtiendrez en ces deux Mé- taux. II. Vous. féparerez POr de PArgent de la maniere indiquée dans le Problé-
me XIIF. REMARQUES. 17 Gbninie POr no plus que PAr= gent ne peut être détruit par le Plomb
ni par le Verre de Plomb , on pourra le féparer comme lArgent des autres
284: 0 ÉrcémEenscC re Métaux avec lefquels il peut être mêlé | par la fcorification & la coupelle; mais comme l'Or ne fe trouve communément qu'en très-petite quantité dans les Subftances foffiles ; & comme on n'en trouve que très-peu dans un quintal d'Effaï, on fera beaucoup mieux d'en prendre huit à douze quintaux à la fois.
2°. On peut auffi parer Or de l'Argent au moyen de l'Eau régale; mais on fe fert plus communément pour cela, & beaucoup mieux , de l'Eau -forte ou de PEfprit-de-Nître.
Probléme Xv:
Effayer des Mines, des Terres &'.des Pierres; - pour voir ft elles contiennent du Fer,
Solution.
&. P RENEZ deux quintaux de l'une
de ces fubftances que vous perez griller ; faites-en deux parts égalès, mê- lez chaque partavec moitié autant, c'eft- à-dire, avec un demi - quintal de Verre pulvérifé , fi la fubftance eft aïfée à fondre & riche en Métal; maïs fi on ne
compte en tired qu'une petite quantité
:. 5e DocrmAastrout 26? de Métal , on y joindra encore un demi-quintal de Borax calciné ; fi on s'eft ap-perçu qu'il s'eft dégagé du Soufre ou de PArfenic dans le grillage, il faudra encore y joindre un haitiéme ou jufqu'à un demi-quintal de Chaux : ajoûtez à ce mélange douze livres de charbon, bien pulvérifé, que vous mêlerez avecletout,
II. Prenez un bon creufet que vous remplirez d'une brafque mouillée com-pofée de trois parties de charbon en poudre & d'une partie de Glaïfe; vous la preflerez vers le fond & vers les côtés du creufet, afin d'y former un petit crux dans lequel vous mettrez le mélange du n°. 1. vous le prefferez légérement ; couvrez le tout avec du Verre pilé, couvrez votre creufet avec un couvercle ; placez deux vaiffeaux femblables à environ quatre doigts de la tuyere du foufflet, de maniere que le vent qui en part pañle entre les deux creufets environ autiersde leur hauteur en comptant du bas; rempliflez l'efpace qui eftentre les deux creufets avec des charbons de moyenne grandeur; mettez des charbons par -deflus, afin que le feu gagne de haut en bas, & fafle rougir parfaitement les vaifleaux ; foufflez doucement dans le commencement, enfuite faites aller le foufflet fortement pendant une heure ou cinq quarts
BE / 286 ÉLÉMENS j d'heure ; Ôtez alors le creufet , & caffez= le lorfqu'il fe fera refroidi, on trouvera un culot dans le fond du creufet, & quelquefois quelques petits grains de Fer dans les Scories, qu'il faudra en detached pour les pefer avec le culot ; effayez en-quite fi ce culot peut être traité à froid ou à chaud au marteau.
Remarques.
1°. Pour déeager un Métal à l'aide du feu de la partie terreufe ou pierreufe qui Paccompagne, il faut la changer en Sco-rie ou en Verÿe ; on peut y parveniren y poignant ur'corps propre à difloudre ces fubftances, & à faire avec elles du Verre ou ung Scorie dont les parties mé- talliques cœnme plus pefantes fe déga-gent pour tomber au fond & former.un culot ou Régule : il eft certain que le Sel alcali qui {e trouve dans le flux noir & dans le flux blanc eft un grand difolvant des pierres & des terres; ( voyez les : Problèmes XIII. XIV. XV. & XVI. de la Chimie métallurgique ; ) mais ce même Alcali diflout aufli le Fer, fur-tout quand il eft fous la forme d'une terre ; ( voyez le Problême XXVIEL® de la Chimie mé tallurgique. ) Cette diflolution s'opere d'autant plus fortement qu'on fait durer
De Docimastique. 287
Îe feu plus long-tems; voilà pourquoi dans les Effais ordinaires où l'on fe fert d'un Sel alcali, on n'obtient que peu, ou même point du tout de Régule de Fer ; au lieu que le Verre eft propre À diffoudre une portion de la terre ou de la pierre, mais il n'agit que très-peu fur le Fer ; par conféquent le Verre eft le meilleur fondant dont on puifle fe fervir dans cet Effai, comme l'expérience le confirm. Si la Mine eft peu chargée de Fer, on peut ajoûter encore un peu de Borax, mais on ne peut point employer le Borax feul, parce qu'il entre en fusion & fe fépare de la Mine avant qu'elle ait acquis la forme métallique. On ajoûte de la Chaux, non-feulemgnt pour abforber le Soufre & l'Arfenic qui peuvent être reftés dans la Mine , mais encore parce qu'elle agit comme un diffolvant fur la terre & la pierre des Mines de Fer qui font communément argilleules ; (voyez le Problème XVIF. de la Chimie métallurgique 3) c'eft pour cela que dans le travail en grand on ajoûte de la Chaux, & même dans de certains cas du Gypfe à la Mine de Fer, pour en faciliter la fusion. ' 2°. La Terre martiale pour fa réduc= tion, & le Fer lui-même pour fa fusion, exigent un feu très-violent & de longue
288 ÉLÉMENS à durée; aïinfi il ne faut point employer dans l'opération préfente une matiere inflammable fubtile, parce qu'elle feroit con" fumée avant que d'avoir produitfon effet; äl eft à propos de fe fervir de charbon bien pulvérifé ; mais comme on fçait que les charbons ne fe confument que très-peu ou point du tout dans Îles vaiffeaux fermés , il fut prendre garde de n'en point mettre trop, parce que fans cela ils empêcheroient le contact des particules de Verre & de celles du Fer, & par-là les premieres ne pourroient point former de Scories , ni les dernieres de culot ou de Régule. Plufeurs expérien-ces m'ont fait connoitre qu'environ un huütiéme de charbon, eu égard au poid de la Mine, étoit la meilleure proportion. 3°. Quand le Fer eft environné de charbons , il ne fe décompose point 3. "voilà pourquoi le Fer qui a été tiré de la Mine va fe rendre fans déchec dans le crux qu'on a formé dans la brafque. On: joint un peu de Glaife aux charbons pul- vérités , afin de leur donner plus de corps & de les rendre plus compactes, de peur. qu'il ne fe loge de petites parties de Fer entre leurs intervals. Comme je fuis dans l'usage de former dans des moules de Cuivre les creufets deftinés à foutenir un grand feu, je puis faire ce crux avec : beaucoup
DE DocimMASTrqQUE. 285 beaucoup de précifion & d'exaëtitude à laide du Moine; alors je prefle la braf-que vers les parois du creufet, & enfuita jy applique le Moine une ou deux fois, : I] vaut mieux que le vent pañle entre les creufets que de donner direétement def-fus, parce que dans ce dernier cas il faus qu'ils foient bien forts pour pouvoir ré- fifter. Je fuis dans lufage de placer cinq creufets fur une tuile {ur laquelle je les affujettis avec de la glaife , & je les place de maniere que le vent du fouflet fait pañler la flamme entre les deux premiers creulets, de-là elle eft obligeé de roller fur le cinquiéme & derevenirenfuite fur elle- même. En faifant aller le vent du foufllet il faut avoir foin que l'efpace qui eft entre le foufflet & les vaifleaux ne demeure Jamais vuide, parce que fans cela Pair froid pourroit aïif£ment les faire fondre : on ne peut point déterminer exa@tement combien de tems il faut faire marcher le fouflet, cela dépend de fa force & de la nature de la Mine qu'on traite , pourvû que les vaiffeaux puiffent y réfifter'; il n'y a cependant point d'inconvénient à faire marcher le {oufflet un quart d'heure de plus. Il eft rare que l'on obtienne du Fer ductile & malléable dès la premiere opération; fa qualité aigre & caffante Vient non - feulement du Soufre & de
Tome II, N
VArfenic qui font reftés avec le Fer, mais encore {ouvent de la terre avec laquelle il eft encore mêlé ; voilà pourquoi on emploie fouventla Chaux & le Gypfe dans les travaux en grands fur le Fer , comme des fubftances propres à diffoudre ces terres.
+ PROBLÉME XVT. Effayer des Mines pour fravoir fe elles
contiennent de l'Etain. SOLUTION.
I. CIla Mine d'Etain eft accompagnée d'une terre légere & tendre , il n°y aura qu'à la laver & la pulvérifer ; mais fi elle eft jointe avec des pierres dures & avec des Mines de Cuivre & de Fer, il faudra commence par la griller ; enfuite vous la réduirez en poudre , & vous la grillerez de nouveau. ' LI. Mêlez un quintal de la Mine d'E- tain préparée avec un demi - quintal de Borax calciné, & joignez- y encore un : demi-quintal de poix réquite en poudre. . II. Humectez du charbon bien pulvéri- £é avec de l'eau, de maniere qu'il forme uneefpècede bouillie; rempliffez le creu-
DE DocrMAsTrQuUr. %or fet de cette matiere jufqu'en haut, render- {ez promptement le creufet, afin que ce qu'il y aura detrop en forte; par-là toute {a surface intérieure fera couverte d'un enduit léger de poufliere de charbon ; mer-tez dans ce creufet le mélange du n°. II. couvrez le tout avec un demi-quintal de Borax , & mettez un couvercle fur le creufet que vous placerez au fourneau À vent, & faites que le feu s'allure de haut en bas. Lorfque la Poix ne brülera plus, donnez un feu violent pendant un quart d'heure ; retirez alors votre creufet que vous poferez dans un endroit fec: vous frapperez quelques coups de marteau fur le creufet; laïffez - le refroidir enfuite, ôtez-en le culotavec les grains qui pourroient encore être reflés dans les Scories,
& pefez le tout.
REMARQUES. 1°. La Mine d'Etain eft dure & pe=
fante, voilà pourquoi on peut aifémene en déeager les particules terreufes par le lavage ; cette Mine ne devient point auffi tendre dans le feu que les autres fubftan ces pierreufes ou terreufes ; ainfi en réi- térant le grillage, les Pyrites fur-tout de. viennent plus tendres, & deviennent propres à être emportées par le lavage ;
N ij
202 ÉLÉMENS + mais fi la Mine d'Etain eft mêlée avec une Mine de Fer dure, pefante & difficile à calciner, il faudra après le grillage & le lavage l'en déeager à l'aide de l'Aiman. Le grillage fert à déeager de la Mine d'Etain les fubftances volatiles, & fur - tout l'Arfenic qui faciliteroïit fans cela la destruction de l'Etain , ou lui donneroit la forme d'un demi-Métal. On ne remarque que très-peu ou même point de Soufre dans la Mine d'Etain.
2°. Le Borax eft un Sel très-aifé à fondre, & qui n'eft que légérement al-calin ; il vitrifie les terres & les pierres à la vérité, maisil n'agit pas à beaucoup près fi fortement que les Sels alcalis fur les Chaux métalliques ; (voyez le Problême XX VILLE. de la Chimie metallurs.) par conféquent j'ai trouvé qu'on pou-voit s'en fervir avec les autres Métaux comme on fait du Verre dans PEffai du Fer : on ne peut employer le Verre dans l'opération dont il s'agit, parce que le dégré du feu qui feroit néceffaire pour le faire enter parfaitement en fusion, confumeroit l'Etain ; outre cela on tâche de déeager la Mine d'Etain autant qu'on. peut de la terre & de la pierre qui l'accompagnent, de forte qu'il ne refte avec elle guéres de fubflances à vitrifier 3 c'eft auffi pour cela qu'un demi - quintal de!
DE DOCIMASTIQUE. 293 Borax fuffit pour un quintal de Mine. On fera bien de faire PEffai de deux _quintaux à la fois, parce que le déchec eft toujours plus fenfible quand la quan-tité de Mine eft moindre. La poix fournit le Phlogiftique pour la réduction de la partie métallique ; on doit la préfé- rer parce qu'elle s'enflamme aifément ; & parce qu'on ne peut laiffer l'Etain long-tems dans le feu fans qu'il fouffre du déchec.
3°. L'enduit léger de poufliere de charbon réfifte au feu au point que lorfque l'opération eft finie on le retrouve prefque dans le même état ; il procure les mêmes avantages que la brafque ou le mélange de glaife & de charbon dans PEffai de la Mine de Fer; voyez le Pro- -blême qui précéde. On peut aufh cou- "vrir le mélange avec un peu de Borax, ou ce qui vaut encore mieux , On peut mettre le Borax lorfquela poix aura ceffé de brûler ; cela empèche qu'il nes'attache un grand nombre de grains du Métal à la surface des Scories ; ce qui arriveroit par la même raifon qui fait que de petites globules de Mercure peuvent nager à la surface de l'eau. On peut aufli faire cet Effai à l'aide du foufflet ; il faut feulement ne donner du vent que très-douce-
Net
ment , & ne le faire aller que pendant dix minutes.
4. Si on ne veut point pulvérifer & laver la Mine d'Etain, mais fi l'on veut Peflayer brute, il faudra la griller ; on mêlera un quintal de Borax fur un quintal de la Mine, on y joindra un demi-quintal de Verre, on mêlera foigneufement ces matieres , on les mettra dansun creufet enduit de pouffiere de charbon, on placera ce creufet près de la bouche du foufflet qu'on fera marcher pendant un quart d'heure ou vingt minutes ; alors on éteindra le charbon avec un ballet qu'on trempera dans l'eau, & on retirera le creufet ; dans cette opération on a plus de fubftances à vitrifier, voila pourquoi il faut donner plus de feu & de fondans pour favorifer la vitrification ; le Borax eul ne fuffiroit point , parce qu'il entre trop promptement en fusion, & il laifferoit les terres & les pierres tomber au fond du creufet avant que de les avoir changées en Verre. Si la Mine contient une portion confidérable de Fer, on pourra joindre au mêlange un quart de quintal de Sel alcali fixe, afin de difloudre le Fer, & pour que l'Etain s'en dé- gage d'autant plus pur. |
DE DocrMASTIQUE 29$
Probléme Xvi.
Effayer des Mines pour voir fi elles cons
tiennent du Plomb.
PREMIERE SOLUTION. M ÉLEZ deux quintaux de Mine de
Plomb grillée, fi elle eft aifée à fondre, avec deux fois, mais fi elle eft difficile à fondre , avec trois ou quatre fois autant de flux noir; joignez-y encore un demi-quintal de limaille de Fer non rouillée, & un demi-quintal de Fiel de Verre. Lorfque le tout fera bien mêlé, mettez-le dans un creufet, & couvrez le tout avec du Sel,
Il: SoLuTtTroN
Mélez un quintal de Mine de Plomb grillée avec un quintal de Borax calci- né, un demi-quintal de Verre bien pul- vérifé, un quart de quintal de poix, & autant de limaille.de Fer non rouillée ; mettez ce mélange dans un creufet dans lequel on aura paffé de la poufliere de charbon délayée dans de l'eau ; vous placerez ce creufet devant le dus ; lorfque
Iv
2206 50 ÉLÉMENSE re | le creufet commencera à rougir ; faites eHer le foufflet pendant quinze à vingt. minutes, alors retirez le creufet que vous caflerez après qu'il fe fera refroidi, vous trouverez à la partie fupérieure une Sco-ie, au milieu une efpèce de matte ou de lettier, & au ford un Culot ou Régule de Plomb que lon nettoyera & pefera.
Remarques.
'1°. Comme le Fer n'a point de difpofiction à, s'unir avec le Plomb, on peut s'en fervir avec fuccès pour achever de déeager la Mine de Plomb qui a été gril- lée du Soufre qui pourroit y être refté, parce que le Soufre & fon Acide ont plus de difpofition à attaquer le Fer que le Plomb ; c'eft cette combinaifon qui a for- mé l'efpèce de matte ou de lettier qu'on trouve dans cette opération.
2°. On peut auñli effayer de la Mine de Plomb fans l'avoir grillée, en y poignant beaucoup de limaille de Fer , par exemple , trois quarts de quintaux, & faifant le refte de l'opération comme il a étédit; par-là on obtient encore plus de Plomb , parce que le grillage a dû néceflairement en détruire une portion ; mais comme dans le travail en grand on ne peut fe
difpenfer de griller la Mine, le produit
DE DOCrMASTrQUE. 297 ñe feroit point exad fion faifoit l'Effai fur de la Mine non grillée ; mais lorfqu'il s'agit de faire un examen phyfique, il Vaut mieux fe fervir de Mine non grillée.
3°, I] faut auffi que j'avertifle que de tous les Effais de Plomb dans lefquels il fe trouve des fondans alcalins, il n'y en a point qui réufhfle mieux que celui qui {e fait à l'ordinaire, c'eft-à-dire , avec le flux noir : car comme on fait enter du Fer dans le mélange, & comme le Foie de Soufre qui s'elt formé, & le Sel al-cali ont plus de difpofition à agir fur le Fer que fur le Plomb, ce dernier Métal demeure affez inta@ ; & il ne peut être allié avecle Fer, puifque ces deux Mé- taux ne peuvent point s'unir ; mais la même chose ne peut point avoir lieu avec les autres Métaux.
4°. I faut que dans cet Effai le dégré du feu foit plus violent que dans celui de PEtain, pour que le Fer forme une matte avec le Soufre qui eft refté avec la Mire de Plomb : cependant l'opération réuflit au feu d'un fourneau à vent,
Probléme Xviii:
Effayer des Mines pour fçavoir fi elles con:
tiennent du Cuivre, SOLUTION.
T. L OrRsQUuE la Mine n'eft qu'é-
parfe & répandue dans fa Mi- . niere, & peut en être dégagée par l'eau, telle qu'eft la Pyrite cuivreufe , vous n'aurez qu'à la pulvérifer & la laver, ce qui s'appelle la rédire en Schlich. Si le Cuivre eft combiné avec du Soufre , de PArfenic , ou avec un demi-Métal dans fa Mine, vous en perez griller deux quin-taux : fur quoi il faut obferver que vers la fin du grillage il eft à propos de joindre à plufieurs reprifes un peu de fuif à la Mine , & de le laïffer brûler. On peut abfolument fe pañler du grillage pour les Mines aifées à fondre , telles que la Min: de Cuivre vitreufe, les Mines de Cuivre
azures & verte, le Bleu & le Verd de
Montagne ; cependant il vaut encore
mieux de les griller auffi avant que d'en
faire PEffai. | LI, Vous prendrezla moitié dela Mine
DE DOCIMASTIQUE. 299 qui aura été grillée ; mais prenez un quintal de la Mine qui aura été préparée ou réquite en Schlich après l'avoir féchée ; mêlez-les avec autant de Borax, un demi - quintal de Verre aîfé à fondre, & un quit de quintal de Poix ; mettez le tout dans un creufet dans lequel on aura pañlé de la pouffiere de charbon délayée dans de l'eau ; couvrez le mélange avec du Verre mêlé d'un peu de Borax, ou avec du Sel décrépité ; couvrez le creufet que vous placerez dans un fourneau à vent, ou que vous expoferez au vent du foufflet : lorfque le feu fera defcendu de haut en bas des charbons, donnez un feu très - vif pendant une demi-heure, afin que le creufet devienne d'un rouge clair ; alors retirez-le , laiflez-le refroidir, caflez-le, voyez fi les Scories font bien faites , féparez-en le culot qui doit être à demi duétile ; & qu'on nomme Cuivre noir, & voyez combien il pefe. :
REMARQUES. 1°. Le Verd & le Bleu de Montagne
ne peuvent point être réduits en Schlich,
c'eft-à-dire , être pulvérifés & lavés;
quoique le Cuivre ne foit combiné qu'a-
vec une terre légere dans ces Mines qui
font elles-mêmes très-légeres. Les Mines N v]
#00 ÉLÉMENS de Cuivre qui font renfermées dans uné gangue ou pierre très - dure que l'on eft forcé d'attendrir par le moyen dufeu, fe réduifent auffi par-là en une poudre noi- râtre & légere que l'eau entraîne; ainfi il ne faut point non plus le rédire en Schlich. Quant aux Mines pyriteufes qui font répandues dans une roche compaéte, 1l faut commence par les griller ; car fi on ne les grilloit point elles fe réduiroient en une poudre déliée plus aifé- ment que la pierre qui les environne, & l'eau pourroit aufh les entraîner ; au lieu que par le grillage elles acquierent plus de pefanteur & de folidité , de forte qu'on peut le rédire en Srhlich.
2°. Le grillage eft toujours néceffaire orfque la Mine contient du Soufre & de PArfenic ; car fans cela on obtiendroit an culot qui feroit plutôt une matte que du Cuivre noir. On pourroit prendre de la Mine de Cuivre non grillée pour l'E£ fai ordinaire qui fe fait avec le flux noir, parce que l'Alcali fixe du flux noir dif-fout ou le Soufre ou l'Arfenic. Dans l'un 'ou l'autre cas il fe fait une combinaifon 'qui eft un puiffant diflolvant des Métaux, 'qui peut par confquent agir fur le Cuivre & rendre l'Effai douteux. En faifant "brûler un peu de fuif fur la Mine , on facilte non-feulement l'expulfion des
DE DOCrMASTIQUE. 307 parties volatiles, mais encore on empé- che la deftruétion du Cuivre, ( Voyez le Problême LX XIII, de la Chimie metallurgique.
3°, Si la Mine de Cuivre eft très-pauvre, & fi elle fe trouve envelopeée dans de la terre ou dans de la pierre, fur un quintal de Mine on mettra un quintal & demi de Borax, un quart de quintal de poix & dix livres de Chaux de Plomb ou de Minium. La Chaux de Plomb fe réduira en Plomb qui fe chargera des particules éparfes du Cuivre, & tombera au fond du creufet avec elles 3 par-là on aura un culot de Cuivre mêlé de Plomb. Lorfque les Mines de Cuivre {ont très-riches, il fuffira d'y joindre un demi-quintal de Borax & un quart de quintal de Verre. Si la Mine eft chargée de beaucoup d'Antimoine , on pourra y joindre un demi ou trois quarts de quintal de limaille de Fer non rouillée; fans cela la grande quantité d'Antimoine pouroit bien détruire le Cuivre, fur-tout s'il n'y a point de Plomb dans la Mine. J'ai trouvé des Mines de Cuivre qu'on appelle grifes,qui contenoient de trois à cinq livres de Cuivre, avec quarante livres -de Régule d'Antimoine ; parmi ces Mines il y en avoid deux efpèces qui contenoient cinq livres de Plomb, quoi-
302 - ÉLÉMENS qu'elless'accordaffentaffez pour l'Argent qu'elles contenoïent dont il y avoid fix onces au quintal. On peut Lie PEffai de ces fortes de Mines en fe servant à l'ordinaire du flux noir comme pour les Mines de Plomb, parce que par-là le Sel al-cali agit fur le Régule d'Antimoine de la même façon qu'il agit fur le Fer dans les Effais de la Mine de Plomb, ce qui fait que le Cuivre n'en eft point attaqué. s".S'il fe trouve du Fer-dans la Mine de Cuivre; par exemple, fi cette Mine eftune Pyrite, on feratrès-bien d'yjoindre quelques livres d'Antimoine ou de fon Régule : car le Soufre de l'Antimoine auffi-bien que le Régule ont plus de dif-position à difloudrele Fer que le Cuivre; ( voyez le Problème L'XX VE. & LXXX V°. dela Chimie métallurgique; ) par-là le Cuivre eft dégagé du Fer qui eft très-étroitement uni avec lui. ;
Problème Xix:.
Fffayer combien des Mines de Cuivre ful= _ fureufes donnent de Matte. SOLUTION.
M ÉLEZ un quintal de la Mine bien
VA pulvérifée, avec une fois & demie
gu deux foisautant de Verre très-fufñble;
DE DOCIMASTIQUE. 303 mettez ce mêlange dans un creufet , couvrez le tout avec du Verre de la même efpèce, mettez un couvercle fur le creufet, fi c'eft au fourneau de forge, donnez un feu violent pendant une demi-heure ou trois quarts d'heure ; & pendant une heure, fi c'eft au fourneau à vent: laiflez refroidir le creufet, & brifez-le, vous trouverez au-deflous des Scories un culot aigre & caffant , qui reflemblera prefque à de la Pyrite; on le nomme Matte crue
1°. Le Soufre, fur-tout lorfqu'il fe trouve dans la Mine, réduit toutes le parties terreufes & pierreufes en Scorie ; mais il opere cet effet fur les unes plus aifément que fur les autres. Suivant mes expériences, les pierres vitrifiables difficiles à fondre font celles qui demandent le plus de Pyrite pour être mifes en fu-fion ; les Terres argilleufes en exigent moins , les terres gypfeufes en exigent encore moins, & ce font les Terres cal-cares qui en ont befoin de la moindre quantité : ainfi dans l'opération dont il s'agit ici, la pierre ou la terre qui fe trouve dans la Mine eft réquite en Scorie &
dégagée de la Mine, de forte qu'elle
804 ÉLÉMERS | tombe au fond du creufet fous fa forme na$ turelle, & fait ce qu'on appelleune WMatte, 2°, Enmême temsune portion du Soufre eft entiérement confumée ; il y ena une partie qui ne perd que fon Phlogiftique, alors il agit comme Acide vitriolique , il diffoutnon-feulement la partie terreufe & pierreufe , mais encore le Fer. qui fe trouve abondamment dans la Pyrite ; (voyez le Problême XL V F°. de la Chimie métallurgique. ) Il le fait pañler avec lui dans les Scories, & les autres Métaux reftent dans la Matte ; ( voyez le Problème X LI X°. de la Chimie mé- tallurgique. ) Voilà pourquoi dans le tra- "vail en grand les Pyritess qui ont éteun peu grillées font beaucoup plus aifées à fondre que celles qui ne l'ont point été: par-là non-feulement la Mine fe trouve rapprochée fous un moindre volume, de forte qu'enfuite on peut la griller avec moins de peines & de frais, mais encore le Cuivre eft dégagé du Fer qui étoit très-fortement combiné avec lui. 3°. On peuteffayer la Matte du Cuivre qui a été produite dans cette opération de la maniere indiquée dans le Problème qui précéde pour voir ce qu'elle contient de Cuivre; & on peut aufli s'aflürer de Argent qu'elle contient fuivant les Pro- - blêmes premier & second. Un phéno-
DE DoOcIMASTIQUE. 30Ÿ Mmêne remarquable , c'eft que plufieurs Mines donnent plus d'Argent quand on _ commence par les rédire en Matte, & quand on effaye enfuite cette Matte pour fçavoir l'Argent qu'elle contient, que ff Von effayoit d'abord la Mine pour fça- voir ce qu'elle contient d'Argent : cela vient peut-être en partie d'une tranfinutation me s'opere ; ( voyez la Pyritologie de Henckel. pag. $ 12. ) & je crois que cela vient aufli de ce que l'Argent qui y eft déja contenu eft envelépé & garanti par la Matte, de forte que les fubftances volatiles & fémi-métalliques ne peuvent point l'entraïner avec elles. 4°. On peut encore faire l''Effai des Pys. rites pour s'affürer du Cuivre qu'elles contiennent en les faifant griller à feu doux, en les lavant avec de l'eau , en fil-trant cette eau & la faifant évaporer dans un vaifleau de verre ou de plomb , après quoi on y trempe des lames de Fer bien nettes ; par-là le Cuivre s'attache fur ces lames. ( Voyez le Problême XL IX". de la Chimie métallurgique.) 5 On détache le Cuivre qui s'eft dépofé fur les lames que l'on remet dans la diffolution jufqu'à ce qu'il ne s'y attache plus de Cuivre; on ramafle tout ce qui a été ainfi détaché, on l'édulcore, & onlefait fondre avec un peu de Borax &cde Verre;
306 ÉLÉMENS on peut auffi faire de cette maniere l'Effai des Eaux vitrioliques. Si Pon veut effayer du Vitriol ; on n'aura qu'à le diffoudre dans de l'ezu, & faire le procédé comme on vient de le dire, |
Probléme Xx:
Effayer le Cuivre pour fçavoir combien donne de Cuivre de Rofette,
ï. P RENEZ pour Effai deux quin:
taux de Cuivre noir, avecles mês mes précautions que s'il s'agifloit d'un Efai d'Argent 3 joignez - y autant de Plomb en grenaille ; pefez auffi deux quintaux de Cuivre de Rofette granulé , que vous joindrez avec autant de Plombs mettez chacun de ces mélanges à part fur une coupelle bien féchée que vous pla= cerez fous une mouffle, & prenez garde que Île feu n'agifle point plus fortement fur une que fur l'autre. Donnez d'abord un feu affez fort, afin que le Plomb dif- {olve le Cuivre; enfuite diminuez - en la force de maniere que le Plomb ne fe cou-pelle point trop vivement; à la fin augs
DE DOCIMASTIQUE. 307 mentez le feu en mettant dans la mouffie des charbons que vous foufflerez avec un foufflet jufqu'à ce que tout le Plomb ait difparu ; alors jettez du charbon pulvé- rifé fur les boutons de Cuivre qui front ' refés furla coupelle ; retirez la coupelle,
laiffez-la refroidir, & pefez les boutons. TI. Ajoûtez au bouton que vous a donné le Cuivre noir la valeur du déchec qu'a fouffert le Cuivre de Rofette, & la femme qui réfultera de ces deux poids fera la quantité du Cuivre de Rofette contenu dans le Cuivre noir. S'il y avoid en mêre tems du Plomb dans le Cuivre noir, on pourra dédire la femme de ces poids du poid du Cuivre noir que l'on aura mis, & on regardera la différence comme venant du Plomb qui fe trouvoit dans le Cuivre noir; mais comme alors il fe trouve plus de Plomb dans le Cuivre noir qu'avecle Cuivre de Rofette, & comme par conféquent le Plomb a dû confommer une plus grande quantité du "premier que du dernier; il faudra encore ajoûter cette perte à la femme précédente. Le déchec que foufre le Cuivre de Rofette fera condoître combien le Plomb confomme de Cuivre dans cette opéra tion 3 ainfi divifez les deux quintaux du Plemb que vous avez ajoûtés par le dé- chec du Cuivre de Rofêtte , la femme
308 ÉLÉMENS qui en réfultera indiquera la quantité de: livres de Plomb qu'il faudra pour confommer une livre de Cuivre dans cette opération , par exemple : | (A) 20olivres de Cuivre de Rofette. ont donné un bouton de 186 livres, ._ Par conféquent 200 livres de Plomb. ont confommé 14 livres de Cuivre. Si le bouton produit par 200 livres! de Cuivre noir eft de 1 54 livres, Il faudra y ajoûter les 14 livres; ainfi l'on dira que le Cuivre noir donne 16 livres de Cuivre de Rofette. 4 (B) En fuppofant que le Cuivre noir étoit chargé de Plomb, on prendra la différence qui fe trouve entre 200 livres & 168 livres pour le Plomb qui y étoit P, MÊlÉ, Ce quifair galivres * à s * Puifque dans cette opération r4livres . de Plomb ont confommé 1 livre de Cui-vre
, ces 32 livres de Plomb en auront
encore confommé environ 2 livres; ainfi
il faudra encore ajoûter ces 2 livres aux
168 livres, & Pon dira que tout le Cui-vre
contenu étoit de 171 livres.
TITI. Quand du Plomb contient du Cuivre, & qu'il y en a douze à quinze fois plus que de Cuivre, on ne pourra point obtenir de Cuivre de la maniere qui vient d'êtge indiquée, attend qu'il eraentiérement confommé par le Plombs
pE DOcIMASTIQUE. 309 Dans ce cas on ne prend qu'un quintal pour Effai, on y jointun quintal de Cuivre de Rofette, & l'on fait le procédé fur ce mélange , & fur les deux autres quintaux de Cuivre de Rofette de la maniere qui a été dit. On fait le calcul comme pour le Cuivre noir mêlé de Plomb, excepté qu'il faut encore en dé- dire le quintal de Cuivre de Rofette que l'on aura ajoûté , par exemple :
200 livres ont donné un bouton de 184 livres, par conféquent 200 livres de Plomb ont confommé 16 livres de Cuivre : un quintal de Cuivre mêlé de Plomb , joint avec un quintal de Cuivre de Rofette ont donné un bouton de 96 livres , il faudra y ajoûter les 16 livres qui ont été confommées par 200 livres de Plomb, ce qui fera 112 livres.
La différence qui eft entre ces 112 livres &les 200 livres que J'on a employées fera regardée comme étant le Plomb qui fe trouvoit Joint avec le Cuivre , ce quifera 85 livres : or comme dans cette opération 13 + livres de Plomb 'confomment une livre de Cuivre, ces 83 livres ont confommé 7 livres de Cuivre qu'il faut joindre aux 112 livres de Cuivre qui précédent, ce qui fait 119 livres dont il faut dédire les 100 livres de
Cuivre de Rofette que l'on a ajoutées# d'où l'on voit que l'on doit accufer 19 livres de Cuivre contenues dans le Plomb.
I V. Enfin il faut couper le bouton de. Cuivre que l'on aura obtenu avec un ci-. feau ; sil eft d'un rouge de brique , ou fi "le grain en eft fin, & fi outre cela il fe laifle étendre fous le marteau froid comme chaud , on doit le regarded comme de bon Cuivre de Rofette.
V. Au lieu de coupelles on peut fe fer-vir pour cette opération de tefts à vitrifier ; maïs comme les Scories reftent fur le teft, en cas qu'elles couvrent trop le bouton, il faudra les enlever avec pré- caution à l'aide d'un petit crochet ; elles s'y attacheront aifément, parce qu'il n'y a plus à craindre que l'air agifle fur la surface du Métal. On peut aufli garnir le crux du teft avec un méqange de glaife & de charbon humed@é, y former ûne petite cavité, ou ce qui vaut encore mieux, taller un charbon pour l'y faire enter & former un crux à fa partie fupérieure ; de cette maniere il y aura moins de Cuivre de brûlé, parce qu'il fera entiére-ment environné de matiere inflammable, Quelquefois on n'emploie point de Plomb dans cette opération, on fe contente d'y joindre du Borax; cela fe fait
DE DOCIMASTIQUE.3ÎT quand on n'a point de Fer, mais feulement du Soufre & des demi-Métaux à déeager du Cuivre noir.
Remarques.
- Les Remarques que l'Auteur a joints _ à la quite du Problème qui précéde, font tirées mot à mot de la Docimaftique de Cramer. Tome III. pages 424. 432. de la Traduction Françoile,
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Probleme °X Kt
Eflayer des Mines pour [çavoir fi elles conz tiennent du Bifmuth,
SOLUTION. P RENEZ un quintal de Mine de Bif-muth
non grillée, un demi-quintal de Borax calciné, un demi-quintal de Verre bien pulvérifé ; mettez letout dans un creufet dans lequel vous aurez paffé du charbon pulvérifé & mouillé, vous le placerez dans un fourneau à vent ou à la forge; donnez un feu modéré pendant quinze ou vingt minutes, retirez le creufet , frapez deflus , laiffez-le refroidir & le caffez pour en Ôter Le culot,
ÿr2 ÉLÉMENS. REMARQUES.
1°. Le Bifmuth fe trouve prefque tous. jours tout formé, & fous fa forme de demi- Métal répandu dans d'autres Mines ou pierres; voilà pourquoi il n'eft pas befoin de griller fa Mine, puifqu'il n'y eft point minéralifé ni par le Soufre ni par l'Arfenic; il n'eft pas non plus nécef-faire d'y joindre de la matiere inflammable , parce qu'il ne s'agit point de rédire le Bifmuth qui a déja fa forme métallique ; il fuffit donc de vitrifier la pierre ou la terre avec laquelle il eft mêlé par le moyen du Borax & du Verre, par-là Je Bifmuth fe fépare & tombe au fond du creufet ; mais comme l'action du feu change aifément le Bifinuth en Verre, ue l'on peut rédire en Métal à l'aide RE matiere inflammable, on voit la raifon qui fait qu'on enduit le dedans du creufet avec du charbon en poudre, c'eft pour empêcher qu'une portion du Bif-muth ne foit détruite. 3 2°, La maniere la plus ordinaire d'effayer une Mine de Bifmuth confifte à la concafler grofliérement & à la mettre fur le feu; mais on voit aifément qu'un Ef fai de cette efpèce doit être très- peu exact, & qu'il doit refter beaucoup de Bifmuth dans la Gangue ou Miniere. : PROBL,
De Docymastique. 313
FéaPat ie rat AR ee. OV Et De Sir
PROBLÉME. XXII: Effayer des Mines pour fçavoir fi elles
contiennent du Zinc.
Solvytion.
EF A:TES griller quatre onces ou huit loths dela Mine, mêlez - y une quan-tité proportionée de charbon en poudre, mettez ce mélange dans une retorte de terre que vous placerez au fourneau à vent fur deux barres de Fer qui feront à environ huit ou dix pouces audeffus de la grille du fourneau ; adaptez exactement le col de la retorte dans un récipient qui foit aufli de terre , luttez exactement les jointures avec de la glaife ; donnez d'abord un feu doux que vous continuerez pendant quatre, cinq ou fix heures, après quoi vous laifferez refroidir d'eux - mêmes les vaifeaux ; vous trouverez qu'une partie du Zinc aura pañlé dans le récipient, & une partie fe fe fera attaché dans le col de la retorte; vous ramaflerez le tout pour le pefer : vous trouverez aufh des fleurs de Zinc dans le récipient , & vous vous appercevrez d'une odeur défagréable,
3 F4 Élémens Re Mar Qu. Ets,
1°. Aufli-tôt que l'air vient fraper le Zinc fondu, il prend feu & s'allure 3 ( Voyez le Problême LXXXVIIT. de la Chimie métall.) L'a@tion du feu peut auffi le fublimer tout entier & fous la forme qui lui eft propre; voila pourquoi tous les Effais qu'on a voulu faire à feu nudontétéinfructueux, parce qu'aufli-tôt que le Zinc avoid pris fa forme métallique , il s'enflammoit ou fe diffipoit ; mais per la manipulation qui a été indiquée ün empêche le contaét de Pair, & l'action | du feu l'oblige à s'élever & à s'attacher aux endroits qui font les plus froids. Les charbons font non-feulementla réduétion du Zinc fous fa forme métallique ; mais ils fervent encore à tenir les parties de la Mine écartées les unes des autres, &elles empêchent qu'elles ne fe mettent par. grumeaux, & par-là le feu peut faire élever les particules du Zinc au travers du mélange qui eft un peu compacte, |
2°, Comme il n'y a que le Zinc qui donne une couleur jaune au Cuivre, on! peut aifément juger qu'il eft préfent dans | une Mine, lorfqu'en Îa mêlant avec du Cuivre rouge elle le change en Cuivre! jaune og Laiton; (voyez le Problème!
DE DOCIMASTIQUE. 31S$ LXXXIX". de la Chimie métallurgique.) 3°". On a deux raïfons pour placer les Mines de Zinc au rang des Mines rapaces ; en effet, le Zinc, en s'élevant fous la forme qui lui eft propre peut entraîner avec lui une portion des Métaux pré- cieux, & en {e réduifant en une Chaux difficile à fondre, il peut empêcher que les particules des Métaux précieux ne puiflent fe déeager de la Scorie tenace qui s'eft formée. Voilà pourquoi par la maniere ordinaire de faire les Effais de la . Mine de Zinc , on n'obtient que très-peu ou même point du tout de Métal pré- cieux , quoique Jouvent elle en contien- né une quantité confidérable. J'en con-nois une qui effayée de la maniere ordinaire ne donne rien du tout; mais fion en fait l'Effai d'une autre maniere , elle donne par quintal dix onces d'Argent qui lui-même donne un quart d'Or. Je vais indiquer cette maniere qui a été inconnue juiqu'à préfent.
On fera l'Effai de la Mine de Zine fuivant le procédé indiqué dans ce Problême. Prenez un quintal de ce qui fera refté dans la retorte, faites-en l'Eflai pour voir s'il contient de Argent fuivant la méthode indiquée dans le premier & dans le second Problême ; faites enfuite votre calcul, & dites, en déduifant ce que la
O ïj
316 ÉLÉMENS Mine a perdu par le grillage, ce qu'on en a mis dans la retorte, & ce qui eft refté dans la retorte, le quintal de cette derniere matiere a donné tant, aïnfi le uintal de la Mine crue ou non grillée
a dû donner tant. 4°. Une méthode encore plus facile ; mais qui n'eft point fiexacte, pour voir fi une Mine de Zinc contient une quan- : tité confidérable de Métal précieux, c'eft de prendre de la Mine de Zinc grillée, de la laver plufieurs fois dans de l'eau claude jufqu'à ce que celle qu'on y verfe ne prenne plus aucun goût. Après avoir {iché cette Mine ainfi lavée, on en fera VÉffai fuivant la méthode indiquée dans le premier & le second Problème pour voir ce qu'elle contient d'Argent, & voici comment on fera fon calcul : La Mine de Zinc a perdu par le grillage tant, elle a perdu par le lavage tant, le quintal de la Mine lavée a donné tant, donc la Mine crue contenoïit tant. Par la premiere maniere le Zinc eft féparé fous {à forme métallique , maïs par la derniere il eft dégagé fous la forme de Vitriol de Zinc , & par-là on empêche qu'il ne eaufe les inconvéreins dont on a parlé au n°. 3. En effet, dans le grillage on dé- gage à la vérité le Soufre, mais une portion du Zinc eft mife en diflolution par
/
DE Doc rMASTIQUE 317 l'acide du Soufre qui s'eft dégagé, & fait du Vitriol de Zinc ; ( voyez le Problé- me X LV If. de la Chimie metall,) On peut s'appercevoir de ce phénomène ent verfant une solution de Sel alcali dans dans l'eau qui a fervi à laver la Mine de Zinc grillée; le Zinc fe précipite fous la forme d'une poudre blanche ; ( voyez les Problêmes XX VIII. & XLVE. de la Chimie mérall. ) Si on veut s'en convaincre d'une maniere encore plus fenfible, on n'aura qu'à ramafñler la poudre de Zinc qui s'eft précipitée, la faire fécher & l'effayer pour voir fielle contient du Zinc d'apres le procédé indiqué dans le pre-fent Problème,
Problème Xxii.
Effayer une Mine pour fçavoir ft elle contient de l'Antimoine.
Solution.
1? P RENEZ un creufet ou un pot de
terre non verniffé dans lequel vous
mettrez des morceaux de Mine d'Anti-moine
concaflés de la groffeur d'une noi-fete
: on aura d'abord foin de faire quel- O i
o18 ÉLEMEMRE A ques trous d'environ deux lignes de dia+ métre au fond du pot ou du creufet, on fe fervira pour cela d'un foret ou d'un cifeau pointu que lon fera enter avec un maïillet ; on placera ce vaiffeau fur un autre vaiffleau plus petit, de maniere que le fond du premier foit placé fur l'ouverture du second ; on luttera les jointures , & lon bouchera le premier vaïffeau avec un couvercle.
IT. Placez ces vaiffeaux fur une aire; & arrangez des pierres tout autour à un demi - pied de diffance, rempliffez cet efpace vuide avec de la cendre jufqu'au bord du vaifleau inférieur ; mettez alors des charbons allumés tout autour, & foufflez jufqu'à ce que le vaiffleau fupé- rieur devienne rouge. Au bout d'un quart d'heure ôtez le feu, & ouvrez les vaiffeaux après qu'ils fe ferontrefroidis; vous trouverez que l'Antimoine fera pañlé par : les trous qui ont été faits au fond du vaif: feau fupérieur , & fera un Régule ou Culot dans le vaiffleau inférieur, en le pe-fant & comparant fon poid à celui de la Mine, on fçaura combien fon quintal en contient.
Remarques.
La Mine d'Antimoine étant toujours |
DE DocirMASTIQUE. 519 très-chargée de Soufre , eft très - aïlée à fondre ; & quand on lui applique un vic-lent dégré de feu, il s'en diflipe une grande partie fous la forme d'une fuméé ; elle s'enflamme même à cause de la grande quantité de Soufre avec laquelle elle eft mêlée, & elle ne fouffre aucuns fon-dans; (voyez le Problème LX X X [°. de la Chimie métall. ) c'eft pour cela que
uand on la met en fufon il faut tâcher faire un apparel qui garantiffe la Mine en quelque forte contre les impreflions de lair, & pour que l'Antimoine en fu-fion trouve fur le éhamp un erñdroitfroid pour sy retired; c'eft ce qu'on obtient par les cendres dans lefquelles le vaifleau inférieur eft placé ; elles ont plus de peine à rougir que les autres fubftances ex-pofées à l'aétion du feu; voilà pourquoi, lorfque la grande chaleur peut faire tort, les cendres valent mieux que le fable ou la limaille de Fer pour les bains fecs.
On eft quelquefois dans lufage de mettre un peu d'eau dans le vaiffeau in- férieur ; cette méthode eft bonne lorfqu'on a lieu de foupçowner que la Mine ne donnera que très-peu d'Antimoine. L'Antimoine qu'on obtient dans cette opération n'eft point privé de fon Soufre, c'eft de PAntimoine crud ; & par la mé- thode qui précéde on fe propofe de Île
O iv
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déeager de la pierre & des terres avec lefquelles il eft joint.
PROBLÉME XXIV< Effayer les Mines de Mercure. SOLUTION.
P RENEZ 2$ loths ou 12 + onces poid ordinaire de la Mine, afin de repréenter un quintal; lorfque la Mine eft fulfureufe , par exemple, fi c'eft du Cinnabre, mêlez-la avec partie égale de Himaille de Fer non rouillée ; ou bien mettez la Mine de Mercure feule dans une retorte de verre que vous n'en remplirez que jufqu'aux deux tiers ; mettez cette retorte au bain de fable de maniere qu'elle touche prefque au fond de la capfule , & que fon col foit incliné; couvrez-la entiérement de fable, adaptez un petit récipient au col de la retorte dans lequel vous pourrez mettre un peu d'eau ; bouchez les jointures fimplement avec du papier collé; donnez un feu doux en commençant, augmentez - le par dégrés jufqu'à ce que le bain de fable rougiffe modérément ; continuez ce même dégré
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DE DOCIMASTIQUE.32f de chaleur pendant une heure, & pendant la derniere demi-heure mettez des charbons ardens au-deflus du fable; laiflez enfuite refroidir le tout , alors frapez doucement fur le col de la retorte pour faire tomber dans le récipient les gouttes de Mercure les plus grofles qui s'y feront attachées ; on détachera les plus petites avec un pinceau ou avec la barbe d'une plume ; décantez Peau du réci-pint : efluyez le Mercure avec du papier brouillard ou avec une ésponge, placez un vaiffeau de verre dans un des baflins d'u- ne balance qui foit un peu grand ; & pour faire l'équilibre mettez un peu de dragée de plomb dans l'autre baffin de la balance; mettez enfuite votre Mercure dans le vaiffeau de verre, & le pefez ; de cette maniere les dragmes ou gros ordinaires
eviendront des livres d'Effai.
Remarques.
1°. Le Fer a plus de difpofition à s'u- nir avec le Soufre qu'avec le Mercure; ainfi il fert à l'en déeager & à le mettre en état de s'élever dans les vaiff:ux. La même chose peut fe faire à l'aide de la Chaux ou d'un Alcali fixe; voilà pourquoi on na pas befoin daddtion pour déeager le Mercure, quand fa Mine
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322 ÉLÉMENS. eft placée dans une Miniere calcaïré' 2°. Iln'eft pointabfolumentnéceffaire de mettre de l'eau dans le récipient, attendu que les petites gouttes de Mercure {e réunifflant dans le col de la retorte, vont tomber dans le récipient ; cependant il vaut mieux que ces gouttes qui font chaudes tombent dans Peau & s'y refroidiffent , parce qu'elles pourroïent faire caffer le récipient : au lieu d'un ré- cipient on peut fe fervir d'un vaifleau ouvert dans lequel on aura mis de Peau; il faudra feulement avoir la précaution de faire tremper le col de la retorte de la profondeur d'un pouce dans l'eau , afin qu'il ne fe perde point de Mercure.
3°. On peut auffi fe fervir, pour tired le Mercure de fa Mine , du même appareil que pour l'Antimoine ; cependant la méthode qui vient d'être décrite eft pré- férable , parce que de l'autre maniere on pourroit perdre une portion de Mercure. … 4". Lorfqu'on veuteffayer fi une Mine de Mercure fulfureufe contient du Cinnabre, on n'aura qu'à la rédire en une poudre très-fine, la mettre dans un ma-tras dont le col foit fort étroit, que l'on ne remplira qu'au tiers : on placera ce matras au bain de fable , on bouchera fon ouverture avec un bouchon de papier , en arrangera du fable tout autour de ma-
DE DOCIMASTIQUE. 323 5 s: k à ue ee. = niere qu'il aisle plus haüt que la Mine qui eft dans le matras. Donnez un feu rapide, & faites rougir la capfule modérément , le Cinnabre s'attachera circulairement aux parois du matras ; (voyez le Probl. LXXIXS. de la Chimie métall. ) Quand les vaiffeaux front refroidis, retirez le matras , caflez-le, pefez le Cinnabre que vous aurez obtenu, & comparez-en le le poid à celui de la Mine.
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Problème Xx V°.
Effayer des Mines pour voir Ji elles conrennent de l'Arfenic.
Solution,
I. Épuisez la Mine en une poudre groffiere ; mettez-la dans une
cornue de terre que vous ne remplirez que jufqu'au tiers ; placez-la au bain de fable , ou même à feu nud ; adaptez-y un récipient d'une grandeur moyenne ; lut= tez bien les jointures avec de la glaife , donnez peu - à - peu un feu violent que y ous entretiendrez pendant environ deux heures ; enfuite laiflez refroidir les vaifeaux d'eux-mêmes; retirez la cornue &
O vj
324 ÉLÉMENS caflez-la ; vous trouverez à la naïiffance du col de la cornue des Cryftaux brillans & tranfparens qui s'y front attachés. : Au bout du col de la cornue & dans le récipient on verra de l'Arfenic en fleurs ou en poudre déliée , ramaflez les Cryftaux & les Fleurs , & pelez le tout.
I I. Mettez ce qui eft refté dans la cor-nue dans un creufet ou dans un autre vaifleau de terre; donnez un feu très- fort, & remuez la matiere avec une baguette de fer, afin d'en déeager la portion d'Arfenic qui peut encore y être reftéée. Quand il n'en partira plus de fu- mée , laiflez-la refroidir , pefez-la enfuite & faites votre calcul.
Remarques.
1°". La couleur grife des Fleurs d'Arfenic vient de la matiere inflammable qui y eft mêlée ; fi le Sublimé eft d'une couleur jaune ou rouge, ce fera une preuve u'il y a auffi du Soufre ; ( voyez le Pro- Dlême LXX V°. de la Chimie mérallurg.) _C'eft ce qui arrive à la Pyrite blanche ou arfenicale , qui eft prefque toujours mêlée avec dela Pyrite jaune ou pyrite ulfureufe. Si la Mine d'Arfenic eft parfaitement pure, le Sublimé qui fe former iera d'un beau blanc,
De Docimastique. 32$
2°, Il faut donner un feu vif & de du- tée , tant parce que l'Arfenic eft plus fixe au feu que le Soufre , que parce qu'il a plus de difpofition que le Soufre à s'u- nir & à fondre avec la plûpart des Mé- taux, des pierres & des terres, à un cer tain dégré de feu ; voilà pourquoi on ne peut point le déeager entiérement dans les vaiffleaux fermés; on cherche à effectuer ce dégagement à feu nud, & par-là on peut en difliper la plus grande partie; mais il eft impofñble de jamais calculer avec exactitude dans cette opération» car il refte toujours une portion d'Arfenic en arriere; & outre cela plufieurs corps acquiérent par la calcination plus de pefanteur fpécifique qu'ilsn'enavoient auparavant. L'Arfenic traité à feu nud entraîne avec lui une portion des corps fixes avec lefquels il À combiné, com me on peut le voir par les fuies ou enduits qui s'attachment aux parois des fourneaux de fusion; c'eft pourquoi quand on veut effayer les Mines d'Arfenic pour fçavoir ce qu'elles contiennent d'Argent , on peut fuivre la même méthode qui a été indiquée dans le Probl.X XI. en partant des Mines de Zinc ; cependant cette méthode ne réuflit pas beaucoup . mieux. Il faut encore obferver outre cela de ne point trop augmenter d'abord le
526 ÉLÉMENS | dégré du feu, de peur de faire enter I4 Mine en fusion , parce qu'alors on ne pourroit fublimer que très-peu ou même point du tout d'Arfenic. … 3° Si l'on veut découvrir l'Arfenic dans une fubftance qui en contient très- peu, on n'aura qu'à la pulvérifer avec du Soufre bien pur , & donner À la fin de l'opération un feu vif; il s'élever des Fleurs, ou un Sublimé d'autres couleurs que le Soufre, fi la fubftance contient de VArfenic ; (voyez le Probl. LXX V°, de la Chimie mérallurgique.) | 4. Voici la maniere qu'on fuit ordinairement pour donner à l'Arfenic fa forme fémi - métallique. Melez enfemble parties égales d'Arfenic & de Flux noir, une demi-partie de Borax & autant de Limaille de Fer non rouillée ; mettez ce mélange dans un creufet que vous couvrirez & placerez au fourneau de rever- bére ; augmentez le feu auffi-tôt que les vapeurs arfenicales s'éleveront ; effayez avec un fil de Fer fi la matiere eft entrée parfaitement en fusion, alors retirez le creufet , laiflez - le refroidir & caflez-le, Vous trouverez un Culot ou Régule caf-fant qui aura une forme métallique. On peut auffi fe fervir de Cuivre au lieu du Fer. Il eff aifé de juger que ce Régule ne fera point pur, mais qu'il contiendra une portion confidérable du F'er ou du Cuivre
qu'on y aura ajoûté. On peut le purifier à un certain point, en le mettant dans une cucurbite fort baffe, garnie d'un chapiteau aveugle, qu'on placera au bain de fable ; on donnera un feu affez fort pour que le fable commence à rougir ; le Ré- gule d'Arfenic s'attachera au chapiteau, & la plus grande partie du Métal qu'on lui aura joint reftera au fond de la cucurbite ; mais pour obtenir ce Régule dans un état de pureé plus grande & en plus grande quantité , on n'aura qu'à pulvéri- {er l'Arfenic, & le triturer avec telle huile qu'on voudra ; on mettra ce mê- lange dans un petit matras ou bouteille que l'on placera fur un bain de fable ; on augmentera le feu peu-à-peu jufqu'à ce la capfule du bain de fable commence à rougir par le fond, onlaiflera d'abord évaporer la partiehuileufe, après quoi on bouchera le matras avec un bouchon de papier , aufli-tôt qu'il s'attachera quelque chose à la partie fupérieure du matras, & on laiffera diminuer le feu lorfqu'il ne fe fublimera plus rien. En caflant le matras on trouvera fa partie intérieure couverte du Régule d'Arfenic, qui aura Péclat & la couleur métallique , & qui réfiftera mieux aux impreffions de l'air. Dans cette opération il n'y a que la matiere inflammable que Pon a
328 ÉLÉMENS ajoûté, qui ait donné à l'Arfenic {a forme | de demi- Métal; (voyez le Problême LXXIIT. de la Chimie métal. ) par conféquent on doit en obtenir une plus grande quantité que par l'autre opération dans laquelle une partie de l'Arfenic 'ft mife en diflolution par l'Alcali contenu dans le flux noir ; ( voyez le Probl, X X VIIT". de la Chimie metall ), |
Problème Xx V:.
Efayer des Mines pour [çavoir fi elles con= tiennent du Soufre,
Solution.
P RENEZzune Mine telle qu'eft, par À exemple, une Pyrite; pulvérifez-la grofliérement ; mettez-la dans uneretorte de verre ou de terre, de maniere qu'elle refte vuide des trois quarts; mettez cette
. Tetorte au bain de fable, & adaptez- y un récip'ent qui doit être à moitié rempli d'eau, & placez le col de la retorte, de maniere qu'il trempe d'un pouce dans Veau; augmentez le feu par dégrés au point de faire rougir obfcurément la re-torte fans que la Mine entre en fusion,
DE DOCIMASTIQUE. 329 Au bout d'une ou de deux heures, laiffez refroidir les vaiffleaux , retirez le Soufre qui fera pour la plûpart dans le col de la retorte , foit en caflant ce col , foit en le faifant fondre à un feu doux ; pelez-le & faites votre calcul,
Remarques.
1°. Il ne faut que le feu pour déeager le Soufre de fa Mine , mais ce dégage-ment fe fait très-lentement , & cefle mé- me tout-à-fait lorfque la Mine fe met par grumeaux, ou lorfqu'elle entre en fusion : on n'a pas la même chose à craindre avec la Pyrite martiale , mais cet inconvé- nient fe fait fentir dans les Pyrites cuivreufes & dans la Mine de Plomb ; c'eft pourquoi il faut prendre une moindre quantité de ces Mines, augmenter le feu avec précaution , & le faire durer plus long-tems. On peut remédier en quelque façon à ces inconvéniens en mélant les Mines de cette efpèce avec une fubftance qui ne contienne point elle-même du Soufre , qui ne foit point propre à Pabforber, & qui n'entre en fusion que très-difficilement ; tel eft, par exemple; le gros fable lavé.
2°. De cette maniere on obtient à la vérité la plus grande partie du Soufre
330 ÉLÉMENS | . qui eff contenu dans une Mine, maïs il il y en à une portion qui eft retenue par les Métaux & par la terre non métallique qui s'y trouvent. Pour déeager cette portion on fe {ert d'un vaifleau plat de terre qu'on expofe à feu nud, afin de pouvoit faire fon calcul d'une maniere plusexaéte; mais il arrive ici le même inconvénient que dans le Problème qui précéde, fça- voir , qu'après la calcination certains corps acquiérent plus de poid. |
3°.en même tems que le Soufre fe dé- gage, il s'élevé , non-feulement d'autres fubftances volatiles qui étoient contenues dans la Mine, mais encore le Soufre entraine quelque portion des fubftances fixes ; voilà pourquoi il eft rare de Pavoir parfaitement pur, cer alors il doit être d'une couleur jaune de citron : lorfqwil eft rougetre , cette couleur vient com= munément de PArfenic avec lequel il eft mêlé ; mais lorfqu'en le caffant il eft d'un .tiflu frié, ou par aiguilles comme le Cinnebre artificiel, il feutattribuer cette couleur rouge au Mercure ; ( voyez le, 131 de la Chimie mérall, ) On doit porter le même jugement lorfque ce Soufre rouge s'eft attaché dans un endroit fort échaufté ; car le Cinnabre réfifte à un dégré de feu beaucoup plus fort que le Soufre & l'Arfenic, La meilleure ma-
DE DOCIMASTIQUE. 337 niere de purifier le Soufre crud eft de le mettre une feconde fois en distillation dans uneretorte de verre, à un dégré de feu beaucoup plus doux que dans la pre-
RE miere opération.
EE nemnmenemmeeneenneee PROBLÈME XXVIF.
Efayer des Subftances fo ffiles pour feavoir
Ji elles contiennent des Sels, SOLUTION.
: s OrsQUE ces Subftances ne font
point dans un état defluidité, on n'aura qu'à en prendre quelques livres de poidordinaire; vous les pulvériferez & les mettrez dans un vaifleau de bois; verfez par-deffus trois fois autant d'eau claude ; ou bien faites-les bouillir doucement dans un vaiffeau de verre où de plomb; filtrez cette eau au travers d'un papier gris mouillé , répétez cette lixiviation avec de nouvelle eau tant qu'elle prendra un
oût falin.
I I. Raffemblez toutes les différentes leffives que vous aurez obtenues, mettez-les dens une cucurbite au bain de fable, ou dans un vaiffeau de plomb, pour les faire évaporer fans les faire bouillir ;
833 ÉLÉMENS continuez l'éevaporation jufqw'à ce qu'if. e forme à la surface une pellicule lé- gere qui reflemble à de la pouffiere , ou {i cette pellicule ne fe montre point, juf. qu'à ce qu'un œuf frais puifle y nager : alors retirez la ieffive de deflus le feu, | mettez-la dans un endroit frais & tranquille où vous la laifferez pendant vingtuatre heures , il {e former des cryflaux à Sel au fond & vers les côtés du vai£ feau ; voyez le . 214. de la Chimie mé- tallurgique. ) Examinez à quel genre de Sel ces Cryftaux appartiennent, de la maniere qui a été indiquée depuis Le . 38. jufqu'au $. 47. de la Chimie metal. . S'il ne s'étoit point formé de Cryflaux au fond d'une diflolution à la 'surface de laquelle il ne s'eft point non plus fait de pellicule, on n'aura qu'à la remettre {ur le feu ; verfez-y environ un vingtiéme d'une diflolution alcaline , ou un tiers d'urine putréfiée ; faites durer Péevaporation jufqu'à ce qu'il fe forme une pellicule, ou jufqu'à ce qu'il {e pré- cipite quelque chose de blanc ; laïffez refroidir la diffolution , décantez ce qui fera clair de deflus ce qui fera dépofé. LV. Si Pon a obtenu un Sel dont il fe diflolve une plus grande quantité dans Veau claude que dans leau froide, tel
qu'eft le Vitriol, le Salpêtre, l'Alun,
DE DOCIMASTIQUE. 333 &ec. continuez l'éevaporation & la cryftallifation de la maniere qui a été indi-quée jufqu'à ce qu"1l ne fe forme plus de Cryflaux , & jufqu'à ce qu'il refte une matiere vifqueufe femblable à de l'huile, que l'on nomme Eau-mere; mais fi l'on a obtenu du Sel marin dont il ne fe dif-fout guères plus dans l'eau claude que dans l'eau froide, faites l''éevaporation à un feu doux jufqu'à ce que les Cryftaux qui fe forment touchent prefque à la fur-face de Peau ; décantez l'eau qui furnage, & continuez à évaporer jufqu'à ce que vous en ayeztiré tout le Sel.
V. Si l'on veut que les Sels qu'on doit obtenir foient d'une plus grande pureé, on y parviendra en réitérant les diflolutions dans de l'eau claude bien pure, en filtrant, évaporant , & faifant cryftallifer de nouveau.
REMARQUES 1°.[ly a plufieurs fubflances foffiles
qui demandent à être expelées à l'air libre, ou à être grillées avant que de pouvoir en retired le Vitriol o1 lAlua qu'elles contiennent, maïs i! y e : a d'autres dont on peut faire la lixivi con fur le champ & fans travail prélininaire ;
(voyez le, 152, jufqu'au 158, & le
534 ÉLÉMENS Problême V°. de la Chimie metallurg. ÿ 2°. On ne peut point {e fervir de vaiffeaux de Cuivre ou de Fer pour évaporer … les leflives vitrioliques & alumineufes, parce que le Fer précipiteroit le Cuivre contenu dans le Vitriol, & parce que quelquefois il peut fe trouver dans la lef-five une portion d'Acide vitriolique non faturée, qui pourroit agir fur ces Mé- taux ; au lieu qu'il n'agit que très-peu fur le Plomb. Il ne faut jamais fe fervir de vaifleaux de terre pour la préparation. des Sels, parce qu'ils les pénétrent, & quelquefois ils pañfent au travers.
3". Quelquefois il fe trouve dans la leffive une portion d'Acide vitriolique & d'Acide nitreux qui n'eft point encore faturée ; or comme le Vitriol & l'Alun font plus difpofés à être diflouts par VPAcide vitriolique , & le Nître par VAcide nitreux que par l'eau , ces Sels demeurent dans un état de fluidité quoi-qu'on évapor l'eau, & par conféquent ils ne forment point de Cryftaux. Les Salpêtriers Allemands appellent cela Schalk, & dans les Fabriques d'Alun &. de Vitriol, on fe fert d'une façon de par-. ler affez impropre , en difant que La lef-five efi trop graffe. Il eft aifé de remédier! à cet inconvénient, il ne s'agit que de! donner aux Acides non faturés une fub{=
DE DOCIMASTIQUE.33$ tance qu'ils mettent en diflolution, & dont ils fe faturent ; le Fer eft de cette nature, ainfique tous les Alcalis fixes & volatiles, la Chaux vive, &c. On peut choifir parmi ces fubftances fuivant l'exigence des cas. Dans les Fabriques de Vitriol on fe fert de lames de Fer pourprodire cet effet. Dans le travail du Sal- pêtre rien n'eft meilleur qu'une solution
faite de cendre & de chaux, parce que cela fait que l'Acide nitreux forme un véritable Salpêtre. Dans les Fabriques d'Alun on peut fe fervir d'Alcali fixe ou volatiles mais il faut avoir grande attention de n'en point mettre une trop grande quantité, parce que fans cela l'Alun feroit décompofé, attend que VAcide vitriolique a plus de difpofition à s'unir avec le Sel Alcali qu'avec la terre qui fert de bafe à lAlun, & par confé- quent il la précipite ; ( voyez le Probl, X L IX°, de la Chimie métall.)
4. La nature nous préfente fouvent des eaux dans lefquelles des Sels font en diflolution. On fait fur ces eaux les mé- mes opérations que fur les difflolutions faites par l'Art,
s'. En général il eft très-dificile de faire fur les Sels des Effais en petit qui s'accordent exactement avec le produit du trayail en grand, fi l'on en except le
336 ÊLÉMENS Sel marin. Une méthode très - mauvaife eft de faire évaporer une certaine quan-tité de diflolution dans un vaifleau de cuivre jufqu'à ficcité, & de goûter fur la langue ce qui eft refté, ou de mettre ce réfidu dans le feu, de le pefer & de calculer d'après cette opération : car fans compter que de cette maniere on mêle les ordures avec le Sel, il eft très-rare de ne rencontrer qu'un Sel d'une feule efpèce |
PROBLÉME XXVIII.. Effayer quelle couleur les fubflances foffiles
donnent au Verre.
Solution.
I une fubftance eft combinée avec du
Soufre ou avec de l'Arfenic, vous la. perez griller , finon on la prendra telle qu'elle eft; on en mêlera quelques grains avec une once de Verre blanc, & on prendra bien gardé qu'il rentre aucun corps étranger dans le mélange, que l'on mettra dans un creufet couvert; on placera ce creufet pendant une heure à la forge, où pendant deux ou trois heures au fourneau
à vent ; alors on le retirera, on le laiffera,
DE DOCIMASTIQUE. 237 Yaifféra refroidir, on le cafera, & l'on ex2-minera la couleur que le Verre aura prite,
&E Marque S,
Il y a plufieurs Mines qu'il ne faut point griller trop fortement ; le Cobalt qui colore le Verre en bleu eft fur-tout - La ce cas, parce que par-la il perd fa couleur. Les couleurs varieront fuivant les différens Métaux contenus dans la Mine; c'eft pour cela qu'on a fouvent voulu juger de ce'qui étoit contenu dans une Mine par la couleur qu'elle donnoit: mais comme il eft rare qu'un Métal fe trouve feul dans une Mine, & comme tà durée du feu , tant dans la czlcination que dans la fusion, produit de la diffé- rence dans les couleurs; & comme une petite circonftance fuffit pour la changer entiérement, on ne peut point fe fervir de cette régle pour juger avec certitude.
PROBLÈME XXIXx°
Efayer des Terres &: des Pierres pour [ça- voir à quelleclaffe elles appartiennent,
Solution.
DD Ucvérisez la Terre ou la Pierre,
2 &féchez-la fi elle eft humide; verfex
deflus un Acide, & obfervez s'il fe faie Tom. IT, P
338 ÉLÉMENS un mouvement d'effervefcence; quand cela arrive, on peut regarded cette fubftance comme calcaire ; (voyez le (. 16. de la Chimie metall. ) S'il ne fe fait point d'effervefcence, détrempez la fubftance avec de l'eau, & voyez fi elle prend ainfi toute feule la confiftence & la dureté d'une Pierre, dans ce cas vous la mettrez au rang des fubftances gypieufes. Si vous ne remarquez ni l'un ni l'autre de ces hénomènes , faites fécher peu-à-peu la fubftance humide qui former une pâte ; enfin donnez pendant quelques heures un feu très-violent ; fi elle fe durcit, vousla mettrez au rang des fubftances argiileufes ; fi aucun des phénomènes précédens n'arrive, mettez-là au rang des fubftances que l'on nomme vitriftables & apyres.
Remarques.
Quandon n'a pas la précaution de faire {écher ces fortes de fubftances avant d'en faire Pexamen , ileft aifé d'y être trompé: car l'eau qui y eft continue peutaffoiblir. l'Acide au point de n'agir que peu ou point du tout fur elle. Cela m'eft arrivé À moi-même en examinant une Terre grafle dont il y avoid une très- grande quantité au-deflus d'une grande couche calcaire, qui fe trouva être une Marne excellente très-propre à fertilifer les Terres. HEIN, 1.
Le
Ne à ABLE DES MATIÈRES
A
CreR,comment fe fait, pag. 172. Ë fuir.
Acide, eft chaffé par un Acide plus fort,
70. Ë fuiy. Dans quelles proportions il eft à
l'eau dans plufieurs matieres, Br. & fuir.
Acide marin , différentes manieres de le faire ,
Acide nîtreux , plufieurs manieres de l'obtenir,
fcide vitriolique , comment onl'obtient 27, € fuir. Diflout.
Alcali volatile, comment on l'obtient du Sel
ammoniac, 9. € fuir. Alcali fixe, s'unit plus facilement aux Acie des que l'Alcali volatile , 82.
Âlun | comment on l'obtient, 17. > fuir. Sa terre eft argilleufe, 19. Autre maniere de
l'obtenir, 100, € fuir. Amalgames ; de Mercure avec différens Mé- taux , 231: Cr fuir,
Antimoine, diffout les pierres par fa Chaux, 59: € Juiv. Agit fur les Métaux en fufon par fon Sonfre, 184, € fuir. On en dégage le Soufre par un Afcali fixe, 201. & fuir,
i
Manieres d'en eflayer les Mines , pag. 317. €» fuir.
Arbre de Diane, lamaniere delefaire, 125. Argent, fe peut difloudre par un Alcali fixe, & par un Alcali volatile , 84. & fuiv. Comment on.en tire des Cryftaux, 110. & fuir. Sa diflolution dans l'Fau-forte laiffe des traces fur J'Agate & le Marbre, 114. Er fuir. Se peut diffoudre par l''Huile de Vitriol , 104, Parl'Eau-forte, 110. Sa diflolution par cémentation, 197. Cr fuiv.
Arcanum duplicatum. Voyez Fartre vitriolé. Argille , en quelle propertion entre en fusion avec d'autres matieres, 47. Diffoute par l''Huile de Vitriol fait de l'Alun, 100, . Arfenic , comment fe diflout dans l'Efprit-de Sel, 132. Se diffout par l'Huile de Vitriol , 103, © fuir. Et par l'Eau régale, 143. $es effets lorfqu'il eft mélé avec les Métaux dans la fuñon, 205. r fuir. Arfenic rouge , ; 176»
Aume de Saturne, 167. Mis fur des vafes, leur donne la faculte de contenir l'eau ; 167 Baume de Soufre, comment fe fait, 164. C fuir. De quélle utilityé il eft dans la Docima- ñe, 16» Beurre d'Antimoine, 148. € fuir. Bifinuth , fe peut diffoudre par un Alcali fixe, 7. Et par l'Alcali volatile , 84. Se diflout dans l'Efprit-de Sel , 132. Et dans THuile de Vitriol, 104. Par l'Éau régale, 143. Par le Vinaigre, 35. Procédés pour eflayer fes Mines , 311. € fuiv Bitume , ce qui peut faire conçevoir fa formation s 6103
DESMATIERES. 34r
Blanc d'Efpagne, page 124. Blende noire , maniere d'en tired le Zinc ,168. Ep fuiv.
Bleu de Pruff , préparation de l'Alcali fixe _ pour le faire , | Borax utile pour diflou ire toutes : pi à
$ 3: € fuiy. La maniere de le caiciner, 55.
Brafque , ce que c'eft,. 285$. Bronze , | 226, % € Alamine , procédé par lequel elle rend Le
J Cuivre jaune, 216. Ë fuiv..
Cémentation , comment on l'emploie pour dif-foudre l'Argent, le Cuivre & le Fer, 157.
Er fuir.
Cerufe , 30. Par l'Eau-forte, 121. Par l'Efpritde Sel, 131. Charbon foffile, ce qui peut faire concevoir fa formation , 163 Charbon de terre , peut être utile dans la fonte des Mines, 49e*
Chaux métalliques , moyen de lesrédire, 168. € fuiy. Même fans addition de Phlogiftique , 170. € fuir. Comment on les faitpaller dans le verre, 237. Cr fuive:
Chaux vive , mêlé avec les Sels Alcalis, les rend cauftiques, =
Cinnabre, commentfefait,. 134. C fuir.
Cobalt , fe diflout par l'Eau-forte, 122. Par l'Eau régale , 144. Peut être diflout par le Soufre, 178e
Colcothar ,: | | 6.
Coupelle , maniere de coupeller POr & l'Argent , 262. Le Cuivre & l'Argent, 266.
Craie , dans quelle proportion fe fond avec PArgille, 47. © fuir.
P ij.
347 TABLE Creufets, comment doivent être placés dans l'effai d'une Mine, page 2894 Cryftaux de Nitre & d'Argent, 114. É» fuir. Cuivre , eft diffout par un Alcali fixe par l& voie humide, 73. & fui. Par un Alrali volatile, 82. € fuiv, Par l''Huile de Vitrio! . 104 Par l'Eau-forte, 122, Par PEfprit-de- Sel, 131. Par l'eau régale, 144 Par le Sel ammoniac par la voie humide, 150. € fuir. Combien il contient de Cuivre de Rofette , 306, € fuir:
Cuivre de cémentation, 107 Cuivre noir , 299
D
D Epart par la voie féche, fur quoi cette opération eft fondée, 183. € fuir. Départ de l'Or & de l'Argent parle Soufre, 229. C fuir. Détonation avec le Nitre ; comme elle agit fur les Métaux, 155. & fuir. Diffolutions ; la maniere de les précipiter, 123. € Juive Dérer l'Argent fans Amalgame, 138. Dorer en Or moulu. 234. C fuiy.
£
EF Au-forte , 36. Comment on l'emploie pour # diffoudre les fubftances métalliques, 122, Eau forte précipitée, v12, Comment fe fait, 11: 200 Eau régale, comment fe fait, 40. Les fubftances qu'elle peut difloudre, 135. © fuir. Encre de [ympathie , la maniere de la faire, 127. Efprit-d'Alun, | me Efprit-de-Nitre, Voyez Acide nitreux.
DES MATH 'ÈRES. 4 Efprit-de-Sel marin , la maniere dont on lemploie dans la diffolution des fubftances mÉ- talliques, 131. & fuiy. Agit fur l'Argent par cémentation , 157. € Juive Efprit-de-Soufre , 32e Efprit-de Vitriol , ES Efprit-de-Vin, s'unitaux Acides par {ot Huile. & les rend dulcifiés, 164% Eflai d'une Mine d'Argent, 253. & Juiv. Sur des terres & fur des pierres, pour voir fielles contiennent de l'Argent, 264. & fuir. Sur le cuivre, 256. Sur le Bifmuth & fur Le Ré- gule d''Antimoine , 267. € fuiy. Sur le Zinc, 169. € fuir. Sur l'Etain, 271. & fuir. Sur le Fer, 273. Sur les alliages métalliques , ibid, Sur Les Mines en général, 274. & Juivs Eflai de l'Argent pour voir s'il contient de
l'Or, 277: Êr Juive Éffai d'une fubflance fofite pour voir fi elle contient de l'Or, 283. € fuir.
Effai des Mines, des Terres & des Pierres, pour , voir fi elles contiennent du Fer, 284. & fuivs Effai des Mines, pour voir fi elles contiennent
de l'Etain, 290. C fuir. E ffai des Mines , pour voir fi elles contiennent du Plomb, 29$+ & fuir. Effai des Mines , pour voir fi elles contiennent du Cuivre 298. Es fuir. Eflai des Mines, pour voir fi elles contiennent du Bifmuth, 311. € fuiv. E ffai des Mines, pour voir fielles contiennent du Zinc 313- & fuir. Eflai d'une Mine, pour voir ff elle contient de l'Antimoine, 217. Cr fuir. Effai des Mines de Mercure, 3204 Ér fuir. Effri des Mines , pour voir fi elles contiennent de lArfenic, 323. & Jui.
Efaides Mines ,pour voir fi elles contiennent:
P w
du Soufre, pag. 328. & fui Effai des Terres & des Pierres par les. Diflolvans, 3 Te.
3 Etain, fe diffout par l'Alcali volatile, 84, & Juiy. Quel en eft lalliage à préférer pour la fanté, 96. Effai de fes Mines, 290, & Juir. Eft diflout par l'Huile de Vitriol, 104, Par l'Eau-forte , 122. Par l'Efpritde - fel, 132. Par l'Eau régale, 141. Parle Vinaigre, 35. Ses effets dans la fusion avec différens Mé- taux, 225. Ü» fuir. Il ne fe trouve que peu ou point de Soufre dans fa Mine, $92e Ethiops minéral, . 19 Yo.
F Er, peut être diffout par un Alcali fixe, 74 Par PEau-forte, 122. Par l'Efpritde-Sel, 131. Par l'Eau régale, 144. Parle Vinaïihre, 95. Par le Sel ammoniac par la. voie humide, 150. & fuir, Comment on en sublime de fleurs, 142. & fuiy. Lorfqu'il e& traité par cémentation, 157. & fui. Moyen dele convertir en Acier, 172. & fuir. Ses. effets dans la fonte avec différens Métaux 226. Ë fuir. Maniere de faire l'effai de fes Mines, fuivant Cramer, 249. Suivant Gel. lert.. & 284, Cr fuivs.
Eve des Mines ; dans quel cas néceffäire, 274: 3008.
Gypfe,en quelle proportion entre en fusion, mélé avec d'autres pierres. 47. € fuir,
ET Epar Sulphuris, ou Foie dé Soufre, com-- ment fe fait, 198. € fuiv. Diflolution des Métaux par {on moyen, 203. Cr fuive
|
DES: PARTIE RE S. 347 Huiles, diflolvent les Acides, 161.- € fuir. Tirées par exprefion, diflolvent les Chaux. de Plomb, pag. 166..€r fuir. Huile de Fer par défaillance, 152. É fuive. Huile de Vitriol , 31° La maniere dont elle dif-fout plufeurs fubftances métalliques, 103. Er fuiv.
L
] Afpe, On peut faire.des deffeins deffusavec ja diffo'uticn d'Argent, 114. Jayet, Comment on peut concevoir fa formation, 1633. Tiquart. Voyez Quartation.
L I Aït de Soufre, 200. + Lait virginal, nuifible à fa fanté, CET Liquation , ce que c'éft que cette opération, 220, € fuir. Pains de Liquation.. 22 4 o> Loriflage d'une Mine, ce que c'eft 274. Lune cornée , la maniere de la faire, 116. € fuir. Comment on ia réduit, 118. 168.
_M M": blanche , fetrouve dans l'Eau mere
du Nitre, 22.
Matte crue , fon utilityél dans le départ par la voie féche, 183. & fuiy Effai pour fçavoir combien une Mine de Cuiv'e en contient, 302. € fuir. Avantage à travailler les Mines. par les Mattes, 30%: Mercure, fe peut diffloudre par un Alcalifixe , 76. Par un Alcali volatile, 84. & fuir. Ses Cryftaux par l'Eau-forte, 119. Comment on le retire du Cinnabre , 196. & fuir. Ses ÂAmalgames avec les Métaux, 2 1. € Juive.
v
346 TABLES 1 Maniere d'eflayer fes Mines ,; p. 320 C fuir. Mercure précipité rouge , 121. Précipité blanc, 124. Précipité rouge de l''Eaurégale, 148. Sublimé, différentes manieres de le faire, ; 44. & Juive Mercure doux, comment fe fait 147: Métaux parfaits © imparfaits, fe peuvent dif-foudre par un Alcali fixe , 72. C& fui. Leur diflolution par le Soufre, 176. € fuiv. Comment ceux qui ont été diffouts parle Soufre peuvent être précipités les uns par les autres, 578, Gr fui. Dans quel orüre ils font diffouts par le Soufre dans la fusion, 188. Comment fe diflolvent dans la fufñon par l'Arfenc, 205. €» fuir. Comment, parle Régule d'Antimoine, 208. €» fuiy. Par le Verre d'Anti-moine, 209. Cr fuiv. Par le Bifmuth, 213. Er fuiv. par le Zinc , 214 €» fuiy. Par Je Plomb , 2r9. € fuir, Par l'Etain, 225. £r fuir. Par le Fer ,226. € fuir. . Minérais, Obfervation fur leur fonte | s2. De: quelle utilityé eft le Piomb dansieur forme, 57. É fuir. Mines , raifons pourquoi on réuflit dificilement dans l'effai qu'on en fait , 247. € fuir. Celles qui font aifées à fondre, 276. 208, Celles quine peuvent être réduties enSchlich..
Fo HAS 299. É» fuir.
Minium ; pourquoi préférable à la Lithargedans
la fusion des pierres... | 58. N
Ître fixé, ou alcalifé, 8.
Nitre, procédé pour le faire , 2r, € fuir.
ASE 2 PEN à se ° Régénéré ;67. Quadrangulaire, 68, Demi-volatile , 79 o
DES "NMATIÉRNES 3 Nître , Comment agit par la détonnation fur différens Métaux, 155. © fuiy. Comment peut fervir à purifier l'Or & l'Argent des autres Métaux , page 156
O
QC R, la maniere de le diffoudre par un Alcalifixe, 76. Parun Alcali volatile , 84. € fuiv. X1 en refte toujours un peu après la diffolution de l'Argent, 114. Sa diff: lution dans l'Eau régale, 136. Moyen de le découvrir par-tout , 143. Sa purification par la cé- mentation , 160. & fuir. Comment on le dé- livre du Mercure , 236. Effai de fes Mines,
28% Orfulminant , comment fe fait, 136, € fuir. Orpiment , 177.
P
P Hofphore, de Balduinus, 108. & fuir. De . Homberg, 129, €» fuir. Pierres , le moyen de difloudre celles qui font calcaires par un Alecali fixe , 41. & fuir. De même que les argilleufes, 43. Les 2ypfeufes, 44. Les vitrifiables , 45e Cr fuir. Pierres qui fe difolvent les unes les autres dans leur mélange, 47. & fuiy. Celles auxquelles il faut en ajoûter une troifiéme, so. € fuiv. Toutes font diflolubles par la Chaux de * Plomb, 56. & fuir Maniere d'effayer à quelle claffe elles appartiennent, 227: Pierres faétices , leur composition , Se Pierre de Bologne , 109 Plantes , moyen d'en tired le Sel alcali fixe, Zo Er fuiv. Plomb, diffout par le Vinaigre , 90. Ses Cryftaux pat l'Eau-forte , 19, € Je Ef diffout v]
748 TABLE à par l'Huile de Vitriol, 104. Par PEau-fortes. 144. Par les Huiles tirées par expreflion, 166. € fuir. Ses effets dans la fonte des Mé- taux, 219, Cr fuiy. Effai de fes Mines , 295. | Er fuir. : Pré:imitation , des fubftances difloutes dans: l'Huile de Vitriol , 107. & fuir. Dans EF prit-de-Sel, 134 Précipitation, de la diflolution d'Argent, 1r1. € fuir. Des fubftances métalliques, diffoutes dansl'Eau-forte, 123./€r fuir. Précipitation , de l'Or par un Alcali fixe, 136. = € fuiy. Par le Verd-de-oris, 139. € Juive Par l'Etain pour la: couleur pourpre , 141. C> fuiv. Par. le Mercure ,. 140. Par le Fer. ibid. Pyrites, comment on en tire le Vitriol, 12. € fuir. À quelle occasion on les emploie dans la fonte des Mines ,183.€ fuir. 303: & fuir.
@
4 Uartz , fa diffolution dans le feu par un. Alcalifixe, 46: Celui qui eft opaque eft plus aifé à fondre que le transparent,.
Quartation,. Defcription de cette opération.
| Ealgar, ce que cet, 197: Résule d'Antimoine, fe diflout en' partie
dans l''Eau-forte, 123. Se diflout par l''Efpritde-Sel, 132. Pärl'Éaurégale, 143. € fuir. Régule d'Antimoine , comment fe fait, 186. É> fuir. Comment il fert dans la fusion à dif-foudre les Métaux, 308. € fuir. Reffant de V'Eau-forte, ce quec'eft, 181, & f..
Des Matiéeres. 349
S
S Avon, la maniere de le faire pag. 61. € Juive
Schlich, ce que c'eft, 298e Schalk, ce que c'eft, 334 Scorifier une Mine, 29e Scories , raifons pourquoi on en forme dans Peffai.d'une Mine, 286, €» fuiv. Sel ammoniac , régénéré, 77. & fuir. Secret de Glaubert , 81. Sel ammoniac , diffout le Cuivre & le Fer par la voie humide , 150. € fuivs
Sel ammoniac fixe , la maniere de le faire, 128. € fuiy. 135. Sel de Giaubert, 40.71. Sel marin, la maniere de l'obtenir , 24. & fuiy. Defcription du'bâtiment de graduation , re- généré , 66 Sels, maniere d'effayer les fubftances foffiles , pour voir fi elles en contiennent, 33 1.6> fuir. Soufre, comment on en produit de fa&ice, 162. £> fuir. Ses effets fur les Métaux, 177.
C fuiy. Moyen de condoître fi une fubftance fofliie en contient , 201.328 Soufre , doré d'Antimoine , 189e Spath fufible, fa diflolution par un Alcali fixe , * 46. Met en fusion les différentes matieres
avec lefquelles onleméle, 47. & fuir. Sublimé corrofif, différentes manieres de le faire,
Sucre de Saturne, comment fe fait, 91. € fuiv. Diflout dans l'eau, eft précipité par l''Huile de Vitriol , 98
à "2 Artre, maniere d'en faire le Sel, sé Tartre regénéré. 63. € fuir. TFartre vitriolé, maniere de le faire, 68, &
#$o TABLE.
fuir. Demi-volatile, 80. € Juive Terre foliée du Tartre , 64. € Juive Terres , maniere de leseffayer, 337 & Jui. Turbith minéral, comment fe fait , 105, €r fuive
V V Egétaux , la maniere d'en tired le Sel al-cal fixe , 1, €» fuir. Verdet , fes Cryflaux, 88.
Verd-de-gris, comment fe fait, 93. & fuir. Verre de Plomb, pourquoi paîle au travers des creufets, 58. Comment on l'emploie dans l'effai d'une Mine, 253 2860 Verre d'Antimoine, comment fe fait & s'empleie à diffoudre les Métaux dans la fufon ;, 209, €» fuive
Verres, leurs couleurs varient en raifon des Métaux avec lefquels on les méle, 27e Verre, comment on le teintavec des Chaux métalliques , 237. Cr Juive Verre, avec quelles fubftances on le peut colorer, | 336. Cr fuir. Vinaigre concentré par lui-même , 86. par le moyen du Verd-de-pris, 87. € fuiv. Par la gelée, 90. Les fubitances qu'il peut diffoudre, 95. Cr fuire Vitriol, la maniere dontonlefait, ri. Er fuive _ On n'y emploie point de vaifleaux de Fer ou de Cuivre, 12. Comment on faitle Vitriol de Fer, & celui de Zinc, 101.6 fuiy
Z
ic, fe peut diffoudre par un Alcali fixe, 76, Comment s'en fait le Vitriol, 102.
€» fuir. Se diflout dans PEau-forte , 122. Par dEfpric-de-Sel , 131, Parl'Eau régale, 144.
DES MATIERE S. 3$t Procédé pour en rédire les fleurs, 169. € fuiv. Ne fe mèle point par la fufon avec le Bifmuth, 213. Maniere de difloudre les Mé- taux dans la fufon par fon moyem, 214. € fuir. Maniere d'effayer les Mines qui en contiennent , 313. © fuive
Fin de la Table des Matieres du second Vo-
lume.
ERRATA du second V olume.
Pé:* ligne 16. feu oux lifez feu doux. À Pas, 97, lig, 20, dotn, lif. dont,
sde" > Pete om
ire. …